Capitalisme et productivisme, ou l’incompatibilité avérée avec l’écologie!

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Lors du premier Grenelle de l’environnement nous fûmes un certain nombre à considérer cette initiative comme une mascarade, une sorte de cache misère n’abordant pas le fond du problème ; c’est-à-dire qu’il n’y aura pas d’écologie véritable sans une remise en cause politique et par conséquence une autre optique sociétale que le productivisme capitaliste.

Déjà le débat avait été tronqué en l’absence de concertation sur le nucléaire, ce fut même une fin de non recevoir, puis en parallèle avait été votée une loi qui pour l’avenir sera la porte ouverte à la prolifération des OGM. Quand il s’agit de défendre les grands lobbies industriels on a passé outre le Grenelle qui, en fait, a servi de fourre-tout à quelques « mesurettes » que l’on a proclamées haut et fort, en oubliant d’ailleurs qu’elles ont été limitées dans leur efficacité par quelques amendements comme celui de Ollier, le rabotage à la baisse des normes thermiques pour l’habitat -mais il y avait eu en réalité environ six points importants que les amendements ont minimisés, dont les exceptions aberrantes limitant la portée de la taxe poids lourds pour ne citer que cette iniquité. De la poudre aux yeux !

Mais écoutons ce qu’en pensait à l’époque (en octobre 2008 à l’assemblée) André Chassaigne ayant porté à dérision ce foutoir :

« En définitive, c’est une écologie « Canada dry » que l’on nous propose d’adopter aujourd’hui. Nous nous retrouvons pour débattre d’un texte boiteux, qui a la couleur supposée de l’écologie, le goût de l’écologie, mais qui est bien loin de répondre aux véritables enjeux écologiques. »

Néanmoins, l’effet médiatique encensé par la suractivité présidentielle, appuyée par un Borloo pas encore totalement imprégné et convaincant avait séduit quelques prétendus écolos, laissé sceptiques d’autres, voire dubitatifs certains, mais surtout, laissé un goût amer face à l’imposture que quelques conscients percevaient…

Il ne s’agissait pourtant pas d’un quelconque moment d’humeur puisqu’au fil du temps cela s’est confirmé lorsque l’on s’est aperçu que ce fatras prétendu écologique n’avançait pas, abandon et remise en question de projets, des propos fort éloignés de l’écologie proférés au salon de l’agriculture par le Chef de l’état, le 3éme EPR, etc. et la liste est longue tant l’opération fut un apparat. A tel point d’ailleurs que l’un des promoteurs du pacte écologique ayant favorisé la mise en place du Grenelle, Nicolas Hulot, a suspendu sa participation en accord avec sa fondation.

Si ce fut l’abandon de la néanmoins contestable taxe carbone qui sera la goutte d’eau faisant déborder le vase, on peut s’apercevoir aussi qu’Hulot jette maintenant un regard plus critique à l’encontre du productivisme capitaliste. Ce qui doit le mettre dans une situation paradoxale quand on sait que c’est ce système qui lui a permis de paraître comme un ardeur défenseur de la survie de la planète. Si l’on est optimiste on peut considérer cela comme une prise de conscience, relative certes. Ce qui n’est pas le cas de son alter-ego « l’hélicolo » tartufe Yann Arthus-Bertrant, moins gêné aux entournures, qui dénonce les dégâts de la suractivité humaine en consommant allègrement quelques milliers de litres de carburant, issu du pétrole, et gracieusement payés par les 10 à 12 millions d’euros apportés par un François-Henri Pinault, voulant par le fric s’acheter une conscience écologique. Car, qu’on le veuille ou non, le productivisme même atténué par une peinture verte, que ce soit dans le bâtiment ou autre, engendre toujours des détériorations de la planète. La main mise des multinationales sur les forêts gabonaises, de l’Amazone pour fournir la construction, ou pour la transformation, reste dommageable et créer par la même occasion une nouvelle forme d’exploitation colonialiste de la part du capital. Donc, dénoncer c’est bien, mais il faut aussi dire les raisons profondes de la surexploitation, à l’évidence c’est difficile quand le sponsor est un super capitaliste.

