Arbres et ville, Urbanisme et Totalitarisme

Le Printemps de Tours

Jours d’orages au mois de mars et hécatombe au mois d’avril, le printemps a été extrêmement court dans la ville de Tours en 2011, mais ses premières semaines ont été lourdement chargées en événements politiques.

Quand l’affrontement a commencé au Sanitas, les arbres étaient en fleur avec des feuilles à peine naissantes. Dans la lumière des ciels d’orage de la fin mars, leurs houppiers composés seulement de chatons semblaient s’éclairer lorsque des rayons de soleil transperçaient les masses noires et menaçantes de nuages. Aux petits matins encore frais de ces premières journées du printemps, avant le lever du soleil et l’installation de la chape de décibels automobiles sur la ville, de ces vastes houppiers vivants lancés vers le ciel retentissaient les chants et cris des oiseaux débutant leur journée.

Dans la totale ignorance de l’arrivée prochaine de « l’éco-mobilité durable », des couples oiseaux s’étaient formés et dans l’insouciance des premiers jours du printemps des nids avaient été construits. On pouvait voir sur l’un des érables du mail du Sanitas, le nid monumental avec son toit d’un couple de Pies bavardes, une œuvre de plus d’un mois de travail. Avec les allers et venues des adultes, il était facile de deviner qu’une couvée ou déjà un nourrissage était en cours.

Sur la « terre des hommes », c’est aujourd’hui la guerre. Le retour du printemps et la beauté flamboyante des houppiers faits de jaune et de vert clair, des chatons et des feuilles naissantes n’auront aucune incidence sur le projet de requalification technique et sécuritaire de l’espace urbain. « Eurovia », la transnationale du chantier du tramway attend sa concession territoriale d’exploitation et le maire veut inaugurer son tramway en 2013.

Vers la mi-mars un collectif de défense du patrimoine arboré de la ville se constitue pour assurer une permanence sur le mail du Sanitas. Le Codat décide de se battre sur le terrain : « Sauver ce qui peut être sauvé du massacre ! », « On ne lâche rien ! »

Réveil et mort de l’ancien maire

Dans les événements marquants de la fin mars, il s’est trouvé que l’ancien maire Jean Royer décède dans la première semaine du printemps et c’est justement lui qui avait fait planter l’allée arborée du Sanitas aujourd’hui menacée par le tramway.

En fin de règne, ce bon vieux « réactionnaire », à l’ancienne mode toute paternaliste du capitalisme des Trente Glorieuses, s’était mis tout le monde à dos et avait dû disparaître de la scène politique. Avec en plus la presse et les « écolos » contre lui, il avait fini par se tailler en trente ans de règne sur la ville une réputation d’autocrate indéboulonnable. Complètement « grillé » et démodé sur le plan médiatique il s’est retrouvé contraint à une retraite anticipé.

Aujourd’hui, en regard de notre histrion maire potentat local des transnationales, l’ancien maire nous apparaît presque comme un inoffensif enfant de cœur. Ce bon vieux maire « réac » qui dans les années de son règne voulait dompter la Loire pour sécuriser son urbanisme pharaonique en zone inondable (1), s’avère aujourd’hui plus « écolo » que la jeune garde de l’écolocratie en poste à la mairie. La sur-urbanisation des zones alluviales du Cher s’est faite avec le silence retentissant des « Verts ». Le quartier des « Deux Lions » construit en dévastant des zones humides a été labellisé « Haute Qualité Environnementale » par la clique…

Comme par une ironie de l’histoire, avec sa mort, il resurgit aujourd’hui pour décaler dans la « semaine du développement durable » de la ville le massacre du Mail du Sanitas. Il était décemment difficile d’organiser la même semaine les funérailles officielles de l’ancien maire et le massacre de son mail.

Sa mort soudaine en situation locale conflictuelle a été instrumentalisée par tous les camps politiques en présence sur le front du Sanitas. En réponse aux funérailles officielles avec l’enterrement en grande pompe médiatique de l’ancien « grand bâtisseur », le Codat a décidé d’inaugurer l’allée arborée menacée et de lui donner le nom de « Mail Jean Royer ».

