{"id":13005,"date":"2011-04-09T13:21:06","date_gmt":"2011-04-09T12:21:06","guid":{"rendered":"http:\/\/carfree.fr\/?p=13005"},"modified":"2020-12-01T08:16:38","modified_gmt":"2020-12-01T07:16:38","slug":"la-medina-ville-du-futur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2011\/04\/09\/la-medina-ville-du-futur\/","title":{"rendered":"La M\u00e9dina, ville du futur ?"},"content":{"rendered":"<p>Une m\u00e9dina d\u00e9signe la partie ancienne des villes arabo-musulmanes par opposition aux quartiers modernes de type europ\u00e9en. Ce terme est surtout employ\u00e9 dans les pays du Maghreb, en Afrique de l&rsquo;Ouest et en Afrique de l&rsquo;Est. La m\u00e9dina de F\u00e8s au Maroc, la plus grande du monde, a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e au IXe si\u00e8cle et abrite la plus vieille universit\u00e9 du monde. Elle est rest\u00e9e quasi inchang\u00e9e depuis le XIIe si\u00e8cle. Elle propose un mod\u00e8le urbain qui pourrait bien constituer le prototype avanc\u00e9 de la ville du futur. <!--more--><\/p>\n<p>J&rsquo;ai eu la chance en 2004 de r\u00e9aliser un p\u00e9riple de 3 semaines au Maroc, en partant de S\u00e8te en bateau pour arriver \u00e0 Tanger, puis en traversant le Maroc du nord au sud et vice-versa en utilisant la quasi-totalit\u00e9 des modes de d\u00e9placement \u00e0 disposition sur place: le train de Tanger \u00e0 Mekn\u00e8s, puis jusqu&rsquo;\u00e0 F\u00e8s et Casablanca, puis les autobus interurbains jusqu&rsquo;\u00e0 Marrakech, Ouarzazate, Agadir et Essaouira. Dans le sud, pour aller \u00e0 Zagora aux portes du d\u00e9sert, on prenait le taxi collectif o\u00f9 on se tassait \u00e0 6 ou 7 personnes.<\/p>\n<p>Pendant ce voyage, il m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 possible de visiter plusieurs m\u00e9dinas, dont celles de Marrakech, d&rsquo;Essaouira ou de F\u00e8s. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 alors frapp\u00e9 par une certaine forme de perfection de l&rsquo;organisation urbaine m\u00e9dinale. En bref, je trouvais que cela \u00ab\u00a0fonctionnait bien\u00a0\u00bb. Quelques ann\u00e9es plus tard, mon regard sur la m\u00e9dina a chang\u00e9. Je ne pense plus seulement que la m\u00e9dina est un organisme urbain qui fonctionne bien, j&rsquo;en arrive d\u00e9sormais \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que la m\u00e9dina pourrait bien constituer l&rsquo;urbanisme du futur, un nouveau mod\u00e8le urbain pour le XXIe si\u00e8cle (1) pour paraphraser l&rsquo;architecte et urbaniste Marc Goss\u00e9, professeur \u00e0 l&rsquo;institut sup\u00e9rieur d&rsquo;architecture la Cambre en Belgique.<\/p>\n<p>Selon lui, \u00ab\u00a0<em>la m\u00e9dina telle qu&rsquo;\u00e9labor\u00e9e par la tradition arabo-musulmane peut en effet constituer un mod\u00e8le d&rsquo;urbanisation contemporain, \u00e0 condition toutefois de la r\u00e9interpr\u00e9ter et de l&rsquo;actualiser par rapport aux conditions socio-culturelles de notre temps<\/em>\u00a0\u00bb (2).<\/p>\n<p>Au d\u00e9part, la m\u00e9dina n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que le mot arabe pour dire \u00ab\u00a0la ville\u00a0\u00bb. Puis la colonisation en a pervertit le sens en restreignant sa signification \u00e0 la notion de \u00ab\u00a0ville historique\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0ville traditionnelle\u00a0\u00bb ou m\u00eame \u00ab\u00a0ville indig\u00e8ne\u00a0\u00bb. Au Maroc, la colonisation fran\u00e7aise s&rsquo;est traduite par la cr\u00e9ation de \u00ab\u00a0villes nouvelles\u00a0\u00bb qui sont venues se juxtaposer aux anciennes m\u00e9dinas. Ces \u00ab\u00a0villes nouvelles\u00a0\u00bb, toujours en vigueur aujourd&rsquo;hui, concentrent les m\u00eames maux que les villes europ\u00e9ennes (congestion automobile, bruit, accidents, pollution, coupures, d\u00e9tours importants pour les pi\u00e9tons, etc.)