Alors ça continue, la mascarade médiatique se perpétue et l’on nous présente la suite avec le grenelle 2. Bon, cette fois, le nombre des sceptiques a augmenté singulièrement au regard de l’incompétence avérée de ce gouvernement. Incompétence, volontaire ou pas, envers le bien-être du peuple afin de ménager l’hégémonie des spéculateurs et des banquiers, par conséquence aussi pour le capital, qui voit d’un mauvais œil l’écologie mettre souvent un frein au productivisme source de profit boursier. Si, pour faire bonne figure, on a inventé la croissance verte, conforter une sorte de mode consumériste, c’est-à-dire qu’avec une bombe aérosol contenant un vert douteux on a passé un coup de peinture attractive sur certains produits pour pouvoir les appeler : « bio ». Car même si l’on a diminué leur nocivité polluante grâce à divers stratagèmes, une production expansive amènera le même résultat avec le nombre. C’est le cas de la bagnole, on diminue la consommation et par contre on augmente leur nombre, donc aucun changement.

On a donc stigmatisé la responsabilité individuelle envers l’écologie, la démarche n’est pas à rejeter, au contraire, la conscience écologique personnelle ne peut être que constructive en étant toutefois particulièrement insuffisante, car n’oublions pas que 93% des émissions de gaz à effet de serre sont dues aux industriels, et le véritable danger est là. Eh oui, on a tendance à minimiser la laideur industrielle, pourtant, en étant la résultante de la croissance, elle est par conséquence la principale source de la destruction progressive de la planète.

Comme il y a des gens sensés pour dénoncer les tartuferies, sans prendre tout le réquisitoire de Martine Billard lors de la discussion générale sur le Grenelle, pour la 2éme séance du 4 mai 2010, nous donnerons à lire un des passages le plus significatif de son intervention.

« Il faut sortir la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la lutte contre le changement climatique des logiques capitalistes du marché carbone, des impasses et des fuites en avant technologiques qui nous ont conduits dans le mur.

À cet égard, je tiens à évoquer la voiture électrique à propos de laquelle l’un de nos collègues nous a expliqué que nous devions construire notre indépendance à l’égard des pays producteurs de pétrole et que cela passait par la voiture électrique. Je rappelle cependant que les voitures électriques requièrent des batteries, qui sont fabriquées avec du lithium, et que le lithium n’est produit ni en France ni dans aucun territoire qui dépendrait de la République. Il faut aller le chercher ailleurs. Les batteries ne sont donc pas plus le gage de notre indépendance que le pétrole, à moins que vous ne considériez qu’il est plus facile d’aller piller des pays comme la Bolivie et le Népal que les pays producteurs de pétrole.

Malheureusement pour vous, si la Bolivie s’est historiquement fait piller son plomb ou d’autres minéraux, le gouvernement bolivien n’est actuellement pas disposé à se laisser piller son lithium. De toute façon, la planète ne compte pas suffisamment de lithium pour remplacer tous les véhicules circulant et tous les véhicules à venir. Rappelons que le parc automobile de la Chine croît constamment, et pourquoi refuser aux Chinois d’avoir autant d’automobiles que les Français ?

La voiture électrique n’est donc pas la solution, même s’il peut être intéressant de développer les flottes captives électriques plutôt que les flottes captives à moteur à explosion. Arrêtons donc de fantasmer, comme nous le faisons un peu trop en France, sur « la Solution », avec un « S » majuscule. Cela se termine généralement assez mal. Je me rappelle notamment l’affaire des avions renifleurs et d’autres. Ne cherchons pas la solution miracle qui serait la seule solution : il faut des panels de solutions.

