Crime de lèse-automobile

« Peu à peu s’est établi dans la République un droit coutumier. Il est permis de parler librement de tout, de maudire la religion, le gouvernement ou le Parti communiste, et de proclamer la décadence des mœurs. Attaquer la pureté d’origine du Beaujolais, le système d’enseignement ou la nouvelle architecture, dénoncer la pauvreté du cinéma français ou étranger, la rapacité des banquiers ou la nonchalance des fonctionnaires, cela va. Chacun peut critiquer aussi la taxation des loyers ou leur liberté. Rien ne vous interdit de préférer San-Antonio à Pompidou […]. Vous pouvez exprimer votre admiration ou votre indignation à l’endroit de la Sécurité sociale, du jeune chanteur prodige, des nouvelles matières plastiques ou même d’Astérix. Vous pouvez tout cela et aussi donner votre franche façon de voir sur le Général, mais il n’est pas permis non seulement de formuler un avis non-conformiste sur l’automobile dans la cité, mais même de publier, à son sujet, des chiffres officiels ou patents, que les grands prêtres ont placés dans l’Enfer. Certes, jamais une telle censure n’a été officiellement proclamée ; vous la chercheriez en vain au Journal officiel ou dans le Code Dalloz ; mais elle est plus respectée que bien des lois. Enfreindre cette règle est un crime de lèse-majesté et Sa Majesté ne supporte pas l’opposition. »

Alfred Sauvy (1898-1990), économiste, démographe et sociologue français. Auteur des « Quatre Roues De La Fortune, Essai Sur L’automobile« .

L’accident automobile

L’accident automobile

par Marie-Chantal Jayet

Sans doute a-t-on pu observer, ces cinq dernières années en France, une réduction du nombre de morts sur la route. Pour autant, il reste à interroger la rationalité qui sous-tend la politique de sécurité routière. De fait, sa déconnexion d’avec le développement du transport automobile, comme l’individualisation du risque sur laquelle elle repose, apparaissent comme autant d’éléments qui relèvent d’une cohérence problématique. Et il se pourrait bien qu’en la matière, les alternatives soient à chercher dans d’autres pays européens. Décryptage. Lire la suite…

Comment en finir avec la civilisation de l’automobile?

Notre société affecte plus de 80% de l’espace public à la circulation automobile et au stationnement des voitures, c’est-à-dire à un mode de déplacement individuel dont le taux d’occupation moyen ne dépasse pas 1,2 personne par automobile en agglomération. Les piétons et les vélos se sentent comme des intrus sur un espace public dédié à la vitesse automobile, où les infractions sont la règle en toute impunité. Il faut arrêter d’aménager la chaussée en fonction de l’heure de pointe, ce qui se traduit par des voies de circulation automobile démesurées, congestionnées une heure ou deux par jour, et qui se transforment en véritables catalyseurs à vitesse le reste du temps. Or, il est désormais admis que toute augmentation de l’offre d’espace automobile se traduit pas une augmentation de la circulation automobile qui génère rapidement des congestions et nécessite donc de nouvelles voies de circulation pour les voitures. Lire la suite…

Le mythe des effets positifs de la vitesse en agglomération

L’accroissement des vitesses de transport en agglomération est généralement présenté par les économistes et bien d’autres spécialistes à leur suite comme un progrès considérable de multiples points de vue : gains de temps ou au moins accessibilité croissante, choix de destinations plus large source d’efficacité économique, desserrement urbain évitant la promiscuité, accès au foncier et aux biens de consommation à coût réduit en périphérie pour les ménages à revenus modestes… La liste des bienfaits de la vitesse est impressionnante et à côté ses nuisances semblent avoir bien peu de poids. Dans les années d’après-guerre, les villes européennes ont ainsi multiplié les plans de circulation, les voies rapides urbaines et les transports collectifs lourds, et plus récemment quelques unes ont même opté pour des péages urbains, l’objectif étant toujours de limiter la congestion et d’accroître la mobilité. Lire la suite…

Les biocarburants sont responsables de la crise alimentaire, selon la Banque Mondiale

Les biocarburants ont provoqué une hausse des prix du marché mondial de l’alimentation de 75% – bien plus élevée que ce qui était estimé jusqu’alors – selon un rapport confidentiel de la Banque Mondiale obtenu par le Guardian. Lire la suite…

