L’humanité n’a plus d’avenir

Sans transition, laissons tomber les vallseries, les cambadelleries (“On n’a pas de croissance”, “il faut renégocier Maastricht”… Pauvre bouffon) et autres joyeusetés court-termistes et franco-françaises pour nous intéresser… à l’avenir de l’humanité. Pas le journal, hein, l’humanité. Nous, les humains. Et notre descendance.

Quelle étrange idée, me direz-vous ? Tu auras beaucoup plus de lecteurs si tu excites les pro et les anti-Dieudonné, ou si tu sors un scoop que personne n’avait encore osé publier, comme la marque de la brosse à dent de Madame Valls ou la cylindrée du scooter de Hollandréou. Tu seras “mainstream”, comme tes collègues plumitifs, qu’ils soient grassement rémunérés, ou besogneux bénévoles. Tu colleras à l’actu.

Ben oui, mais je préfère revendiquer le droit à la différence, et m’intéresser aux problèmes intéressants. Ceux qui concernent le petit avenir que j’ai encore sur terre, et accessoirement celui de ceux qui vont prendre la suite, auxquels je souhaite sincèrement bon courage et surtout bonne chance.

En théorie, préparer l’avenir, ce devrait être le boulot de ceux que nous élisons pour nous représenter, non ?

Force est de constater que non. Une fois élus, ils ne pensent qu’à jouir et abuser de ce pouvoir, en oubliant subitement leur rôle théorique. Etoffer leur palmarès féminin, alors que “dans la vraie vie”, s’ils étaient, je ne sais pas, moi, plombiers ou, soyons fous, informaticiens, ils auraient vraisemblablement plus de mal à attirer l’attention de jeunes saltimbanques au physique avantageux. Faire fructifier leur compte en banque et celui de leurs amis, au besoin dans les paradis fiscaux. Se faire cirer les pompes dans les palais nationaux. Et politiquement, faire de la comm, lancer des os aux “journalistes” qui les happent et les mâchouillent goulûment, passer leur temps à tenter de se justifier des conneries qu’ils font, ou alors dénigrer celles de leurs adversaires. Leur horizon intellectuel s’arrête aux élections municipales, voire européennes pour les visionnaires. Pour le reste, ben il faut baisser les dépenses publiques pour rembourser les banksters, il faut alléger les charges des zentreprises pour les rendres plus compétitives, et lutter contre la délinquance des zimmigrés et l’antisémitisme de Dieudonné. Et par dessus tout, relancer la croissance pour créer des zemplois. J’ai bon ?

Pour l’anecdote, on notera que certains politiciens s’autoproclament “écologistes”, qu’ils ont plein de bonnes idées pour l’avenir. Hélas, sitôt arrivés au pouvoir, en général en s’alliant avec ceux que je décrivais dans le paragraphe précédent, ils se comportent exactement comme eux. Ils distribuent des légions d’honneur aux copains, et acceptent sans moufter les aéroports inutiles, les EPR, et se taisent, ravalant leur honte, lorsque leurs alliés ne tiennent aucune de ses promesses de démantèlement des centrales nucléaires ou de vote des étrangers, sans même parler de l’invasion de mesures libérales qui ne font que rapprocher le statut de salarié de celui de l’esclave.

De toute façon, Hollandréou se fout totalement de l’écologie, la meilleure preuve c’est qu’il vient de nommer à la tête du ministère son ex, une bouffonne totale, dont le but est davantage de passer à la télé que de sauver la planète.

J’ai commencé à parler de Peak Oil dès les débuts de ce blog en 2007. J’en ai parlé, reparlé, un paquets de fois. Puis, élargissant le problème du “Peak Oil”, j’ai parlé du “Peak Everything”.

Globalement, plus personne ne parle de ça, ou alors dans l’anonymat. L’écologie est passée de mode, Hulot a été remisé au placard, et Duflot repeinte en gris pour ne pas déparer la ligne libérale qui fait désormais l’unanimité chez les politicards qui ont leur rond de serviette dans les médias.

C’est bien, alors, les problèmes ont disparu. Il suffirait donc de “relancer la croissance” et “augmenter la compétitivité des zentreprises” pour faire diminuer le chômage et augmenter le pouvoir d’achat qui va permettre de s’acheter toutes sortes de chinoiseries siglées et hors de prix, ce qui est assurément le but de toute vie.

Hélas, ce n’est pas comme ça que ça se passe. Il ne suffit pas de ne plus parler du problème, et de parler de Dieudonné ou de Gayet à la place, pour qu’il disparaisse.

Le problème, il continue de progresser, de se rapprocher de nous, de bientôt nous envahir de telle sorte que plus personne ne pourra l’ignorer. Sauf les aveugles, bien entendu.

Je vais donc commencer ce billet par la traduction d’un article paru dans le journal britannique “The Guardian”. Il ne s’agit pas d’un brûlot décroissant ou marxiste, mais d’un journal qualifié de “sérieux” et de “centre-gauche”. Ramené chez nous, ça veut dire “très à droite”, plus encore que Hollande, c’est dire. En tout cas pas le genre à contester trop violemment l’ordre établi.

Le contexte, c’est que le néo-Thatchérien Cameron, celui qui se moque de Hollande sous prétexte qu’il ne serait pas assez libéral, alors que ce dernier fait tout pour lui démontrer le contraire, a décidé de se lancer dans le gaz de schiste, pensant, le con, qu’il y va de l’avenir de “son” pays et surtout des dividendes de ses actionnaires. Comme on va le voir, c’est pas gagné…


[les puristes trouveront l’article original ICI ]

Un ancien géologue de British Petroleum (BP) a prévenu que l’âge du pétrole bon marché est terminé depuis longtemps, entraînant un danger de « récession continue » et un risque accru de conflits et de famines.

Lors d’un cours sur les « risques géologiques » ce mois-ci dans le cadre du cours post-universitaire « Catastrophes naturelles pour les assureurs » à l’University College de Londres (UCL), le Dr Richard G. Miller, qui a travaillé pour BP à partir de 1985 avant de prendre sa retraite en 2008, a déclaré que les données officielles de l’agence internationale de l’énergie (AIE), de l’administration américaine de l’information sur l’énergie (EIA), du Fonds Monétaire International (FMI) entre autres sources, montraient que le pétrole conventionnel avait très probablement connu son pic vers 2008.

Le Docteur Miller a critiqué la ligne officielle de l’industrie selon laquelle les réserves globales vont durer 53 ans au rythme de consommation actuel, pointant le fait que le « pic est le résultat d’un déclin de la production, pas du déclin des réserves ». Malgré de nouvelles découvertes et le recours croissant au pétrole et au gaz non conventionnel, 37 pays sont déjà dans l’après-pic, et la production globale de pétrole décline d’environ 4.1 % par an, soit 3.5 millions de barils/jour (b/j) par an :

« Nous avons besoin de produire l’équivalent d’une Arabie Saoudite en plus tous les 3 ou 4 ans pour maintenir et faire croître la production… Depuis 1986, les nouvelles découvertes ont été inférieures à la consommation. Nous sommes en train d’assécher nos réserves, même si ces réserves augmentent en apparence chaque année. Elles augmentent grâce à l’amélioration de la technologie dans les anciens champs, augmentant la quantité que nous pouvons récupérer – mais la production diminue néanmoins de 4.1 % par an.