Dans la nuit du 6 avril 2011, la milice privée du maire

Ce matin là, très tôt dans la nuit noire, les oiseaux encore silencieux, les habitants du Sanitas sont réveillés par des bruits bizarres et incompréhensibles à cette heure. La police municipale est sur place, elle s’active pour clôturer la première portion du mail destinée au massacre. Il est 5 heures du matin, une trentaine d’hommes sont présents, presque la totalité de l’effectif de la police municipale. Dans cette opération commando totalement illégale, ils travaillent comme la milice privée du maire Jean Germain. Selon les lois en vigueur, le balisage des chantiers doit être complet 48 heures avant le début des travaux. La police nationale est aussi présente, une dizaine d’hommes surveille les alentours et pour assurer la sérénité du massacre des fourgons de CRS sont discrètement garés en attente.

A sept heures du matin les hommes de « Gabriel Espace Vert » sont à l’œuvre avec leurs tronçonneuses. Le soleil était encore couché mais du houppier des arbres condamnés dans l’aube naissante se faisait entendre le chant des oiseaux débutant leur journée.

A dix heures du matin le forfait du maire est terminé, une cinquantaine d’arbres sont au sol, morts. Un quart du mail Jean Royer est saccagé, un véritable travail de professionnel. L’entreprise « Gabriel Espace Vert » met son « savoir faire » pour satisfaire toutes les basses besognes des municipalités de la Région Centre. C’est elle qui avait remporté le contrat d’abattage préalable au tramway d’Orléans. Mais avec plus de mille arbres à abattre pour le tramway de Tours, cette entreprise réalise à la fois son plus « beau contrat » et le premier « casse du siècle » sur la ville.

Ce jour là, après cette opération commando par la milice privée du maire, le Codat décide le campement permanent sur place. La résistance continue « On ne lâche rien ! »

Le lendemain dans les décombres

Le 7 avril, dans le vacarme assourdissant d’une broyeuse à bois, les hommes aux ordres de l’état major municipal faisaient disparaître leur forfait de la veille. Ils ramassaient les branchages et les introduisaient dans la gueule grande ouverte de la machine. A l’autre bout du hachoir, le monde vivant ressortait réduit en copeaux. Un autre entreprise de recyclage écologique est chargée de « valoriser » le produit du massacre.

Sur ce premier quart abattu du mail du Sanitas, dans les décombres de leur habitat quelques oiseaux atterrés circulaient encore.

Entre les cadavres d’arbres, un Accenteur mouchet sautant de branche en branche lançait son chant sans discontinuer, il semblait être à la recherche d’autres survivants. De l’autre coté de la chaussée perché en haut d’un arbre encore vivant un Pinson semblait lui répondre. Dans le massacre du Mail Jean Royer, une mésange bleue circulait en silence sans comprendre entre ces branchages ramassés devenus si soudainement horizontaux. Comment comprendre l’origine de cette géométrie modifiée de son espace de vie ? Des merles s’envolaient en lançant leur cri d’alarme.

Du grand nid de Pie, après le massacre de la veille, les membres du comité de défense des arbres ont extrait le cadavre de l’oisillon à peine né et lui on fait une sépulture symbolisant leur résistance.

Tous ces oiseaux vivent aujourd’hui dans la ville de Tours « l’Anthropocène » de « l’éco-mobilité » « Alstom-Aréva-Eurovia-Vinci », les transnationales en charge « d’aménager notre cadre de vie ».

La géométrie du « quatrième paysage » qu’elles construisent avec le tramway est maintenant réduite à une seule dimension, celle militaire du « navire amiral » du maire, la ligne technique horizontale de la machine chargée de dévorer les habitants pour les discipliner dans leurs déplacements…

Urbanisme et développement du capitalisme

Lorsque l’on prend le devenir des arbres dans la ville comme fil conducteur d’une analyse de l’urbanisme, on découvre dans la plénitude de son « héroïsme dévastateur » le développement du capitalisme.

