Localisation de l’habitat et pratiques de déplacements

De longue date, la FNAUT (Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports) dénonce l’étalement urbain diffus et plaide pour une relocalisation de l’habitat dans les zones urbaines denses. Une recherche récente, proposée par Jean-Marie Beauvais et la FNAUT, et financée par l’ADEME, a permis de comparer – toutes choses égales par ailleurs – les pratiques de déplacements de ménages ayant déménagé d’une zone périphérique vers la ville de Tours. Elle met en évidence une stabilité du nombre des déplacements et une forte baisse (de 9 km à 6 km) de la longueur moyenne des déplacements quotidiens (surtout pour les achats) et de l’usage de l’automobile (-38%), principalement au profit de la marche, donc des dépenses en carburant, de la consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre des ménages. Lire la suite…

Être attaché à sa voiture : une expérience sociologique

Il y a quelques temps de ça, j’ai publié une thèse de sociologie sur l’attachement à l’automobile. Le site de carfree fait partie des sources que j’ai consulté à de nombreuses reprises et il m’a parfois été d’un riche apport. N’étant jusqu’ici pas contributeur du site, je pense que la moindre des choses que je puisse faire est de vous signaler ma contribution au sujet. L’optique n’est pas militante, mais académique (c’est une thèse). Cela dit, pour une thèse, dont la neutralité scientifique constitue un pré-requis minimal, elle reflète néanmoins un engagement. Le premier chapitre débute d’ailleurs par un coming-out sincère dans lequel j’avoue mon hostilité de principe à l’automobile. Lire la suite…

La bagnole contre la ville

Un « urbanisme » pensé en fonction des bagnoles n’est qu’un agencement, des villes conçues en fonction du trafic automobile ne sont que des échangeurs autoroutiers. Nous en tenons, nous, pour la cité. D’avoir réduit l’urbanisme à une méthode d’agencement de dépôts et d’autoroutes, le capitalisme ne se porte certes pas plus mal, mais dans ces domaines comme dans tous les autres, se manifeste son irrépressible tendance à la dégradation et à la vulgarité. L’urbanisme capitaliste, dans sa version libérale ou dans son adaptation social-démocrate, est un urbanisme frappé d’entropie. Lire la suite…

Le temps, c’est de l’argent. Petite chronique de nos rapports différenciés à la mobilité

Il est des jours comme ça où un voyage en train peut vous emmener bien plus loin qu’attendu. En ce début du mois de juin, alors que je devais me rendre à Paris pour une conférence extra-professionnelle, j’eus en effet l’occasion d’expérimenter une mobilité à deux vitesses, soumise à des espaces-temps très différents. Lire la suite…

Auto-destruction du milieu urbain

Guy Debord (1931-1994) est un écrivain, essayiste, cinéaste et révolutionnaire français, qui a conceptualisé ce qu’il a appelé le « spectacle » dans son œuvre majeure La Société du spectacle (1967). Il a été l’un des fondateurs de l’Internationale lettriste (1952-1957) puis de l’Internationale situationniste (1957-1972), dont il a dirigé la revue française. Voici quelques extraits de La Société du spectacle concernant plus spécifiquement l’automobile et l’urbanisme. Lire la suite…

Nos collectivités face au réchauffement climatique

Depuis plus de dix ans, Vivre en Ville, association non gouvernementale du Québec, œuvre à l’amélioration de la qualité de l’environnement et des milieux de vie par la recherche d’un aménagement du territoire optimal. Grâce à de nombreux projets, outils de formation et programmes de sensibilisation, de plus en plus de spécialistes, élus ou professionnels peuvent faire progresser les pratiques en aménagement du territoire. Lire la suite…

L’étalement urbain trouve ses « climato-sceptiques »… à la Banque Mondiale

L’étalement urbain trouve ses « climato-sceptiques »… à la Banque Mondiale
Los Angeles, symbole de la ville étalée américaine : ici sans voiture point de salut pour naviguer dans une ville sans densité s’étendant sur plus de 200 km

On connaissait les climato-sceptiques, ces scientifiques qui n’hésitent pas, pour un juteux projet de recherche chez Shell, Total… ou pour un peu de visibilité médiatique, à contester l’origine anthropique du réchauffement climatique. On connaissait moins les scientifiques qui réfutent les ravages environnementaux de l’étalement urbain. Ça a un peu changé ces dernières semaines. La Banque Mondiale en a en effet offert fin janvier une tribune inespérée au Lincoln Institute of Land Policy pour qui visiblement l’avenir est aux suburbs de « quatre-façades » à perte de vue… Lire la suite…

Le juteux business des sociétés d’autoroutes

Malgré les promesses du Grenelle de l’environnement, près de 1.000 kilomètres d’autoroutes supplémentaires vont être construits. Et plus de 8 milliards d’euros investis par l’État pour ces futurs projets. Une bonne nouvelle pour les géants du BTP et sociétés d’autoroutes, qui cultivent secrets tarifaires et bénéfices juteux. Enquête sur un jackpot qui profite à quelques entreprises. Lire la suite…

20% du territoire belge est bâti. Stooop!

Le Cri

Il y a toujours plus de bâtiments sur le sol belge. Année après année, l’urbanisation continue de s’y développer. Nouvelles maisons, nouveaux bureaux, nouveaux shopping-centers, nouvelles usines sortent de terre. Aucune région du pays n’est épargnée. La tendance est générale. C’est le constat qui ressort clairement des statistiques publiés lundi 24 janvier sur les terrains bâtis en Belgique par le Service Public Fédéral Economie. Lire la suite…

La relocalisation heureuse

delocalisations_massives

Dans son livre posthume Ecologica (1), André Gorz écrivait que « la question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté ». Geneviève Azam, dans son livre publié récemment, « Le temps du monde fini »(2), (p 151-155) nous indique que « l’état d’urgence devient la règle » et que « l’idée de transition à mettre en œuvre dès aujourd’hui dessine une sortie possible du capitalisme de la catastrophe et ébauche les contours d’une bifurcation. » Cette transition passe par la relocalisation des activités à travers des choix démocratiques ; c’est la résistance à la globalisation et non la régulation ou la maîtrise de celle-ci.  Lire la suite…