Entrer en vélistance

Manifeste engagé pour une urbanisation saine, durable et non-violente.

La voiture occupe aujourd’hui une place prépondérante dans nos sociétés actuelles. Rares sont ceux qui envisagent que cette solution évolue à l’avenir. Pourtant, la situation actuelle n’est pas supportable à tous les points de vue.

Les voitures sont trop nombreuses, trop irrespectueuses, pas du simple fait de leur existence. Aussi ce que propose ce manifeste, c’est de prendre le problème à l’envers :

Comment rendre la voiture moins rapide, moins flexible et moins confortable que les moyens de transports alternatifs pour en décourager l’usage dans toute situation où il est possible de faire autrement ?

C’est le sens moyen de parvenir à un réel changement d’usage et de mentalité.

Pour devenir vélistant, c’est très simple, il suffit de se masquer le visage lors de trajets à vélo (écharpe, foulard, masque).

Etre Vélistant, cela permet d’exprimer simplement, de manière visuelle et sans agressivité l’idée que la situation actuelle n’est pas acceptable.

Participez en envoyant votre photo de vélistant.

10 commentaires sur “Entrer en vélistance

  1. jacques dutheil

    Une « spectacularisation » nécessaire pour plusieurs objectifs: interne vis à vis des militants actifs et potentiels, externe pour la société et ses relais médiatiques et politiques.

    Cependant au-delà du vélo le tram réalise déjà une métamorphose de la ville, modestement de façade à façade et le long des trop rares lignes des « réseaux », dès lors qu’on accepte que l’automobile soit évincée – trop de villes permettent encore leur circulation sur la plateforme TCSP, Bordeaux la première… – et une réelle requalification viaire, via (!) un élargissement audacieux des trottoirs au profit de la marche doit plus puissamment encore contribuer à la chose…

    Sinon la boîte à outil du « parfait urbaniste » est déjà largement garnie: dispositifs législatifs avec les lois LAURE, SRU, Grenelle 1 et 2…, avec les concepts de ville compacte (Brundtland), de couple indissociable urbanisme/transport (Wiel), de ville multifonctionnelle (anti Corbu) et d’efficience énergétique (Newman et Kenworthy)…

    Reste le sel, l’essentiel, coûteux « courtermistement », « électoralistement »: la volonté politique!

  2. tichit

    Pour ce qui est du signe de contestation, je suggérerais quelque chose de plus marquant. Un simple foulard, même un masque, ne me parait pas suffisant pour interpeller les automobilistes et les médias. Que pensez vous d une cagoule ou d un foulard intégral?

    Il me semble par ailleurs que de nombreuses idées publiées sur votre site sont largement naïves: La séparation des flux (passages sous terrains et passerelles pour piétons, axes routiers souterrains!…) >
    c’est une idée fonctionnaliste des années 50 qui n’ aboutit qu’à des désastres urbains (villes sur dalle comme la Défense à Paris, la Villeneuve de Grenoble…) Cette solution a maintes fois prouvé qu’elle était stérile et qu’elle ne faisait que complexifier la nuisance de la voiture en ville!
    Les urbanistes sont a peu près tous d accord pour dire qu’une approche écologique et sociale de la ville passe par une cohabitation et une harmonisation des différents flux de circulations.
    En ce sens, je rejoins totalement vos préconisations sur les limitations de vitesse, sur la priorité et la porosité pour les plus « vulnérables », la sanction des entraves a la circulation douce…) J y ajouterais une réduction systématique de la largeur de voirie, et l interdiction des rond-points, bretelles et terre-pleins inutiles.

    Les parkings relais sont également une fausse bonne idée: outre les problèmes liés a la multimodalité (Peu de gens laissent la voiture pour les transports en commun ou vélo), ce système ne fait que repousser le problème hors de la ville dense. Car le drame du « tout auto » ne concerne pas que la ville centre, (au contraire celle ci a les moyens de lutter contre cette logique) mais surtout les banlieues et les zones peri urbaines, qui ne vivent que par elle…

  3. zaph

    Le partage de l’espace public tel que décrit au début de l’article correspond au projet de code de la rue porté en France par l’association « rue de l’avenir ».

    La rue n’étant pas une route, il convient de remettre à sa place l’automobile c’est à dire à tolérer sa présence sans lui donner l’importance qu’elle a pu grappiller au fil des ans et des complicités d’élus.

    La proposition de porter un masque pourrait faire prendre conscience aux élus que de plus en plus de citoyens ne supportent plus les méfaits de l’excès d’automobiles en ville et qu’ils doivent envisager une modification radicale de l’espace . Cette période pré électorale semble propice à ce type d’action.

