La rubrique des chats écrasés

Catophiles et bagnolophobes peuvent ne faire qu’un et tenter de se protéger de la violence quotidienne qu’entraîne un certain type de mobilité. Quoi faire quand routes et rues constituent des démarcations qui imprudemment franchies vous envoient promener chez Charon ?

Pas de liberté possible pour nos petits compagnons à quatre pattes, en particulier ceux qui affectionnent les escapades hors du quotidien douillet : qui va s’apitoyer sur un pauvre chat zigouillé par un automobiliste ignorant de ce peut valoir en chagrin cet acte ?

Jules Renard les percevaient comme meubles vivants et Baudelaire en parlait comme l’orgueil de la maison : puissants et doux ; mais dure et cruelle est la vie hors du logis pour les chats.

Et la loi est d’airain pour ceux qui s’aviseraient de s’organiser contre ça : la maréchaussée contre des partisans du slow life, la bureaucratie du bourgmestre mise en branle contre l’administré affranchi, jusqu’aux exigences des agro pollueurs aux immenses roues crantées : un coussin d’amour de quelques centimètres de caoutchouc n’a pas sa place dans ce monde de brute !

Repêché dans le journal Sud Ouest de ce début juillet 2013 :
http://www.fichier-pdf.fr/2013/07/04/chauffards-1/

Pédibus

A propos de Pédibus

Contributeur de Carfree France Apprenti chercheur géographe

11 commentaires sur “La rubrique des chats écrasés

  1. StruddelStruddel

    Je refuse que mes chats sortent dans la rue à cause de ça depuis que j’en ai perdu un écrasé sur la route …

    Lorsque je parcours les routes de campagne et que je vois toutes sortes d’animaux joncher le sol les vicaires à l’air, je me dis chaque fois « vivent les engins de mort … »

    Quoiqu’il en soit, je trouve que l’image de l’article est difficilement soutenable, je suis sûrement une petite nature mais j’ai beaucoup de mal avec ce genre d’images, quelqu’un sait-il comment je peux la masquer plutôt que d’attendre que l’article passe sur la page d’après avant de revenir sur carfree ?

  2. Antec

    @STRUDDEL, tu peux essayer l’extension Adblock avec Firefox, tu fais clique droit et bloquer l’élément.

    Effectivement, il n’y a pas que les chats, lapins, oiseaux, grenouilles, hérissons, enfants, cyclistes, automobilistes… tout le monde peut y passer !

    Le long de nos routes il y a aussi pas mal de déchets macdo, canettes de bières, paquets de clopes… les poubelles sur roues sont percés !

  3. Laurent

    Pas besoin d’être en voiture pour percuter un chat. Cette mésaventure m’est arrivé en vélo alors que je roulais entre 20 et 25 km/h. Un chat a surgi à 30 cm devant la roue avant de mon vélo – impossible de l’éviter et je l’ai touché sur son flanc après quoi j’ai chuté. Je n’ai pas revu ce chat qui a du expier sa douleur loin de moi ou se trouver un coin paisible pour vivre ses dernières heures. Quant à moi, je fus bien puni car j’ai eu 2 côtés fêlées (1 mois d’arrêt de travail + plus 1 mois où mon poste de travail fut adapté).

  4. StruddelStruddel

    Laurent, un accident peut arriver à chacun effectivement, il n’est pas plus pardonnable à vélo qu’en voiture, mais malgré tout, il y a une différence au niveau de la proportion des choses : Cet accident t’a envoyé au tapis de la même façon qu’il a envoyé le pauvre animal au tapis.

    Les conséquences seront sûrement plus graves pour lui que pour toi et sans t’accabler (ça peut arriver à chacun de nous) on peut se poser la question sur la volonté d’aller vite au détriment d’autres espèces animales quo n’ont rien demandé et qui en subissent les morbides résultats, quel que soit le moyen de transport.

    Mais l’image de l’automobiliste qui a butté deux ou trois animaux sur sa route de campagne sans même s’en être rendu compte et qui a du se demander au moment de l’impact « tiens, c’était quoi ça ? j’espère que ça n’a pas abîmé la carrosserie » me semble affligeante et représentative de la mentalité de l’automobilisme.