Le Docteur Miller, qui entre 2000 et 2007 préparait pour BP les projections internes sur l’avenir de la production de pétrole, parle du phénomène comme du « problème du distributeur de billets » – « davantage d’argent, mais des retraits quotidiens toujours plafonnés ». En conséquence : « La production de pétrole liquide conventionnel a été stable depuis 2008. La croissance dans la production liquide depuis cette date est largement due aux gaz naturels liquides [NGL] éthane, propane, butane, pentane et pétrole issu des sables bitumineux.

Le Dr. Miller est le co-éditeur d’une édition spéciale du prestigieux journal « Transactions Philosophiques de la Royal Society A », de ce mois, sur l’avenir de la production pétrolière. Dans un article d’introduction co-écrit avec le Dr. Steve R. Sorre, co-directeur du Sussex Energy Group à l’univerté du Sussex à Brighton, ils affirment qu’au sein des experts de l’industrie pétrolière, « il y a un consensus croissant pour dire que l’ère du pétrole bon marché est terminée, et que nous entrons dans une phase nouvelle et très différente ». Ils s’associent aux conclusions conservatrices d’une précédente étude approfondie du centre britannique pour la recherche sur l’énergie (UKCERC), financé sur fonds publics :

« …un déclin soutenu de la production conventionnelle mondiale semble probable avant 2030, et il y a un risque significatif que cela commence avant 2020… Dans l’état actuel des connaissances, l’apport du pétrole de schiste ne semble pas de nature à modifier significativement cette conclusion, notamment parce que la base de la ressource apparaît comme relativement modeste ».

En fait, la dépendance croissante au pétrole de schiste aggrave le taux de déclin sur le long terme :

« Une dépendance plus grande aux ressources pétrolières de schiste produites par la fracturation hydraulique exacerbera toute accélération des taux mondiaux de déclin, puisque ces puits ne connaissent pas de plateau et déclinent extrêmement vite – par exemple environ 90 % ou plus dans les 5 premières années. »

Les sables bitumineux subiront le même sort, concluent-ils, notant que « les sables pétrolifères du Canada fourniront seulement 5 millions de b/j vers 2030, ce qui représente moins de 6 % des projections de l’AIE pour la production de tous les liquides vers cette date.

Malgré la projection prudente du peak oil mondial global « avant 2020 », ils mettent également l’accent sur la chose suivante :

« La production de pétrole brut a augmenté d’environ 1,5 % par an entre 1995 et 2005, mais a alors atteint un plateau avec davantage d’augmentation récente de la production sous forme de liquides, largement due au gaz naturel liquide, aux sables bitumineux et au pétrole de schiste. On s’attend à ce que ces tendances se poursuivent… La production de pétrole brut est largement concentrée dans un petit nombre de pays et dans un petit nombre de champs géants, 100 de ces champs fournissant la moitié de la production mondiale, 25 d’entre eux en produisant un quart, et un seul de ces champs (Ghawar en Arabie Saoudite) en produisant environ 7 %. La plupart de ces champs géants sont relativement anciens, beaucoup ont largement dépassé leur pic de production, la plupart des autres va probablement se mettre à décliner au cours de la prochaine décennie ou peu s’en faut, et on s’attend à ce que peu de nouveaux champs géants soient découverts. »

« Le pic final sera décidé par le prix – combien pouvons-nous nous permettre de payer ? », m’a dit le Docteur Miller dans une interview à propos de ce travail. « Si nous pouvons nous permettre de payer 150 dollars le baril, nous pourrions certainement produire plus moyennant une période de transition de quelques années pour les nouveaux développements, mais cela briserait à nouveau les économies. »

Miller explique que quoi qu’il en soit, le peak oil est arrivé alors que les conditions sont telles qu’en dépit de la volatilité, les prix ne pourront jamais revenir à leurs niveaux d’avant 2004.

« Le prix du pétrole a continuellement grimpé depuis 2004 jusqu’à aujourd’hui, en partant de 30 dollars. Il y a eu un grand pic à 150 dollars suivi d’un effondrement en 2008/2009, mais il est depuis remonté à 110 dollars et y est resté. L’augmentation du prix a permis beaucoup de nouvelles explorations et de développement, mais ces nouveaux champs n’ont en réalité guère augmenté la production, en raison du déclin des champs plus anciens. Ceci est compatible avec l’idée selon laquelle nous sommes plus ou moins arrivés aujourd’hui au pic. Cette récession, c’est à cela que ressemble le pic ».

Bien qu’il rejette l’idée selon laquelle le pétrole et le gaz de schiste pourraient empêcher un pic et le long déclin de la production globale de pétrole qui s’ensuivrait, Miller reconnaît qu’il y a encore un peu de marge qui pourrait apporter des dividendes conséquents, quoique temporaires, à la croissance économique américaine – même si c’est seulement un phénomène « à relativement court terme ».

« Nous sommes dans une cage de rats de laboratoires qui ont mangé tous les corn flakes et qui ont découvert qu’on peut aussi manger le papier d’emballage. Oui, on peut, mais… Le pétrole de schiste peut atteindre 5 voire 6 millions de barils/jours aux Etats-Unis, ce qui aidera énormément l’économie américaine, tout comme le gaz de schiste. Néanmoins, les ressources du schiste ne sont pas appropriées pour les pays plus densément peuplés, comme le Royaume Uni, car l’industrialisation de la campagne affecte bien plus de monde (avec bien moins d’accès à des espaces naturels alternatifs), et les bénéfices économiques sont répartis plus chichement entre plus de personnes. La production de pétrole de schiste aux Etats-Unis atteindra probablement son pic avant 2020. Il n’y aura absolument pas de production suffisante de pétrole de schiste pour remplacer les 9 millions de barils importés chaque jour. »

A leur tour, en prolongeant la récession économique globale, les prix du pétrole élevés peuvent réduire la demande. Puis un pic de la demande peut maintenir un plateau plus long de production pétrolière ondulante.

« Nous sommes probablement au Peak Oil aujourd’hui, ou du moins dans ses contreforts. La production pourrait pourtant encore augmenter un peu dans les prochaines années, mais pas assez pour tirer les prix vers le bas ; à la place, une récession continue dans la plus grande partie du monde peut conserver la demande à peu près stable pendant des années au prix de 110$/baril que nous avons actuellement. Mais on ne pourra pas faire croître la production d’environ 1,5 % par an aux prix d’aujourd’hui.

La dépendance fondamentale de la croissance économique mondiale à la fourniture de pétrole bon marché suggère qu’alors que nous progressons dans l’âge du pétrole et du gaz bon marché, sans faire les efforts qui s’imposent pour diminuer les impacts et la transition vers un nouveau système énergétique, le monde s’expose à un avenir de turbulences économiques et géopolitiques.