Il faut tenir compte des pays producteurs, et nous n’irons piller ni la Bolivie ni le Népal.

Arrêtons donc de rêver avec cela !

Le stockage du CO2 est un autre éléphant blanc. Aujourd’hui, nous ne savons pas stocker le CO2 et rien ne démontre que nous y parviendrons un jour. »

Ce résumé relate bien une erreur commise de plus en plus souvent, qui est celle de la techno-science au service d’une croissance tous azimuts. Une croissance incontrôlée pour le seul avantage des intérêts du capital et ceci, de surcroit, au détriment des travailleurs qui en sont devenus la variable d’ajustement. Par conséquence, son intervention laisse transparaitre que l’on ne peut pas faire d’écologie véritable si on laisse les lobbies industriels capitalistes mener l’économie mondiale. Le profit passant toujours avant le bien-être.

Il s’agit de bien-être qui est un concept plus large que le mieux-être que l’on doit aux sociétés modernisées, l’Ipod par exemple s’inscrivant peut-être dans le mieux-être, ce qui d’ailleurs est suggestif, mais il n’est pas du tout sûr qu’il soit un élément déterminant pour le bien-être. C’est sans doute à travers ce travail de réflexion qu’il faudra aller chercher les contours d’une société totalement différente ; car ne l’oublions pas, la terre est un produit fini dont les limites ne sont pas extensibles et la science, plus exactement la techno-science, quoi qu’en disent certains apprentis sorciers ne résoudra pas tout.

Il faut d’abord mettre un frein au productivisme exponentiel, cela passe nécessairement par la disparition du principe capitaliste qui en est le principal demandeur puisque son leitmotiv existentiel est celui du profit coûte que coûte. Les partis de la droite traditionnelle sont à leurs places dans ce système puisqu’ils incarnent la continuité des régimes monarchiques ou toute l’énergie était inconsciemment tournée vers l’hégémonie monétaire, par contre on aurait pu espérer que des partis dits socialistes se seraient opposés au productivisme dévastateur, il n’en est rien.

Au contraire, pour la France, depuis 1983 les socialistes et leurs associés : communistes, et verts, radicaux de gauche, ont donné la part belle aux marchés. La gauche plurielle, malgré des voix discordantes et favorables au « non » lors du référendum sur le TCE -déjà des communistes contre Maastricht-, a cependant amené à ce que l’Europe devienne l’un des éléments moteur de la mondialisation capitaliste. Certes la droite a repris le relai depuis que la prétendue gauche n’est plus au pouvoir, mais il n’empêche que l’on doit le traité de Lisbonne à l’attitude faux-culs des socialistes, sans oublier l’européanisme primaire d’Europe écologie. Donc, ce sont là deux défenseurs de la concurrence libre et non faussée avec pour élément porteur une croissance capitaliste dévastatrice, nous devons nous opposer par tous les moyens à ses inféodés au capital, car ils sont beaucoup plus trompeurs avec leur aspect faux-jetons que la droite dont on connaît le penchant pour l’idéologie ultralibérale, et qui ne s’en cache pas.

Pourtant il parait de plus en plus évident que l’on ne pourra faire véritablement de l’écologie qu’en prenant d’autres options que le productivisme et son corolaire le consumérisme inconsidéré, s’impose donc comme priorité de sortir du capitalisme, la sobriété étant une antinomie du profit.

C’est seulement à partir de ce moment que l’écologie deviendra un réflexe, produire à tout prix n’étant plus une obsession, ce sera alors l’ère de l’écologie réflexive…

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A propos de Michel Mengneau

Administrateur du site Le Ragondin Furieux

22 commentaires sur “Capitalisme et productivisme, ou l’incompatibilité avérée avec l’écologie!

