Les bonnes nouvelles de la sécurité routière font les mauvaises de l’industrie automobile

J’ai toujours été frappé par la schizophrénie qui atteint la pensée collective qui, d’un côté, se réjouit de la baisse constante des accidents et des tués depuis 1973 (instauration de la ceinture de sécurité) et de l’autre, déplore le déclin de l’industrie automobile française alors que, bien sûr, ces 2 phénomènes sont liés.

Depuis son apparition, il y a plus d’un siècle, l’industrie automobile a fondé sa croissance sur la violence: violence routière, violence sur la nature, le climat et la société. Aussi, tout ce qui concourt à atténuer la vitesse, fait baisser les ventes d’autos.

Plus les voitures vont vite, plus il y a de l’usure et des accidents et le besoin de renouveler le parc croit, plus les voitures vont vite, plus l’espace routier est inhospitalier aux modes de déplacement concurrents. Plus les voitures vont vite, plus le recours à l’auto devient préférentiel.

C’est à cause de cette contradiction fondamentale que l’automobile particulière aura été une parenthèse d’un ou deux siècles dans l’histoire de l’humanité.

GC ( www.LecoLomobiLe.fr et www.CrypText.fr )

Gilles Chomel

A propos de Gilles Chomel

Administrateur des sites Agonie automobile, LécoLomobiLe et du Laboratoire Alternatif et Coopératif de Prospective Automobile

11 commentaires sur “Les bonnes nouvelles de la sécurité routière font les mauvaises de l’industrie automobile

  1. bruno le hérisson

    La disparition prochaine de la voiture individuelle ( de 5 à 7 places) est plus liée au pic pétrolier, au pic des ressources pour la fabrication.

    La menace sur le climat ne parvient pas à freiner le nombre de voitures en circulation.

    Analyse franchement foireuse de votre part, à la limite du sophisme, désolé d’être aussi teigneux, ce n’est pas pour vous vexer ou vous décourager à poster des articles.

  2. Gwenael

    La vitesse, la frénésie consumériste, la surenchère d’activité, en un mot la croissance sont bien les causes qui provoquent et non les conséquences qui découlent de la folie extractive de l’époque industrielle.
    Avant même de poser un problème écologique, l’automobile pose un problème moral et éthique, de la même manière qu’il ne s’agit pas de « sauver la planète » qui pourra toujours continuer à tourner malgré une atmosphère irrespirable et des « ressources » minérales et végétales épuisées mais avant tout de préserver l’humanité de son propre délire expansionniste qui saborde les conditions d’existence de ses plus pauvres et de ses générations futures
    L’analyse de Gilles Chomel qui pointe le cercle vicieux de la croissance et sa capacité à terme à s’auto-étouffer (dans tous les sens du terme) est donc à cet égard tout à fait juste et il est important de le rappeler fréquemment, en manière de sermon sur l’absurdité du système, qui va aussi de pair avec l’auto-épuisement des ressources fossiles.
    Comme à Notre-Dame des Landes, les zadistes font sens en cultivant une terre condamnée par la croissance à servir de piste d’envol aux grosses légumes ainsi qu’aux petites qui veulent l’être autant le temps de quelques vacances dans des pays où leur pouvoir d’achat sera supérieur à leur pays d’origine et où le soleil les fera mûrir en apparence plus vite que chez eux…

  3. grasshoper

    Nonobstant la fin des différentes ressources utilisées pour construire une voiture, les politiques d’agressions libérales contre les citoyens réduisent considérablement leur pouvoir d’achat. Déjà surendettés par la société de consommation, beaucoup de ménages ne renouvèlent pas aussi vite qu’auparavant leur véhicule et les ventes chutent. Ceci aussi est à prendre en compte.

    Il suffit de voir les chiffres de ventes pour les pays comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne. Plus les pays sont agressés par la Troïka libérale de l’union, plus les ventes plongent.

    Les chiffres ici sur un site qui n’est pas à vraiment parler écologiste :
    http://www.ccfa.fr/Voitures-particulieres-en-Europe

  4. Telramund

    Le bilan de la sécurité routière en matière d’accident est assez parlant cette année.

    Il y a eu une baisse de 7,9% de l’accidentologie sur les routes de France durant l’année 2012.
    http://www.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Bilan-de-l-accidentalite-routiere-en-2012

    Il y a un recul des ventes d’automobiles de 7% durant l’année 2012.
    http://www.economiematin.fr/les-experts/item/2741-chute-ventes-automobile-france

    Bien évidemment, selon les infos, la baisse du nombre de tué n’est certainement pas dû à la baisse des ventes mais à l’action énergique de la volonté politique d’enrayer l’insécurité routière

  5. LomoberetLomoberet

    « recul des ventes d’automobiles de 7% »
    Si le recul des ventes n’est pas le facteur prépondérant de la baisse de l’accidentologie, c’est certainement que le recul des achats n’a pas été suffisant
    D’ailleurs, tout le monde le sait : si les gens n’en achètent pas, ça risque de se vendre moins bien !