« Aux Etats-Unis, des prix du pétrole élevés sont corrélés avec les récessions, même si toutes les récessions ne sont pas corrélées avec des prix du pétrole élevés. Cela ne prouve pas qu’il y ait un lien de cause à effet mais il est hautement probable que lorsque les Etats-Unis paient plus de 4 % de leur PIB pour le pétrole ou plus de 10 % de leur PIB pour l’énergie primaire, l’économie décline alors que l’argent est aspiré dans l’achat de carburant plutôt que dans d’autres biens et services. Une pénurie de pétrole affectera l’économie toute entière. Je m’attends à ce qu’il y ait plus de famines, plus de sécheresses, plus de guerres pour les ressources et une inflation durable dans le coût énergétique de toutes les matières premières »

Selon une autre étude parue dans l’édition spéciale du journal Royal Society par le professeur David J. Murphy de l’University du Nord de l’Illinois, expert dans le rôle de l’énergie dans la croissance économique, le retour sur investissement dans l’énergie (EROI) pour la production globale de pétrole et de gaz – la quantité d’énergie produite comparée à la quantité d’énergie investie pour obtenir, livrer et utiliser cette énergie – est d’environ 15 et a tendance à diminuer. Aux États-Unis, le EROI de la production de pétrole et du gaz est de 11, en diminution ; et s’agissant des pétroles et biocarburants non-conventionnels, c’est largement moins de 10. Le problème, c’est que plus le EROI diminue, plus le prix de l’énergie augmente. Murphy conclut donc :

« …le prix minimum du pétrole nécessaire pour augmenter la production à court-terme se situe à des niveaux comparables à ceux qui ont provoqué des récessions économiques dans le passé. J’en conclus donc que, puisque le EROI du baril moyen de pétrole diminue, la croissance économique à long terme deviendra plus difficile à atteindre et à un coût financier, énergétique et environnemental croissant.

Le EROI actuel aux États-Unis, dit Miller, est tout simplement « insuffisant pour supporter l’infrastructure américaine, même si les États-Unis étaient autosuffisants, sans augmenter la production à un niveau encore supérieur à la production actuelle ».

Dans leur introduction à leur série d’articles pour le journal de la Royal Society, Miller et Sorrell notent que « la plupart des auteurs » de l’édition spéciale « reconnaissent que les ressources pétrolières conventionnelles » sont à un stade avancé de déplétion et que les carburants liquides vont devenir plus chers et de plus en plus rares.

Ils en appellent à une « réponse coordonnée » à ce défi pour en limiter l’impact, et notamment à des « changements drastiques dans les systèmes de transports mondiaux ». Alors que des « solutions au ‘peak oil’ respectueuses du climat sont disponibles », préviennent-ils, elles ne seront ni « simples » ni « rapides », et impliquent un modèle de développement économique qui accepte des niveaux de consommation et de mobilité plus bas ».

Lors de l’entretien que j’ai eu avec lui, Richard Miller était particulièrement critique vis-à-vis de la politique du gouvernement britannique, notamment l’abandon de projets de grande envergure de fermes éoliennes, la réduction des tarifs de rachat des énergies renouvelables, et le soutien au gaz de schiste. « Le gouvernement fera tout pour favoriser un rebond économique à court terme », mais cela liera plus étroitement la Grande Bretagne à un avenir basé sur le pétrole, et nous le paierons cher.


Voilà, voilà…

Je résume. Après 100 ans d’exploitation forcenée des ressources pétrolières (en fait 150, mais comme en 1862, la production mondiale fut de 3 millions de barils, soit 10 000 fois moins qu’aujourd’hui, mieux vaut avancer de 50 ans) qui ont mis des centaines de millions d’années à se former, nous avons dépensé et gaspillé plus de la moitié de la dotation, et à ce rythme, il n’y en aura plus dans 50 ans, et même bien avant, puisqu’on ne pourra jamais tout pomper.

Un politicien qui verrait plus loin que le bout de son nez aurait commencé à arrêter les frais et cherché des solutions depuis longtemps, mais hélas, comme les fourmis de 18 mètres avec un casque de scooter sur la tête, un politicien visionnaire, ça n’existe pas.

Au contraire, le politicien, plus il voit que ça s’épuise, plus il veut pomper. Or on a bien compris que plus on pompe, plus ça s’épuise vite. C’est alors que des margoulins, irresponsables et cupides, lui expliquent qu’il suffit de creuser le sous-sol, d’y injecter de l’eau sous pression avec force acides et produits chimiques bien dégueu, bref de massacrer irrémédiablement notre environnement, nos nappes phréatiques… pour faire repartir la croissance pour une bonne centaine d’années. Minimum.

Cameron, dont le pays est deux fois plus petit que la France pour une population similaire, a donc décidé de creuser des puits un peu partout, de massacrer le peu de campagne verdoyante dont il dispose et faire sillonner ses routes par des myriades de camions, pour espérer sortir du sous-sol qu’il aura définitivement dégueulassé, non pas 100 ans de production, mais plutôt… 10. C’est consternant de bêtise et de saloperie, j’espère que lui et ses semblables seront jugés pour crime contre l’humanité.

Pourtant le schéma est clair. Le pic de pétrole traditionnel est déjà dépassé, depuis 2008, et la production n’augmente plus. Après une phase de plateau qui ne durera pas longtemps, la production va décliner irrémédiablement, et il faudra dépenser de plus en plus d’énergie et d’argent, creuser de plus en plus profond, pour ramener le plus possible de ce qui reste.

Mais le pétrole de schiste est arrivé, d’abord aux États-Unis, et c’est la fête capitaliste qui reprend. Enfin, restons modestes, cela permet aux États-Unis d’être provisoirement un peu moins dépendants du pétrole extérieur. Sauf que cela éloigne toute notion d’écologie, de baisse de la consommation, sans même parler de décroissance.

Le réveil sera terrible. Car comme le dit l’article, le robinet du pétrole de schiste se fermera déjà dans quelques années, bien plus brutalement que celui du pétrole conventionnel. Et en même temps. Et comme on partira d’un niveau plus élevé, plus dure sera la chute. De toute évidence, l’économie n’y survivra pas, et on verra l’armée américaine saisir n’importe quel prétexte pour aller chercher du pétrole supplémentaire, chez ces terroristes iraniens ou vénézueliens, pourquoi pas.

Cette politique de l’autruche, ce décalage entre une réalité qui devrait être connue de tous, et en tout cas de ceux qui nous dirigent, et le comportement totalement aberrant, stupide et criminel qu’on nous encourage à adopter, le présentant comme le modèle de la réussite sociale (posséder plusieurs villas climatisées avec piscine surchauffée, avec plusieurs bagnoles, 4×4 ou SUV, une télé d’1m50 dans chaque pièce, une tablette numérique et un smartphone par personne (que l’on change tous les 6 moins sous peine d’être ringard) et partir à la moindre occasion à l’autre bout du monde, “faire du shopping” en hiver, et se faire rôtir le cul en été. Cette traque médiatique quotidienne du pouième de point de croissance, cette injonction à consommer coûte que coûte, ces épouvantables centres commerciaux qui continuent malgré la mouise à pousser partout, financés par de la monnaie de singe, en des endroits où l’on ferait assurément mieux de planter des tomates, des courgettes ou des fraises, plutôt que de les faire venir d’Espagne.