<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/carfree.fr\/images\/fes.jpg\" alt=\"\" width=\"420\" height=\"277\" \/><br \/>\n<em>La m\u00e9dina de F\u00e8s-al-Bali dans Google Maps<\/em><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/carfree.fr\/images\/los-angeles.jpg\" alt=\"\" width=\"420\" height=\"277\" \/><br \/>\n<em>Un lotissement p\u00e9riurbain de Los Angeles \u00e0 la m\u00eame \u00e9chelle<\/em><\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, les m\u00e9dinas ont \u00e9t\u00e9 maintenues et font m\u00eame l&rsquo;objet aujourd&rsquo;hui de mesures de protection par des organismes internationaux comme l&rsquo;Unesco par exemple. La m\u00e9dina de F\u00e8s fait ainsi partie du patrimoine mondial de l&rsquo;humanit\u00e9 depuis 1981. Il ne s&rsquo;agit cependant pas ici de faire l&rsquo;apologie na\u00efve des m\u00e9dinas qui connaissent de graves probl\u00e8mes urbains (d\u00e9t\u00e9rioration du b\u00e2ti, pauvret\u00e9 end\u00e9mique, surpopulation, etc.), mais de tenter de relever ce que les m\u00e9dinas peuvent nous apprendre en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement urbain dans la perspective des crises \u00e9nerg\u00e9tiques, climatiques et environnementales qui ne manqueront pas d&rsquo;affecter le fait urbain.<\/p>\n<p>Mon propos n&rsquo;est cependant pas de traiter de l&rsquo;ensemble des m\u00e9dinas du monde arabo-musulman, mais de parler d&rsquo;une m\u00e9dina que j&rsquo;ai pu parcourir moi-m\u00eame et qui constitue en outre la plus grande m\u00e9dina du Maroc et peut-\u00eatre m\u00eame du monde. Il s&rsquo;agit de la m\u00e9dina de F\u00e8s-al-Bali.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/carfree.fr\/images\/entree-medina.jpg\" alt=\"\" width=\"420\" height=\"281\" \/><br \/>\n<em>Une des portes d&rsquo;entr\u00e9e \u00e0 la m\u00e9dina de F\u00e8s-al-Bali.<\/em><\/p>\n<p>F\u00e8s-al-Bali, la plus grande des deux m\u00e9dinas de F\u00e8s, est une ville m\u00e9di\u00e9vale presque intacte. Avec une population en 2002 de 156.000 habitants, il s&rsquo;agit sans doute de la plus grande zone contigu\u00eb sans voitures dans le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. En comparaison, m\u00eame Venise n&rsquo;abrite que 70.000 habitants.<\/p>\n<p>Dans la m\u00e9dina de F\u00e8s, on compte environ 10.000 rues, en g\u00e9n\u00e9ral tr\u00e8s \u00e9troites (de 1 m\u00e8tre de large, voire m\u00eame moins, \u00e0 quelques m\u00e8tres tout au plus), et elles sont, pour des raisons pratiques, en g\u00e9n\u00e9ral sans voitures et parfois m\u00eame sans motos du fait des escaliers assez fr\u00e9quents. La pratique du v\u00e9lo y est peu ais\u00e9e pour les m\u00eames raisons. Pour \u00eatre exhaustif, il faut ajouter un bon millier d&rsquo;impasses qui donnent acc\u00e8s au c\u0153ur des \u00eelots.<\/p>\n<p>La surface de la m\u00e9dina est assez concentr\u00e9e bien qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9tende tout de m\u00eame sur 300 hectares. (Environ 2400 m\u00e8tres Est-Ouest et 1600 m\u00e8tres Nord-Sud). Ces distances raisonnables font qu&rsquo;il est possible de traverser la m\u00e9dina de part en part en moins de 40 minutes \u00e0 pied.