{"id":13090,"date":"2011-04-13T09:31:33","date_gmt":"2011-04-13T08:31:33","guid":{"rendered":"http:\/\/carfree.fr\/?p=13090"},"modified":"2016-05-27T14:12:53","modified_gmt":"2016-05-27T13:12:53","slug":"arbres-et-ville-urbanisme-et-totalitarisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2011\/04\/13\/arbres-et-ville-urbanisme-et-totalitarisme\/","title":{"rendered":"Arbres et ville, Urbanisme et Totalitarisme"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" title=\"arbre-et-ville-totalitarisme\" src=\"http:\/\/carfree.fr\/images\/arbre-et-ville-totalitarisme.jpg\" alt=\"\" width=\"420\" height=\"200\" \/><\/p>\n<p><strong>Le Printemps de Tours<\/strong><\/p>\n<p>Jours d\u2019orages au mois de mars et h\u00e9catombe au mois d\u2019avril, le printemps a \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement court dans la ville de Tours en 2011, mais ses premi\u00e8res semaines ont \u00e9t\u00e9 lourdement charg\u00e9es en \u00e9v\u00e9nements politiques.<br \/>\n<!--more--><\/p>\n<p>Quand l\u2019affrontement a commenc\u00e9 au Sanitas, les arbres \u00e9taient en fleur avec des feuilles \u00e0 peine naissantes. Dans la lumi\u00e8re des ciels d\u2019orage de la fin mars, leurs houppiers compos\u00e9s seulement de chatons semblaient s\u2019\u00e9clairer lorsque des rayons de soleil transper\u00e7aient les masses noires et mena\u00e7antes de nuages. Aux petits matins encore frais de ces premi\u00e8res journ\u00e9es du printemps, avant le lever du soleil et l\u2019installation de la chape de d\u00e9cibels automobiles sur la ville, de ces vastes houppiers vivants lanc\u00e9s vers le ciel retentissaient les chants et cris des oiseaux d\u00e9butant leur journ\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans la totale ignorance de l\u2019arriv\u00e9e prochaine de \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9co-mobilit\u00e9 durable\u00a0\u00bb, des couples oiseaux s\u2019\u00e9taient form\u00e9s et dans l\u2019insouciance des premiers jours du printemps des nids avaient \u00e9t\u00e9 construits. On pouvait voir sur l\u2019un des \u00e9rables du mail du Sanitas, le nid monumental avec son toit d\u2019un couple de Pies bavardes, une \u0153uvre de plus d\u2019un mois de travail. Avec les allers et venues des adultes, il \u00e9tait facile de deviner qu\u2019une couv\u00e9e ou d\u00e9j\u00e0 un nourrissage \u00e9tait en cours.<\/p>\n<p>Sur la \u00ab\u00a0terre des hommes\u00a0\u00bb, c\u2019est aujourd\u2019hui la guerre. Le retour du printemps et la beaut\u00e9 flamboyante des houppiers faits de jaune et de vert clair, des chatons et des feuilles naissantes n\u2019auront aucune incidence sur le projet de requalification technique et s\u00e9curitaire de l\u2019espace urbain. \u00ab\u00a0Eurovia\u00a0\u00bb, la transnationale du chantier du tramway attend sa concession territoriale d\u2019exploitation et le maire veut inaugurer son tramway en 2013.<\/p>\n<p>Vers la mi-mars un collectif de d\u00e9fense du patrimoine arbor\u00e9 de la ville se constitue pour assurer une permanence sur le mail du Sanitas. Le Codat d\u00e9cide de se battre sur le terrain\u00a0: \u00ab\u00a0Sauver ce qui peut \u00eatre sauv\u00e9 du massacre\u00a0!\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0On ne l\u00e2che rien\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>R\u00e9veil et mort de l\u2019ancien maire<\/strong><\/p>\n<p>Dans les \u00e9v\u00e9nements marquants de la fin mars, il s\u2019est trouv\u00e9 que l\u2019ancien maire Jean Royer d\u00e9c\u00e8de dans la premi\u00e8re semaine du printemps et c\u2019est justement lui qui avait fait planter l\u2019all\u00e9e arbor\u00e9e du Sanitas aujourd\u2019hui menac\u00e9e par le tramway.<\/p>\n<p>En fin de r\u00e8gne, ce bon vieux \u00ab\u00a0r\u00e9actionnaire\u00a0\u00bb, \u00e0 l\u2019ancienne mode toute paternaliste du capitalisme des Trente Glorieuses, s\u2019\u00e9tait mis tout le monde \u00e0 dos et avait d\u00fb dispara\u00eetre de la sc\u00e8ne politique. Avec en plus la presse et les \u00ab\u00a0\u00e9colos\u00a0\u00bb contre lui, il avait fini par se tailler en trente ans de r\u00e8gne sur la ville une r\u00e9putation d\u2019autocrate ind\u00e9boulonnable. Compl\u00e8tement \u00ab\u00a0grill\u00e9\u00a0\u00bb et d\u00e9mod\u00e9 sur le plan m\u00e9diatique il s\u2019est retrouv\u00e9 contraint \u00e0 une retraite anticip\u00e9.