  1. Joshuadu34joshuadu34

    Et ben merci à toi !!! Ça fait plaisir de lire quelque chose que j’aurais pu signer… Tu pose, ici, quelque chose que je crie depuis un bon moment, et qui m’a souvent valu l’étiquette d’anar (quoi que, sur le fond, je prendrai cette étiquette avec plaisir, même si je me contrefout des étiquettes), alors que, je pense, ce n’est que du bon sens ! Il faut, aujourd’hui, laisser tomber les compromis qui, on l’a trop de fois vu, ne conduisent à rien d’autre que du foutage de G…e et de la bonne conscience. Nous n’avons plus le temps de faire ces compromis ! Je dirais, mais sans aucun septicisme, qu’il est même trop tard pour faire marche arrière…

    Alors, me répondrons certains, pourquoi faire quelque chose si on ne peut plus revenir en arrière ? Tout simplement pour avoir une chance de voir nos enfants survivre !!! Et leur (notre même) survie passe uniquement par la préservation d’une nature à laquelle nous appartenons !!! Enfin, de ce qu’il en reste…

    Tiens, je ferais un peu de pub, ici, pour un excellent bouquin, celui de Pascal Acot : « Catastrophes climatiques, désastres sociaux » (ed puf), dans lequel le paralèlle entre écologie et sociologie est clairement exprimé et démontré…

  2. MinouMinou

    « Il faut d’abord mettre un frein au productivisme exponentiel, cela passe nécessairement par la disparition du principe capitaliste (…) »

    Ahahah! Tu rêves, Michou ! Le capitalisme ne disparaitra qu’en allant jusqu’au bout de ses possibilités. Le jour où il disparaitra, il n’y aura pas de renaissance possible. Tout disparaitra avec lui. Sauf peut-être certains idéaux révolutionnaires. Nous ferons alors la révolution dans un monde mort, où il n’y aura plus rien à sauver ! Trop tard ! C’est maintenant qu’il faut trouver des solutions radicales. Mais comment ?

    Sans cesse je me demande quel peut être le meilleur engagement individuel politique possible. Sans cesse je suis confronté à des groupes, par exemple « anti-voitures », qui malgré toute leur bonne volonté, ne proposent rien de révolutionnaire. Des autocollants. Des trucs « conviviaux » « qui font réfléchir les gens ». Forcément, il n’ont pas les moyens, les pauvres.
    Greenpeace, qui a plus de moyens, est bien plus « révolutionnaire », mais ils ne sont pas assez entendus. Comment se faire entendre alors ? Comment toucher la masse ? car c’est elle qui a le pouvoir en ne l’ayant pas en même temps, puisqu’elle l’a abdiqué ? C’est de cette abdication que se nourrit le pouvoir de l’élite technocratique et commerciale. Ne serait-il pas possible, avec du fric, de toucher cette masse hébétée en piratant un journal télévisé, par exemple, où un invité en apparence inoffensif dévoilerait la vérité : « Non, BP n’est pas le seul responsable, VOUS, individus qui allez remplir votre réservoir à la pompe, qui avez une voiture, vous aussi, vous surtout, souillez l’air, la vue, la poésie du monde avec vos bagnoles. Vous êtes une majorité à vous déplacer en voiture pour faire moins de 3 kilomètres, parfois moins de 1. VOUS avez une responsabilité ! » ?

    Les idéaux révolutionnaires ne sont-ils pas perdus d’avance si nous ne comprenons pas que c’est la masse qui a le pouvoir ? Éduquer cette masse n’est-il pas le seul espoir de changement ? Si le changement se fait au compte-goutte, il sera trop tard !

  3. Gildas

    joshuadu34, Minou,

    Pourquoi vivez vous dans un pays industriel capitaliste qui vous fait tant souffrir? Pourquoi la recherche de compromis est elle si difficile?
    Une méthode simple à vos maux serait d’aller vivre dans un endroit préservé de toute industrie et dans des sociétés traditionnelles. Un pays reculé de toute trace de modernité, une île?
    Mais je vois poindre une objection, peut-être un certain confort vous fera défaut, peut-être allez vous prendre des risques pour votre vie, pourtant, vivre les convictions, c’est important!