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/carfree.fr\/images\/fes-densite.jpg\" alt=\"\" width=\"420\" height=\"266\" \/><br \/>\n<em><strong>Densit\u00e9 de population dans les diff\u00e9rents quartiers de la m\u00e9dina de F\u00e8s-al-Bali.<\/strong>(source: Joel Crawford)<br \/>\nEn vert: les quartiers avec une densit\u00e9 inf\u00e9rieure \u00e0 750 habitants\/hectare<br \/>\nEn jaune-orange: les quartiers avec une densit\u00e9 comprise entre 750 et 2.000 habitants\/hectare<br \/>\nEn rouge: les quartiers avec une densit\u00e9 comprise entre 2.000 et 3.000 habitants\/hectare<br \/>\nEn violet: les quartiers avec une densit\u00e9 sup\u00e9rieure \u00e0 3.000 habitants\/hectare<\/em><\/p>\n<p>Avec 156.000 habitants sur une surface de 300 hectares, la m\u00e9dina de F\u00e8s-al-Bali atteint une densit\u00e9 tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e d&rsquo;environ 520 habitants \u00e0 l&rsquo;hectare, et certains secteurs de la m\u00e9dina poss\u00e8dent m\u00eame une densit\u00e9 sup\u00e9rieure \u00e0 3.000 habitants par hectare! A titre de comparaison, la densit\u00e9 de Paris intra-muros ne d\u00e9passe pas 250 habitants par hectare.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/carfree.fr\/images\/medina-marrakech.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"289\" \/><\/p>\n<p>Et pourtant, point de tours, barres ou buildings dans la m\u00e9dina, seulement des maisons d&rsquo;au maximum 2 ou 3 \u00e9tages qu&rsquo;on appelle riads. Beaucoup de b\u00e2timents sont m\u00eame de plein pied. La plupart des maisons poss\u00e8dent des cours int\u00e9rieures (patios) carrel\u00e9es et occup\u00e9es par des plantes, qui permettent les \u00e9changes familiaux et amicaux \u00e0 l&rsquo;ombre et au calme. Les toits des maisons et des immeubles sont plats et sont toujours occup\u00e9s car on ne perd aucun espace dans la m\u00e9dina. Ces toits servent pour s\u00e9cher le linge, cultiver des plantes ornementales, \u00e9lever des poules ou discuter entre amis dans la fra\u00eecheur du soir.<\/p>\n<p>Sur le plan commercial, la m\u00e9dina de F\u00e8s-al-Bali contient plus de 10.000 commerces de d\u00e9tail et demeure le principal centre commercial de la ville de F\u00e8s, dont la population totale d\u00e9passe le million d&rsquo;habitants. Il existe une utilisation maximale de l&rsquo;espace disponible aux fins commerciales. La plupart des boutiques ne font que quelques m\u00b2 et ne poss\u00e8dent pas d&rsquo;all\u00e9es pour laisser divaguer les clients. Le commer\u00e7ant est dans sa boutique et le client dans la rue.<\/p>\n<p>Les livraisons des boutiques et le transport des marchandises s&rsquo;op\u00e8rent principalement \u00e0 dos d\u2019\u00e2ne ou de mulet, parfois aussi \u00e0 dos d&rsquo;homme ou \u00e0 charrette \u00e0 bras.<\/p>\n<p>Mais il n&rsquo;y a pas que des commerces et des habitations dans la M\u00e9dina, de nombreuses activit\u00e9s \u00e9conomiques s&rsquo;y rencontrent \u00e9galement (tanneries, tissage, artisanat, etc.) et m\u00eame la fabrication d&rsquo;objets \u00e0 partir de vieux pneus usag\u00e9s de voitures! On estime \u00e0 30.000 le nombre d&rsquo;artisans dans la m\u00e9dina de F\u00e8s! (2)<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/carfree.fr\/images\/pneu.