Tout pour la route !

C’est une vision archaïque des transports qui a été proposée par Bruno Le Maire, candidat LR à la primaire de la droite et du centre. Sa contribution est un morceau d’anthologie (aucun des autres candidats n’aborde le problème des transports dans son programme).

BLM déplore la faiblesse des crédits prévus lors du Grenelle de l’Environnement pour les routes, « pourtant les plus créateurs de valeur socio-économique ». « Alors que les déplacements se font à plus de 87 % par la route, celle-ci est le mode mal aimé depuis 10 ans : le développement de nouvelles autoroutes a été réduit de 2/3, le développement et la modernisation des routes existantes d’un tiers. Au total, les dotations pour les infrastructures routières ont été divisées par 2 ».

« Il faut réhabiliter la route et reconnaître son rôle essentiel tant pour améliorer la mobilité des Français que pour enrayer le sentiment d’abandon perçu par nombre de nos concitoyens ».

Selon BLM, le réseau ferré est surdimensionné : « les 3/4 du trafic ferroviaire se concentrent sur 1/3 des voies, et 1/3 du trafic en gare se concentre sur 1 % des gares. 13 500 km de lignes accueillent moins de 6 % du trafic. Les petites lignes représentent, et de loin, le plus grand réseau à faible trafic d’Europe ; 10 000 km de voies portent un trafic de moins de 10 trains par jour. On peut donc s’interroger sur la pertinence du maintien d’un trafic très faible sur un système conçu pour le transport de masse, alors que l’exploitation d’un car est bien moins coûteuse, voire plus écologique, que celle d’un train » (c’est la seule citation du mot écologie).

« L’Etat doit assumer une approche pragmatique en réhabilitant la route, financer des projets favorisant le quotidien des Français. Le « report modal » ne doit pas être un alibi à la poursuite de projets pharaoniques (mais il faut faire NDDL). Il faut donc réhabiliter la route, concentrer les choix ferroviaires sur les liaisons TGV de moins de 3h entre métropoles, adapter la taille du réseau ferré dont les coûts ne sont plus justifiés par le service rendu et les caractéristiques des territoires, et remplacer les dessertes actuelles par des autocars à haut niveau de service. Les petites lignes pourraient être transférées (sans contrepartie financière) aux Régions qui voudraient les maintenir en activité ».

« Une nouvelle politique réhabilitant la route permettra de « retrouver un esprit de conquête » et « à chaque Français de trouver sa place », et non de poursuivre des objectifs idéologiques déconnectés des réalités ».

BLM, « l’homme du renouveau », veut nous ramener au 18ème siècle…

Jean Sivardière

A propos de Jean Sivardière

Contributeur de Carfree France

11 commentaires sur “Tout pour la route !

  1. JN

    Y a pas à dire, la France est un pays de visionnaires…

     

    Tous ces jeunes coqs, les BLM et autres Macron en tête, qui veulent renverser la table alors que la seule nouveauté qu’ils portent est leur visage de jeune premier, ne font que ressasser des idées déjà vues. Quand les politiques passeront-ils un peu plus de temps à réfléchir, ou au moins à écouter ceux qui réfléchissent sérieusement, plutôt qu’à communiquer ?

  2. Pédibuspedibus

    De Bruno Le Maire : Une nouvelle politique réhabilitant la route permettra de « retrouver un esprit de conquête »…

    … manque juste le Général Bugeaud*, pour la reconquête coloniale…!

     

    Sinon bienvenue à Jean Sivardière comme contributeur sur ce site.

     

     

    *http://amicale14.fr/index.php?id=thomas-robert-bugeaud

  3. Vincent

    Ceci dit, rapporté au nombre de passagers effectivement transportés, a-t-il tort sur l’intérêt, pour les petites lignes, de remplacer le train par l’autocar, d’autant que sur ces lignes à faible trafic, les locos carburent typiquement au diesel?

    Evidemment, on sera mal une fois le pic de pétrole atteint, et que ces lignes auront été abandonnées depuis trop longtemps pour être facilement remises en service, et avec, en plus, moins de moyens qu’aujourd’hui pour le faire.

  4. just des rigolos

     

    « ….BLM, « l’homme du renouveau », veut nous ramener au 18ème siècle… »

     

    ce serait plutôt sympa compte tenu du nombre de wouatures à cette époque…

     

     

  5. Wandu

    La question mérite d’être posée.

