Qui veut la peau de la convention climat?

En juin dernier, la « convention citoyenne pour le climat » présentait 149 propositions concrètes pour que la France atteigne véritablement ses objectifs climatiques. Ce 10 février, le gouvernement présente en conseil des ministres un projet de loi censé donner effet à ces préconisations, mais qui est en réalité vidé de toute substance et de toute ambition.

Les propositions des « citoyens », avant même de pouvoir être examinées au Parlement, ont été l’objet d’une violente offensive de lobbying.

Les principaux secteurs industriels concernés – automobile, aérien, agrochimie, publicité – ont mobilisé tous les leviers d’influence à leur disposition, en public et dans l’ombre, soutenus par une large coalition de conservatismes et d’intérêts établis. La convention citoyenne avait été conçue pour ouvrir la discussion au-delà de l’entre-soi des industriels et de l’administration, afin de mener à de vrais changements. Le retour de bâton n’en a été que plus brutal.

Ce rapport expose comment les industriels ont réussi leur travail de sape. On y croise notamment les lobbyistes de Monsanto reconvertis en défenseurs de la liberté de prendre l’avion, de vénérables institutions étatiques mises au service des secteurs qu’elles sont censées réguler, des « experts » qui cachent leurs liens avec les industriels, des chroniqueurs conservateurs qui se répandent en invectives contre les « citoyens » dans des médias eux-mêmes directement affectés par leurs propositions, ou encore des réseaux libertariens venus des États-Unis qui interviennent dans le débat français pour défendre les droits des riches contre toute forme de régulation.

À travers cette opposition acharnée aux propositions des « citoyens », de puissants intérêts industriels et financiers refusent de faire leur juste part des efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Leur influence apparaît plus que jamais comme un obstacle à toute réelle action climatique.

Lobbys contre citoyens – Qui veut la peau de la convention climat ?
Télécharger le rapport au format pdf (1,61 Mo)

6 commentaires sur “Qui veut la peau de la convention climat?

  1. Bertrand

    Avec Macron et les 40 voleurs, bien au service de la finance, il était illusoire d’attendre autre chose.

  2. Lydie

    Tout est dit entre les lobby et un gouvernement au service d’une minorité agissante. Cette nomenklatura dispose de tous les pouvoirs de nuisance pour assurer leurs seuls privilèges et intérêts immédiats. Que proposer pour ne plus assister à cette mascarade de démocratie tant au niveau national que local? La république n’a pas apportée la liberté et le respect du bien commun que nous aurions pu attendre de citoyens élus. Le pouvoir a été capté par la finance et l’ostracisme des politiques. Par contre le blablas fonctionne bien avec des associations qui sont très souvent noyautées pour ne pas leur permettre d’agir.

     

  3. mat b

    C’est marrant ce titre d’article car il rappelle, bien sûr, le titre du film « qui veut la peau de Roger Rabit » dans lequel on peut entendre, dans la VF,  « par sainte bagnole et sainte carriole »

    Est ce un choix délibéré?

  4. mat b

    @mat b

    d’ailleurs un film résolument opposé à l’expansion de la bagnole

  5. Pédibuspedibus

    … oui Bertrand, quand on va sur la place phynancière londonienne pour provisionner sa campagne présidentielle on va pas ubuesquement faire celle des écolos et du bien commun :

    tous les espoirs sont désormais dans un renversement de la table électorale en 2022, où le vert dans le fruit de l’offre politique mettra au rencart la marinée et le kronkrounétisme, histoire de rejouer à une tout autre échelle ce qui s’est passé de façon imprévisible en juin dernier dans une poignée de grandes villes françaises…

    on nous a déjà bien entubé en 2008 avec la sarkozézette du Grenelle de l’environnement – qu’on songe par exemple à l’explosion depuis cette époque de la consommotion des pesticides chez les adorateurs de Ste-FNSEA… – :

    s’agissait alors de ne pas  jouer aux niais-naïfs avec cette convention, épiphénomène du conventionnel lobbying d’arrière-cour…

    s’ils ont des tripes que les membres de ce minable aréopage d’anonymes captif de la volonté du prince se fasse harakiri, en regimbant en masse : et voilà un ferment de plus pour faire advenir le printemps français de l’année prochaine… ! finie la galère du faire-valoir :

    que les matelots du Potemkine se mutinent, face à ce brouet indigeste de communication de fin de règne, pour contribuer à armer le navire amiral du véritable changement que laisse augurer désormais de façon évidente l’accumulation des évènements…

  6. jol25

    Quelqu’un croit encore que les tentatives politiques au niveau national ont une valeur ? Quelles que soient les marionnettes qui arrivent au pouvoir, je constate depuis des années qu’elles finissent pieds et poings liés avec zéro marge de manoeuvre: quel que soit leur bord initial, le cap ne change pas. Ceux qui ont le pouvoir et l’argent ne connaissent pas de frontières.

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