  4. Gwenael De Boodt

    « Car le drame du « tout auto » ne concerne pas que la ville centre, (au contraire celle ci a les moyens de lutter contre cette logique) mais surtout les banlieues et les zones peri urbaines, qui ne vivent que par elle… »
    Vous avez tout à fait raison Tichit. Il devient urgent de ne plus circonscrire le problème automobile dans l’espace urbain. Le trafic routier et la croissance de ses infrastructures rongent et divisent de plus en plus non seulement les zones périurbaines mais aussi les campagnes.
    Et cela demanderait à être constamment rappelé, notamment sur Carfree. Comment ne pas croire qu’en consacrant une part de la voirie citadine de plus en plus importante aux transports en commun, aux bicyclettes et aux piétons, les automobiles, dont le nombre est sans cesse croissant, n’aillent pas envahir les périphéries et les campagnes notamment dans des aller-retours quotidiens, semblables à des traits rageurs de bureaucrates biffeurs de vie.
    D’une certaine manière le drame de l’invasion automobile est encore plus insupportable pour les villageois ou les ruraux dont la périphérie bagnolarde est encore plus proche et beaucoup moins contrainte par des aménagements favorables aux piétons. La vie villageoise est cernée de beaucoup plus près par les flux à grande vitesse que ne l’est la vie dans les grandes villes.
    Témoignage légèrement romancé ici :
    http://carfree.fr/index.php/2013/01/21/monologue-du-pieton-en-zone-rurale/

  5. Le cycliste intraitable

    Il y a une autre manière de faire de la vélistance, et elle demande un peu d’audace : forcer les motorisés à respecter le Code de la route quand on est à pied ou à vélo.

    Il suffit de faire comme on apprend à la police.
    Pour réclamer sa priorité (ex. passage piéton, voie prioritaire), il suffit de regarder le conducteur droit dans les yeux, et si nécessaire de lui désigner l’arrêt de l’index. Si le conducteur ne regarde pas du bon côté, sonner la trompe à poire pour attirer son attention.
    En circulation normale, se maintenir à 1 m du bord droit de la chaussée, et ne serrer à droite qu’une fois le dépassement engagé. Si le dépassement de suiveurs n’est pas possible, accélérer et faire de légers zigzag pour les dissuader. S’ils mettent la pression, se concentrer pour les ignorer ou tendre le bras gauche.
    Pour ralentir les véhicules arrivant trop vite, il faut faire un signe de ralentissement du côté où ils s’apprêtent à dépasser, histoire de les pousser à ralentir ou à s’écarter.
    Pour se protéger d’un dépassement ou d’un cisaillement ou pour changer de voie, tendre le bras du côté qui doit être gardé libre.

  6. bikeman

    Cela fait un peu redondance avec la Vélorution… dommage de multiplier les luttes, autant accentuer celle de la Vélorution afin d’augmenter son impact et le message auprès de la population…

    Quant au coup du foulard, c’est gentillet, mais le bagnolard va se dire : oh bah vui dis donc, le cycliste il a froid, on est tt de même mieux dans une voiture, hein?
    Alors qu’avec un bon masque à gaz, là le massage est on ne peut + clair!

    Petit passage sur le site internet

    Les trois points évoqués dans la rubrique « Situation » :
    . Rapidité : l’affirmation est totalement fausse, en ville vélo se déplace + vite qu’une voiture.
    . Flexibilité : une vélo est encore + flexible qu’une voiture car en + de la liberté horaires, il se gare n’importe où, lui ;
    . Confort : d’accord, la voiture est peut-être + confortable, de quoi favoriser l’hyper-sédentarité et de bien profiter d’une atmosphère archi polluée dans l’habitacle

    De +, ça manque de statistiques…
    Exemple :
    60 % des déplacements urbains sont réalisés en voiture et :
    – 50 % de ces déplacements font moins de 3 km ;
    – 25% moins d’1 km.
    . L’exposition à la pollution est 2 à 3 fois plus faible qu’en voiture (5,9 mg/3 d’exposition au monoxyde de carbone à vélo contre 14,1 en voiture).
    . Jusqu’à 5 km, le vélo est plus rapide que la voiture : un cycliste roule en moyenne à 15 km/h en ville contre 14 km/h pour une voiture ! (Perso je roule à 22 km/h de moyenne en ville, la voiture se rhabille).

    Bref, en attendant, la généralisation des zones 30 qui s’accentue, notamment à Paris, devrait rendre la vie urbaine et le partage de la route + vivable…
    « 1/3 des rues de la Ville Lumière seront limitées à 30 km/h dès la rentrée prochaine. »
    Et même certaines rues limitées à 20 kmh !! C’est bon ça !!

  7. Adrien

    Ce type de protestation non-violente est certainement une bonne chose mais est-ce pour autant que cela permettra de changer la situation actuelle ? Je n’en suis pas certain. Certes, il s’agit là d’un mouvement intéressant mais pour que cela change, il faudra certainement aller plus loin…

  8. jean claude

    être à vélo ca suffit largement comme signe pour montrer qu’un autre paradigme est possible. Cette opération ca me fait plus penser à une technique marketing qu’à un mouvement de contestation d’autant que rouler avec un foulard sur la bouche et le nez c’est pas très agréable.

  9. Theron

    La seule chose qui change la donne ce sont les ateliers vélo, et pour l’instant il y a plutôt un parfum de Vélistan en fRANCE, zone occupée par les marchands de canon/pétrole/bagnoles.

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