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"333\" \/><\/p>\n<p>De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, comme les rues sont \u00e9troites et les activit\u00e9s commerciales nombreuses, la densit\u00e9 pi\u00e9tonne est parfois tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, avec des bouchons de pi\u00e9tons \u00e0 certains endroits, mais cela ne dure jamais bien longtemps. En fait, la configuration des rues et ruelles fait que l&rsquo;\u00e9troitesse des voies n\u2019appara\u00eet pas comme une r\u00e9elle contrainte pour les habitants et les visiteurs. Au contraire, cela cr\u00e9e des espaces de rencontre, de convivialit\u00e9 qui n&rsquo;existent plus vraiment dans les villes modernes.<\/p>\n<p>Sur le plan sociologique, la m\u00e9dina \u00e9tait habit\u00e9e, du moins jusqu&rsquo;aux ann\u00e9es 1990-2000, principalement par des populations modestes ou pauvres. Les riches marocains pr\u00e9f\u00e9raient historiquement les logements de la ville nouvelle coloniale, symbole de modernit\u00e9 (espace, automobile, etc.).<\/p>\n<p>A partir des ann\u00e9es 1990-2000, on a pu constater un retour des classes ais\u00e9es marocaines au sein des m\u00e9dinas avec la vogue des riads, ces\u00a0 somptueuses maisons traditionnelles caract\u00e9ristiques de la m\u00e9dina; ce mouvement a co\u00efncid\u00e9 avec l&rsquo;arriv\u00e9e massive de touristes occidentaux qui se sont mis \u00e0 acheter \u00e9galement des riads dans les m\u00e9dinas, pour leur propre usage (en tant que maison secondaire) ou pour les transformer en chambres d&rsquo;h\u00f4tes pour les touristes de passage.<\/p>\n<p>Tout ceci a provoqu\u00e9 un regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat certain pour l&rsquo;habitat traditionnel marocain et une sp\u00e9culation fonci\u00e8re \u00e9lev\u00e9e pour des logements qui, rappelons-le, n&rsquo;ont ni parking ni place de stationnement dans la mesure o\u00f9 on ne peut pas y acc\u00e9der en voiture. Cela montre en tout cas que m\u00eame les riches (marocains ou occidentaux) peuvent se passer de voiture \u00e0 partir du moment o\u00f9 un autre mod\u00e8le urbain d&rsquo;habitat leur devient d\u00e9sirable.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/carfree.fr\/images\/medina-fes.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"270\" \/><\/p>\n<p>On voit ainsi que le ma\u00eetre-mot caract\u00e9risant peut-\u00eatre le mieux la m\u00e9dina est celui de mixit\u00e9: mixit\u00e9 fonctionnelle (habitat, commerce, industrie, culture, tourisme, etc.), mixit\u00e9 sociale (classes sociales pauvres ou modestes, classes moyennes et d\u00e9sormais aussi ais\u00e9es) et mixit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rationnelle (des plus jeunes aux plus anciens). Pour M. Fouad Serghini, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;ADER (Agence de D\u00e9densification et R\u00e9habilitation de F\u00e8s), \u00ab\u00a0<em>la m\u00e9dina demeure un espace o\u00f9 viennent se  juxtaposer les fonctions r\u00e9sidentielles, \u00e9conomiques, sociales et  culturelles<\/em>\u00a0\u00bb (2).<\/p>\n<p>Enfin, il convient de noter que l&rsquo;urbanisme m\u00e9dinal, invent\u00e9 au moyen-\u00e2ge, porte en lui les concepts les plus actuels en mati\u00e8re d&rsquo;environnement (architecture bio-climatique, ville pi\u00e9tonne, densit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e, compacit\u00e9, faible impact environnemental, etc.).