Le grand désarroi des constructeurs automobile devant l’avenir commercial de leurs produits

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Signe des temps, les séminaires se succèdent sur la prospective automobile: après Mobilis 2009 et « Demain la voiture servicielle », un nouveau colloque ravageur se tiendra sur la voiture électrique le 11 décembre prochain au CCFA à Paris: La voiture éléctrique : le début d’une deuxième révolution automobile?

La multiplication des séminaires sur l’avenir de ce mode de déplacement individualiste trahit, à mes yeux, le grand désarroi devant le futur de ce secteur industriel.

Je ne résiste pas au plaisir de vous reproduire la présentation de ce dernier colloque qui vous explique, en substance, qu’avant la crise, c’était déjà la crise pour les constructeurs:

« …un mode de distribution contrôlé par les réseaux des constructeurs et centré sur la vente aux particuliers d’un produit polluant et bien plus cher que le service de mobilité offert par la propriété du véhicule. »

Tous les analystes et les décisionnaires du secteur automobile pressentent les bouleversements que va connaître cette industrie parvenue à la fin d’un cycle. La transition vers la voiture électrique décidée par le numéro un français du secteur: Renault, sera brutale: on parle de « révolution » ou de « changement de paradigme ».

En effet, changer de mode de propulsion implique au moins 2 bouleversements consécutifs: l’électronisation d’une part et l’abandon du modèle de la voiture propriétaire, d’autre part.

Dès lors qu’un industriel décide de produire une voiture électrique en grand nombre, il est obligé de l’équiper d’une plate-forme électronique combinant navigation GPS et inertielle, ne serait-ce que pour gérer l’énergie et les ravitaillements. L’équipement d’un GPS dès l’usine ouvre la voie à un immense spectre d’applications allant du traçage cinématique et géographique à l’enregistrement des statistiques d’utilisation en passant par le bridage par GPS. (Plus de précisions sur www.LACPA.fr)

On comprends mieux, dès lors, l’intitulé du colloque qui parle de « révolution »!

Gilles Chomel:
Les voies vertes en 06-ouest:
www.LecoLomobiLe.fr
Labo d’idées sur l’auto du futur:
www.LACPA.fr

Gilles Chomel

A propos de Gilles Chomel

Administrateur des sites Agonie automobile, LécoLomobiLe et du Laboratoire Alternatif et Coopératif de Prospective Automobile

16 commentaires sur “Le grand désarroi des constructeurs automobile devant l’avenir commercial de leurs produits

  1. Geoffroy

    J’ai gardé de coté les prospectus de Renault qui annoncent l’arrivée du véhicule écologique, pour pouvoir, en temps utile, les ressortir et voir si la réalisation est à la hauteur des promesses. Effectivement il s’agira d’une révolution, qui va impliquer les sous traitants et fabricants, les obliger à repenser les cycles de vie des produits, leur entretien… Une révolution qui s’annonce passionnante.

    Geoffroy de http://www.objet-publicitaire-ecologique.com

  2. Tassin

    J’ai consulté votre site LACPA et c’est consternant.
    A croire que vous auriez aimé vivre en Allemagne de l’Est dont la principale économie était de surveiller les citoyens.

  3. Gilles ChomelLécoLomobiLe

    @Tassin: Mesurer et stocker des données ne signifie pas que n’importe qui peut y avoir accès: il faut définir des degrés de confidentialité entre les données lisibles par tout le monde, celles lisibles par le chauffeur dûment identifié, celles lisibles par des professionnels accrédités et celles accessibles uniquement sur requête d’un juge dans certaines situations comme un accident mortel.

    Dans l’hypothèse que j’évoque sur mon site, le chauffeur pourrait connaître son taux d’oubli des clignotant ou de stationnement sauvage. Les données géographiques ne seraient lisibles que par un juge en cas de contencieux justifié.

