Abus d’agro-carburants, attention danger, risque de famine!

Il y a maintenant quelques années déjà nous fûmes quelques uns à dénoncer la trop importante mise sur le marché d’agro-carburants sous prétexte de raréfaction du pétrole et aussi de sa forte émission de CO2 lors de l’utilisation en énergie pour la thermodynamique.

Si à l’époque nous avions écrit qu’en cas de surproduction agricole c’était une solution envisageable, nous avions aussi mis en garde contre une agriculture intensive trop volontairement tournée vers la production d’éthanol et de polymère, ceci au détriment de sa condition première qui est de nourrir les hommes.

Ce n’était pas élucubrations ni prévisions hasardeuses puisque l’étude réalisé par l’IFPRI (International Food Policy Research Institute) à la demande de la commission européenne vient de confirmer les dangers pressentis.

Se confirme donc un accaparement des terres par les multinationales, les fonds de pension, etc., en résumé, tout un monde spéculatif qui voit une aubaine de plus pour faire des profits, terres appartenant à la communauté et sur lesquelles il aurait été judicieux de favoriser la petite agriculture vivrière de proximité.

L’agrobusiness maître d’œuvre de cette mutation déjà mortifère pour l’humain en rajoutera avec la culture intensive qui utilise en quantité: pesticides, insecticides et autres produits polluants, mais aussi souvent de l’arrosage intempestif dont on sait pourtant qu’il pose problème avec la raréfaction de l’eau, et n’oublions pas la déforestation mettant en péril beaucoup d’écosystèmes.

Jusqu’à maintenant avait été occulté le fait que ces grandes surfaces cultivées produisaient plus de CO2 que dans des conditions normales, une prise de conscience tardive vient de confirmer que ces émissions annulaient le peu de diminution que les agrocarburants auraient soi-disant générés. C’est donc un argument de plus confirmant que les éthanols ne sont pas la solution.

Pourtant, les responsables politiques français qui sont très doués pour avoir un discernement obsolète de l’avenir ont donc mis en place, il y a peu de temps, un observatoire des agrocarburants dans le but de favoriser leurs consommations et par la même occasion augmenter la fabrication, et cela aussi contre l’avis du Conseil de Sécurité alimentaire réuni mi-octobre qui signalait que l’on devait aller vers l’abandon des agrocarburants pour limiter les risques de famine.

Certes, à ces indigents de l’analyse politique et d’un regard humain porté sur les vrais problèmes des citoyens, on pourrait leur proposer d’autres solutions, néanmoins ce n’est pas sûr qu’ils comprennent tant ils sont englués dans un concept de progrès consumériste particulièrement mortifère pour la planète.

Quant à la bagnole électrique c’est encore pire quand on voit par exemple que le Bluecar de Boloré pèse 1,1 tonnes alors que pour sensiblement le même gabarit une Fiat 500 pèse 500 Kgs. Ceci étant dû au poids des batteries qui de plus ont dans leurs compositions du lithium qui ne sera pas éternel. De plus, l’électricité est en général fournie à 70% par les hydrocarbures ce qui annule totalement le prétexte que l’on utiliserait moins d’énergie fossile avec l’électricité, quant au nucléaire cheval de bataille des irresponsables politiques principalement français qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, ils attendent qu’une centrale explose pour penser et admettre que ce n’est pas la solution. La technoscience ne répondra pas à tout, il nous faut donc raisonner en économie d’énergie.

D’autre part, le problème de la bagnole n’est pas que celui de la propulsion. La multiplication des véhicules individuels est consommatrice de toutes sortes de matières premières qui ne sont pas infinies dans les réserves de la terre, là encore le ménagement du patrimoine s’impose.

Par conséquent, on pourrait leur conseiller de favoriser au maximum la relocalisation permettant de réduire les transports, mais surtout de diminuer le parc automobile, par exemple, en multipliant les transports en commun pour lesquels on pourrait préconiser la gratuité dans le cas de déplacements indispensables, supprimer toute publicité hyper consumériste incitant au renouvellement et à la vente de véhicules, ainsi que les avantages faits sur les crédits, avec ces mesures on entre d’ailleurs de plein pied dans la mise en cause du productivisme dévastateur et c’est sans doute pour ces raisons que ces propositions incontournables pour l’avenir font peur, sans oublier qu’elles réduiront considérablement les gains des actionnaires.

Il y a aussi une autre solution pour éveiller les consciences, pourquoi ne marquerait-on pas sur les pompes à essence, comme sur les paquets de cigarettes :

Attention danger !

Abus d’agrocarburants…

Risques de famine !

A propos de Michel Mengneau

Administrateur du site Le Ragondin Furieux

2 commentaires sur “Abus d’agro-carburants, attention danger, risque de famine!

  1. apanivore

    La comparaison de poids des véhicules à gabarit égal est intéressante, il est toujours bon de rappeler que l’énergie la plus propre c’est celle que l’on ne consomme pas. Et tout automobiliste a tendance à oublier que sa voiture ne transporte pas que sa petite personne, et que l’essentiel de l’énergie qu’elle consomme c’est pour se mouvoir elle-même.
     
    Quand on parle du « monde spéculatif » qui accaparerait les terres pour le profit des riches, il faut s’interroger, non seulement sur le rôle des multinationales ou des fonds de pension, mais derrière cela il y a des gens comme nous. A l’échelle de la planète nous sommes les riches. Si on a un peu d’épargne de côté il faut se demander ce qu’elle finance, parce qu’indirectement, en délégant la gestion de notre pécule aux banquiers, on est responsable de cet état de fait. Je ne serai pas étonné de voir derrière des produits d’épargne « responsable », des soutiens aux agrocarburants.

  2. aero002

    Mon véhicule fonctionne à l’éthanol. Je l’ai spécifiquement acheté pour cette raison eu égard au fait qu’il pollue moins et qu’il s’agit d’une énergie renouvelable.
    Il fallait malheureusement s’attendre à ce que certains investisseurs s’engouffrent dans cette brèche du profit facile. Néanmoins je n’ai aucun remord ni scrupule en roulant à l’E85.
    Le lien qui consiste à dire « culture pour l’E85 = famine » est trop simpliste et joue avant tout sur l’émotion. Quels éléments avez vous à avancer pour dire que si certains champs actuellement cultivés pour l’E85 ne le seraient pas, ils le seraient pour lutter contre la famine ?
    Pour être grossier si demain la racine de topinambour devient un produit de luxe, nul doute que tous les champs seront axés sur cette culture.
    Enfin lorsque je mets une buche dans mon poêle, je ne pense pas empêcher un SDF de construire son abris, mais j’ai le sentiment de moins polluer notre planète. Et tout cela ne me prive pas d’avoir de la compassion pour un SDF ou une personne qui meure de faim.

Les commentaires sont clos.