Je suis l’automobile


Jean-Pierre ORFEUIL, Je suis l’automobile, Editions de l’Aube, 1994 (France)

« Je suis l’automobile, ce formidable outil sans lequel les villes, leur image et leur pollution, les vacances et la redécouverte de la nature, les rêves des petits garçons comme les symboles notabiliaires des directeurs de tout acabit ne seraient pas ce qu’ils sont. » En donnant la parole à un objet devenu si familier, Jean-Pierre Orfeuil nous oblige à nous poser la question qui constitue la clé de lecture de son livre : puisque la voiture est bien inanimée, qui donc lui donne ce pouvoir démesuré de transformer nos sociétés ? Lire la suite…

La ville insoutenable

Les trois sources du mythe de la ville-campagne

La relation millénaire entre ville et campagne, qui associait deux termes nettement distincts par leur forme autant que par leur fonction, a tendu à se défaire au XXe siècle, dans les pays riches, pour laisser place à un mixte de ces deux termes : la « ville-campagne ». Cet habitat d’un genre nouveau pose de nombreux problèmes, tant au plan social qu’à celui des paysages et de l’environnement. Ceux-ci culminent aujourd’hui en un paradoxe insoutenable : la quête de « nature » (dans les représentations) entraîne la destruction de la nature (en termes de biosphère). Lire la suite…

Dictionnaire en ligne de l’automobile

Dictionnaire en ligne de l’automobile
Petit glossaire de l’altermobilité

Le dictionnaire critique de l’automobile est désormais accessible en ligne. Il s’agit à l’origine d’un ouvrage édité numériquement par CarFree France, qui constitue une référence pour l’ensemble du mouvement CarFree (sans voiture) ainsi que pour l’ensemble des personnes intéressées par les alternatives à l’usage de l’automobile individuelle. Le Dictionnaire critique de l’automobile a été réalisé par Gilles Chomel et Marcel Robert. Lire la suite…

Propositions pour inciter les citoyens à se passer de leur voiture en ville

Propositions pour inciter les citoyens à se passer de leur voiture en ville

par Alexandre Trajan

L’écrasante suprématie de l’automobile

Les villes n’ont jamais été aussi belles qu’aujourd’hui. Strasbourg en particulier reste une perle des villes européennes. Son patrimoine est énorme et offert dans un écrin, ses offres culturelles riches et variées, ses commerces florissants tout comme son économie. Pourtant, en vivant la ville au quotidien, un sentiment d’oppression tend à gâcher ce tableau. Partout gisent et circulent des automobiles, et ce d’une façon très éloignée des plaquettes de présentations de projets urbains qui laissent espérer une cohabitation harmonieuse entre chacun et où l’automobile est étrangement absente (voir photo précédente). L’automobile est partout. 80% de l’espace public lui est consacré(2). 80% de notre espace dédié à la circulation et au stationnement de sphères privées bruyantes, polluantes et parfois meurtrières que sont les automobiles. Et cela ne suffit pas. Les 20% restants, que se partagent tant bien que mal piétons et cyclistes sont très régulièrement, pour ne pas dire constamment envahis eux aussi par les automobiles (3). Une grande majorité des citoyens s’offusquent de cette situation : « ce n’est pas normal, ‘ils’ pourraient laisser leur voiture chez eux, ‘les gens’ sont incroyablement feignants et égoïstes ! ». Lire la suite…

Comment la voiture pourrit le monde

Article paru dans Science et Vie Juniors n° 181 rédigé par Pierre Lefèvre
L’ensemble du dossier au format pdf

500 millions d’autos réchauffent la terre

Les mers montent, les glaciers fondent, le thermomètre grimpe. Bref, notre planète bleue encaisse un gros coup de chaud. En cause, les gaz à effet de serre, surtout l’ennemi public n° 1 : le dioxyde de carbone, CO2 de son petit nom. C’est lui le responsable des deux tiers de l’augmentation de température de la Terre constatée depuis le début du XX° siècle (1). D’où vient-il ? De la combustion du pétrole, du gaz et du charbon. Pas étonnant, dès lors, que la voiture, gourmande en pétrole, soit l’une des causes majeures du grand bouleversement climatique en cours. Lire la suite…