Paroles… Paroles…

Avec Jean Castex, le nouveau premier ministre, et Barbara Pompili, nouvelle ministre de l’environnement, on va voir ce qu’on va voir en matière de fret ferroviaire. Le fret ferroviaire est abandonné depuis des années et en particulier depuis Macron qui a même arrêté le train des primeurs Perpignan-Rungis? C’est fini tout ça, maintenant on va sauver le climat en développant massivement le fret ferroviaire à base de… promesses.

En ce moment, à défaut de milliards, il pleut en effet des promesses sur le fret ferroviaire: « on va créer de nouvelles autoroutes ferroviaires entre Sète et Calais ou Cherbourg et Bayonne, » « on va supprimer les péages ferroviaires, » « on va réouvrir le train des primeurs Perpignan-Rungis… »

Paroles… Paroles… n’est plus une chanson de Dalida et d’Alain Delon, mais de Barbara Pompili et Jean Castex!

Le problème, c’est que dans le domaine du fret ferroviaire, les promesses politiques s’accumulent depuis au moins le Grenelle de l’environnement de 2007 et que les trafics ferroviaires baissent aussi vite que les promesses augmentent. La casse du fret ferroviaire au profit du tout camion depuis les années 2000 est une donnée structurelle désormais bien connue et documentée.

Alors bien sûr, certains diront qu’il faut « laisser sa chance » au produit Jean Castex, mais un expert politique comme Jacques Chirac disait en son temps que les promesses n’engagent que ceux qui les croient… C’est d’autant plus vrai que dans cette frénésie de nouvelles promesses ferroviaires, le nouveau premier ministre parle même de voir prolongées les (futures!) lignes Bayonne-Cherbourg, Sète-Calais et Perpignan-Rungis… d’Anvers jusqu’à Barcelone! Et pourquoi pas une ligne de fret ferroviaire de Brest à Vladivostok?

Il est trop fort, non seulement il promet des choses qu’il aura peu de chances de tenir sur le territoire français, mais il va même commencer à faire la morale aux belges et aux espagnols…

Et on doit le croire sur parole car figurez-vous que Jean Castex a été particulièrement « meurtri par l’affaire du Perpignan-Rungis, le train des primeurs... » C’est bizarre, mais on ne se rappelle pas l’avoir entendu particulièrement à l’époque pour dénoncer ce choix politique macronien… tout comme Barbara Pompili, nouvelle ministre de l’environnement, qui n’a jamais rien eu à dire sur la suppression du train des primeurs Perpignan-Rungis.

Mais c’est promis, maintenant on va faire du fret ferroviaire comme jamais, sauf qu’on aura aucune information précise en matière de plan d’investissements ou de délais. C’est bizarre, quand il s’agit de donner des milliards, pas des promesses, à Renault ou Air France, on connaît les montants et les délais, et quand il s’agit de sauver le soldat ferroviaire, c’est tout de suite plus flou.

En favorisant délibérément le transport routier à coup de subventions au diesel, le pouvoir politique dans son ensemble a fait le choix historique du tout-routier. Tout Jean Castex qu’il est, le nouveau premier ministre est le comptable de la suppression récente du train des primeurs Perpignan-Rungis ou de l’abandon des trains de nuit.

Et n’oublions pas qu’il est le premier ministre d’un certain Macron qui a donné son nom, non pas à une ligne ferroviaire, mais à un système d’autocars particulièrement désastreux sur le plan social et environnemental…

Marcel Robert

A propos de Marcel Robert

Fondateur du site Carfree France et auteur des livres "Vélogistique", "Pour en finir avec la société de l’automobile" et "Îles sans voitures".

3 commentaires sur “Paroles… Paroles…

  1. Lydie

    En accord sur le transport par autocar qui est un désastre social et écologique.

    Ne serait-il pas temps aussi que la SNCF fasse son autocritique car franchement elle n’est pas très brillante aussi bien dans la régularité, ses sites d’information, le suivi des transports. La SNCF ce n’est pas les trains SUISSE ou ne serait-ce la DB. Les pleurnichards continueront à dire que c’est par manque de moyen. Seulement la vérité c’est que cette entreprise est noyautée avec des querelles internes savamment entretenues. L’utilisation fréquente des trains montrent à quel point certains sont positifs s’appliquent  à bien faire pendant que d’autre ne pensent qu’à conduire leur entreprise de sape. Tant que cette gangrène qui ronge le fruit du travail ne sera pas stoppée avec des politiques qui apprennent à gérer la SNCF comme une entreprise et non comme une administration; le fret et les transports ferroviaires des passagers se détérioreront. Dommage qu’un sursaut ne soit pas engagé en faisant appel à toutes les intelligences et bonnes volontés.

  2. Roselyne

    C’est justement la gestion de la sncf comme une entreprise qui a casse le service public qu’elle assurait.Parce qu’une entreprise,ca doit être rentable et il se trouve qu’il n’y a que le TGV qui soit rentable.Vous ne pouvez pas dans le même temps critiquer les « cars Macron »qui ont justement été mis en place pour « casser »les petites lignes pas rentables et regretter que la sncf ne soit pas gérée comme une entreprise.C’est justement parce qu’on exige sa rentabilité que des millions de français n’ont plus de train du tout.Pas des trains en retard….plus de train du tout.

    La sncf doit redevenir un service public et être cogérée par ses salariés,les syndicats,l’état et les usagers.

  3. Lydie

    En accord mais ne pas occulter que la SNCF est victime de gros blocage institutionnel que vous le vouliez ou pas. Le service public doit être conduit avec cohérence. Combien de fois impuissant en tant qu’usager devant des modifications d’horaire de quelque minutes vous devez abandonner le recours au train dans l’impossibilité d’attraper une correspondance. Comment se fait-il que les cheminots s’acharne à mettre des rames très lourdes sur certaines voies alors que des rames de type tram par exemple pourrait rendre un bien meilleur service. La SNCF accepte avec beaucoup de difficulté les cyclistes dans les TER sans compter le nombre de fois ou les usagers sont plus que mal considéré etc. La réalité est celle-ci. La SNCF doit mieux prendre en compte la mobilité et le service pour réussir.

    Le TGV n’est même plus rentable si une cohérence de réseau et des horaires ne sont pas rétablis dans les meilleurs délais

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