Caen est-elle une ville de vélos ?

Le journal hebdomadaire gratuit Coté Caen n°18 consacre un dossier sur le vélo à Caen. Cela a donné trois articles disponibles gratuitement sur internet.

Le collectif vélorution de Caen a été sollicité sur la question du véol. A la lecture des articles, nous pouvons regretter que la question du véol soit cantonnée à savoir si il y a des utilisateurs ou pas. Nous pensons que les vélos en libres services méritent un vrai débat, de vrais études sociologiques, économiques et écologiques. C’est Denis Partalis, militant vélorutionnaire qui a répondu à Coté Caen :

Le vélo en libre service semble être une bonne idée pour promouvoir le vélo. Dans les faits, c’est du marketing urbain à finalité électorale. Elles donnent accès aux juteux marchés de l’affichage aux multinationales qui les proposent. Aux élus, elles fournissent, à bon compte, une image écolo et permettent l’économie d’une politique du vélo courageuse. Une récente étude européenne menée par Laurence Saillez (Université de Bruxelles) [disponible ici] démonte les idées reçus et les arguments sur le vélo en libre service dont voici les principales conclusions :

  • Les automobilistes n’utilisent pas les vélos en libre services et n’en diminuent pas le trafic.
  • Les utilisateurs des vélos en libre services sont des piétons et des personnes prenant les transports en commun et non d’anciens automobilistes.
  • Un bilan écologique extrêmement limité. (Pas de baisse du trafic automobile + utilisation de camions pour alimenter en vélo les stations…).
  • Le cout pour les collectivités est excessif (mais réjouit les actionnaires de Clear Channel ou de JC Décaux…).
  • Une privatisation de l’espace public avec l’ajout de panneaux publicitaires (dont des pubs pour la voiture…).

Je rajouterais à cela des constats plus subjectifs :

  • Un biclou à vous dégoûter du vélo (Plus de 20kg, fonctionne mal, une monture standardisée non adapté à la morphologie du cycliste pouvant provoquer mal de dos, genoux, etc.)
  • Diminution de la cyclodiversité et perte d’autonomie (Vélos tous identiques, aucune possibilité de personnalisation, suppression de la notion de propriété d’usage au profit de la propriété industrielle).
  • Une liberté de circulation et d’intermodalité limitées aux stations.

Néanmoins, il faut reconnaître que le vélo en libre service permet de rendre visible le vélo dans la ville. Des alternatives, beaucoup moins couteuses pour le contribuable existent. Notamment :

  • La création d’une maison du vélo (réclamée depuis de nombreuses années) permettant en autre la location de courte et de longue durée. Pour un service public du vélo !
  • Offrir des réductions pour l’achat d’un vélo ou l’achat direct de vélos par la collectivité. (ex : région limousin, Nantes métropoles, Colmar propose même 100€ pour l’achat d’un vélo). Cela a aussi le gros avantage de faire marché les petits commerçant locaux !

La seul solution contre le vandalisme, c’est la suppression des Véo’l et de faire le choix d’une véritable politique du vélo.

Source: http://ablogm.com/velorution14/

Vélorution

A propos de Vélorution

La Vélorution (mot-valise mêlant vélo et révolution) est un mouvement dont l'un des buts est de promouvoir l'utilisation des moyens de transports personnels non polluants (bicyclette, patin à roulettes, planche à roulettes).

7 commentaires sur “Caen est-elle une ville de vélos ?

  1. JiBOM

    Il faut reconnaître que l’arrivée du Vélib à Paris s’est accompagnée – en tout cas pour ce que j’en ai vu – d’un regain de la pratique de la bicyclette en général. Ceci est peut être dû à certain nombre d’aménagements urbains effectués en parallèle et à l’effet psychologique de la visibilité accrue du vélo en ville.

  2. apanivore

    Je ne trouve pas que les vélos en libre service soient des biclous à vous dégoûter du vélo. Ce sont plutôt des bons vélos de ville. Y’a des garde-boue, un éclairage digne de ce nom, des vitesses dans le moyeu. Il manquerait un porte-bagage (je parle des vélib’s).
    Tout le monde n’a pas besoin d’un cadre sur mesure pour pas avoir mal au dos. Surtout quand les trajets sont limités à 30 minutes.

