À quoi reconnaît-on un chef d’oeuvre ? (sur les gaz de schistes)

Mes aïeux, c’est triomphal ! Le texte que j’ai le vif plaisir de vous offrir ci-dessous a été écrit par une structure de lobbying appelée Amicale des Foreurs et des Métiers du pétrole. Je ne souhaite pas vous gâcher le plaisir de la découverte, mais dans le même temps, je vous invite à noter (au moins) deux points. Le premier, c’est que ces braves pious-pious  – la guerre de 14 est éternelle – ne savent pas quoi répondre à la société. Par exemple, sans seulement avancer une information, ils notent, espérant peut-être nous convaincre : « Les chiffres avancés parlant de millions de litres injectés sont fantaisistes ». Amis foreurs, vous êtes follement rassurants. Et le deuxième point, étrangement ressemblant, est qu’ils ne savent pas quoi répondre à la société. Nous savons que des centaines de produits chimiques différents, dont nombre sont cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques, perturbateurs endocriniens, sont utilisés. Lire la suite…

La bande des Quatre se fout des gaz de schistes

Allons-y gaiement. Au point où j’en suis avec les associations écologistes officiellement estampillées, je n’ai plus grand-chose à perdre. Ce que je vais écrire n’est pas un bonheur, mais une profonde tristesse. D’abord, et pour vous mettre dans l’ambiance, j’accuse publiquement le WWF, Greenpeace, La fondation Nicolas Hulot et France Nature Environnement (FNE) d’avoir permis le déferlement de l’industrie criminelle des biocarburants – de leur vrai nom nécrocarburants – en France. En 2007, j’ai publié un livre sur le sujet – la faim, la bagnole, le blé et nous (Fayard) – qui annonçait l’essentiel, y compris les famines qui ont éclaté au printemps 2008. Car évidemment, lorsque l’on détourne des millions de tonnes, des dizaines de millions de tonnes de plantes alimentaires pour faire rouler des bagnoles, dans un monde qui compte un milliard d’affamés, il y a des conséquences. Lire la suite…

Paris, l’Arabie Saoudite et le frère de Patrick Balkany

Faut suivre, parce que ça va très vite. Le Bassin Parisien, c’est l’Arabie Saoudite. Sérieux. Citons pour une fois Le Figaro (le 17/12/10) : « 60 à 100 milliards de barils de pétrole dorment sous le Bassin parisien. Soit l’équivalent de 70 à 120 années de production du Koweït ! Cette estimation réalisée par l’Institut français des pétroles (IFP) suscite la convoitise ». Un homme admirable est déjà sur le coup, auquel Charlie veut rendre hommage avant tout le monde. Dans la famille Balkany, pour une fois, on ne demandera pas le maire de Levallois, Patrick, le héros moral que Sarkozy entraîne dans ses déplacements africains. Mais le frère, le jeune demi-frère de 30 ans à peine, Julien. Ce champion des fonds spéculatifs est installé aux Etats-Unis, où il fait des merveilles. Où il dit qu’il fait des merveilles. Lire la suite…

Grandeur et décadence (sur Yann Arthus-Bertrand)

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Franchement. Franchement. Peut-être y aura-t-il un jour où les yeux verront ? Je n’en sais rien, je n’en sais plus rien, je ne parierais pas un sou sur la réponse. Peut-être. Il est évident à qui sait regarder en face que nous sommes plongés dans une époque de décadence confuse mais complète. La valeur des choses comme le mérite des personnes n’existent plus. Plutôt, on juge des deux en fonction des apparitions à la télé ou des occurrences sur Google. Il est sûr que cela aura une fin, mais quelle sera-t-elle, et quand ? Lire la suite…

Les gaz de schistes annoncent-ils une révolution?

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Je vous ai parlé il y a quelques semaines des gaz de schistes. Plutôt, j’ai reproduit un article que j’avais écrit pour Charlie-Hebdo (voir ici). Si j’ai mis un point d’interrogation au titre du papier d’aujourd’hui, c’est bien entendu par précaution. N’étant nullement devin, ni ne souhaitant faire semblant, je ne suis pas certain de ce que j’écris. Mais de très nombreux éléments convergent vers un constat : la découverte de gisements – réels ou potentiels – de gaz de schistes un peu partout paraît devoir changer la donne énergétique mondiale. Lire la suite…

Un bouchon de camions, jusqu’à la fin des temps (in)humains

Il y a les discours, les innombrables discoureurs. Je ne parle pas, exceptionnellement, des habituels salauds qui défendent ce monde et seront enterrés avec lui. Non. Je songe à tous ceux qui, de plus ou moins bonne foi, défendent le mythe du « développement durable ». C’est-à-dire, pour simplifier, tous ces Bisounours du funeste Grenelle de l’Environnement. Tous ceux qui prient pour que tout change, pourvu que rien ne bouge réellement. La nouvelle qui suit est dédiée aux naïfs, aux gogos, mais aussi aux duplices, aux Janus, à tous ceux qui entraînent des milliers d’autres dans l’ambivalence, et finalement l’impuissance. Lire la suite…

Brice Lalonde serviteur du faux (Rio 2012)

Brice Lalonde, Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo et Jean-Pierre Jouyet au Major Economies Meeting on Energy and Climate Change (MEM) de Paris le 18 avril 2008