  4. Tassin

    @Lécolomobile

    Donc je suppose que vous êtes en faveur de la vidéosurveillance et d’Hadopi?
    Bah oui les données ne sont pas accessibles par n’importe qui non plus…

  5. URB

    Que le véhicule reçoit des données pour informer le conducteur où se trouve la prochaine station e recharge (pour les véhicule électrique), pour connaitre la limitation de vitesse, peut être aussi les place de parking disponible etc…
    OUI

    emmagasiner les données de déplacement, vitesse etc…
    NON car il n’y aura plus de vie privée.

    C’est comme la vidéo surveillance, pour notre sécurité OUI pour nous espionner NON.
    Ce n’est pas pour rien que les caméras ne doivent pas filmer les fenêtres des habitations qu’elles couvrent.

  6. Gilles ChomelLécoLomobiLe

    @tassin: Pour ce qui est de la vidéo-surveillance, je constate que c’est une tendance évolutive qui concerne toutes les agglomérations. L’invasion des villes par les caméras me soucie infiniment moins que l’envahissement des villes par les voitures. Pour ce qui concerne Hadopi: je m’en fous: je n’ai pas d’opinion.

  7. Tassin

    @ L’écolomobile
    En gros vous vous en foutez des libertés du moment qu’on règle les problèmes écologiques.
    Les passeports biométriques et puces RFID en remplacement des cartes d’identités je suppose que ça ne vous dérange pas si ça permet de limiter les voyages en avion et les déplacements non autorisés?

    @ URB
    Non désolé, je ne souhaite pas de GPS dans ma voiture. Que ce soit pour me donner des places de parking ou les stations, même les radars et les limites de vitesse. Ça facilite son usage et ne dissuade donc pas de l’utiliser en ville. Ça fait un gadget électronique polluant en plus, ça coute cher et impose d’envoyer des satellites en orbite.
    Sans parler du mouchard installé dans votre véhicule.

  8. URB

    Le GPS ne me dérange pas en lui même, il faut juste qu’il ne serve pas à tracer ceux qui s’en servent, c’est tout.

    Il faut arrêter de croire que le GPS se limite à l’utilisation des voitures.
    C’est certes un gadget polluant, mais Internet ce n’est pas mieux, mais quand on a l’utilité d’un « gadget », bizarrement on le trouve moins polluant qu’un autre.

    Je ne suis pas contre la voiture, juste une meilleure utilisation.

  9. apanivore

    Le (récepteur) GPS n’est pas un mouchard, il ne fait que recevoir les ondes des satellites et s’en sert pour calculer une position. Il n’envoie absolument rien. Et c’est justement parce que tout le boulot est fait par le récepteur que l’augmentation du nombre d’utilisateurs de la technologie n’entraine pas l’augmentation du nombre de satellites nécessaires.
    C’est un outil formidable mais l’utiliser dans une voiture c’est vraiment l’usage le moins glorieux qu’on puisse en faire, même si le grand public ne voit en général que celui-là.

  10. Gilles ChomelLécoLomobiLe

    @TASSIN « En gros vous vous en foutez des libertés du moment qu’on règle les problèmes écologiques.Les passeports biométriques et puces RFID en remplacement des cartes d’identités je suppose que ça ne vous dérange pas si ça permet de limiter les voyages en avion et les déplacements non autorisés? »

    C’est pas que je m’en fiche, mais je me spécialise plus sur les nuisances automobiles que sur la vidéo-surveillance qui, à mes yeux, est un problème moins préoccupant que l’invasion automobile.

    Dans les hypothèses que je formule sur mon « labo d’idées en ligne » (www.LACPA.fr), je dis bien qu’il faut une hiérarchie de confidentialité. La biométrie permet de réserver les données personnelles au seul chauffeur identifié. La biométrie permet d’éviter que des tiers prennent connaissances de données personnelles. De plus, il y a une autre hiérarchie faite entre données géographiques précises:

    C’est une choses de savoir que Monsieur Trucmuche fait 75% de transit urbain et une autre de savoir qu’il est allé à Orléans, Brest, Avignon et Nîmes…

    Je ne vois pas le problème posé par le fait que Monsieur Trucmuche peut consulter ses statistiques personnelles et qu’il est le seul à savoir qu’il a:

