Idées d’actions

Vous voulez agir contre la culture automobile mais vous ne savez pas quoi faire? Vous trouverez ici tout ce que vous voulez faire ou que vous pensez être capable de faire. C’est ça, l’action directe. Les meilleures actions sont celles qui sont pleines de couleurs et de rires. Les gens réagissent mieux aux idées qui leur sont présentées de manière amusante.

Les actions les plus réussies entrent dans ces quatre « catégories » :

  • Les actions éducatives les plus amusantes et colorées qui révèlent tous les problèmes de la culture automobile – au-delà de l’argument de la pollution et de la destruction de l’habitat, de l’extraction des ressources et de la violation des droits de l’homme, de la perte d’espace communautaire dans nos villes, etc.
  • Les actions les plus radicales (et qui attirent donc l’attention) qui confrontent les hypocrisies du système ou les mensonges de la publicité et disent la vraie vérité.

  • Les actions locales – qui sont liées à un projet réel ou planifié dans votre ville ou votre région.

  • Les actions axées sur le long terme – où votre action n’est que la première étape d’un changement permanent. Par exemple, faire de votre ville une ville sans voitures ou lancer un programme de six mois conçu pour sevrer les conducteurs de leur voiture et changer progressivement leur mode de vie pour toujours.

Il n’y a cependant pas d’action parfaite. Tout ce que vous pouvez faire peut aider, et peut-être devriez-vous ignorer ces suggestions, développer vos propres idées et peut-être trouver la prochaine tactique la plus réussie pour le mouvement sans voiture!

Mais, si vous êtes vraiment à court d’idées, voici quelques suggestions.

Actions directes

Actions directes

Y a-t-il un projet de construction d’une route près de votre ville ou de votre village? Pourquoi ne pas installer un cadre géant le long de la route ou de l’autoroute, ressemblant à un panneau d’affichage routier. Mais, avec un centre creux, « encadrant » le paysage menacé. Et une citation – les militants allemands qui ont utilisé cette tactique ont cité Goethe: « Pourquoi errer plus loin? Vois, le bien est si proche! »

Construisez vous-mêmes des voitures en carton et peignez-les avec des slogans tels que « Je pollue, je rends mon conducteur agressif et je vous tuerai avant 50 ans!« . Puis, promenez-les pour animer vos manifestations, avant de leur cracher du feu dans un acte de théâtre de rue, et de les brûler dans un sacrifice rituel au dieu de l’espace public.

Des autoroutes ou des parkings souterrains sont-ils prévus dans votre ville? Alors suivez l’exemple de la Taupe Verte de Madrid. Lorsque le maire de Madrid a proposé un réseau de 140 kilomètres d’autoroutes souterraines, le groupe Ecologistas en Accion a présenté aux dirigeants de la ville une « créature génétiquement modifiée » grandeur nature, mi-humaine, mi-taupe, conçue pour survivre dans ce nouvel habitat urbain. L’Homo madritensis futuribilis est apparu fréquemment lors des inaugurations de tunnels et a émaillé la campagne de réélection du maire de manifestations de « gratitude » pour un tel enthousiasme pour l’excavation.

Peignez vos propres pistes cyclables – mettez en place les options de transport alternatives que vous souhaitez dans votre ville. Ensuite, exigez que votre ville construise plus de pistes cyclables, ou de telles actions se répéteront chaque mois.

Organisez une action de passage pour piétons pour contester le fait que les voitures ont toujours la priorité. Créez une bande zébrée mobile à apposer sur la chaussée afin d’organiser des traversées massives de piétons. Un costume d’agent de la circulation et un panneau d’arrêt emprunté à la mairie peuvent faire attendre docilement les voitures, tandis que vous distribuez des tracts et que les piétons peuvent miraculeusement traverser la route sans attendre un trafic interminable.

Si vous êtes vraiment nombreux, au moins une centaine de personnes, vous pouvez même bloquer complétement la circulation automobile de manière tout à fait légale en organisant un défilé continu de piétons sur un passage piéton qui empêchera les voitures de passer.

Ou alors organisez un embouteillage planifié comme celui de Bruxelles le 27 mai 2011. L’idée est d’inviter un maximum de gens à venir en automobile tous au même endroit au même moment afin de bloquer une rue, un quartier ou même la ville. La lenteur extrême de la circulation ouvre alors la rue à de nouveaux usages et échanges. Vous pouvez ainsi transformer un embouteillage monstre en une chance unique pour l’invention d’une nouvelle vie urbaine!