    Bon sinon je ne suis pas un ardent défenseur des VLS.

    C’est dommage qu’on associe systématiquement « politique cyclable » et « vélos en libre-service ». C’est tendance alors les politiques, bien aidés par le lobbying des publicitaires, ont l’impression qu’on ne peut pas faire sans, alors que ce serait justement mieux sans. C’est un beau gaspillage. Implanter des arceaux pour les « vrais » vélos plutôt que des bornes serait plus utile et économique. Je me suis retrouvé un paquet de fois devant une poignée d’arceaux pleins alors qu’il y a 30 bornes VLS à côté.

    Et outre le problème du stationnement il y a aussi celui des déplacements qui seraient bien facilités si l’argent dépensé à mettre en place un service limité (350 VLS pour l’agglomération caennaise c’est peanuts), l’était à créer des zones 30, des double-sens cyclables, des tourne-à-droite, des bandes et pistes cyclables, des zones piétonnes …

  3. Guillaume

    De plus, même si je partage les reproches énoncés plus haut, j’ai constaté que les vélos en libre service apportent plusieurs services qui ne sont pas rendus par un vélo personnel :
    * aller à la gare pour un temps indéterminé (un week-end par exemple) sans risque de se faire voler son vélo perso pendant son absence
    * permettre une liberté supplémentaire, par exemple aller à vélo et revenir en TC s’il pleut.

    Par ailleurs je constate aussi que cela permet à beaucoup de personnes de rentrer de soirée à toute heure même quand les TC ne fonctionnent plus (à Lyon, dès 1h…) ; ceci est possible avec un vélo perso bien sûr mais de fait, plein de gens vont en soirée en TC et s’autorisent à partir plus tard grâce à l’existence des vélov.

  4. axel

    Bonjour,
    Je répond à Guillaume : pour ma part, mon vélo reste toutes les nuits à la gare et tous les week-end (attaché par un U solide à un point fixe) et je n’ai eu aucun soucis en 2 ans de cette pratique.
    A Paris, il est possible de prendre le RER (sauf aux heures de pointes) avec son vélo, il m’est arrivé assez souvent de faire l’aller en vélo et le retour en RER s’il pleut (bon, rarement l’inverse, j’en conviens)

    La seule utilisation que j’ai du vélib aujourd’hui, c’est 2 ou 3 fois dans l’année quand je laisse mon vélo chez le réparateur et que je retourne le chercher le soir… j’utilise un vélo bon marché acheté d’occasion le reste du temps… toujours opérationnel, adapté à ma morphologie et surtout équipé suivant mes besoins (porte bagage arrière plutôt que panier avant, éclairage par aimant sans frottement ET par led à pile)

    Axel

  5. horu

    il faut revoir l’espace-temps d’une ville avec une vision plus lointaine à l’échelle d’une carte de Paris et sa banlieue.
    des véloroutes s’imposeront dans le futur équipé de perches débrayable pour l’assistance et des monorails aussi qui viendront chahuter les tramways de l’ancien temps où l’on abattait car ne pouvait s’éléver…
    l’aménagement de bureau plus à l’air libre que sous climatiseurs pourraient encouragé la vie avec dans l’air et donc faire sortir de leur boite les sardines et les thons à l’huile de colza!
    gare au vélo et cycl-istes au boue leau, à l’inverse de parking(roi) et auto-(i)mob-île-isth(m)e au bout lot

  6. grashopper

    Malgré toutes les critiques qu’on peut formuler à l’encontre des vélos publicitaires, il est deux avantages à souligner aux vélos en libre service. A Bruxelles, quand le temps est au beau fixe, le nombre de personnes sur ces bicyclettes est impressionnant, ce qui donne au final plus de visibilité aux cyclistes en général. De plus, et j’apprécie aussi énormément, les bornes des ces vélos prennent souvent deux voir trois places de parking, et c’est toujours ça de moins pour les bagnoles.

    Je pense aussi qu’il faudrait s’intéresser d’avantage aux utilisateurs de ces vélos pour mieux appréhender les avantages qu’eux retirent de leur utilisation, ce qu’ils en pensent, les côtés positifs et négatifs. Ce qui permettrait de faire avancer la cause cycliste dans les villes.

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