    Vous devez maintenant choisir entre changer le monde et vous changer vous même, c’est pas facile comme alternative!

    Avant de changer le monde, pourquoi ne pas commencer par changer de regard, changer d’habitudes, changer de style de vie, être en paix et en accord avec soi même?

    A partir de là, vous deviendrez charismatiques et on vous écoutera.

    Les gens aigris qui pleurent sur le futur de leur enfants qu’ils n’ont même pas de courage de faire ou qui veulent imposer à tout le monde leur point de vue macabre, merci, on a déjà donné.

    Ceci dit, @l’auteur, très bon article détaillé, permettant de mieux cerner la réalité complexe de la situation!

  4. MinouMinou

    Va te faire foutre avec ton relativisme et ton zen, ta paix avec toi-même !

  5. Gildas

    @Minou,
    Désolé, j’ai touché, le point sensible, mon but n’était pas de blesser.

  6. MinouMinou

    À Gildas,

    Tu n’as rien touché, crétin ! Je ne prétends pas détenir la vérité et j’ai le droit d’être révolté ; je n’ai pas de bagnole, je ne me vends pas corps et âme à une entreprise, je sabote tout ce que je peux même si c’est inutile, enfin je me remets sans cesse en question et je suis capable d’auto-dérision, d’accord ? Toi, par contre, tu ériges ta demi-mesure et ton relativisme en sagesse zen toute pourrie. Alors reste décontracté dans ton coin et ne fais pas chier. Merci. Je ne te répondrai plus, déchet.

  7. Joshuadu34joshuadu34

    à Minou

    Ne te justifie pas, tu n’as pas à le faire, tu n’as, je pense, et tout comme moi, pas accepté, justement, le productivisme débridé et tu tente, tout comme moi, de mettre tes actes en conformité avec ce que tu es, avec ce que tu pense… à compter de quoi, aucune justification n’est nécessaire, surtout face à ces attaques ridicules lancées à coup de « t’as qu’à aller vivre sur une ile »… Ben voyons… Finalement, le plus « marrant », dans l’histoire, c’est que ces crétins adeptes du laisser faire, qui n’ont pas encore compris que ce n’est pas en laissant le monde s’autoréguler, comme ils ont laissé l’économie s’autoréguler avec les conséquences que l’ont voit clairement maintenant, seront, eux aussi, en première ligne… et leur laisser faire leur reviendra alors dans la gueule, avec une différence majeure, c’est que ce retour de manivelle n’est mortel que si tu ne t’y attends pas !

    Votre autorégulation, vos idées hallucinantes Gildas sont, clairement, empruntes d’une mauvaise foi incroyable ! Dites, comment pouvez-vous nous demander (nous ordonner, presque) d’aller voir ailleurs alors que, justement, ce monde ci nous INTERDIT toute possibilité de faire sans lui ? Comment pouvez-vous avancer de telles justifications alors que le minimum nécessaire, non pas au confort, mais à la survie est sous la coupe d’un système meurtrier ? Peut-on vivre sans eau ? Non ! Et pourtant, le système s’est approprié l’eau, élément indispensable à la survie de toute espèce vivante et la monnaie, y compris dans les coins les plus reculés de la planète ! Et quand l’eau n’est pas récupérée, le système, encore lui, s’est arrogé le droit de tellement la polluer, de la rendre totalement impropre à la consommation pour ses profits, que toute survie, même, est impossible ! La liberté, votre système l’a muselée, l’a interdit, tout comme il a interdit à quiconque le droit de vivre autrement que sous son giron, et ce quel que soit l’endroit de la planète où vous vous trouvez ! Même la plus grande misère, même les pays les plus pauvres et les moins « civilisés » (mais c’est selon vos critère) sont sous la menace et le pillage, pour leurs ressources minières, orifères, pétrolières où autre, de votre société de consommation ! Voilà ce que vous laissez derrière vous ! Un pillage, des morts et des guerres entretenues pour maintenir l’esclavage mené par une minorité sur la majorité de la population humaine !