Réalisez un « Die-in » qui est un évènement symbolique (au même titre qu’un sit-in ou un bed-in), revendicateur et médiatisé à caractère théâtral. Le die-in demande à ses participants de mimer la mort à l’intersection de deux rues. Faux sang, bandages enduits de ketchup, masques à gaz ou autres éléments significatifs sont les bienvenus puis allongez-vous dans la rue comme des victimes d’accidents de la route ou de la pollution automobile.

L’enlèvement de voitures – Si vous êtes plusieurs et plutôt costauds, vous pouvez porter les voitures garées illégalement sur les passages piétons, pistes cyclables ou trottoirs pour les mettre sur la chaussée, et laissez un petit mot sous l’essuie-glace expliquant vos actions.

Si vous êtes nombreux, au moins quelques dizaines, vous pouvez hacker un grand salon international de l’automobile, par le biais d’actions théâtrales destinées à montrer l’inanité du système automobile ou son aspect mortifère. Des précurseurs avaient montré la voie dès 1978 au salon de l’automobile de Paris.

Procurez-vous une vieille voiture, garez-la dans le centre de la ville et invitez les gens à se défouler en tapant dessus et en la détruisant. En même temps, remplissez leurs oreilles de beaucoup d’informations sur le caractère destructeur de la voiture, bien sûr!

Organisez une fête de rue. Les fêtes de rue traditionnelles étaient autrefois monnaie courante dans les villes, jusqu’à ce que l’arrivée de l’automobile remplace l’espace public par l’espace privé de personnes enfermées dans des boîtes métalliques mobiles. Mais depuis 1995 à Londres, les fêtes de rue anti-voiture « Reclaim the Streets » sont revenues, montrant comment la vie peut être différente en l’absence de la voiture. La plus grande fête de 1996 a vu 8 000 personnes réclamer, redécorer et planter des arbres sur une autoroute de Londres.

Une variante de l’idée d’envahir et de bloquer un tronçon de rue avec des trépieds, par exemple, consiste à organiser une fête dans la partie de la rue sur laquelle vous avez un droit légal, à savoir le stationnement automobile. Par exemple, vous pourriez organiser une « fête du parcmètre » où vous payez le parcmètre pour votre heure de stationnement, mais où vous organisez plutôt une fête dans l’espace – si une rangée entière de parcmètres peut être revendiquée, vous pouvez organiser une énorme fête, et potentiellement dans les zones les plus fréquentées de la ville.

Cette idée a même été officialisée sous la forme de ce que l’on appelle désormais le « parking day, » le jour de l’année où tout le monde est invité à aller prendre possession des places de stationnement (en prenant un ticket à l’horodateur) pour faire tout autre chose que d’y garer des voitures… En général, l’opération se déroule à l’échelle mondiale aux alentours des 17 et 18 septembre.

Débétonnez la planète. Prenez un tronçon de rue, une place ou une aire de parking et récupérez cet espace pour en faire un usage plus positif et alternatif. Mettez en évidence le gaspillage d’espace et de ressources au profit de la voiture. A plusieurs, vous pouvez démanteler des surfaces bétonnées et en faire des espaces verts: à petite, moyenne ou même grande échelle.

Organisez une course de vitesse en ville pendant les heures de pointe afin d’identifier le mode de déplacement le plus rapide entre la voiture, le vélo ou les transports en commun. Une telle approche nécessite toutefois une organisation conséquente dans un cadre associatif.

Créez vos propres mesures de modération du trafic. Dans un cadre associatif, vous pouvez envisager de changer l’entrée d’une rue très large en une rue étroite avec des virages serrés qui obligeront les voitures à ralentir lorsqu’elles tourneront. Vous pourriez même ajouter vos propres dos d’âne ou des jardinières sur les côtés alternés de la route, devant lesquels les voitures doivent passer lentement. Vous pourriez y planter des fruits et des légumes que la communauté locale pourrait manger librement.

Organisez une vélorution ou une masse critique. Ajoutez de la couleur à l’événement et confrontez certaines des excuses que les gens donnent pour ne pas faire de vélo, ou les problèmes des cyclistes – roulez en sous-vêtements et portez des banderoles et des pancartes avec des slogans comme « il ne fait JAMAIS trop froid pour rouler » ou « les cyclistes se sentent en danger ».

Journée sans voiture

L’approche juridique

Travaillez avec votre municipalité pour créer une journée sans voiture à l’échelle de votre ville. Pour plus d’informations, lisez le petit guide pratique de l’organisation d’une journée sans voiture, document indispensable pour tous ceux qui voudraient se lancer dans l’organisation d’une journée de ce type dans leur ville.