Tiens, rien qu’à Metz, deux nouveaux invraisemblables furoncles (ici et ), vont voir le jour. C’est dément et incompréhensible.

L’humanité est en train de crever, il n’y a plus de pétrole, l’économie capitaliste va s’écrouler, les abeilles disparaissent, la calotte polaire fond, dans moins de 100 ans il fera 5 degrés de plus et la planète sera invivable.

Les 67 milliardaires les plus riches possèdent autant que la moitié de l’humanité.  Il y a quelques mois, une autre étude parlait de 85 milliardaires. On voit l’évolution. Ce sera bientôt 20, puis 10 et pourquoi pas un seul ?

Et pendant ce temps-là…

… on ne fait rien… au contraire.

Nos dirigeants aveugles, stupides et/ou corrompus, les mêmes qui nous ont refourgué les traités européens à l’insu de notre plein gré, s’apprêtent à adopter dans l’opacité la plus totale le Grand Marché Transatlantique (TAFTA) qui non seulement nous amènera le poulet à l’eau de javel, le veau aux hormones, les gaz de schiste, mais permettra surtout à ces multinationales qui déciment les abeilles, qui salopent le sous-sol, qui réchauffent la planète, de prendre officiellement le pouvoir, empêchant toute réaction des Etats.

Et les mêmes tentent de nous persuader que l’urgence est de “relancer la croissance”, baisser les “charges”, les prestations sociales, les impôts des multinationales et des milliardaires, privatiser à tout va, “booster la compétitivité” en supprimant le SMIC et la réglementation, en officialisant les “petits boulots”…

Je vais vomir et je reviens.

SuperNo

A propos de SuperNo

Ex-blogueur, râleur, ex-chômeur, gaucheur, photographeur, linuxeur et même geekeur à ses heures.

29 commentaires sur “L’humanité n’a plus d’avenir

  1. Laurent

    « La société de consommation n’a plus d’avenir » serait un titre plus approprié ,l’humanité a toujours un avenir mais il sera sombre si elle ne change pas, et fait passer le fric avant le partage ,le luxe avant la convivialité, la compétition avant la réflexion…

  2. Igorpopov

    Un article ou plutôt un coup de gueule comme je les aime. Petit soldat, lève toi et marche, le combat dans un tel contexte ne fait que de commencer.

    Merci pour cette mise au point pertinente de notre situation actuelle.

    Le vélo face à la bagnole, l agroecologie face à l industrie des pesticides, l humain face à la machine: les combats sont nombreux.

  3. Sous-Citoyen

    A bientôt 36 ans et ayant fait le tour de la question concernant la sortie de ce modèle, j’en suis convenu qu’il est quasi impossible d’ouvrir les yeux de notre entourage malgré des moments de lucidité concernant certains mais qui « replongent » à la moindre publicité. En ce qui me concerne, j’ai viré la télé depuis trois ans, la voiture de moins en moins, alimentation locale, peu de viande, pas de lait pour les enfants après sevrage (on mange quand même du fromage mais pas de vache), etc… Je ne vais pas vous raconter ma vie non plus, bon courage à tous.

  4. Vincent

    > En théorie, préparer l’avenir, ce devrait être le boulot de ceux que nous élisons pour nous représenter, non ?

    Mais ils préparent bien l’avenir : il se trouve que, une élection importante étant organisée tous les cinq ans environ, l’avenir se compte en quelques années.

    Voir par exemple les PPP : les responsables qui signent ces contrats se fichent bien du fait que ces montages financiers vont à plus long terme coûter beaucoup plus chers aux finances de la ville que l’option 100% public. Mais justement, ils ne seront plus là. Ça n’est donc pas un problème pour eux.

    En même temps, a-t-on envie de mandats qui dureraient vingt ans?

    > Un politicien qui verrait plus loin que le bout de son nez aurait commencé à arrêter les frais et cherché des solutions depuis longtemps

    Parce qu’il n’y a PAS de solution.

    Ou plutôt, il faut faire accepter aux Français de revenir cinquante ans en arrière, avec en plus l’effroyable facture pour solder cinquante ans d’énergie abondante : on rase les banlieues (boom le marché immobilier), on disperse la population dans des petites villes (boom les dépenses en infrastructures ferroviaires), on leur construit des logements (combien de centaines de milliards pour le BTP?), et on tente de recréer des terres agricoles (pas simple, cf. les Bourguignon) pour la production de nourriture à proximité de ces villes moyennes afin qu’elle soit tranportable par des camionnettes électriques.

    Voir le bon docu sur le choc pétrolier à Cuba en 1991:

    « The Power of Community: How Cuba Survived Peak Oil »
    http://www.dotsub.com/view/a5d410d4-82b6-410e-9c12-baab77d62c14

    Les prochaines décennies vont être intéressantes.

  5. olivecou

    Initiative citoyenne, locale, individuelle,…il ne nous reste plus que ça.
    La représentation politique a perdu tout son sens et sa valeur malgré bien des sacrifices depuis la fin de l’ancien régime! Aucun espoir de ce coté là, ne pas perdre son temps avec ces gens là, à part celui qui est nécessaire pour les rejeter dans leurs contradictions.

    Les études sérieuses posant les bases d’alternatives plausibles existent déjà, le plus dur est de sensibiliser ceux qui partent de tellement loin, lobotomisés par la TV (Le cerveau humain est si faible), les annonceurs, et ceux qui savent mais qui ont peur de changer. Principe moutonesque de rigueur! Les lobbies doivent bien se marrer.

  6. Roger DélogoRoger Delogo

    De Vincent : « En théorie, préparer l’avenir, ce devrait être le boulot de ceux que nous élisons pour nous représenter, non ? »

    Je reste mitigé par rapport à cette façon de penser. Disons que c’est le message que véhiculent à longueur de journée les médias dominants qui ne cessent de rappeler que, lorsqu’on glisse un bulletin dans l’urne, on signe un blanc-seing à nos élus.

    Je m’accroche, pour ma part, à la maxime « voter est nécessaire mais non suffisant » (je crois qu’elle est de moi, en tout cas je ne la retrouve pas sous cette forme ailleurs). Autrement dit, dans un système démocratique, préparer l’avenir est avant tout le boulot des citoyens, qui doivent impérativement faire pression sur les élus pour ce faire.

    Or, ce que je remarque au jour le jour, c’est que les gens ont pour la plupart déserté leur devoir de citoyen (je parle bien de « devoir » ici : la démocratie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas !), tandis que les grosses multinationales ne se privent pas de faire savoir aux élus ce qu’elles veulent. Lorsqu’on se retrouve à la table des négociations, au gouvernement (celui-ci ou le précédent, d’ailleurs ce sont globalement les mêmes), pour discuter publicité par exemple, ils n’hésitent pas à dire clairement « qu’on ne fait pas le poids » face aux lobbys des industriels.

    Autrement dit, si je suis d’accord sur le principe (« les élus ne font pas bien leur boulot »), j’aimerais qu’on n’oublie pas de taper également sur la société civile dans son entièreté pour sa démission totale face à son devoir de citoyenneté.