    Ça ne vous empêche, à priori, pas de dormir, mon cher Gildas, soit ! Ne nous demandez pas de prendre le parti de votre égoïsme, notre coeur est encore suffisament vigoureux, et pas assez desséché pour accepter votre monde sans réagir !

  8. Joshuadu34joshuadu34

    je ne reprendrai que les mots de Youssef Chahine, face à la dérision dont vous faites preuve…

    « Un des moyen d’exprimer la frustration est sans doute la dérision »…

    à défaut de porter un argument, c’est encore le costume qui vous sied le mieux !

  9. Gildas

    Vous m’avez mal compris, je trouve cet article très intéressant car il analyse la réalité et il aide à faire comprendre les choses et donc à évoluer.

    Par contre les formules miracles comme ‘il faut faire la révolution’ ou ‘il n’y a pas de compromis possibles’, ‘c’est trop tard’, je les dénonce car elles sont inutiles à l’écologie, bien que leurs auteurs soient plein de bonne volonté. C’est pour ça que je vous ai balancé d’autres solutions tout aussi miracles comme vivre sur une île, évidemment que c’est de la provocation!
    Vous dénoncez la modernité, le système dans son ensemble et non pas ses excès.

    Un paquet d’extrémistes ont étés de bonne volonté au départ.

    Je me sens autant concerné que vous par ces sujets sinon, je n’irai pas lire les articles de ce site quotidiennement.

    Moi non plus je n’ai pas de voiture ! 🙂

  10. MinouMinou

    Joshuadu34, merci de m’avoir rassuré. Je sais bien que je n’ai pas à me justifier, mais c’est plus fort que moi. Ces négationnistes du genre de Gildas sont tellement immondes…ils ont toujours, en effet, les mêmes arguments-massues :

    – « va vivre sur une île  »

    – « tu veux retourner à la bougie?  »

    – « les nazis aussi étaient écolos  »

    – « si toi ça t’amuse de te chauffer en allumant un feu de bois avec des silex, c’est ton problème, mais n’empêche pas les autres de profiter des possibilités qu’offre la technique moderne. La technique met en place des moyens (donc des possibilités), libre à toi de t’en servir ou non. »

    Eh bien, ce dernier « argument » est le plus terrible. Il est FAUX et il est de la plus haute importance de le faire ressortir : je n’ai pas le choix, je suis obligé de me servir de ces moyens. Ce par quoi il apparaît que je ne les utilise plus vraiment, je suis bien plutôt utilisé par eux. OK Gildas ? Toi comprendre ?

    Mon désespoir vient du fait que le deuxième argument, par exemple, je l’ai encore entendu venant de la bouche d’un « anti-voiture », ce qui prouve, malgré leur bonne volonté, qu’ils luttent à la surface sans aller à l’essentiel : réfléchir au problème de la Technique, à son essence, aller à la source du problème, et non pas « s’adapter à elle », ni la « maîtriser pour en éviter les dérives ».

    Le retour à la bougie est toujours l’argument-massue qui met fin à toute discussion. C’est un argument d’une extrême violence. Pourquoi ?

    Parce que c’est un argument non seulement nihiliste et négationniste, mais maladif et pessimiste. Il revient à dire que les époques où l’on s’éclairait à la bougie étaient des époques barbares qui étaient un enfer… heureusement qu’on en a fini… Pareil pour le lavoir : c’était l’esclavage, n’est-ce pas Gildas ? Mais ces époques, prenons le XVIIIe siècle ou l’antiquité grecque par exemple, pour 1000 ou 10000 Gildas, elles donnaient naissance à un Mozart, un Eschyle ou un Catulle. Ceux-là, on n’oubliera — je devrais dire oubliait — pas leur nom. Par contre, les Gildas…

    Ce genre d’argument violent, donc, équivaut à affirmer sans honte que nous, hommes modernes, dans notre monde défiguré par la laideur, nous, NOUS, du haut de notre pyramide de SÂÂÂÂVOIR, nous avons atteint le stade ultime de la civilisation.

