La tyrannie de l’économie pétrolière

Selon le classement des Nations unies, le Nigeria et l’Angola, les deux principaux producteurs africains de pétrole se trouvent actuellement au rang des nations les plus pauvres, plus précisément les plus appauvries par trois décennies d’exploitation pétrolière. Au Nigeria, le PNB/hab était de 1000 $, en 1970. Il n’était plus que de 320 $ en 1996. Lire la suite…

On achète plus de voitures qu’on fait de bébés

par Vincent Larouche

Alors que les tarifs du transport en commun ne cessent d’augmenter (une troisième hausse de tarifs en un an est annoncée à Montréal) et que les sociétés de transports appréhendent la catastrophe face à des manques à gagner de plusieurs millions de dollars, une recherche qui vient d’être publiée démontre pourtant que l’argent est là! Lire la suite…

La fin du pétrole : Le vrai défi du XXIe siècle

Le spectre de la pénurie du pétrole se fait de plus en plus pressant. Au train où nous le consommons, la moitié des réserves sera épuisée dans quelques années et, avant le terme de ce siècle, il se pourrait que notre civilisation industrielle ait à affronter un choc immense et pourtant prévisible : la fin du pétrole. Lire la suite…

Pic de Platine: la bagnole à hydrogène

Alors que l’industrie automobile investit des milliards de dollars dans le développement de véhicules à hydrogène soi-disant propres, le Financial Times rapporte que « le nouveau combustible conduit lui aussi à une crise de matière première. » Lire la suite…

Des réserves de pétrole en baisse

« Toute personne croyant qu’une croissance exponentielle peut durer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. »

Kenneth Boulding

Les tendances actuelles des découvertes de pétrole

Des estimations préliminaires, on peut conclure que les découvertes mondiales totales de pétrole en 2004 ont été d’environ 7 Gb, dont peut-être 2 Gb en eau profonde. Moins que la moitié a été trouvée dans des champs avec des réserves du 100 Mb ou plus. En outre, le coût d’exploration a dépassé la valeur nette des découvertes en termes absolus. Ceci est cependant trompeur parce que le régime d’impôts fournit une énorme subvention à l’industrie internationale en permettant de déduire les frais d’exploitation du revenu imposable, qui est élevé grâce au prix élevé du pétrole. Dans beaucoup de pays, les compagnies pétrolières dépensent effectivement les dollars. Si elles ne peuvent pas trouver plus à de telles conditions attrayantes, cela suggère plutôt qu’il n’y a rien à trouver.

La tendance décroissante des découvertes, en dépit des prix élevés et d’une demande croissante, remet en question l’évaluation actuelle de l’ASPO que 145 Gb attendent d’être découverts, ce qui pourrait s’avérer optimiste. Elle suppose 54 Gb à découvrir au Moyen-Orient et 33 Gb en Eurasie (principalement l’ancienne Union Soviétique), où se trouve le potentiel principal. Cela laissent environ 60 Gb à trouver ailleurs, à savoir une quantité équivalente à une autre Mer du Nord, la plus grande nouvelle région pétrolifère découverte depuis la deuxième guerre mondiale. Les estimations actuelles suggèrent qu’environ 20 Gb restent à découvrir en eau profonde, offrant une production maximale d’environ 7.5 Mb/j autour de 2015. (pour info, la comsommation mondiale de pétrole en 2003 est de 80 Mb/j).

Bien qu’il y ait abondance d’eaux profondes, seulement quelques secteurs, principalement dans les arrangements de plaques tectoniques divergentes, présentent la combinaison nécessaire de conditions géologiques.

ExxonMobil a confirmé de manière éloquente la gravité de la situation sur sa diapositive « Relever le Défi », prouvant que la production des champs existants diminue de 4-6% par année, ce qui donne un manque croissant à combler par de nouvelles découvertes si la demande prévue doit être satisfaite jusqu’en 2020. ExxonMobil titre correctement sa présentation « Relever les défis énergétiques mondiaux les plus difficiles », ce qui est peut-être une manière détournée de nous avertir que la demande croissante est peu susceptible d’être satisfaite même au cours des quinze années à venir, horizon de temps de la prévision. En l’absence d’un protocole international pour freiner la demande sur une base équitable et sensée, tel que devant être discuté lors de la réunion de l’ASPO à Lisbonne, le marché stoppera la demande par l’instrument brutal d’une récession mondiale si ce n’est d’une dépression. Les économistes de la terre plate seront les seuls à applaudir.

(Présentation Exxon fournie par Lou Powers)

Article extrait de la newsletter de février 2005 de l’ASPO (ASSOCIATION POUR L’ETUDE DU PIC DE PETROLE ET DE GAZ)
Traduit par www.oleocene.org

Pour en savoir plus sur le Peak Oil ou Pic de Hubbert:
http://www.oleocene.org/articles.php
http://wolf.readinglitho.co.uk/francais/

L’industrie de la circulation

L’industrie de la circulation

Extrait de l’ouvrage « Energie et équité », d’Ivan Illich (1973)

La circulation totale est le résultat de deux différents modes d’utilisation de l’énergie. En elle se combinent la mobilité personnelle ou transit autogène et le transport mécanique des gens. Par transit je désigne tout mode de locomotion qui se fonde sur énergie métabolique de l’homme, et par transport, toute forme de déplacement qui recourt à d’autres sources d’énergie. Désormais ces sources d’ énergie seront surtout des moteurs, puisque les animaux, dans un monde surpeuplé et dans la mesure où ils ne sont pas, tels l’âne et le chameau, des mangeurs de chardons, disputent à l’homme avec acharnement leur nourriture. Enfin je borne mon examen aux déplacements des personnes à l’extérieur de leurs habitations. Lire la suite…

Le gel de l’imagination

Le gel de l’imagination

Extrait de l’ouvrage « Energie et équité », d’Ivan Illich (1973)

Passé un certain seuil de consommation d’énergie, l’industrie du transport dicte la configuration de l’espace social. La chaussée s’élargit, elle s’enfonce comme un coin dans le cœur de la ville et sépare les anciens voisins. La route fait reculer les champs hors de portée du paysan mexicain qui voudrait s’y rendre à pied. Au Brésil, l’ambulance fait reculer le cabinet du médecin au-delà de la courte distance sur laquelle on peut porter un enfant malade. A New York, le médecin ne fait plus de visite à domicile, car la voiture a fait de l’hôpital le seul lieu où il convienne d’être malade. Dès que les poids lourds atteignent un village élevé des Andes, une partie du marché local disparaît. Puis, lorsque l’école secondaire s’installe sur la place, en même temps que s’ouvre la route goudronnée, de plus en plus de jeunes gens partent à la ville, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une seule famille qui n’espère rejoindre l’un des siens, établi là-bas, sur la côte, à des centaines de kilomètres. Lire la suite…