Relations ferroviaires Intercités : le maillon manquant

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Les relations par TGV entre l’Ile-de-France et les métropoles régionales d’une part, les relations TER centrées sur ces métropoles d’autre part se sont fortement améliorées ces dernières années. Mais TGV et TER ne répondent pas à tous les besoins des voyageurs, qui ont aussi à se déplacer d’une grande agglomération ou d’une ville moyenne à une autre et pour lesquels les relations Intercités à moyenne et longue distance sont une composante indispensable de l’offre ferroviaire.

Or le maillage et les performances du réseau ferré classique se sont souvent dégradés et, malgré diverses initiatives intéressantes de la SNCF ou des régions, les relations interrégionales, généralement assurées par les trains de type Corail, ont globalement décliné.

– Il est impossible aujourd’hui d’effectuer un trajet direct en train entre des villes importantes pourtant voisines. Des détours longs et coûteux ou le recours à des services de cars peu attractifs sont imposés pour aller par exemple de Nantes à Poitiers, de Tours ou Poitiers à Châteauroux, de Montluçon à Moulins, d’Auxerre à Nevers, de Châlons à Troyes, d’Epinal à Dijon, de Colmar à Fribourg, de Rouen à Chartres, de Saint-Brieuc à Lorient…

– D’autre part, de nombreuses relations transversales ont disparu (Calais-Bâle, Lyon-Toulouse par le Massif Central), ont périclité (Lyon-Bordeaux) ou ont été affaiblies (Côte basque- Marseille). Certaines ont été fragilisées par la concurrence du TGV (Lyon-Nantes). Même des lignes radiales sont menacées par cette concurrence (Paris-Bâle).

Cette situation doit être corrigée pour deux raisons complémentaires :

* La voiture et l’avion ne sont pas accessibles à tous et impliquent une consommation d’énergie et des impacts environnementaux trop lourds. Dans la perspective d’une hausse inévitable du prix du pétrole, et aussi pour compenser le regroupement des services publics (tribunaux, hôpitaux, …) dans les grandes villes, il est important de garantir au public une offre sûre, efficace, économique et écologique de mobilité interurbaine, permettant de réduire les émissions de CO2.
* Alors que le TGV renforce l’attractivité des zones urbaines les plus peuplées et les plus actives, la recréation d’un réseau ferroviaire Intercités concernerait aussi le trafic de fret et contribuerait à un aménagement équilibré et durable de l’ensemble du territoire français. Il stimulerait l’activité économique des villes moyennes et permettrait d’y attirer de nouveaux habitants en accompagnant une tendance nouvelle de migration de l’emploi en dehors des grandes métropoles.

Les propositions de la FNAUT (Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports) portent sur :

1. les infrastructures ferroviaires ;
2. l’exploitation des services Intercités (trains de jour et de nuit, auto/train) ;
3. la gouvernance et les financements.

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Source: www.fnaut.asso.fr

Photo: Gare de Longueau – BB16032 et corail

Fnaut

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Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports.

9 commentaires sur “Relations ferroviaires Intercités : le maillon manquant

  1. P'titSuisse

    C’est très inquiétant ! Pas très étonnant étant la politique de la SNCF.

    Ce qu’il faut, c’est penser « RER » en grand. C’est ce qu’à fait la Suisse dans son concept rail2000.

    Il faut que le train se prenne comme un métro ou un tram: horaires cadencés, sans réservation, tarification simple, système d’abonnement.

    En Suisse, vous pouvez allez dans une gare d’une grande ville sans regarder l’horaire et sans réserver: vous êtes assurez de pouvoir prendre dans la demi-heure un train pour n’importe quelle autre grande ville.

    Résultat des courses, prestations de transports en hausse continue depuis 10ans. Les derniers chiffres sont à +3.4% annuel entre le 2e semestre 2008 et le 2e semestre 2009.

