Pas de pétrole : pas de voitures ni de camions

La disparition du pétrole ne pourra pas être compensée par des pétroles synthétiques, ni par les agrocarburants, l’hydrogène ou l’électricité. Cela entraînera la disparition d’une grande partie des voitures et des camions. Les agglomérations démesurées devront céder la place à de petites villes autonomes en énergie et en nourriture.

Aucune énergie ne peut en effet se substituer au pétrole pour faire rouler un parc automobile mondial d’environ 1 milliard de véhicules motorisés en 2008. Encore moins quand ce parc sera composé de 2 ou 3 milliards de voitures dans 20 ou 30 ans.

Les discours actuels sur les biocarburants, la voiture électrique, à hydrogène, les hybrides ou même la voiture à eau entretiennent le mythe d’un développement infini du parc automobile mondial, quand bien même il n’y aura plus de pétrole, ou alors à un coût tel qu’il sera prohibitif de l’utiliser pour déplacer une ou deux personnes dans un engin en métal de plus d’une tonne.

L’obligation actuelle de déplacements provient de l’organisation aberrante de notre société, avec ses agglomérations démesurées et une conception idiote de l’urbanisme séparant les lieux d’habitation, de travail et de commerce. Cela entraîne souvent de longues distances entre le domicile et le lieu de travail, alors que chacun pouvait aller à son travail à pied, en vélo, en métro ou en tramway il y a encore 50 ou 60 ans.

Les transports de marchandises sur de longues distances sont tout aussi aberrants, avec pour conséquence de détruire l’emploi industriel dans de nombreuses villes, réduisant des bassins d’emploi entiers à la ruine. Et cela compte pour beaucoup dans les émissions de CO2 : transports routiers, aériens, maritimes. Produire localement et consommer localement pour l’essentiel est la seule solution. L’exode rural a été une erreur fondamentale, de même que la monoculture et l’élevage séparé de l’agriculture (pollution des déjections ici, engrais artificiels ailleurs).

Toute l’organisation du territoire doit être repensée, il faut retourner à la campagne, construire des ensembles urbains de taille modeste autonomes en énergie (avec architecture bioclimatique), en nourriture (dans la campagne voisine) et pour de nombreux biens matériels. L’autonomie régionale est possible pour des productions industrielles nécessitant des moyens de plus grande ampleur.

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Steve

A propos de Steve

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste du pic pétrolier et des questions d'étalement urbain et de consommation d'espace.

3 commentaires sur “Pas de pétrole : pas de voitures ni de camions

  1. paululysse

    Remarques de bon sens sur la nouvelle organisation à adopter . Remarques connues déja , mais qui glissent sur un point crucial : habiter prés du boulot , certes , mais du bouot de qui? du mari ou de la femme? Maintenant que les femmes travaillent ou souhaitent le faire en majorité , il est illusoire de penser trouver deux emplois au meme endroit ! sauf sous CONTRAINTE , vis a vis de l’employeur par exemple a qui on IMPOSERAIT un ( une ) candidat(e) pour raisons de rapprochement familial . Actuellement , ce genre de critéres n’est ( théoriquement ) pris en compte que pour les fonctionnaires ( c’est la loi dite « roustan » ) . t encore , cela marche bien mal ( demander aux profs séparés de leurs femes, par exemple…) .
    alors : liberté d’embauche ou tous FONCTIONNAIRES . Ou alors un seul emploi par couple : retour des femmes ( ou des hommes , tiens pourquoi pas? ) au foyer . Dans tous les cas , nous parlons la de sociétés trés normatives, limite dictatoriales !

  2. Fab

    société dictatoriale? je ne vois pas vraiment ça comme ça… c’est le plutôt notre société actuelle qui me paraît dictatoriale: dictature de la pollution qui s’impose à tous (sauf à ceux qui la provoquent et ont les moyens de l’éviter…), dictature financière et économique qui capte les richesses au profit d’une minorité et entretient la misère pour le plus grand nombre, dictature policière avec la surveillance généralisée, les expulsions, les contrôles d’identité, dictature des médias qui lèchent le cul des politiques et des multinationales, etc.

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