    – 27% d’oubli des clignotants,
    – 13% de stationnement sauvage,
    – 19 petits dépassements de la vitesse locale au cours du mois écoulé,
    – 2 dépassements importants de la vitesse locale
    – 78% de trajets autosolistes,
    – 4 contre-sens au cours du mois écoulé,
    – 7,8 kilomètres de téléphone au volant,
    – 12 micro-déplacements au cours du mois écoulé,
    – 478 km de transit en ville au cours du mois écoulé,
    – 76 km de parcours en pic d’ozone
    – 17 irrespects des consignes d’infrastructures (déterminés par RFiD),
    – 4 irrespects de la distance de sécurité,
    – 7% de voies nouvelles (inconnues au chauffeur)
    – 41% de voies très familières,
    – 3% de conduite inadéquate aux conditions de roulement (mixte de la luminosité, de la turbidité, de la charge embarquée et de l’adhérence)
    – 67% de taux de palpation du volant,
    – pauses respectées à 88%,
    – etc…

    En réalité, son ordinateur de bord lui délivrerait 3 notes principales sur 20 évaluant, respectivement, son profil conduite, son profil écologique et son profil vigilance. Ces notes s’afficheraient sur le tableau de bord: ça pourrait intéresser ses passagers de savoir qu’il a de bonnes notes écologiques et vigilance mais qu’il est à peine au-dessus de la moyenne en conduite.

    Le chauffeur pourrait connaître le détail des notes (liste ci-dessus). Les gendarmes pourraient consulter les notes globales (mais pas les détails). Seul un magistrat pourrait consulter les données les plus intimes comme celle de savoir que le 27 Octobre dernier il se trouvait avenue Georges Pompidou à Trifouillis les oies à 17h27 qu’à cet instant , il était garé en stationnement sauvage et que 10 minutes avant, il avait brûlé un feu rouge.

    Un peu de nuance dans vos raisonnements manichéïques, que diable !

  11. Tassin

    Et bien moi je pense que vous devriez prendre un peu de recul par rapport à vos propositions.
    Quand je vois ça :
    « ça pourrait intéresser ses passagers de savoir qu’il a de bonnes notes écologiques et vigilance mais qu’il est à peine au-dessus de la moyenne en conduite. »

    Je prend peur…

    Sinon votre panoplie de chiffres et statistiques en tous genres. Ça sert à quoi au juste?

  12. URB

    @LECOLOMOBILE
    Déjà dans ces regroupement de données il y a un contexte qui manque, c’est « l’entourage ».

    Comment le système pourra être au courant de tout ce qui se passe autour de nous ?
    De connaitre la circulation, les piétons présents, les cyclistes, les feux rouges, les travaux etc…

    Ensuite le fait que l’on ait fait une infraction plus que mineure il y a 6 mois ne regarde pas les gendarmes etc…
    Ensuite ce n’est pas un ordinateur qui va dire si on est un bon, moyen, pas bon, excellent conducteur, car il se baserait sur quoi ?
    Met les clignotants ?
    Roule à la vitesse légal ?
    Mais bon un gars qui roule à 47km/h sur une zone à 50km/h mais qui ferait n’importe quoi dès qu’une situation inhabituelle arrive, ne fait pas de lui un bon conducteur. Pourtant ce serait une donnée positive pour l’ordinateur, il ne dépasse pas la limitation.
    etc…
    etc…

    @TASSIN
    Quand on lit ça :
    « Les gendarmes pourraient consulter les notes globales (mais pas les détails). Seul un magistrat pourrait consulter les données les plus intimes comme celle de savoir que le 27 Octobre dernier il se trouvait avenue Georges Pompidou à Trifouillis les oies à 17h27 qu’à cet instant , il était garé en stationnement sauvage et que 10 minutes avant, il avait brûlé un feu rouge. »
    Devine.

    Je veux bien que ça nous aide à faire plus attention à notre façon de conduire, mais de là à se mettre un mouchard dans la bagnole pour se faire verbaliser à tout va.
    L’écologie c’est bien, mais là c’est du masochisme.