    Mensonge! Jamais il n’y a eu autant d’esclavage, au Sud comme au Nord. Dans notre propre pays ! Le pire est à venir si les Gildas prolifèrent ainsi. Et ils prolifèrent. La mode est au climato-scepticisme et décomplexisme.

    La laideur moderne ? existe pô
    La pauvreté ? existe pô
    La pollution ? non plus
    Les entreprises-États font joujou avec des déchet nucléaires ? faux
    Le monde meurt ? mais non, tout va bien !

    Super…

  11. Joshuadu34joshuadu34

    …et quand je parlais de ne pas faire de compromis, je n’ai pas, non plus affirmé qu’il nous fallait revenir au néandertal… Les compromis, ce sont les accords à minima constament signés au nom de « l’écologie » qui, quand ils ne servent pas directement l’industrie, ne sont même pas appliqués !!! Quand je disais qu’il ne falait pas de compromis, c’est parce que la politique gouvernementale ne sert pas l’écologie, au contraire, elle la pille et l’apporte sur un plateau à ceux qui s’enrichissent sur le dos de la majorité… ainsi, rien ne me fait plus bondir que de voir, justement, les rayons « bio » des hypermarché, ces produits peut-être produits réellement biologiquement, mais dans le cadre d’un agriculture dévastatrice, et surtout tellement éloignée que, du coup, l’aspect bio est plus que gommé par le coût energétique du transport ! À la limite, quand il m’arrive d’acheter en hyper, je me tourne vers l’équitable, pas vers le bio !

    Par contre, et alors qu’on nous em…quiquine (comme dirait un neveu) avec le Grenelle, lors de la « modernisation » de l’agriculture, rien sur la production de proximité… et ce n’est qu’un exemple !

    Le cheval de bataille (si je peux dire) de ce site est la voiture, mais, là aussi, peu de chose concernant un aspect mélangeant le social et l’écologie, c’est à dire l’abandon programmé des transports en commun, rien sur l’imbécilité de la prime à la voiture neuve apportant, si on compte le coût energétique de production, plus de pollution que si l’individu avait gardé sa vieille voiture, sans parler de la publicité faite à l’industrie auto où même du cadeau financier de telles mesures faites au nom de l’écologie (là, je suis un peu mauvaise langue, carfree est sans doute un des seul à en parler…), etc…

    Bref, les compromis, passés hors un rapport de force montrent systématiquement non pas leur faiblesse, mais bel et bien leur trahison puisque, finalement, le compromis aura permis la récupération mercantile de l’écologie…

    Voilà où je voulais en venir ! Une victoire est possible mais, bien entendu, elle ne se fera pas en abandonnant le confort, ni en refusant le confort aux populations émergeantes, et encore moins en se contentant de vagues promesses, à coup de Grenelle I, II où XXVI où d’accord de Kyoto à minima non respecté et non restrictif ! Il faudra qu’à un moment, nous mettions nous, puisque pas grand chose à attendre côté pouvoir corrompu, l’aspect restrictif en place et que nous réagissions !

  12. Tom34

    Et 1 point Godwin pour « MINOU » !

    Chacun sa méthode pour changer le monde. La révolution et le sabotage pour les anar, la revendication et les manifs pour les syndicats, le militantisme et lobbying pour les politiques, l’économique pour les salariés consommateurs.

    Quelle est la méthode la plus efficace ?
    Et si au lieu de s’affronter, vous alliez dans le même sens, chacun avec ses convictions, ses moyens… et ses valeurs.

    A+
    TOM.