    Il est à noter que c’est l’une des raisons pour lesquelles je me suis lancé dans l’anti-publicité : je suis persuadé que l’un des premiers effets secondaires de la publicité est de dépolitiser la population (la publicité fonctionne en miroir et ne s’adresse aux gens qu’à travers leur facette unidimensionnelle de « consommateur », faisant peu à peu disparaitre les autres dimensions, dont celle politique). Ainsi, pour réussir à recréer de la démocratie, je suis convaincu qu’il faut avant tout casser le système publicitaire. Le problème, c’est que nous sommes trop peu nombreux à nous battre concrètement contre lui… Cercle vicieux difficile à combattre.

  7. kristenn

    si l’humanité a encore de l’avenir, il ne sera pas sombre , mais nous vivrons totalement différemment , cela ne sera plus la société de consommation telle que nous la connaissons,celle-ci nous facilite la vie actuellement ,nous n’avons jamais connu dans l histoire de l’humanité autant de moyens à notre disposition , mais malheureusement cela a une fin , il faudra se retrousser les manches , moi qui suis informaticien ,cela sera le retour au jardin , un retour a la nature , mais il faut que tous s’y mettent sinon cela sera la catastrophe , mais pour l’instant rien n’est perdu ,nous avons encore 10 à 15 ans pour nous préparer , pas de temps à perdre

  8. gabriel83

    ou alors ça sera une guerre des 1% de riches pour éradiquer les pauvres survivant de l’après pétrole il trouveront bien un arme bactériologique dont ils seronts les seuls vacciner pour ça 😉

  9. Jack A

    Merci pour ce bon article et un rappel sur le Grand Marché Transatlantique!

  10. Jack A

    Et merci a tous les cyclistes et ceux qui refusent une société basée sur la croissance 🙂

  11. Vincent

    Sauf que pour fabriquer un vélo et toutes ses pièces, il faut beaucoup de ressources naturelles non renouvelables…

    Pour revenir au titre de l’article:

    « The logic behind Boyd’s concise and telling book is rather simple. Our economic and financial system is based on assumptions of continued growth. Currently growth is highly dependent on energy and a surplus thereof as provided by high EROI energy sources. Our available energy sources, however, are providing less and less energy returns on the amount of energy we put into them. Therefore the amount of surplus energy available is declining. Thus, given the dependence of growth on energy, growth will decline too.  »

    http://www.resilience.org/stories/2014-04-07/energy-and-the-financial-system-what-everyone-needs-to-know-and-work-darn-hard-to-avoid

  12. Jean-Marc

    (tu n as pas honte, dit, Vincent?
    malgré ta provocation outrancière, je vais te répondre sérieusement)

    Oui, Vincent, et ???

    J ai deja roulé sur des vélos ayant 50 et même 60 ans, sans aucun soucis (et même peut-etre plus… comme la date de fabrication n est pas tjrs connue).
    Bien plus facilement que sur des voitures moitiés moins vieilles :

    il s agit de mécanique simple, robuste , rustique, qui tombe peu en panne, et qui, si besoin, se répare très facilement.

    Le facteur de coût (achat, entretien) entre une voiture et un vélo est souvent un facteur 50 à 100.

    (et, niveau matière : 15kg face à 1 500kg… un facteur 100, toutes matières confondues… en sachant que, dans le vélo, la proportion en fer (ou alu/carbone) est SUPÉRIEURE à celle d’une auto, donc que la partie « autres matériaux » est sup à un facteur 100 en défaveur de l auto…))

    Ainsi, si au niveau des pneus, chambre à air, peinture..
    un vélo est -actuellement- un peu dépendant de la chimie du pétrole…
    Une voiture est bcp bcp plus dépendante de la chimie du pétrole, pour tous ses plastiques, mousses, vernis, peinture et autres (plus que 100 fois un vélo),

    MAIS en plus, gâchi gigantesque d’une ressource non renouvelable,
    la voiture a une consommation inconsidérée de dérivés du pétrole par son réservoir :
    non seulement elle consomme a être produite, comme toutes choses… comme une cruche, une tuile ou une table, mais, chose bcp plus rare, elle continue à consommer, et même énormément, pour chacun de ses km…

    Et je ne parle même pas du bitume des routes…

    Une piste cyclable -OÙ NE PASSE <b<AUCUNE VOITURE- peut durer plus de 60 ans (et peut être faite en d autres matériaux, sans dérivés du pétrole, comme en béton par ex, voire, pourquoi pas, en verre (non poli), en pavés romains, en bois, en terre battue, en terre avec de l herbe,…),
    quand une chaussée avec voitures et camions, est à renouveller +/- tous les 15 ans, et peut difficilement être en terre battue et terre « herbue » (il suffit de voir les ornières dans les chemins forestiers.. où cependant, ne passent quasi aucune voitures ni camions…) .
    Or ces routes de terre sont cependant les routes les moins consommatrices, les plus naturelles et durables… SSI les véhicules les utilisant ont un poids normal, à l échelle humaine
    (pour ma part, je connais peu de gens pesant plus de 150kg… alors 1 500kg ou 40t…)

    Si un vélo est « seulement » 50 fois ou 500 fois moins dépendant au pétrole qu’une voiture,
    je peux cependant te garantir qu’il existe encore qq voitures en ville, si bien qu’ils ont de la marge…

    Le pb pour appréhender correctement la réalité, est toujours une histoire d ordre de grandeur…
    et ils ne sont pas du tout du même ordre entre un vélo et une voiture…

    D ailleurs, en temps que cycliste, on ne remarque même pas l évolution du prix du pétrole :
    payer 2 pneus tous les +/- 3 ans, à 10, 15, 20 ou 50 euros pièces, voire même, quand il y aura bcp bcp moins de pétrole pas cher dispo, à 100€ pièce, ne serait pas aussi compliqué que de faire un plein à 50, 100, 150 ou 200€ tous les 7 à 10 jours…
    (c est à combien, un plein, actu ? 1.3×40 soit plus de 50€? outch.. sa fait mal de vouloir continuer à tout prix à vivre au XX siècle… Vive le vélo et le XXI…)

    (et je ne parle même pas du prix d’un changement de pneus… outre qu’ils sont 4, chacun d entre eux coûte bien plus cher + coûte bien plus souvent en main d oeuvre, qu’un pneu vélo.)

    Le jour où la rareté du pétrole sera telle, qu’il n y aura plus une seule voiture, ni un seul camion en ville (sauf une voiture de prestige pour les PDG, pour le maire, et pour des véhicules spéciaux d’intervention),
    le pb se posera pour les vélos…

    mais la future solution existe dejà :
    des produits encore plus basiques, robustes, et moins consommateur de matière et de pièce mécanique/huile pour le mouvement :

    outre les pieds + jambes,
    si on veut aller plus vite, transporter plus, ou moins se fatiguer qu’à pieds,
    il existe des dérivés du vélo, mais sans système de transmission :

    les draisiennes
    (voire trottinette… mais enlever la selle est bcp moins intéressant qu’enlever le système de transmission, avec ses pièces mécaniques à -un peu- entretenir et renouveller)

    D ailleurs, actuellement, dans le tiers monde, on voit deja ce que peut donner un vélo dans des villages où le pétrole et dérivés n est pas disponible pour les plus pauvres :

    Outre des vélos et draisiennes géants totalement en bois, en auto-construction, permettant de descendre des troncs ou autre marchandises volumineuses de la montagne (ne rentrant pas dans une voiture normale, et tout juste dans un pick-up), voire de les déplacer sur le plat (balles de coton, par ex),
    on peut aussi voir des vélos qui n’ont plus, depuis des années, ni chambre à air ni pneu, mais servant de porte-saccoches et de tire-remorque à des personnes marchant à coté du vélo, qui est ainsi devenu une « remorque pour piéton », permettant à un piéton de déplacer 20kg à plus de 50kg de charge, de façon bien plus facile que ne le fait un piéton sans « vélo-porteur ».
    Une sorte de brouette… mais plus facile à trouver dans une décharge ou à recevoir en don ou héritage, qu’une brouette.


