Quand Ford, Hitler et Renault voulaient sauver le peuple de la ville

« Produire la voiture populaire et sauver le peuple de la ville. Les desseins du populisme automobile chez Ford, Hitler et Renault » est un article de 2009 de Pierre Lannoy, professeur assistant au département de Sciences sociales de l’Université Libre de Bruxelles (ULB).

Quelles sont les régularités qui régissent l’énonciation des différents projets de « voiture pour tous » ou de « voiture populaire » dans la première moitié du vingtième siècle? A partir des cas de Ford, Hitler et Renault, le populisme automobile est décrit comme une figure relativement cohérente s’articulant de manière caractéristique autour de trois axes: la caractérisation technique de la voiture populaire, les menaces urbaines pesant sur l’intégrité du peuple, et la territorialité idéale du peuple motorisé.

Ce régime discursif soutient l’idée que le rôle des « élites » est de fournir au « peuple » une éducation particulière ainsi qu’un équipement particulier, l’une et l’autre étant à la fois rendus nécessaires, précisément, par la particularité du peuple et, en même temps, se présentant comme conditions nécessaires de son intégrité et de sa vitalité. En filigrane, le dessein des promoteurs de la voiture populaire est de sauver le peuple des villes.

Consulter l’article intégral: https://journals.openedition.org/articulo/1062

Pierre Lannoy, « Produire la voiture populaire et sauver le peuple de la ville. Les desseins du populisme automobile chez Ford, Hitler et Renault », Articulo – Journal of Urban Research [Online], Special issue 1 | 2009, Online since 27 May 2009, connection on 01 July 2019. URL : http://journals.openedition.org/articulo/1062 ; DOI : 10.4000/articulo.1062

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2 commentaires sur “Quand Ford, Hitler et Renault voulaient sauver le peuple de la ville

  1. Pédibuspedibus

    sauver le peuple de la ville

     

    ne pas oublier non plus que soixante-dix ans plus tôt, autour de ce que fut le pueblo de Los Angeles, beaucoup d’entreprises du bâtiment et du transport, souvent combinant les deux activités, ont travaillé cette fibre idéologique de la ville dangereuse, en utilisant la technique publicitaire de l’époque pour vanter la « sécurité familiale » avec la « maison à la campagne »…

    ce qui n’était rien d’autre que des lotissements desservis par des lignes de streetcars (tram) ou de trains de banlieue, le tout appartenant d’abord à une myriade de compagnies, avant diverses concentrations capitalistiques…

    outre la pub par affichage c’est également la presse locale – intégrée dans le monopoly précédent… – et les acteurs politiques du coin qui ont largement contribué à exploiter et conforter cette idée, jusqu’au travail de sape, aux moments cruciaux, comme ces référendums locaux qui ont privé de moyens suffisants les réseaux de transport publics construits au fil du temps, pipés par la manipulation qu’il fallait de l’opinion publique… Au point qu’ils périclitèrent pas longtemps après, avec le coup de grâce de la montée en puissance du système automobile, système socio-technique de remplacement.

    Tout ça finalement pour aboutir à un type de ville réellement dangereux, tant pour les sociétés que l’environnement… Notons qu’avec Boston et la région parisienne c’est sans doute la seule occasion de parler d’étalement avec causalité directe d’offre nouvelle de transports en commun, ou plutôt d’amorce du phénomène, avec une extension en nappe de l’urbanisation. Et faut-il encore se limiter dans le temps, en parlant plutôt de parenthèse d’étalement urbain, à cheval sur les XIXe et XXe s. durant un demi-siècle…

    Toutefois il reste beaucoup à faire pour corriger cette « idée », en réussissant à convaincre que la ville n’est pas seulement la promiscuité, les nuisances, l’inconfort, la violence… :

    il ne faudra sans doute pas cracher trop fort – ou alors par derrière… – sur les pubards et autres manipulateurs de symboles – et leurs idolâtres, avec les cliques qu’ils animent – s’ils arrivent à quelques résultats probants rapides, avec les bons messages d’information, de séduction et de mise en garde au sujet d’une « ville possiblement salvatrice ».

    Bien sûr la communication ne fait rien en l’absence de politiques publiques transversales, tisserandes, bien ficelées, en traitant simultanément, en interaction, les questions d’urbanisme, du transport, du foncier, de l’environnement qui baigne les sociétés et leur typologie rétive d’individus de plus en plus « inclassables »…

  2. Letard

    Bonjour à tous,

    Pour moi, la généralisation de l’usage de l’automobile par Ford, Hitler ou Renault et d’autres n’a été qu’un moyen de s’enrichir, de maitriser, de dominer, de rendre esclave, d’étouffer et d’empoisonner le peuple tout en lui donnant une illusion de liberté.

    D’ailleurs, il suffit de reconnaître l’étouffement, l’empoisonnement des automobilistes à leur volant, de leurs proches d’éventuel(s) passager(s) ou passagère(s), des gens qui passent devant ou à côté de ces automobiles et obligés de respirer leur gaz d’échappement.

    Qu’en pensez-vous, s’il vous plaît? Merci.

    A votre service.

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