  13. MinouMinou

    Tomzéro, où est le point Godwin, raclure ? Tu peux citer pour justifier ce que tu avances, déchet ?

  14. Alban

    Et toi, Minou, tu peux écrire un seul message sans aucune insulte, petit con ?

  15. Joshuadu34joshuadu34

    @tom34

    j’ai beau ne pas être en accord avec tout ce qui est écrit sur ce site, je l’apprécie, j’essaie de porter le débat et d’apporter mes idées qualifiées d’anar… n’est ce pas, justement, un moyen de tenter de mettre en commun ? Maintenant, il est sûr que le passé tend, pour peu que l’histoire soit prise en compte, ce qui est indispensable, à laisser quelques traces et à faire aborder la communauté avec méfiance. Mais avons nous encore le temps d’être méfiant ? Nous le devons, tout comme nous devons TOUS avoir suffisament l’esprit ouvert pour faire tomber les oeillères, et refuser les lieux communs enfermant chacun dans ses certitudes, mais nous devons aussi réagir vite, sans nous laisser distraire par les faux semblants ! Faute de quoi le combat (puisque c’en est un) est perdu !

    D’ailleurs, pour l’ensemble des composantes que tu cite, le lieu commun est bien présent… Tiens, quand même, l’anar n’est pas le saboteur violent (faudra, un jour, qu’on me définisse la violence, je ne comprend toujours pas pourquoi une révolution populaire serait violente alors que les bombardements US sur les afghans ne sont que mission de pacification…) de l’imagerie populaire, mais plutôt celui qui refuse de laisser un autre penser à sa place… c’est d’ailleurs pourquoi on a tendance à dire qu’il y a autant d’anarchismes que d’anarchistes… Mais, pour avoir aussi passé quelques années dans le syndicalisme, j’aurai aussi quelques réserves du côté de ce que tu en dis… bon, comme, sociologiquement, sur le reste, d’ailleurs… mais j’ai bien compris que le message n’était pas de fustiger, mais plutôt de relever l’incohérence de la lutte interne dans la contestation, ce sur quoi on ne peut qu’être d’accord ! Juste, attention aux clichés, s’ils nous sont tant servis par le pouvoir et ses valets, ce n’est pas un hasard !

  16. Tom34

    @JOSHUADU34
    > Tiens, quand même, l’anar n’est pas le saboteur violent …/…

    J’ai pas parlé de violence. Il y a eu des révolutions sans (trop) de sang versé.

    Mais je pose encore la question : quel est le moyen le plus efficace ?

    Cela fait des années que je n’utilise plus d’avion (perso ou pro). Et j’ai l’impression d’avoir contribué au milliard de déficit d’Air France KLM 🙂

    Chacun sa méthode, je ne suis pas sûr que faire un scandal ou un sitting dans un aéroport soit plus efficace que de ne plus consommer moyen de transport polluant.

    A+
    TOM.

    PS : amitiés à MINOU.

  17. MinouMinou

    « Ha ben ca y est le point GodWin est atteint maintenant! »

    Pim, je te respecte beaucoup. Nous sommes toi et moi, il me semble, en accord sur tous les sujets. Mais quand tu arrives au milieu d’une discussion telle que celle-ci, ce serait bien que tu lises les messages précédents pour savoir de quoi il est question, avant de m’accuser d’ « atteindre » le point machin.

    Merci.

  18. MinouMinou

    Peu importe, je n’aime pas laisser des choses de ce genre non élucidées.
    Tu pourrais juste répondre, pour me rassurer que tu n’as pas parlé sans avoir lu ce qui précédait. Que tu ne lises pas tout les commentaires, que tu ne fasses que les survoler parce qu’ils sont inintéressants, je le comprends tout à fait. Je comprends moins, par contre, que tu puisses intervenir si tu n’as pas suivi l’ensemble de la discussion. J’aimerais juste savoir pourquoi tu as fait cette remarque. Ne prends pas ça pour une agression. 🙂

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