Comme partout dans le monde les arbres tombent en grand nombre… Foresterie, industries minières, prospection pétrolière, biocarburants, aménagement du territoire, remembrement, urbanisme ou encore « éco-mobilité » du tramway, toujours le même spectacle ; on peut suivre à la trace l’extension du capitalisme, un paysage lunaire de terres dénudées, scalpées de leurs arbres, écorchées de leur couvert végétal.

Toujours la même hécatombe, des arbres en grand nombre morts, partout dans le monde le même spectacle. Aussi diverses que soient ses lignes de recherche et développement, aucun effort d’innovation et rien de nouveau sous le soleil depuis les origines du capitalisme industriel, des arbres ou des hommes abattus en grand nombre…

Encore aujourd’hui comme à ses débuts, « le capital se manifeste suant et puant la boue et le sang, la mort et la pollution par tous les pores (2).»

Après avoir été chassé par l’invasion automobile du territoire, le tramway revient en ville semble t-il comme pour prendre une revanche. « Enfin de la « mobilité durable » ! » Mais à la surprise générale, la machine accélère encore dans la même direction.

Tours, Rennes, Angers, Besançon, Nîmes, en faisant exactement comme la voiture tomber tous les arbres sur son passage, « l’éco-mobilité durable » ne laisse plus aucune ambiguïté sur la nature de son projet politique. En ville comme partout, la ligne d’analyse par les arbres est efficace, presque infaillible elle permet de suivre à la trace le capitalisme.

Avec ce spectacle d’abattages illégaux en opération commando, incompréhensible dans la crise écologique, ce qui est arbitrairement détruit aujourd’hui dans la ville acquiert plus d’importance pour comprendre que ce qui est construit.

Il faut bien se rendre à l’évidence, malgré ses multiples éco-labels et de tintamarre de greenwashing, le tramway véhicule une nouvelle offensive du capitalisme en milieu urbain. Sans a priori idéologique, la seule vie des grands arbres comme fil conducteur impose cette analyse.

Associé aux aspects technico-financiers, inhérents à ce mode de transport collectif « high-tech », « gros budget » « grand chantier » interdisant d’emblée toute gratuité ou « mission de service public », la mise à mort arbitraire des arbres nous oblige à faire l’effort de comprendre le projet urbanistique véhiculé par le tramway.

« La main invisible » du mastodonte « Alstom-Aréva » est partout présente. Elle guide les pas et la pensée politique des potentats locaux, comme notre histrion maire et ses sbires serviles de la caste politique jusqu’à « l’écolocratie »… Il est en effet suspect que dans la marmaille bruyante des courants alambiqués de la « Gauche Plurielle », pas une seule voix ne se soit élevée pour faire cesser le massacre.

Aucune formation politique constituée et même pas les Verts n’a perçu l’importance historique de défendre des arbres contre le train électrique de ville. Aucune défection n’a eu lieu dans la caste politique, un véritable Parti Unique…

Autour de cette machine se construit aujourd’hui un nouvel espace d’enfermement, densifié et hautement fonctionnalisé. A coté du capitalisme ordinaire guidé par la spéculation immobilière s’organise en parallèle le renforcement technologique du pouvoir. Dans son perfectionnement urbanistique, la ville devient labyrinthique et carcérale guidée par un souci de plus en plus aigu d’optimisation économique de l’espace et des personnes.

L’éradication des grands arbres n’est donc plus neutre sur le plan politique. Épurée de ses massifs arborés, la ville nouvelle, se dessine délibérément comme une nouvelle machine. En déployant ses potentialités spécifiquement techniques sur chacune de ses unités de surface elle affirme ses visées politiques, faire de chaque élément d’espace une manifestation du pouvoir. Investie, conquise, mise à disposition, financiarisée et optimisée, sur cet espace quadrillé, scanné et numérisé, une logique implacable s’impose : « machine à habiter », « machine à circuler », « machine à travailler ou à s’amuser » mais « machine à sou » dans tous les cas. La gratuité de l’espace public et la beauté paisible des grands arbres sont pourchassées avec acharnement.

