{"id":11869,"date":"2011-01-28T17:56:02","date_gmt":"2011-01-28T16:56:02","guid":{"rendered":"http:\/\/carfree.fr\/?p=11869"},"modified":"2025-01-16T10:47:41","modified_gmt":"2025-01-16T09:47:41","slug":"20-du-territoire-belge-est-bati-stooop","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2011\/01\/28\/20-du-territoire-belge-est-bati-stooop\/","title":{"rendered":"20% du territoire belge est b\u00e2ti. Stooop!"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/carfree.fr\/images\/ville_panique-44db4.jpg\" alt=\"Le Cri\" width=\"420\" height=\"200\" \/><\/p>\n<p>Il y a toujours plus de b\u00e2timents sur le sol belge. Ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, l\u2019urbanisation continue de s\u2019y d\u00e9velopper. Nouvelles maisons, nouveaux bureaux, nouveaux shopping-centers, nouvelles usines sortent de terre. Aucune r\u00e9gion du pays n\u2019est \u00e9pargn\u00e9e. La tendance est g\u00e9n\u00e9rale. C\u2019est le constat qui ressort clairement des statistiques publi\u00e9s lundi 24 janvier sur les terrains b\u00e2tis en Belgique par le Service Public F\u00e9d\u00e9ral Economie. <!--more--><\/p>\n<p>Si la chose peut para\u00eetre banale pour l\u2019observateur attentif de l\u2019am\u00e9nagement du territoire belge, le constat vient n\u00e9anmoins une fois de plus rappeler l\u2019urgence d\u2019agir. Et cette fois, ce ne sont pas quelques environnementalistes z\u00e9l\u00e9s qui tirent la sonnette d\u2019alarme, mais bien l\u2019administration f\u00e9d\u00e9rale. Nos terres agricoles, nos espaces sauvages, nos paysages naturels sont en train de dispara\u00eetre. Au 1er janvier 2010, 20% du territoire \u00e9tait b\u00e2ti, contre 18,6% en 2000, 16,3% en 1990, et 14,2% en 1980. La Belgique continue donc \u00e0 se construire \u00e0 un rythme important \u2013 plus de 40 km\u00b2 de terres non-b\u00e2ties y passent chaque ann\u00e9e \u2013, pour totaliser aujourd\u2019hui plus de 6.000 km\u00b2 de terres b\u00e2ties. Au niveau r\u00e9gional, si la Flandre, avec 26,4% de son territoire b\u00e2ti, demeure davantage urbanis\u00e9e que la Wallonie, l\u2019\u00e9cart se r\u00e9duit. Avec ses 14,2% de territoire b\u00e2ti, la Wallonie commence \u00e0 n\u2019avoir plus rien de la r\u00e9gion verte, qu\u2019on se repr\u00e9sente souvent.<\/p>\n<p>Les zones b\u00e2ties dans les pays europ\u00e9ens en 2000 : la Belgique avec 18,6% devance les Pays-Bas, l\u2019Allemagne, et le Luxembourg (source : Agence europ\u00e9enne pour l\u2019environnement, 2000)<\/p>\n<p>L\u2019urbanisation de la Belgique ne date certes pas d\u2019hier, mais que la tendance ne baisse pas commence \u00e0 inqui\u00e9ter. Une telle poursuite n\u2019est pas durable. La tendance doit \u00eatre invers\u00e9e : pas uniquement pour la sant\u00e9 du \u00ab crapaud calamite \u00bb, mais bien pour notre avenir \u00e0 tous. Car c\u2019est bien de cela qu\u2019il est question. Diminuer la surface agricole, c\u2019est attenter \u00e0 terme \u00e0 notre souverainet\u00e9 alimentaire. Grignoter nos espaces sauvages, c\u2019est mettre la biodiversit\u00e9, dont notamment la recherche m\u00e9dicale a besoin, en danger. Urbaniser nos paysages naturels, c\u2019est limiter encore davantage la n\u00e9cessaire place de la nature dans notre vie. Ceci sans m\u00eame parler de l\u2019\u00e9nergie n\u00e9cessaire au chauffage et \u00e0 l\u2019accessibilit\u00e9 des nouveaux b\u00e2timents. Car dans le contexte de la rar\u00e9faction de l\u2019\u00e9nergie et de la limitation des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre, les incidences de cette urbanisation galopante apparaissent en effet d\u2019autant plus s\u00e9rieuses.<\/p>\n<p>Si le constat est grave, et que les risques qu\u2019il nous fait porter encore davantage, on peut s\u2019interroger sur les raisons qui ont conduit au maintien de pareille situation. Depuis les ann\u00e9es 1950, les villes n\u2019ont eu de cesse de se vider de leurs habitants et de leurs activit\u00e9s, et les p\u00e9riph\u00e9ries de ville puis les campagnes belges de se couvrir des d\u00e9veloppements urbanistiques les plus invraisemblables.<\/p>\n<p>Caricaturant \u00e0 l\u2019extr\u00eame le pittoresque rural, les lotissements de maisons \u00ab quatre-fa\u00e7ades \u00bb ont d\u00e9cupl\u00e9 la taille d\u2019anciens villages. Concurren\u00e7ant des localisations urbaines plus co\u00fbteuses, des parcs d\u2019activit\u00e9s \u00e9conomiques ont fleuri au milieu de nulle part. Mettant \u00e0 mal les rues commer\u00e7antes des centres-villes, d\u2019imposants shopping-centers bien situ\u00e9 par rapport aux transports routiers ont commenc\u00e9 \u00e0 animer des aires de chalandises toujours plus \u00e9tendues.