    Remarque :
    Vincent, tu as oublié de préciser qu’un cycliste respire, donc qu’il rejette du CO²,

    alors qu’une voiture en déplacement, « grâce » aux futures voitures automatiques (google-car par ex), pourra bientôt ne contenir personne..
    donc n avoir personne qui respire, qui rejette du CO² à son bord, si bien qu’il sera (si on fait abstraction de la consommation de la voiture, ainsi que de sa construction (de plus en plus polluante, comme elle intègre de plus en plus d électronique, dont de l électro faite avec des terres rares), pour ne s occuper que de la consommation de ses passagers*)
    moins producteur de CO² de croiser une voiture vide en déplacement, qu’un cycliste…

    Des voitures magiques :
    alors que, depuis 50 ans, l occupation moyenne d’une voiture en mouvement ne cesse de diminuer en occident, au point qu’on arrive à 1.1 dans certaines villes (mais la moyenne, en europe, reste 1.2, voire parfois, plus rarement, 1.3),
    on va ENFIN pouvoir passer sous les « 1 », et ainsi avoir de congestion, pollution et accidents fait… par personne…

    [bon, techniquement, la voiture en déplacement sans personne à déplacer à son bord, c est deja le cas avec un taxi, quand il part charger son client ou revient à vide :
    il y a un chauffeur, mais il ne fait pas un vrai trajet, il reste collé à son siège, il ne va pas réellement à un endroit pour y faire qq chose : il va chercher une personne qui, elle, fera un vrai trajet en tant que passager (et induira un kilomètrage +/- double pour son chauffeur)]


    * Ne pas tenir compte de la conso d’une voiture, mais juste de celle de ses passagers, ùamgré sa stupidité, n est pas impossible :

    – il y a bien des gens qui parlent du nucléaire sans tenir compte du risque nucléaire, mais juste des rejets de CO²,

    ou
    – d’autres qui parlent de l agriculture industrielle aux phyto-sanitaires, face au bio, mais sans -surtout- tenir compte des résidus de produits phyto (et de leur conséquence sur les abeilles), des perturbateurs endocriniens (et conséquences sur la fertilité humaine, et l explosion de cancers et diabète), de l’usage massif d’antibiotiques (en cas d élevage, et de la résistance aux antibio qu’elle induit) et de sa forte dépendance à l eau abondante et aux dérivés du pétrole…

    seul le rendement, ultra trompeur et manipulé, est utilisé

    [trompeur et manipulé : la bio, si elle ne copie pas l agro indus par des mono-cultures, mais la bio bien faite, en système intégré (agro-écologie, agro-foresterie) sur le moyen et long terme, a des rendements supérieurs...c.f. « le riz des canards », comme illustration de la bio en culture intensive et intégrée, largement plus productive que ne le sera jamais l agri indus la plus polluante]

    donc,
    – tout est possible…

  13. laurent

    On pourrait ajouter qu ‘avec les matières premières recyclables contenues dans une seule carcasse de voiture il y a de quoi fabriquer un nombre important de vélos !

  14. Jean-Marc

    Exact, Laurent,
    d ailleurs, certains le font déjà,
    et même mieux :
    pas en recyclage à proprement parler, mais en ré-utilisation
    (le métal n est pas fondu pour être recoulé, mais utilisé tel que) :

    http://carfree.fr/index.php/2013/06/28/un-velo-qui-renait-des-cendres-dune-voiture-a-lisbonne/

    http://www.bicycledbikes.com/
    BICYCLED
    un vélo sorti d’une voiture

    Des voitures partent à la décharge, et nous les recyclons pour créer le plus efficace, écologique et sain moyen de transport
    « 

  15. Roger DélogoRoger Delogo

    Là où on peut être d’accord avec Vincent, c’est sur le fait que si on continue à « sur-consommer » la mobilité, passer au vélo sera certes mieux que continuer en voiture, mais ne résoudra pas forcément les problèmes. La solution est bien comportementale et politique, et non juste technique 🙂

  16. Jean-Marc

    « mais ne résoudra pas forcément les problèmes »

    ???
    de quelS pbS parles-tu Roger Delogo ???

    – de la consommation de pétrole sur un vélo ???
    – du nombre de morts par les pots d échappements d un vélo ???
    – du nombre de maladies respiratoires et d asthme dû au pôt d échappement des vélos ???
    – du nombre de morts percutés par un vélo ??? (+/- UN tous les 3 ans, en france)
    – de l étalement urbain et de la zonifiaction des villes dus au vélo ???
    (car c est bien connue, les cyclistes passent leur temps à aller d’une zone commerciale à une autre, à l autre bout de la ville, pour profiter d’une balade de 10 km plus longue, avec des cotes, pour bénéficier de 5cts de réduct sur un litre d eau en bouteille ou de soda car les cyclistes achètent bcp bcp d eau et de soda en bouteilles, surtout en bouteille de 2.5l ou en pack de 9kg (6×1,5) ou plus…. l eau du robinet n est pas suffisamment facile d accès pour eux…))
    – de l’augmentation de la sédentarité et de l obésité liées à son usage, et donc de toutes les maladies qui leurs sont liées ??
    – du nombre de diabète de type II en augmentation, du fait des vapeurs de carburant du vélo ???

    Je ne comprend pas un traitre mot de ce que tu dis Roger…
    rien ne correspond..
    aucun des très nombreux pbs de la voiture n est applicable au vélo…

    Pourrais tu avoir une réponse détaillant leS problèmeS de la voiture, que le vélo, utilisé à grande échelle, ne résous pas, stp ?

  17. Roger DélogoRoger Delogo

    Je parle des problèmes de « croissance », de cette volonté toujours affichée de vouloir « fabriquer plus », je parle d’un problème de société global et non plus d’un problème lié au transport.

    Si on fabrique des vélos pour le plaisir de fabriquer des vélos, juste histoire d’en fabriquer plus que l’année précédente, et qu’on incite les gens à changer de vélos tous les 2 ans (à grand renfort de pub) sous prétexte que c’est cool, alors oui, les problèmes seront toujours là. Parce qu’ils sont dans la tête, parce qu’ils sont comportementaux, parce que si surconsommer des vélos est moins grave que surconsommer des voitures, ça reste de la surconsommation, autrement dit une idéologie mortifère.