Offrez un « service de conseil » gratuit en bord de route à tous les automobilistes dépendants, en leur donnant l’occasion d’entreprendre le programme en 10 points pour une vie sans voiture. Vous pourriez même donner aux accros de la voiture un « patch de pollution » gratuit à porter sur leur bras pendant qu’ils se sèvrent de leur dépendance au pétrole ou leur distribuer le guide de la marche à pied à destination des automobilistes!

Réalisez des cartes de temps de parcours à pied et/ou à vélo en ville afin de montrer à tous que la plupart des bâtiments officiels/monuments/sites intéressants sont accessibles aisément et rapidement à pied ou à vélo. Ces cartes peuvent éventuellement servir ensuite à mettre en place des panneaux dans la ville indiquant les distances en minutes pour rejoindre ces lieux à pied ou à vélo.

Faites équipe avec des artistes et des groupes artistiques locaux et créez des œuvres d’art en utilisant la voiture. Exposez-les ensuite dans la galerie publique de la rue. En France, un groupe a réussi le 28 mai 2000 à bloquer 7 kilomètres de rue avec des œuvres d’art et d’autres alternatives à la voiture – y compris un potager d’un jour! Jetez un coup d’œil à leur site web.

Pour mettre fin au stationnement anarchique des voitures sur sa commune, il est possible de se lancer dans une bataille juridique avec sa mairie si elle ne fait rien de concret pour lutter contre le stationnement des voitures sur trottoirs ou pistes cyclables. Avec de la patience et de la persévérance, on peut arriver à faire plier sa propre mairie pour la pousser à agir, comme dans l’exemple suivant.

Rue aux enfants

Actions familiales

Organisez une foire alternative sur le thème de l’absence de voitures – un bon divertissement familial avec des attractions foraines pour faire passer votre message, qu’il s’agisse de se déguiser en Indiens pour tirer des flèches sur les symboles des constructeurs de voitures et des compagnies pétrolières ou d’apprendre à faire du monocycle. Vous pouvez gonfler des ballons en utilisant les émissions de gaz d’une voiture – un ballon d’un mètre de diamètre sera rempli en une minute seulement par le moteur d’une voiture au ralenti.

Mettez en place une « rue aux enfants, » une rue fermée temporairement, certains jours et heures bien précis, à la circulation motorisée afin que les enfants d’un quartier puissent reprendre possession de cet espace confisqué par l’automobile.

Organisez des pièces de théâtre de rue avec un message sans voiture.

Organisez un dîner-partage résidentiel dans votre rue – peut-être dans le cadre d’une « fête des voisins » – invitez vos voisins à apporter un plat et à manger ensemble au milieu de la route. Avec des tables, de la nourriture, de la musique, du vin et des rires, vous ferez passer un message positif sur l’utilisation alternative de l’espace actuellement consacré à la voiture.

Actions individuelles

Actions pour les particuliers (ou les petits groupes)

Distribuez de faux tickets de stationnement. Ils doivent ressembler aux tickets de stationnement de votre ville, mais infligent une amende aux conducteurs qui accaparent l’espace public ou contribuent au changement climatique.

Subvertissez certains panneaux publicitaires pour y lire des messages anti-voitures, comme des avertissements sur le fait que l’automobile nuit gravement à la santé…

Posez de la bande adhésive sur les voitures qui dépassent les lignes de stationnement ou qui empiètent sur les trottoirs ou les bandes cyclables. En apposant de la bande adhésive réversible sur les voitures indélicates, vous leur rappelez visuellement qu’elles outrepassent leurs droits et empiètent sur un espace qui n’est pas le leur…

Suivez l’exemple de la Biotic Baking Brigade. Lancez une tarte au visage de votre PDG de compagnie automobile ou pétrolière préféré. Idéalement, la tarte devrait être faite maison et biologique/végétalienne et la fuite devrait se faire à vélo. La Biotic Baking Brigade et la Brigade de Patisserie Internationale ont connu de nombreux succès avec cette tactique. Attention tout de même, le lancement de tarte à la crème est une discipline qui ne s’improvise pas!

Sortez votre canapé dans la rue, asseyez-vous et lisez un livre. Récupérez une petite parcelle de l’espace accaparé par les voitures – et soyez prêt à répondre aux questions sur ce que vous faites et à inviter vos voisins à se joindre à vous.

Fabriquez un cadre de la taille d’une voiture, en bois ou en bambou, pour votre vélo et faites le tour de la ville avec. Une tactique efficace qui repose sur l’humour. Un vélo qui prend autant de place, c’est un peu ridicule. Et c’est justement le but: pourquoi prendre autant de place pour déplacer une personne? Quel gaspillage! Et vous pouvez pédaler à votre propre rythme, sans vous soucier des portières de voiture qui volent, de devoir rouler juste à côté du trottoir ou des voitures qui s’approchent de vous à toute vitesse (puisque les conducteurs ont peur d’abîmer leur peinture). Partout dans le monde, des activistes ont organisé des « Manifs Spatiales » dans cet esprit.