Ici à Tours comme en Chine, modèle économique fantasmé du potentat de la ville, l’assaut dévastateur des transnationales sur les arbres a été brutal. Dans le paroxysme de feu ordonné par l’état-major des architectes urbanistes tout a été broyé par l’arbitraire économique de la spéculation immobilière.

Plus rien n’est épargné, ni l’histoire de la ville, ni la géographie du lieu… Moins de six mois après la révélation du tracé du tramway et une fois franchis les diverses formabilités administratives de démocratie participative, la ville a été éventrée. Les résidus d’écosystèmes représentés par les vieux espaces arborés ont été, comme partout dans le monde, les premières victimes.

Dernière nouvelle de la guerre

Le mardi 12 avril au petit matin la Compagnie Républicaine de Sécurité donne la charge et déloge les activistes du Codat. Le massacre peut continuer, toujours en totale illégalité, puisque le balisage du chantier réalisé par Eurovia filiale de Vinci et transnationale du BTP, datait de moins de 24 heures… Sous les cris et le pleurs de la population du Sanitas, « Gabriel Espace Vert » l’entreprise d’éradication des arbres dans les villes de la Région Centre réalise sa salle besogne sous la protection de la police.

Comme partout dans le monde les arbres tombent maintenant en grand nombre sur le très large passage du tramway.

Et comme n’importe quel peuple indigène sans arme en face du développement du capitalisme, nous résistons encore. « Sauvons au moins un arbre du Mail du Sanitas ! »

Tours le Mardi 12 avril 2011

(1) Terre Sauvage « La Loire Fleuve Libre ! » n°188 octobre 2003
(2) Karl Marx « Le Capital » Livre 1er Section 8 « L’accumulation primitive du capital » Chapitre 31 « Genèse du capital industriel » : « Si d’après Augier, c’est « avec des tâches naturelle de sang, sur une de ses faces » que l’argent vient au monde », le capital y arrive suant le sang et la boue par tous ses pores. »

Jean-Marc Sérékian

A propos de Jean-Marc Sérékian

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste des questions d'énergie et de biodiversité.

13 commentaires sur “Arbres et ville, Urbanisme et Totalitarisme

  1. azerty

    De grâce, arrêtez de mêler le « capitalisme » à ça, vous perdez en crédibilité.

    Plus largement, le mouvement carfree devrait rester apolitique, c’est à dire qu’il devrait se limiter à dénoncer les méfaits de la voiture, et les bienfaits d’autres moyens de transport, de sorte que les ultra libéraux comme les ultra étatistes puissent se reconnaître dans ce combat.

  2. Anartoka

    L’apolitique n’existe pas tout comme l’objectivité. Être crédible, c’est avoir une réflexion complète, et donc de la société et de l’économie de marché. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, dans nos sociétés médiatisées, l’effet d’annonce est jugé plus crédible qu’une analyse de fond…

    Sinon, vidéo sur l’expulsion violente de l’occupation
    http://www.youtube.com/watch?v=65Uh39wNiyY

  3. MOA

    Apolitique? comme Casimir dans l’île enchanté?

    Rester à la surface des choses sans identifier la source du problème est stérile, azerty. En plus de d’apporter les mauvaises solutions : cf. greenwashing.

  4. azerty

    @Georges, MOA et Anartoka, voici une réflexion personnelle qui laisse entrevoir en quoi le libéralisme et l’écologie peuvent faire bon ménage :

    Un des piliers du libéralisme est la propriété privée. Le foncier fait partie des biens qui peuvent faire l’objet d’une propriété privée, car le foncier est rare. L’espace public appartenant à tout le monde, la propriété foncière que les automobilistes s’arrogent est une entrave au principe de propriété, à la liberté des citoyens d’utiliser cet espace.

    A Paris une place de stationnement privée se négocie à 100 euros par mois. Tous les parisiens possédant une voiture devraient se voir infliger une taxe de 100 euros par mois pour occupation abusive de l’espace public, correspondant à la valeur du foncier occupé. Ainsi naturellement (poussé par la main invisible…), les autres moyens de transport s’en trouveraient favorisé.