    Tout comme d’ailleurs si on revenait, pour reprendre une célèbre analogie, au « temps des cavernes où se chauffe à la bougie » : si c’est pour continuer à faire de la spéculation immobilière sur les cavernes et s’extasier tous les jours sur le « cours de la bougie », celui-ci devant bien entendu toujours monter, ben on n’est pas sorti de l’auberge.

    Ma remarque avait pour volonté d’être un peu légère (je vois que je me suis planté), pour rebondir sur le message de Vincent.

  18. Jean-Marc

    Oui, le risque de surconsommation est possible,

    d ailleurs, on l observe un peu, à une toute autre échelle que dans la voiture, avec certains cyclo-sportifs,
    à qui il faut le dernier appareillage leur permettant de gagner qq secondes

    Ainsi, le but de leur pratique n est pas d’améliorer leur CORPS ?
    Qu’ils roulent à 50 km/h sur un vélo de 8kg bien entretenu, ou à 20km/h sur une brouette moyennement entretenu, ils peuvent aussi bien faire du cardio-training, du demi-fond et du fond..

  19. Roger DélogoRoger Delogo

    Oui exactement, Jean-Marc 🙂

    Si je résume en trois mots :

    Voiture = pas bien
    Vélo = nécessaire mais pas suffisant
    Vélo + Décroissance = nécessaire et suffisant

    Je crois que c’était le sens du message de Vincent, même s’il était un peu trop lapidaire 🙂

  20. DEGOUTE

    @SOUS-CITOYEN je me retrouve bien dans ce que tu dis; pour te conforter, moi ça fait 15 ans que j’ai viré la télé, la console, la radio, les journaux, le cinéma (juste de la propagande), de la viande le Week-End, le vélo pour aller bosser, et l’été je cultive mon potager. Plutôt que de taffer tard le soir pour rien (juste pour le patron, payer des impôts et acheter des merdes), je me suis occupé de mes gosses et bien m’en a pris. Les augmentations, les promotions, non merci! 15 ans après, l’expérience est franchement positive, je ne manque vraiment de rien et je persévère. Je suis sorti du cercle infernal télé, radio, journaux, auto, boulot. C’est possible!

  21. DEGOUTE

    Pour rebondir sur le « problème » de la consommation de vélo évoqué ci-dessus (et à titre d’information), je me rangerai dans la catégorie gros consommateur 🙁 C’est vrai que c’est ma faiblesse, avec les ordis (aïe aïe aïe).

    Comme je roule pas mal (env 50km par jour), je ne peux pas me contenter d’un vélo genre vélib. Mon vélo actuel commence à être usé de partout et le freinage est parfois limite limite (je roule en banlieue Parisienne). Par conséquent, mon prochain vélo sera vraisemblablement en carbone avec des freins à disques, j’avoue. Je vais craquer… je ne suis pas totalement guéri 🙂 Mais quand je double toutes ces enclumes de 2tonnes à l’arrêt dans les bouchons, avec mon vélo de 8kg, quel pied, c’est jouissif.

    Et puis il faut être équipé pour rouler par tous les temps (froid, pluie, chaleur), en plusieurs exemplaires et là ça commence à chiffrer… Et pas du D4 hein!

    Tout ça pour donner du grain à moudre à ceux qui pensent qu’on peut continuer à consommer en optant pour le vélo. Ils n’ont pas tort. Pour ma défense, je dirai que c’est un outil de travail et un véritable plaisir, chaque jour de l’année. Le matin, quelques soient les conditions, il faut y aller. L’hiver, dès qu’il y a de la pluie ou de la neige, il n’y a plus de freins. Par -5°, sans équipement, on ne fait pas 500m. La pluie? faut y aller, des trucs imperméables qui font pas cocotte minute ça aide. L’été, quand il fait 28°, après une bonne côte (et oui, c’est pas plat) , je peux vous le dire, on a très très chaud. Donc vêtements légers et qui évacuent la transpiration, pas bon le coton. Douche au boulot, obligatoire.

    Faut y penser, une bagnole ça n’a pas que des mauvais côtés; c’est chauffé l’hiver, climatisé l’été et on n’a pas besoin d’équipement pluie. Mais qu’est ce que ça pue. Les TEC me direz-vous, ça pue encore plus… La marche à pied?

  22. Jean-Marc

    Faut y penser, une bagnole ça n’a pas que des mauvais côtés; c’est chauffé l’hiver, climatisé l’été

    L hiver, le VRAI (pas celui de cette année… ni celui de l année dernière.. malgré DEUX jours de vrai hiver…)

    une voiture, c est 10 minutes à déneiger les pneus, et rechercher 2 potes pour te dégager de ta place de parking, pour passer les ornières de neige, mais aussi à gratter le pare-brise chaque matin et/ou chaque soir (ou attendre 5 minutes à coté, avec le moteur et la ventil qui tournent à l arrêt…) quand il neige ou givre

    et c est chaud après 3 minutes..
    c est-à-dire juste quand on est arrivé (la majorité des trajets, en voitures, font moins de 5km).

    Alors qu’il n y a pas de pare-brise à dégivrer, ni de pneus à déneiger sur un vélo (au pire, il suffit de soulever le vélo, pour le sortir de 20 ou 25 cm de poudreuse étant tombé sur son parking, pour le poser sur la chaussée où la lame, la déneigeuse, a fait une piste)

    L été, quand l habitacle est à plus de 50°C, car il y a un effet de serre, le volant et le siège sont intouchables les 1eres minutes, et il faut ouvrir les fenêtres et/ou mettre la clim pendant un bon moment, pour attendre de pouvoir s installer,
    alors qu’en vélo, on a deja fait 2 km ou plus..
    (au pire, en danseuse les 100 premiers mètres, s’il fait vraiment très très très très chaud… mais la selle est bcp bcp moins chaude qu’un intérieur de voiture : pas d effet de serre sur la selle…)

    En général, plus les conditions sont horribles (extrême brouillard, extrême neige, extrême givre, extrême chaleur, extrême pluie),
    plus mes collègues automobilistes sont ralentis, et me plaignent…
    mais en fait, c est là que je les distance le plus facilement et le plus largement,
    et sans pb… car soit je ne suis pas du tout ralentis, soit je n y suis quasi pas
    (un des cas le plus flagrant : le brouillard : voir à 6-7 m me suffit largement pour suivre ma trace… je ne roule pas à 50, 70 ni 90km/h… si bien qu’il ne me ralentis aucunement)

    Je me souviens encore de ce soir de décembre (novembre ?) 2012 (2011?), où il avait neigé toute l aprem :

    des collègues partis en avance (avant 17h) sont arrivés, pour certains, entre 23h et… 5h du matin :

    ils ont fait une moyenne inférieure à 2km/h sur autoroute, nationales et départementales complétement bloquées, avec quasi impossibilité de passage des déneigeuses, du fait des voitures les génant…
    certains, intelligement, ont laissé leur voiture sur le parking de la boite, et sont rentrés en TEC et/ou à pied.. par contre, d autres ont dû abandonner leur voiture sur le chemin, pour finir à pied…

    Moi.. je suis rentré normalement :
    ce n est pas les 3-4 cm de neige tassée sur la route qui m ont bcp ralenti…J ai du perdre 2 minutes maxi, par rapport à un trajet normal.