  6. thermo

    Attention! car d’après la logique « moderne », une baisse des ventes de voitures neuves devrait au contraire faire augmenter la dangerosité des accidents (et donc probablement le nombre de tués) puisque les vieilles voitures qui roulent ne sont pas sûres…
    par contre quel est l’impact de la baisse d’utilisation de la voiture et la diminution du kilométrage moyen?… 😉

  7. Jean-Marc

    Il existe une règle générale (relation non linéaire) qui se vérifie quasi toujours :

    plus on roule, moins on a d accident par kilomètre,
    MAIS plus on a d accident par unité de temps.

    « par contre quel est l’impact de la baisse d’utilisation de la voiture et la diminution du kilométrage moyen? »

    ainsi, un utilisateur moyen d aujourd’hui,
    qui roule moins qu’un utilisateur moyen d’il y a 5 ans,

    aura statistiquement moins d accident par an, mais augmente son risque d accident par km (moins bonne pratique, moins bonne connaissance des réactions des autres, moins bonne connaissance des réactions de son véhicule, moins bonne connaissance du terrain,…)

    cependant, ce qui compte, pour une personne, c est son nombre d accident par an… (en particulier, son nombre d accident mortel par an…)
    qu’il ait fait 10 fois le tour du monde, ou 100m, pour réussir à tuer qq un ou à se tuer, ne change rien au résultat, quand celà arrive.

    [en fait, si :
    celui qui a fait 10 fois le tour du monde* (), son accident mortel ne surprend pas grand monde]

    *en équivalent-kilomètre : il peut très bien être resté en permanence dans le même pays; par ex, s’il ne fait que domicile-boulot, distant de 150km par nationale.

  8. apanivore

    @Telramund: C’est marrant j’aurais aussi vu une causalité dans l’autre sens.
    S’il y a moins d’accidents, alors il y a moins de voitures abîmées à remplacer, et donc moins de ventes de voitures.

  9. Jean-Marc

    La SNCF a décidé de réagir énergiquement CONTRE cette baisse honteuse du nombre de morts sur la route :

    Pour contrer cette tendance, elle décide de délaisser le rail, bien plus sûr pour les passagers, pour la route (paris-lyon, paris-londres, et autres) :
    http://www.lefigaro.fr/conso/2013/01/23/05007-20130123ARTFIG00586-la-sncf-lance-un-paris-lyon-en-bus-a-29-euros.php

    Voilà ce qui se passe, quand d’un coté, la SNCF est obligée de payer à RFF, pour le passage de chacun de ses trains;
    et que de l autre coté, la route est subventionnée par les citoyens, et aussi, partiellement (pour les autoroutes à péages) par les automobilistes*

    On arrive à avoir la SNCF qui utilise un système moins efficace énergétiquement, moins sûr pour les passagers et plus polluant… tout en réussissant à offrir des prix moins elévés…
    (conséquence aussi du tout TGV, avec une baisse de la fréquence/une suppression des omnibus, des trains corail : ce bus fait l’office d’un train corail, mais sans les avantages du fer).

    * Les automobilistes payent pour l entretien des autoroutes abimées par les camions… et par les (rares) bus
    (eux devraient avoir des péages 10 à 10 000 fois plus élevés, couplée à une diminution du prix des péages pour les automobiles, ce qui aurait 3 conséquences : le transport par camions seraient moins chers OU moins rapide (certains délaisseraient les autoroutes pour les nationales), rendant le ferroutage et les plate-formes locales plus intéressantes, contrairement à la tendance de ces dernières années, d’un centre national voire européen, couplé à des livraisons partout en camion).


    29 € le billet, pour 29 futurs morts ? (dans les 5-10 ans à venir)
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/en-direct-accident-de-car-questions-autour-de-la-mort-de-22-enfants-15-03-2012-1906694.php

    Précision : les cars sont beaucoup beaucoup moins sûr que les trains,
    mais ils sont plus sûr que la voiture.
    Simplement, quand il y a un accident de voiture, celà fait rarement plus de 2x 5 morts,
    alors qu’on peut dépasser les 20 morts pour un des rare accident de car.

    (et, pour un exceptionnel accident de train, on peut aller au-delà de 50 morts…
    cependant, même les contortionnistes n entrent pas à 25 dans une voiture… donc on n atteind pas les 2x 25 pour un seul accident de voiture)

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