    Pour le nucléaire, sujet brulant d’actualité, c’est le même chose : une libéralisation totale avec retrait de l’Etat disqualifierait l’énergie nucléaire car trop risquée (le principe de responsabilité est un autre pilier du libéralisme !) et trop chère (traitement des déchets et « sécurité » à prix d’or). C’est l’État qui, avec son prix réglementé subventionné, fausse la donne.

    On peut décliner à l’infini…

    On pourra objecter que le libéralisme méprise les plus fragiles d’entre nous en rétablissant une sorte de loi de la jungle civilisée, mais je citerais ceci :
    « Pour les libéraux, il s’agit de distinguer le fonctionnement de l’économie de la politique sociale, deux domaines ayant leurs propres objectifs. Ils considèrent que les mélanger crée des confusions, opacités et effets pervers au détriment des deux.  » http://www.wikiberal.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme

  5. couloudou françoise

    Pour moi, c’est criminel d’abattre des arbres qui sont des êtres vivants et qui rendent un grand service aux humains que nous sommes, entre produire notre oxygène et la capture de CO2
    1 ha d’arbres capture 15 à 18t de CO2, sans doute n’y a t-il pas de pollution à Tours? Ou bien c’est pour fêter 2011 dédiée à la forêt!
    F couloudou
    Voici le début d’un poème de Ronsard( , l’idée de crime n’est pas nouvelle!)

    Contre les bûcherons de la forêt de Gastine

    « Ecoute, bûcheron, arrête un peu le bras ;
    Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas ;
    Ne vois-tu pas le sang lequel dégoutte à force
    Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?
    Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur
    Pour piller un butin de bien peu de valeur,
    Combien de feux, de fers, de morts et de détresses
    Mérites-tu, méchant, pour tuer nos déesses ? »

  6. Tommili

    Azerty, de grâce, daigne réfléchir un peu . Il a été constaté que tout ce délire motorisé est le fait du capitalisme, c’est indéniable, et depuis quand le capitalisme est-il un parti politique ?
    Capitalisme = invasion de bagnoles = pillage sans vergogne des ressources = bétonnage jusqu’à la nausée = destruction irréversible de l’environnement = SUICIDE COLLECTIF DE MASSE !!!

    On doit donc laisser faire et continuer jusqu’au dernier brin d’herbe ou quoi ? Les capitalistes sont en train de s’accaparer le « marché » de l’eau (le « marché », putain), bientôt aussi l’air qu’on respire sera payant.
    NON, c est NON !!!

    Donc, CAPITALISTES VEUILLEZ DONC CREVER DEFINITIVEMENT, (je vous le demande gentiment ) vous et votre maudit pognon.
    çà nous fera de belles et durables vacances..
    .
    .

  7. MOA

    azerty : « On peut décliner à l’infini… »

    NON SURTOUT PAS ! STOP !

    Vous faites fausse route à 800% ! vos 2 exemples sont issues d’une pensée/réflexion pervertie par…. je ne sais quelle eau polluée, air vicié, bouffe pesticidée… que la libéralisation a de plus en plus polluée, viciée, pesticidée ! STOP !

    Libéralisation du nucléaire = précarisation des travailleurs (c’est déjà le cas, ce sont des sous-traitants qui font le sale boulot là-dedans)
    = pressions sur ces salariés précaires pour gagner toujours plus en productivité
    = baisses des coups pour gagner toujours plus de profits !

    = danger qui nous pend au nez !

    IL FAUT DES REGULATEURS NON INTERESSES !!

    azerty citant wikitruc : « Pour les libéraux, il s’agit de distinguer le fonctionnement de l’économie de la politique sociale, deux domaines ayant leurs propres objectifs. Ils considèrent que les mélanger crée des confusions, opacités et effets pervers au détriment des deux.  »

    Propres obejctifs distinct? confusions? mais vous rigolez? c’est FAUX !! FAUX !! c’est de l’emfumage, de l’entubage !