  2. Antec

    Effectivement, ce que tu dit P’TIT SUISSE à l’air super, c’est ce qu’il faut…
    Moi je vois pour faire Reims – Amiens il y en a pour 2h45 minimum avec 1 changement en TER, et c’est pour faire 170 km (super moyenne de 62 km/h)…

    Notre Réseau en étoile avec Paris au centre a ses limites…

  3. Thibault

    On ne peut pas comparer ce qui se fait en Suisse et ce qui se fait en France pour la bonne et simple raison que la géographie n’est pas la même. Les distances en Suisse sont bien moindres et les grandes villes sont bien rapprochées. La densité de population de la Suisse est bien plus grande que celle de la France et il y n’a pas d’écart d’importance entre villes si élevé qu’en France.

  4. URB

    Voyons si ça se fait en Suisse.

    Ce qui se fait dans un village doit pouvoir se faire dans une grande ville, c’est un peu pareil.
    Non ?

  5. Thibault

    La forte densité en Suisse fait que les distances sont moins longues, et que beaucoup plus de monde est touché par un gare, d’où une meilleure rentabilité des trains. Si on veut comparer ce qui est comparable, alors regardons la région Rhône-Alpes. Des intercités, il y en a bien toutes les demi-heure, voire plus.

  6. P'titSuisse

    « On ne peut pas comparer ce qui se fait en Suisse et ce qui se fait en France pour la bonne et simple raison que la géographie n’est pas la même. Les distances en Suisse sont bien moindres et les grandes villes sont bien rapprochées. La densité de population de la Suisse est bien plus grande que celle de la France et il y n’a pas d’écart d’importance entre villes si élevé qu’en France. »

    En effet, il y a une différence de densité, mais d’un autre côté, la topographie est autrement plus compliquée… ça n’empêche pas par exemple d’avoir pratiquement toutes les vallées des grisons reliées par le train, qui monte jusqu’à Arosa, Davos ou St-Moritz (1800M), en passant des cols (Bernina, 2400m !) ou en tunnel (tunnel de Verneia, 19km de long).

    Il est vrai que la topographie tourmentée a également un bon côté: les villages et villes sont forcément « alignés » le long des vallées, ce qui fait qu’on peut tous les desservir avec une ligne, sans avoir besoin d’un réseau de lignes.

    La France est plus délicate a reliée, il est vrai, mais c’est surtout une volonté politique. En 2007 en Suisse, les investissements ferroviaires ont égalé les investissement routiers.

    Et la volonté politique, c’est aussi une question de mentalité. Il existe une vraie culture du train en Suisse, où toutes les classes sociales se sont appropriées ce moyen de transport. Les ministres prennent le train, les hommes d’affaire profitent de la « buisness class » pour travailler en déplacement, les ouvriers gagnent les grande villes en RER et tram.

  7. stoppeur

    P’ti Suisse,je dois dire que t’as oublié un argument de poids en présentant les Chemins de Fer suisses:quasiment 99% du réseau est électrifié;ça donne une souplesse sans pareil au trafic et ça ne pollue pas comme nos TER diesels français…Ce qui est remarquable,c’est que les Suisses ont l’ intelligence,le bon sens de ne pas avoir de métro dans les grandes villes; par contre,les réseaux de surface sont plus denses et la fréquence des ra mes est plus élevée,cadencée dans les vallées urbanisées en ce qui con cerne les trains.Dans certaines villes de montagne,on n’a pas hésité à reli er une gare et un centre-ville par cabine de téléphérique:c’est le TC le + é conomique qui soit…Et ce que j’admire le plus en CH,c’est de voir l’ardeur et la détermination avec laquelle on s’accroche à penser TC!!!

  8. stoppeur

    La politique menée au niveau des transports en CH touche aussi le trans port de marchandises:les camions ne roulent pas entre 22h et 06h en se maine,sur les autoroutes;pas du tout le w-e.Il n’y a pas d’hypermarchés,en sortie ou en centre des villes;ça évite les flux massifs de circulation de voi tures,des zones habitées vers les sorties de villes plus importantes.Les pl aces de stationnement sont hors de la chaussée,en parking.Il y a beaucp de passages à niveau,en Suisse;ce n’est pas pour autant qu’on voit des a ccidents stupides et meurtriers comme en France…En Suisse,on a comp ris depuis des lustres,qu’un réseau de TC performant,ça active l’économie! A voir comment s’activent les triages des CFF(comme à Bâle,par exemple ),on croit vivre sur une autre planète,comparée à la France…!!!

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