Retour vers le futur à bicyclette

Ou quand le passé est parfois plus futuriste que le présent…

L’emploi bientôt généralisé de ce nouveau mode de locomotion modifie nécessairement maints détails de la vie. Dans les maisons parisiennes, les architectes sont tenus à l’avenir d’aménager des remises à bicyclettes. Une nuée de loueurs et de réparateurs sort de terre et peuple tous les quartiers de Paris. Il n’est pas un marchand de vin – et Dieu sait s’ils sont nombreux – des quartiers excentriques et de la banlieue grande ou petite qui n’ait désormais devant sa porte le râtelier destiné à recevoir les vélos de passage. Et, tandis que leurs propriétaires se rafraîchissent devant la porte, à la « terrasse », les vélos ne demandent rien. À peine une petite gouttelette d’huile tous les 50 kilomètres. Tels on les a placés à l’arrivée, tels on les retrouve au départ, toujours parés, comme on dit à la mer.

Des remises à bicyclettes dans les maisons parisiennes, des râteliers devant les commerces … mais c’est de la science-fiction ! Et bien non c’est un constat, enfin c’était.

Cet extrait est tiré de « La fin du cheval » de Pierre Giffard, publié il y à 113 ans.

La littérature cycliste de la fin du XIXe siècle, enthousiasmée par ce moyen de transport et les bouleversements qu’il a entraîné dans la société, est redécouverte grâce entre-autres à quelques éditeurs indépendants tels les éditions du pas de côté dont on a déjà parlé sur Carfree.

J’ai lu l’extrait ci-dessus dans une petite anthologie sortie en janvier dernier aux éditions du Mercure de France, trouvée par hasard en librairie.

Photo: Le trafic à New-York autour de 1890

A propos de Apanivore

Rédacteur du site Carfree France

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