    L’objectif unique pour l’humanité est une vie sociale harmonieuse.
    Cet obectif passe par le respect/maintien de ce qui le fait vivre et de qui il dépend : la planète.
    L’intérêt humain (social) est indissociable de l’intéret de la planète (ecologie).
    L’intéret humain peut passer par une certaine forme d’économie qui DOIT prendre en considération la planète.

    L’économie de marché à inverser l’ordre suivant par je ne sais quelle perversion humaine de recherche du profit et met l’économie en tête… alors qu’elle ne doit être qu’en fin !

    1- la planète (dont tout dépend)
    2- le vivant (dont l’Humanité)
    3- l’économie (comme outil éventuel).

    Ne plus mettre de régularateurs tend à inverser cet ordre (c’est le cas aujourd’hui).

    Votre vision des choses et de la vie est une vision de pure folie !

    L’homme ne peut et ne doit être dissocié de la Nature
    PArlant des sociétés humaines, comment pouvez vous dissocier l’Homme, la Nature? on neelles ne peuvent et ne doivent être dissociéeIl n’y a qu’1 chose l’humanité point barre.Depuis quand

  8. Anartoka

    Un des piliers du libéralisme est la propriété privée.
    Je suis farouchement contre la propriété privée…

    Pour le nucléaire, sujet brulant d’actualité, c’est le même chose : une libéralisation totale avec retrait de l’Etat disqualifierait l’énergie nucléaire car trop risquée (le principe de responsabilité est un autre pilier du libéralisme !) et trop chère (traitement des déchets et « sécurité » à prix d’or). C’est l’État qui, avec son prix réglementé subventionné, fausse la donne.
    L’argument est bien trouvé et je suis tout à fait d’accord sur ce point. Le privée, seul, ne peut pas faire de nucléaire. Le nucléaire est obligatoirement étatique.

  9. azerty

    Dans tous vos messages transparaît une haine du marché. Or le marché n’est ni plus ni moins que l’échange au profit de deux parties de deux biens différents. Ainsi si une demande se fait sentir, une offre viendra la combler mécaniquement. Le marché est le système le plus optimisé. On peut vouloir légitimement parfois s’en écarter ponctuellement. Mais le refuser serait une ineptie : en URSS les gens avaient de l’argent mais il n’y avait pas assez de produits à acheter pour répondre à la demande de produits de première nécessité, car pas d’intérêt pour les citoyens de travailler ! L’énergie était gratuite ce qui conduisait à un gaspillage prodigieux (on ouvre les fenêtres au lieu de baisser le chauffage !).

    Imaginez l’eau gratuite ! Dès le premier jour, vous pourrez être sûr que la plupart des gens prendrait des bains tous les jours… La distribution de l’eau a été mal négociée par les pouvoirs publics, c’est pour cela que dans certaines agglomérations les sociétés de distribution d’eau font beaucoup de profits.

    L’Etat a pour responsabilité la protection des libertés et la sécurité de tous. Comme chacun sait , la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Ainsi la bagnole est une abus d’occupation d’espace (rare en ville) comme je l’ai dit plus haut, et une contrepartie financière à la collectivité est donc légitime. Elle met également en danger la sécurité de tous du fait de sa vitesse excessive. Une généralisation de la ville 30 est donc nécessaire.

    J’essaie donc d’argumenter, ainsi j’aimerais de votre côté autre chose que des incantations… En voulant manier l’économie à la baguette, vous ne créerez qu’une bureaucratie protégeant ses intérêts contre les plus défavorisés, qu’elle prétendra pourtant défendre.

  10. MinouMinou

    « Imaginez l’eau gratuite ! Dès le premier jour, vous pourrez être sûr que la plupart des gens prendrait des bains tous les jours… »

    Et vous vous étonnez que transparaisse dans tous nos messages « une » haine du marché, azerty ? Non, pas une haine du marché, mais bien la haine, le mépris du marché, et particulièrement du marché de l’eau. L’eau est devenue une marchandise. Merci à votre sacro-saint Libéralisme, qui est par-delà bien et mal, qui est apolitique, ou qui est la seule politique possible, la seule réalité, qui est la réalité, blablablah – que sais-je encore ?