  5. Pédibusdutheil

    Myriades d’excuses pour l’émotion que peut susciter la mise en scène de ma modeste contribution : je suis moi même sous le coup de l’épreuve de la mise en image du sujet que j’aborde ici, à chaque fois que j’ouvre mon site favori. Je ne jetterai pas non plus la pierre au tiers qui intervient pour mettre en ligne nos contributions : je dirais même qu’au-delà de la provocation bien calculée, la mise en spectacle de l’horreur ne doit pas être rejetée quand il s’agit de faire sortir de leur torpeur ceux qui seraient encore concernés par cet état. Et ce point de vue du tiers, cette disposition ajoutent à la richesse de l’organisation de Carfree…

    J’ai 4 chats – dont une chatte – qui sont « claquemurés » à Bordeaux, en centre ville, près de la gare: leur reste toutefois 200 à 300 mètres carrés de toiture au dessus du logis et des 2 immeubles voisins qui encadrent le mien. Heureusement je n’ai pas encore été confronté à la perte d’un minou à cause de la circulation.

    Donc au-delà de tout sensationnalisme, et des critiques qu’on pourrait adresser aux méthodes visant davantage la tripe que la cervelle, je voulais à partir de ce « fait divers » illustrer ce que tout le monde sens depuis longtemps en termes de violences symboliques et réelles dans nos sociétés, « occidentales » et « autres »: les choix – réalisés où, comment, par qui…? – imposés et bien difficiles à esquiver. Cette incapacité à créer sa marge, cette absence de tolérance bienveillante quand l’hétérodoxie devrait susciter de la sympathie, plutôt que de mettre en branle un mécanisme de défense exacerbé face à la conspiration, cette systématique qui nous bouffe de l’intérieur, où le pas de sa porte ouvre sur un étrange menaçant, tout ça constitue un faisceau d’indices inquiétants sur un totalitarisme assez informe pour ne pas être possiblement directement désigné. Le système automobile est dangereusement totalitaire. Et même s’il n’est qu’un révélateur d’une menace plus globale nous n’aurons pas de moyens trop forts pour le faire savoir.

  6. bikeman

    S’attrister de voir un chat écrasé alors que la plupart des gens mangent d’autres animaux, froidement assassinés dans nos abattoirs : mouton, agneau, veau, vache, cochon etc… bref des animaux conscients, parfois même + intelligents que les animaux domestiques… C’est assez ironique… et bien + choquant finalement!!

    Ne pas utiliser sa bagnole, c’est bien, c’est un bon début, être végétarien, c’est encore mieux : pour les animaux, sa santé, et bien entendu pour l’environnement!

  7. StruddelStruddel

    Là encore, au delà du débat sur le végétarisme et/ou végétalisme que je n’ai que trop eu, comptant un végétalien militant et son groupe d’activistes parmi mes proches, ce qui me semble important à mettre en lumière ici est le fait de tuer « comme ça », sans même s’en rendre compte.

    Tuer pour manger peut être condamnable, il existe nombre de sites « meatfree » pour en parler, mais malgré tout, l’acte a une raison, aussi condamnable soit-elle : l’animal est mort car quelqu’un a eu la volonté de le tuer.

    Que ce soit des humains ou des animaux, ce qui me pose un réel problème (entre tellement d’autres) avec la voiture est que c’est un engin qui tue au hasard sans aucune volonté de tuer au départ, que nos animaux ou nos enfants risquent leur vie chaque jour simplement car certains veulent se déplacer, sans penser un seul instant qu’ils tiennent des vies entre leurs mains.

  8. la riposte

    Que peut on attendre de la seule espèce qui as sut détruire son environnement de vie ? Ce n’ est pas sur les mains qu’ils ont du sang mais sur leurs pneus certes ça ne peut être qu’un accident mais nombreux sont ceux qui n’ont même pas le geste de retirer l’ animal de la route et continue de lui passer dessus après tout ce n’ est qu’ une bête.

  9. Nico

    @Bikeman: 100% d’accord avec toi!! Je suis contre la voiture que j’ai abandonnée depuis 7 ans, mais n’oublions pas qu’un végétalien en 4×4 produit moins de GES qu’un omnivore à velo, à cause du méthane produit par l’agriculture, qui est un super GES. Et c’est inutile de manger les animaux, sauf à obéir à des traditions sordides.

Les commentaires sont clos.