Ce qui suit est une reprise d’un article publié mercredi passé dans Charlie-Hebdo. J’écris dans ce journal, oui. Entre autres. Et ce n’est pas de la pub, car cela dure depuis une année environ, et vous êtes assez grands pour savoir ce que vous voulez. Si je publie de nouveau ce texte, c’est qu’il annonce, je l’espère du moins, une mobilisation exceptionnelle contre le Sommet de la terre prévu en 2012 à Rio, vingt ans après celui de 1992. Ce qui se prépare, ce qui se jouera, c’est la parole publique légitime autour de la crise écologique. Il y a ceux comme Brice Lalonde, d’ores et déjà couchés devant le capitalisme vert, qui nous assure de nouveaux désastres. Et les autres, dont je suis. Puis-je vous demander de parler de tout cela autour de vous ? Je crois que se prépare un grand combat, une bagarre que nous ne pouvons pas perdre. Peut-on parler d’une priorité ? Il faut en faire LA priorité des prochains mois. Beaucoup ici se demandent quand et comment se lever ensemble. Voilà une occasion unique. Lire la suite…

Une si belle farce climatique

Je crois bien que je n’ai pas le goût de commenter. L’affaire est d’une telle clarté. D’une telle confondante clarté. L’entreprise de destruction du monde avance sur son erre, sans dévier d’un millimètre. Les grandes envolées sur le dérèglement climatique, les milliers de réunions, les millions de textes de toute nature ne servent qu’à masquer le fait brutal que rien ne change. Et rien ne changera sans mouvement des profondeurs de la société humaine. Nous en sommes loin ? Tragiquement loin, cela se voit comme le nez au milieu de la figure. Lire la suite…

Une bonne et une mauvaise (sur la bagnole)

Je ne vous demande pas si vous préférez la bonne nouvelle ou la mauvaise, car vous aurez les deux. Et comme je suis un vaurien, il apparaîtra vite que la bonne est finalement mauvaise. Quel métier ! Mais commençons par la bonne: les ventes de voitures neuves ont baissé de 9,3 % dans l’Union européenne en mai 2010. Dieu ! Tout cet acier, toute cette électronique, tous ces plastiques qui ne seront pas gâchés, quel bonheur pur ! Je crois utile de visualiser ces masses lourdes de matières premières qui ne seront pas arrachées à notre terre, et qui n’iront pas plus tard polluer les décharges à ciel ouvert de Manille, Accra ou Dacca. Je redoute d’être un jour accusé de menées antinationales, car je souhaite que toute l’industrie automobile s’effondre sur elle-même, et que plus jamais aucune bagnole de cette sorte ne soit construite de main d’homme. De main d’homme ! Y a-t-il plus beau qu’une main d’homme au travail ? Je renvoie pour confirmation à l’admirable travail du photographe Sebastião Salgado, La main de l’homme. Celle des cueilleuses de thé du Rwanda. Celle des mineurs de Serra Pelada. Celle des chaudronniers des chantiers navals de Gdansk. Lire la suite…

Prendre BP à la gorge (et serrer)

Baptiste est un adepte du boycott. Un adepte très convaincant, un adepte si convaincant qu’il m’a convaincu que cette forme d’action peut être une arme fatale, à condition de bien s’en servir. Mais qui veut s’en servir ? Je suis stupéfait, et le mot est encore faible, par notre total(e) inertie. BP, la transnationale BP a créé un site internet pour parler de la merde qu’elle a répandue sur le monde. Allez-y voir, il y a des pages en français (ici). Foutage de gueule garanti par le bénéfice net du second semestre 2009 de BP, soit 4,39 milliards de dollars. Dernier message, daté d’hier seulement : « Comment signaler un littoral pollué ? Veuillez contacter le numéro vert suivant (866) 448-5816 ». Lire la suite…

Je déteste la gauche

Ce texte a une (petite) histoire. A la création du journal « La Décroissance » en 2004, Fabrice Nicolino fait partie du comité de rédaction. Pour le deuxième numéro du journal (printemps 2004), il propose cet article intitulé « Je déteste la gauche », article refusé par la rédaction. Suite à ce refus, Fabrice Nicolino quitte le comité de rédaction du journal en signe de protestation, et ce texte ne paraît pas, jusqu’à aujourd’hui. Toutes les explications sont ici. Lire la suite…

L’éternel principe de la marée noire (éclaboussures pour tout le monde)

Vous n’avez pas besoin de moi pour savoir que le cadeau de BP au monde et à la Louisiane est la plus grande catastrophe écologique moderne de l’histoire des États-Unis. Je dis moderne, car à la vérité, la plus folle de toute reste l’arrivée des colons du Mayflower, en 1620, dans ce qui n’était pas encore le Massachusetts. Le reste suivrait, dont la destruction radicale de la Grande prairie, l’un des plus beaux joyaux de la longue histoire de la vie sur terre. Lire la suite…

Le presque rien et le n’importe quoi (sur la taxe carbone)

Hulot et Sarkozy

Non, cela ne se fait pas de rappeler que j’ai depuis le début, arguments à l’appui, écrit ici que le Grenelle de l’Environnement était une grossière manœuvre politicienne. L’opinion moyenne a horreur, fût-elle écologiste, de se voir rappeler à quel point elle s’est laissée enfumer. On ne félicite jamais celui qui a vu un peu plus clair, car cela remuerait trop de mauvais souvenirs. Il vaut donc mieux le tirer à vue, et comme je tiens à ma personne, j’arrête tout net. Lire la suite…