    Oui, l’eau doit être gratuite, mais pas non plus pour que chacun ait le droit de la consommer, que ce soit dans le mode consommateur, ou même dans le mode « décroissant ». L’eau n’a pas – à mon sens – à être consommée. Elle ne doit plus être une matière première. Elle doit redevenir poétique, de même que l’air, la terre et le soleil. Qu’ils aillent au diable, tous, les altermondialistes, les écologistes (pourtant j’admire leur combat) avec leur énergie solaire, leur énergie éolienne, photovoltaïque, etc. Il ne feront probablement que retarder la fin, mais ils prolongent l’entreprise d’objectivation de toute chose, dont l’être humain. Tout doit devenir matière première. Tout ce qui peut être exploité le sera. Tout sera essayé. Tout. C’est déjà arrivé et ça va continuer jusqu’à l’extrême fin. C’est pourquoi je suis, au sens propre, pour le retour à la bougie. Pas à l’âge des cavernes, pas à la préhistoire, mais à l’âge pré-industriel. Non, je ne suis pas « contre tout », au contraire : je suis pour débarrasser la Terre de sa maladie industrielle, je suis pour la vie belle et pleine. Pour moi c’est ça la vraie écologie : ne pas avoir peur de ces deux mots : retour à. L’écologie authentique – extrémiste, fasciste, diront les cons – c’est comprendre que le progrès ne nous sauvera pas du progrès. Comprendre ça une fois pour toutes. La vraie écologie, c’est en finir avec l’idéologie du progrès, en finir avec l’objectivation et la marchandisation de toute chose. Sacrilège, je dis les mots maudits : caillou ! silex ! bougie ! plus-de-papier-toilette ! plus-d’ordinateur-en effet-pour-taper-ces-mots-ET-TANT-MIEUX !

    Ce n’est pas réaliste, la bougie ? Pas réaliste, de se contenter de la lumière du soleil la journée, et du noir de la nuit ? Celui qui est irrationnel, c’est celui qui refuse que la nuit il fasse noir. Irrationnel et peureux il est. Il préfère l’atome. C’est l’atome OU la bougie. C’est le libéralisme OU la mort. Toujours, toujours le même discours. Ouvrez un livre.

    Vous ne voyez pas que l’être humain est en train de devenir de la matière première, qu’il l’est déjà dans une certaine mesure ? Avec vos yeux, vos oreilles, vous ne voyez pas, vous n’entendez pas ? Il vous faut des exemples ou je m’arrête là ?

  11. MinouMinou

    J’oubliais : merci beaucoup Jean-Marc pour cet article, même s’il donne envie de se tirer une balle. S’ils sont plus forts, alors nous devons nous radicaliser. Mouais, je dis ça mais je n’y crois plus. Ils sont en train de gagner.
    Un petit détail toutefois : tu parles de résistance au développement du capitalisme, mais n’oublie pas l’autre front d’où proviennent les attaques contre la vie : celui de la technique moderne (même socialiste, elle fait des ravages) et de l’idéologie du progrès – qui n’est ni capitaliste ni socialiste, mais moderne et monothéiste, et surtout, chrétienne