<\/p>\n<p>En amont et en aval, le r\u00e9seau routier belge a vu sa densit\u00e9 cro\u00eetre de mani\u00e8re exponentielle. Sans cela, l\u2019h\u00e9morragie des villes n\u2019aurait pas pu se produire. Les d\u00e9cisions politiques concernant les infrastructures routi\u00e8res ont donc clairement contribu\u00e9 \u00e0 rendre possible cet \u00e9parpillement des activit\u00e9s sur l\u2019ensemble du territoire.<\/p>\n<p>Si le r\u00e9seau routier est clairement \u00e0 montrer du doigt, les conditions r\u00e9unies pendant plus de 50 ans qui ont contribu\u00e9 \u00e0 cette situation sont plus complexes : d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 de vie des centres-villes par le d\u00e9veloppement de p\u00e9n\u00e9trantes routi\u00e8res et la construction d\u2019immeubles de bureaux \u00e9lev\u00e9s ; \u00e9volution progressive vers une pr\u00e9f\u00e9rence soci\u00e9tale pour l\u2019habitat en maison avec jardin plut\u00f4t qu\u2019en appartement ; \u00e9l\u00e9vation g\u00e9n\u00e9rale du niveau de vie ; d\u00e9mocratisation de la voiture individuelle ; concurrence entre communes pour attirer de nouveaux habitants ; d\u00e9veloppement de la promotion immobili\u00e8re ; faiblesse du prix du terrain en milieu rural par rapport \u00e0 la ville ; soutien public \u00e0 l\u2019acquisition d\u2019un logement priv\u00e9 ; r\u00e9glementation urbanistique peu contraignante ; co\u00fbt peu \u00e9lev\u00e9 du carburant.<\/p>\n<p>Ce qui est interpelant, c\u2019est qu\u2019\u00e0 conditions relativement proches, la situation peut \u00eatre tr\u00e8s diff\u00e9rente. On peut observer ainsi de tr\u00e8s sensibles nuances dans l\u2019urbanisation entre la Belgique et ses voisins europ\u00e9ens. Aux Pays-Bas par exemple, l\u2019\u00e9parpillement des activit\u00e9s sur le territoire y est tout relatif au regard de la Belgique. L\u2019urbanisation y est compacte, et la distinction entre ville et campagne marqu\u00e9e. L\u00e0-bas, point d\u2019entr\u00e9es de ville vraiment chaotiques, alternant boites \u00e0 chaussure commerciales, lotissements de maisons \u00ab quatre-fa\u00e7ades \u00bb, usines, et panneaux publicitaires.<\/p>\n<p>Pays-Bas et Belgique, deux formes tr\u00e8s distinctes d\u2019urbanisation : pour les Pays-Bas une urbanisation tr\u00e8s compacte ; pour la Belgique une urbanisation tr\u00e8s \u00e9parpill\u00e9e (source : Agence europ\u00e9enne pour l\u2019environnement, 2010)<\/p>\n<p>Si en Belgique 20% du territoire est urbanis\u00e9, ce n\u2019est donc pas tant parce que la densit\u00e9 de population y est forte, c\u2019est surtout parce que des choix politiques permettant cette dilution des fonctions urbaines, dont l\u2019habitat, ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s : les plans de secteur. Aux Pays-Bas o\u00f9 la densit\u00e9 de population atteint pourtant 465 habitants\/km\u00b2 (contre 334 habitants\/km\u00b2 en Belgique), le territoire demeure nettement moins urbanis\u00e9 : autour de 18% du territoire y est b\u00e2ti. Mais la diff\u00e9rence la plus spectaculaire entre les deux situations urbanistiques, c\u2019est la forme physique que prend cette urbanisation. Si aux Pays-Bas, l\u2019urbanisation s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e essentiellement autour des villes et villages existants sous forme d\u2019anneaux concentriques, l\u2019urbanisation s\u2019est plut\u00f4t d\u00e9velopp\u00e9e en Belgique sous forme de longs rubans le long des voiries rayonnant depuis les centralit\u00e9s. Les cons\u00e9quences spatiales de l\u2019un ou l\u2019autre sch\u00e9ma sont tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Alors que le sch\u00e9ma hollandais a clairement pr\u00e9serv\u00e9 le territoire en limitant un maximum les effets barri\u00e8res de l\u2019urbanisation, le sch\u00e9ma belge a lui consid\u00e9rablement mit\u00e9 le territoire : terres agricoles, espaces naturels, et autres corridors \u00e9cologiques en ont \u00e9t\u00e9 copieusement fragment\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette forme prise par l\u2019urbanisation hollandaise n\u2019est pas le fruit du hasard ; elle est le produit clair d\u2019une r\u00e9gulation urbanistique forte et contraignante, une voie qui n\u2019a plus ces derni\u00e8res d\u00e9cennies r\u00e9ellement \u00e9t\u00e9 emprunt\u00e9e en Belgique. Puisse le terrible constat des 20% du territoire belge b\u00e2ti faire \u00e9voluer aujourd\u2019hui rapidement la situation.<\/p>\n<p>Article de Benjamin Assouad adapt\u00e9 pour Carfree France<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a toujours plus de b\u00e2timents sur le sol belge. 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