  13. Gilles ChomelLécoLomobiLe

    @Tassin et Urb: Les évaluations générales ou « notes globales » ou « profils » (conduite, vigilance et écologie) seraient affichés et connus de tous: passagers comme gendarmes. Ces 3 notes sont affichées sur le tableau de bord dès lors que le chauffeur est identifié. Si le chauffeur ne s’est pas identifié (biométriquement), le moteur ne dépassera pas le mode voiturette. (et encore, il aurait, dans ce cas, tout-de-même, un niveau à franchir, mais j’ignore quoi, pour que le moteur démarre).

    En conséquence, tous les conducteurs connaitraient leurs 3 profils ce qui donnerait des dialogues du style: « en écologie, je suis à peine au-dessus de la moyenne: faut que je roule avec plus de passagers au risque d’être rétrogradé en mode probatoire et que je modère mes accélérations » ou bien: « j’ai trop d’écarts à la trajectoire je vais me calmer au niveau des dépassements » ou bien « faux que je fasse gaffe de ne pas passer en-dessous de la moyenne avec mes oublis de clignotants » etc..

    En-deçà de ces notes globales, les détails de ces informations seraient réservé avec 2 niveaux de confidentialité:

    – le niveau de confidentialité du chauffeur (ça tombe bien, il est biométriquement identifié 😎 ).

    – le niveau de confidentialité pénal qui ne serait déclenché que sur requête d’un magistrat en cas de d’accident corporel ou en cas d’enquête criminelle. C’est seulement dans ces circonstances que les données géographiques précises seraient révélées.

    @URB: Ta remarque sur l' »entourage » est intéressante. Il correspond à un énorme secteur de recherche qui, justement, est en train d’émerger en ce moment: c’est la communication car2car ou communication inter-véhicule comme le secteur des objets intelligents qui communiquent entre eux.

    La vérité, c’est que les constructeurs sont vachement embarrassés par ces évolutions techniques parallèles. J’ai la conviction que le progrès numérique disqualifie l’objet automobile.

    La numérisation c’est la mise en réseau des individus et la nécessaire prise en compte de la collectivité alors que l’automobile c’est le mépris de la collectivité au seul profit de l’individu.

  14. Tassin

    @ L’écolomobile :

    Y’a beaucoup de fantasmes sécuritaire là dedans.
    Le coup du niveau de confidentialité pour requérir un magistrat… vous y croyez? Voyez déjà comment fonctionne la justice dans ce pays : à 2 vitesses! Comparez le traitement de Julien Coupat avec celui de Bernard Tapie par exemple.

    Je comprend vraiment pas à quoi ça sert votre délire statistique. Pourquoi vouloir se faire ficher comme ça? D’où vient ce(tte) besoin/envie de la présence de l’autorité en permanence dans nos actes quotidiens pour nous rappeler ce qui est bien ou mal et éventuellement nous punir? Comme le dit URB c’est du masochisme. Et c’est écologiquement nul.
    Vous êtes au courant que l’ écologie c’est ce qui replace « l’humain » au centre de la société?
    Un enfer écologique n’a pas meilleur qu’une démocratie courant à sa perte.

  15. Gilles ChomelLécoLomobiLe

    Tassin: j’ai décidé d’ouvrir un laboratoire d’idées en ligne sur l’application des TiC à l’automobile. Ceci étant fait, c’est normal que j’étudisse de manière systématique ce domaine de recherche. Je veux bien développer les raisons pour lesquelles j’ai pris cette initiative.

    Mon délire statistique me permet d’ajouter un nouvel angle d’attaque à l’encontre de cet objet de consommation que je trouve absurde et périmé qu’est l’automobile particulière: en effet, je suis convaincu que les nouvelles technologies disqualifient la vieille technologie du moteur-à-explosion. A tort ou à raison, j’ai une vision conflictuelles des technologies les unes par rapport aux autres: en particulier, je suis convaincu de la subversion par la numérisation de la vieille industrie automobile. C’est un peu comme quand l’avènement du bronze a subverti l’âge de pierre.

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