    Évidemment, si on considère un train avec 7 ou 8 voitures Corail tracté par une grosse locomotive, pour transporter une poignée de voyageurs, le train n’est pas pertinent. En revanche, en utilisant des autorails légers (style X 73500), on a des consommations de carburant par place offerte qui sont proches (http://autercovec.over-blog.com/article-comparaison-autorail-autocar-64808127.html).

    De plus, on peut se poser la question concernant les petites routes de campagnes fréquentées par une poignée de voiture par jour (je n’ai pas de chiffre mais je pense que ça représente un kilométrage non négligeable). Est-il rentable de continuer de les goudronner ? C’est étrange mais concernant la route, la question n’a pas la même allure.Enfin, il faut prendre en compte la chute de fréquentation due au passage du train à l’autocar. Certains usagers du train préfèrent prendre leur voiture plutôt que le car (notamment des cyclistes qui ne peuvent pas y mettre leur vélo).

  6. Pédibuspedibus

    la question de la solidarité avec les plus démunis mérite également d’être posée :

    que les départements et les CCAS des grandes villes subventionnent un deux aller et retour par an dans les grandes régions, vers une destination touristique et/ ou gastronomique, et en fassent bénéficier les plus démunis des zones urbaines sensibles, avec un chèque vacances, là où part le moins changer d’air, et qu’on remplisse ainsi les TER et qu’on soutienne la petite hôtellerie locale:

    c’est tout bénéf pour plein de monde… et ça légitime grandement les TER et leur mise à niveau technique…

     

  7. L'intégriste ferroviaire

    Pourquoi il se gênerait, ce décervelé de BLM ? Partout on nous dit que les caisses sont vides, mais en fait il y a toujours plein d’argent pour les routes. Oh, le rythme se réduit sans doute, c’est pour ça qu’il pleurniche, ce zozo. Peut-être veut-il ne pas voir les sommes démentielles consacrées à la route. Et là encore, il montre que les politocards détestent le train (instrument trop collectif, sans doute, dans lequel on doit avoir des voisins, beurk).

    Il est amusant qu’en tant qu’ultra-libéral, il n’adopte même pas l’idée de privatisation totale des routes émise par  JM Jancovici : http://www.manicore.com/documentation/privat_route.html

    Une fois le pic de pétrole sensiblement dépassé, ce ne sera pas si dur de reconstruire les lignes ferroviaires abandonnées ou détruites : ce fut fait au XIXe s. dans une économie bien moins abondante, avec moulte main-d’œuvre (bien sûr avec une qualité technique moindre qu’aujourd’hui). Face à la nécessité, si ce grand sot est encore là, il retournera sa veste sans problème.

     

  8. LAFORET Gérard

    Ce monsieur n’a pas dû aller voir ce qui se fait chez les voisins de la France (allemagne, Italie, Suède autriche etc…) où l’on rouvre des petites lignes en les confiant à des opérateurs indépendants avec une véritable offre et du matériel adaptés aux besoins des habitants (pas 2 trains par jour à des horaires impossibles) et où le trafic s’est développé au point que certaines d’entre elles sont électrifiées!

    En France, au contraire,  on ne se pose pas la question de savoir pourquoi les clients désertent: matériel parfois vétuste, horaires inadaptés, correspondances impossibles ou beaucoup trop longues, retards fréquents, offre notoirement insuffisante et pas de cadencement, dégradation de l’infrastructure dûe au défaut d’entretien pendant des décennies d’où une baisse des vitesses et un allongement des temps de parcours, bref rien d’attractif.  Dans ces conditions pas étonnant que l’usager déserte;  alors on se borne à le constater et on applique la bonne vieille solution malthusienne consistant à réduire encore l’offre voire à fermer la ligne. Ainsi on supprime le problème au lieu d’analyser les causes et de rechercher les solutions comme le font nos voisins européens qui prouvent que cette approche est payante.

  9. L'intégriste ferroviaire

    Avec BLM, c’est le retour du rapport Guillaumat.

    En parallèle avec celui du projet de NDDL, on voit que les zombies reviennent !! Ahhhrg.

  10. Pédibuspedibus

    eh ben non…!

    pire que BLM c’est vroum vroum 24H du Mans qui semble en pôle position sur le chemin du trône…

     

    ça se présente décidemment bien pour Ste-Gnognole…

     

    pas glop…

Les commentaires sont clos.