    Je n’ai jamais doublé autant de voitures en rentrant chez moi…

    dans une portion de mon chemin, à 70km/h, où je me fais normalement doubler par les autos, là, je les doublais en masse :
    elles ne roulaient même pas au pas, pare-choc contre pare-choc, en zigzaguant d’une congère à une autre…


    Pour l’été,
    c est sans parler des pbs qu’engendrent la clim mal réglée (souvent poussée trop forte.. fatiguant et fragilisant les organismes, par les passages trop rapides de 27°C, à 18, puis 26, puis 18, puis… quand on entre/sort dune habitacle ou lieu climatisé à un non clim., et ceci dans une même journée, et quasi sans transition… ), et surtout souvent mal entretenue (nid à poussière, à bactéries et à moisissures)

    En vélo, en condition météo extrême, sauf une fois tous les 3 ans, quand je découvres mon pneu à plat, je pars tjrs dans les 3-4 secondes après avoir touché mon vélo…
    (et encore.. je n ai pas de cadenas à « bip », pour l ouvrir avant d arriver au vélo… sinon, je gagnerai encore une demi-seconde sur chaque départ ^^)


    Bien sûr, j ai des tenues de pluie..
    même si je ne les mets pas forcément, par ex, quand il n’y a que du grachin, de la bruine :
    au contraire, sa présence peut etre rafraichissante, agréable

  23. christine

    très bon article à lire en plusieurs fois tellement c’est oppressant cette réalité qui nous pend au nez et que les aveugles ne veulent même pas évoquer tellement il est confortable d’y penser puis d’oublier. Ceux qui voient ne sont que des marginaux de cette société, mais doivent continuer à être cette petite lueur qui dérange parfois.

  24. DEGOUTE

    @JEAN MARC ce que tu décris à propos des inconvénients de la bagnole en hiver et en été est tout à fait pertinent; en fait, je ne m’en rendais pas compte, vu que je suis en vélo tout le temps! Merci pour tous ces détails auxquels je ne pensais même plus. J’en suis tout remotivé!

    Effectivement, je confirme, l’hiver je n’ai rien à gratter, je pars direct. Avec mes pneus de cyclocross, je roule facile dans la neige et je me rappelle très bien l’hiver dernier (2012-2013) où je doublais toutes les bagnoles. Dans les côtes, ha ha ha … Et l’été, la chaleur dans les TEC, j’avais oublié! Allez hop, je remonte sur mon vélo !

    Enfin, c’était juste pour dire – qu’en ce qui me concerne – j’investis pas mal pour faire en sorte que ça se passe de la manière la plus agréable possible. J’aime bien mon petit confort bourgeois, j’avoue … Je ne suis pas un dur de dur comme j’en croise parfois, du genre pas de casque ni de bonnet sur la tête par -5°, si si si (tiens, ça fait longtemps que je l’ai pas revu celui-là).

    Si l’investissement autour du vélo est bien moindre que celui d’une bagnole, il reste – à mon avis – significatif. Ceci dit, j’use peu mes affaires, j’en prends grand soin. Par exemple, je les lave à la main avec du savon en paillettes. C’est peut-être pas blanc de blanc, mais en terme d’usure, par rapport à une machine, ya pas photo.

    En faisant le compte de tous les avantages du vélo évoqués ici, je suis surpris par le peu de cyclistes croisés sur ma route. Au bureau, on doit être 3 ou 4 pas plus sur 200. Je suis sûr que parmi les automobilistes, il y en a beaucoup qui ont moins de km à faire que moi… En tout cas, les douches ne sont pas encombrées le matin. Beaucoup plus à midi par les joggers par exemple. Ya surement des progrès à faire de ce côté là.

  25. Jean-Marc

    Oui, Christine…

    Et, sur le TAFTA, le traité nord-atlantique, en cours, sans information ni discussions idémocratique,
    je vous laisse lire ce très bon article d’Emmanuel Todd

    http://www.lepoint.fr/economie/emmanuel-todd-annulons-la-dette-du-vieux-monde-13-12-2011-1406951_28.php

    (mais Fabrice Nicolino, sur Carfree, a lui aussi dénoncé le pb de l oligarchie dominante, ne s occupant que d elle-même)

    Sur le « marginaux » de Christine, une précision :

    dans les média de masses (JT TV (et pire, ceux des « chaines infos »), journaux avec pub ou journaux gratuits) les personnes réagissant et -encore plus- les éditorialistes et décideurs ne font pas partie de «  Ceux qui voient , ces marginaux« ,

    il faut bien sûr, prendre marginaux au sens littéral :

    il y a ceux dans la norme, les gens « normaux », dans la majorité,

    et « les autres », ceux à part, avec un avis non majoritaire, mais un avis, une analyse à la marge de l esprit dominant :

    par définition les « a-normaux » et « marginaux »
    Dont Fabrice Nicolone, Emmanuel Todd, SuperNo, les membres de bastamag ou de rezo.net font partie (avec beaucoup d autres)

    Mais, quand on discute avec des « vrais gens », au lieu d’écouter les décideurs et les éditorialistes, ces spécialistes de la pensée unique (de FOG à Pernaut, en passant par Elkabach, Minc, Seguela, Attali, Sylvestre, Apatti et tant d autres : en grande partie, ceux qui nous avaient expliqué qu’il FALLAIT voter pour le traité européen, même si on n y comprenait rien (signer en blanc…), même si des points restaient très obscurs ou très limites…)

    En fait, on découvre que ces marginaux sont marginaux dans les média installés… mais ils sont loin d’être si minoritaire que celà, dans la population intéressée par les sujets qu’ils abordent…

    En fait, le pb est surtout dans l endormissement du plus grand nombre par les media dominant, où il est rare d entendre une voie différente
    (des voix telle que Noam Chomsky, Joseph Stiglitz, Yves Cochet, Paul Ariès, Denis Cheynet ou Pierre Rhabi; auxquels je rajouterai volontier Thomas Piketty, dans la liste des éveilleurs de consciences, mais je ne suis pas encore sûr si c est justifié ou pas : je ne le connais pas assez pour l’instant, pour trancher sans me tromper;
    des voies qu’on entend peu, si on ne les recherche pas :
    à part sur LCP-AN, où ils peuvent participer à des émissions longues, sinon, sur une autre chaine, ils sont limités à l’invité spécial et rare, pouvant parler moins de 5 minutes, et le plus souvent face à 2 représentants de la pensée unique (2 invités, ou un autre invité, et le journaliste chien-de-garde (Apatti, Elkabach,…)), on ne les trouve pas dans la plupart des média de masse…)

    Todd est dans le Point… donc celà semble aller à l encontre de ce que je dis…

    sauf que c est un article rare, décalé avec la ligne éditoriale habituelle…
    à l inverse, les éditos et les articles « normaux » sont très largement plus fréquents…

  26. Ichwill

    Merci pour ce formidable article! J’ai envoyé le lien à mes amis. Pour revenir à la « sainte croissance », la seule croissance que je vois autour de moi est celle de la conne.ie!

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