Modifiez les panneaux d’arrêt pour qu’ils indiquent « Stop Automobile » (il faut juste rajouter automobile en-dessous du Stop)

Placez-vous à un carrefour très fréquenté avec une pancarte disant « J’attends le bus depuis 10 ans. »

Marche sur voiture – montrez aux conducteurs stationnés illégalement que vous ne contournerez PAS leur véhicule, les trottoirs étant réservés aux piétons. Une variation sur le thème serait de ne pas marcher sur la voiture mais de l’autocoller avec des autocollants en forme d’empreinte de pied et de laisser une note disant que « le conducteur égoïste a été averti » – la prochaine fois qu’il se garera dans une zone piétonne, sa voiture sera piétinée.

Confronter les gens aux vrais dangers de la voiture – Créez un Monument aux morts. Organisez un service funéraire en bord de route pour commémorer la mort des piétons et des cyclistes tués par des automobilistes dans votre ville. Veuillez noter qu’il s’agit d’une action émotionnellement difficile, mais qui peut être très efficace. Nous vous recommandons vivement de contacter les familles des victimes avant votre action et de leur faire savoir qu’elle aura lieu. Certains groupes ont organisé des services commémoratifs et placé des fleurs ou des pierres tombales temporaires sur le bord de la route.

Une autre solution consiste à faire campagne et à collecter des fonds pour un mémorial officiel de la mort automobile. Sur le modèle du mémorial de la première guerre mondiale, il pourrait s’agir d’un mur sur lequel seraient inscrits les noms de toutes les personnes tuées par des voitures. A titre d’exemple, depuis 1948, plus de 680.000 personnes sont mortes sur les routes de France. C’est plus que le total des victimes (civiles et militaires) françaises durant la seconde guerre mondiale (567.600 morts).

Vous pouvez aussi confronter la publicité avec son image sexy de la voiture, de la vitesse, etc. à une exposition d’images alternatives. Prenez des photos d’accidents de voitures avec des carcasses d’automobiles complétement dévastées et comparez ces images avec les images bien léchées produites par la publicité automobile. Cela peut constituer un projet artistique ou pédagogique intéressant à afficher dans un parc ou sur les panneaux d’affichage de la ville.

Vous avez d’autres idées que vous pensez que nous devrions inclure ici? Vous pensez que ce que vous prévoyez est mieux que tout cela? Alors, faites-nous en part!

2 commentaires sur “Idées d’actions

  1. Pédibuspedibus

    « Idées d’actions »… sans réactions à ce jour, en dit long sur l’état de mobilisation de la petite troupe…

    phénomène indépendant de l’activisme Carfree il est vrai, qu’on retrouve par exemple chez  les décideurs qui déblatèrent sans agir, avec le bruit caractéristique bien décrit par Greta… :

    blablabla… :

    Énoncé ou suite d’énoncés verbeux, et parfois mensonger(s),destiné(s)à masquer le vide de la pensée, à éblouir quelqu’un, ou à endormir sa vigilance

    source : https://www.cnrtl.fr/definition/bla-bla

     

    quant aux « activistes » passifs des habitudes quotidiennes, redémarrage sur les chapeaux de roues de la pratique bagnolarde…

    caisse con va devenir… ?!?!

     

  2. zit

    Y’a le ralentissement immédiat en prenant toute la place dans la piste cyclable dès la détection d’un moteur à prouts dans les rétros, opération escargot tranquille, ils se lassent avant moi.

    Et si jamais ils insistent, je me met à hurler, demandant aux empoisonneurs de rester entre eux.

    Ce matin, j’en ai tancé vertement trois ou quatre, des gros 2/3 RMkipu qui m’ont doublé dans la descente de l’avenue des Gobelins, limitée à 30 km/h (comme toute la ville d’ailleurs), que je descendais sans un coup de pédale à environ 40, tranquille, c’est la ville (le vélo horizontal, en descente, ça file ;o), pask’ils avaient doublé vachement vite, mais je les ai retrouvés au feu en bas, j’ai eu tout mon temps pour leur demander si le 30 km c’était pour tout le monde ou s’il y avait des exceptions pour certaines personnes, que mois j’étais très léger, et que j’avais des capacités de freinage sans commune mesure avec leurs tas de ferrailles, et bin ils ne mouftaient pas, et ils ont redémarré sans faire rugir les fauves…

    Les mentalités évoluent à Paris, y’a des années, je me serais peut-être fait casser la gueule…

     

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