    Le machinisme, le progrès, ne sont pas tant les produits du capitalisme que des Lumières. Les Lumières et ceux qui s’en réclament, voulaient l’émancipation universelle des hommes, oui, mais pas uniquement l’émancipation sociale. Ils voulaient échapper à la méchante et cruelle terre, cette salope. Bref, une partie des Lumières (je ne sais quelle proportion) était clairement hostile au capitalisme, mais aussi hostile à la nature. En voulant découvrir tous les voiles, tous les secrets, en proclamant fièrement la fin de toutes les croyances, pour s’ « émanciper » de l’obscurantisme et de l’ignorance, les Lumières n’ont fait que substituer aux vieilles croyance… la croyance au Progrès. En France et en Europe, l’essor du socialisme, les fondements de la République sont pourtant bien dûs aux Lumières. L’ennemi n’est donc pas uniquement, je crois, le capitalisme, mais l’absence de réflexion sur l’essence de la technique moderne – processus que Heidegger nomme l’oubli de l’être, et qui se manifeste par le dispositif technique (traduit aussi par arraisonnement ou « mise en demeure », « sommation », etc.).
    Ces arbres n’étaient que du mobilier urbain, sommés de livrer leur fonction décorative, emprisonnés dans du béton – où était leur être avant qu’ils tombent ? Nulle part. Ainsi que les petits oiseaux qui gazouillaient dedans. Notre œil a beau chercher la poésie, il ne faut pas se leurrer, c’est fini. C’est l’être même de toute vie qui subit les dernières attaques de la technique moderne. La destruction et le déni de l’être de ces arbres, ainsi que des créatures qui y vivaient (mais y vivaient-elles au sens où l’oiseau habite poétiquement la Terre, à travers le regard de l’homme ?) est autant le résultat du capitalisme que de l’arraisonnement de la nature par la technique moderne. Et les réticents peuvent bien avoir des raisons de se méfier de Heidegger ou de le mépriser, son constat demeure vrai : tout devient matière première, dont l’être de l’homme. OGM, radioactivité, manipulation génétiques… encore quelques Fukushima, quelques milliers de manifestations pacifiques contre la destruction de la vie, et nous y serons, à la fin. Je ne crois plus à la résistance pacifique. Il faut saboter et se radicaliser. Mais nous sommes si peu !

  12. MinouMinou

    « c’est criminel d’abattre des arbres qui sont des êtres vivants et qui rendent un grand service aux humains que nous sommes, entre produire notre oxygène et la capture de CO2
    1 ha d’arbres capture 15 à 18t de CO2
     »

    Voilà ! Ce que dit plus haut Françoise Couloudou est typique de cette dépoétisation de toute chose. L’intention de Françoise est bonne sans nul doute, et je mets ma patte à couper qu’elle est anti-capitaliste. Mais là est toute l’horreur de la modernité : nous avons tout transformé en formules mathématiques. Nous voyons, nous ne pouvons plus que voir les choses qu’en les calculant, que nous le voulions ou non. Nous n’avons pas choisi nos yeux, nous avons les yeux des modernes.

    Non, les arbres ne rendent pas de service aux humains. Ils sont parfaitement inutiles et c’est précisément pour ça qu’ils sont beaux. Il ne faut ni les « conserver » ni les « préserver » et encore moins les « économiser » comme on « économise l’eau », il faut les laisser être
    Et l’eau aussi, il faut la laisser être. Il n’y a pas à la rendre gratuite non plus qu’à la marchandiser. Mieux : il faut la libérer des canalisations impoétiques, la libérer du béton, et retourner – OH MY FUCKING GOD, j’ai dit le verbe qui tue, le verbe retourner ! – aux fontaines, aux canalisations artisanales donc belles et poétiques d’il y a 2600 ans chez les Grecs – et elles étaient très complexes et perfectionnées ! Ah, le mot retour est décidément le pire des films d’horreurs pour notre chère modernité ! Quelle utopie ! Quelle folie ! Quel irréalisme ! Quel extrémisme !

    Le poète Keats reprocha à Newton d’avoir réduit l’arc-en-ciel à une formule, et il fit plusieurs poèmes sur l’absolutisation de la science en son siècle. Même si la formule de Newton est juste et vraie, à quoi bon ? À quoi bon une telle frénésie du désir de vérité, s’il mène à tout calculer, à tout voir uniquement sous l’horizon technique ? Pourquoi pas plutôt les illusions nécessaires, indispensables à la vie ?
    Même s’il est « vrai » que les arbres rendent service parce qu’ils absorbent du CO2, pourquoi le dire ? Pourquoi cette frénésie utilitariste ? Et que cache cette « volonté de vérité » ? Il se pourrait bien qu’elle cache une maladie, la maladie moderne, plus : « elle pourrait être secrètement une volonté de mort », ce que Nietzsche avait décelé il y a 140 ans, et d’autres poètes avant lui. Et nous y sommes : tout va continuer d’être décortiqué au microscope au nom de la Vérité, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien.

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