<\/p>\n<p>Comme le dit tr\u00e8s bien Marc Goss\u00e9, \u00ab\u00a0<em>les grands principes du d\u00e9veloppement durable y sont pr\u00e9sents \u2013 bien avant l&rsquo;adoption de ce concept \u00e0 Rio \u2013 \u00e0 savoir : un \u00e9cosyst\u00e8me subtil et abouti entre nature et urbanisation, une capacit\u00e9 d\u2019adaptation \u00e9tonnante de la morphologie et des typologies architecturales, une \u00e9conomie d&rsquo;\u00e9nergie par la limitation de la mobilit\u00e9 polluante des automobiles et la densit\u00e9 du b\u00e2ti, un processus participatif et une gestion conviviale des espaces urbains, des syst\u00e8mes de solidarit\u00e9 et une pratique de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de statut entre personnes et repr\u00e9sentations symboliques spatiales, qui tous ne demandent qu&rsquo;\u00e0 \u00eatre encourag\u00e9s, r\u00e9activ\u00e9s ou r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9s, contre un mod\u00e8le urbain \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9rique\u00a0\u00bb port\u00e9 par l&rsquo;ultralib\u00e9ralisme moderniste mondialis\u00e9, qui g\u00e9n\u00e8re la destruction de l&rsquo;environnement, du lien social et de la diversit\u00e9 culturelle<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>Alors bien \u00e9videmment, le propos n&rsquo;est pas de reproduire tel quel le mod\u00e8le urbain m\u00e9dinal en Europe ou ailleurs, ce qui n&rsquo;aurait d&rsquo;ailleurs aucun sens d&rsquo;un point de vue historique. Mais il appara\u00eet sans aucun doute que la m\u00e9dina a beaucoup \u00e0 nous apprendre en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement urbain soutenable et souhaitable. Et particuli\u00e8rement en Europe o\u00f9 le mod\u00e8le p\u00e9riurbain d&rsquo;\u00e9talement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 a montr\u00e9 son \u00e9chec patent, sa laideur intrins\u00e8que et son absurdit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, climatique et environnementale.<\/p>\n<p>Pour finir, citons encore une fois M. Serghini qui r\u00e9sume parfaitement les enjeux actuels de la m\u00e9dina, entre pass\u00e9 et futur : \u00ab\u00a0<em>La r\u00e9habilitation de nos m\u00e9dinas n&rsquo;est pas seulement une  reconnaissance envers le pass\u00e9, c&rsquo;est plut\u00f4t une obligation envers notre  pr\u00e9sent et notre avenir<\/em>\u00a0\u00bb (2).<\/p>\n<p>(1) Marc Goss\u00e9, La m\u00e9dina, mod\u00e8le urbain pour le XXIe si\u00e8cle ?,  25 f\u00e9vrier 2011.<br \/>\n(2) Colloque international \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Al Akhawayn : la M\u00e9dina, une cit\u00e9 nouvelle ?, 3 juillet 2003.<\/p>\n<p>Photos: Marcel Robert<br \/>\nVoir aussi: Galerie photo de F\u00e8s-al-Bali sur carfree.com<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une m\u00e9dina d\u00e9signe la partie ancienne des villes arabo-musulmanes par opposition aux quartiers modernes de type europ\u00e9en. Ce terme est surtout employ\u00e9 dans les pays du Maghreb, en Afrique de <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2011\/04\/09\/la-medina-ville-du-futur\/\">Lire la suite&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":18,"featured_media":36265,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4,127,73,9,5,70,3],"tags":[1709,284,62,180,416,848,57,292,147,138,544,328,308,99,163,198,81,135,1036,344,134,432,704,101,90,1669,386,38,35,34,345],"views":29091,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13005"}],"collection":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13005"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13005\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/36265"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13005"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13005"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13005"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}