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, en regard de notre histrion maire potentat local des transnationales, l\u2019ancien maire nous appara\u00eet presque comme un inoffensif enfant de c\u0153ur. Ce bon vieux maire \u00ab\u00a0r\u00e9ac\u00a0\u00bb qui dans les ann\u00e9es de son r\u00e8gne voulait dompter la Loire pour s\u00e9curiser son urbanisme pharaonique en zone inondable (1), s\u2019av\u00e8re aujourd\u2019hui plus \u00ab\u00a0\u00e9colo\u00a0\u00bb que la jeune garde de l\u2019\u00e9colocratie en poste \u00e0 la mairie. La sur-urbanisation des zones alluviales du Cher s\u2019est faite avec le silence retentissant des \u00ab\u00a0Verts\u00a0\u00bb. Le quartier des \u00ab\u00a0Deux Lions\u00a0\u00bb construit en d\u00e9vastant des zones humides a \u00e9t\u00e9 labellis\u00e9 \u00ab\u00a0Haute Qualit\u00e9 Environnementale\u00a0\u00bb par la clique\u2026<\/p>\n<p>Comme par une ironie de l\u2019histoire, avec sa mort, il resurgit aujourd\u2019hui pour d\u00e9caler dans la \u00ab\u00a0semaine du d\u00e9veloppement durable\u00a0\u00bb de la ville le massacre du Mail du Sanitas. Il \u00e9tait d\u00e9cemment difficile d\u2019organiser la m\u00eame semaine les fun\u00e9railles officielles de l\u2019ancien maire et le massacre de son mail.<\/p>\n<p>Sa mort soudaine en situation locale conflictuelle a \u00e9t\u00e9 instrumentalis\u00e9e par tous les camps politiques en pr\u00e9sence sur le front du Sanitas. En r\u00e9ponse aux fun\u00e9railles officielles avec l\u2019enterrement en grande pompe m\u00e9diatique de l\u2019ancien \u00ab\u00a0grand b\u00e2tisseur\u00a0\u00bb, le Codat a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019inaugurer l\u2019all\u00e9e arbor\u00e9e menac\u00e9e et de lui donner le nom de \u00ab\u00a0Mail Jean Royer\u00a0\u00bb.<br \/>\n<strong><br \/>\nDans la nuit du 6 avril 2011, la milice priv\u00e9e du maire<\/strong><\/p>\n<p>Ce matin l\u00e0, tr\u00e8s t\u00f4t dans la nuit noire, les oiseaux encore silencieux, les habitants du Sanitas sont r\u00e9veill\u00e9s par des bruits bizarres et incompr\u00e9hensibles \u00e0 cette heure. La police municipale est sur place, elle s\u2019active pour cl\u00f4turer la premi\u00e8re portion du mail destin\u00e9e au massacre. Il est 5 heures du matin, une trentaine d\u2019hommes sont pr\u00e9sents, presque la totalit\u00e9 de l\u2019effectif de la police municipale. Dans cette op\u00e9ration commando totalement ill\u00e9gale, ils travaillent comme la milice priv\u00e9e du maire Jean Germain. Selon les lois en vigueur, le balisage des chantiers doit \u00eatre complet 48 heures avant le d\u00e9but des travaux. La police nationale est aussi pr\u00e9sente, une dizaine d\u2019hommes surveille les alentours et pour assurer la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 du massacre des fourgons de CRS sont discr\u00e8tement gar\u00e9s en attente.<\/p>\n<p>A sept heures du matin les hommes de \u00ab\u00a0Gabriel Espace Vert\u00a0\u00bb sont \u00e0 l\u2019\u0153uvre avec leurs tron\u00e7onneuses. Le soleil \u00e9tait encore couch\u00e9 mais du houppier des arbres condamn\u00e9s dans l\u2019aube naissante se faisait entendre le chant des oiseaux d\u00e9butant leur journ\u00e9e.<\/p>\n<p>A dix heures du matin le forfait du maire est termin\u00e9, une cinquantaine d\u2019arbres sont au sol, morts. Un quart du mail Jean Royer est saccag\u00e9, un v\u00e9ritable travail de professionnel. L\u2019entreprise \u00ab\u00a0Gabriel Espace Vert\u00a0\u00bb met son \u00ab\u00a0savoir faire\u00a0\u00bb pour satisfaire toutes les basses besognes des municipalit\u00e9s de la R\u00e9gion Centre. C\u2019est elle qui avait remport\u00e9 le contrat d\u2019abattage pr\u00e9alable au tramway d\u2019Orl\u00e9ans. Mais avec plus de mille arbres \u00e0 abattre pour le tramway de Tours, cette entreprise r\u00e9alise \u00e0 la fois son plus \u00ab\u00a0beau contrat\u00a0\u00bb et le premier \u00ab\u00a0casse du si\u00e8cle\u00a0\u00bb sur la ville.<\/p>\n<p>Ce jour l\u00e0, apr\u00e8s cette op\u00e9ration commando par la milice priv\u00e9e du maire, le Codat d\u00e9cide le campement permanent sur place. La r\u00e9sistance continue \u00ab\u00a0On ne l\u00e2che rien\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Le lendemain dans les d\u00e9combres <\/strong><\/p>\n<p>Le 7 avril, dans le vacarme assourdissant d\u2019une broyeuse \u00e0 bois, les hommes aux ordres de l\u2019\u00e9tat major municipal faisaient dispara\u00eetre leur forfait de la veille. Ils ramassaient les branchages et les introduisaient dans la gueule grande ouverte de la machine. A l\u2019autre bout du hachoir, le monde vivant ressortait r\u00e9duit en copeaux. Un autre entreprise de recyclage \u00e9cologique est charg\u00e9e de \u00ab\u00a0valoriser\u00a0\u00bb le produit du massacre.<\/p>\n<p>Sur ce premier quart abattu du mail du Sanitas, dans les d\u00e9combres de leur habitat quelques oiseaux atterr\u00e9s circulaient encore.<\/p>\n<p>Entre les cadavres d\u2019arbres, un Accenteur mouchet sautant de branche en branche lan\u00e7ait son chant sans discontinuer, il semblait \u00eatre \u00e0 la recherche d\u2019autres survivants. De l\u2019autre cot\u00e9 de la chauss\u00e9e perch\u00e9 en haut d\u2019un arbre encore vivant un Pinson semblait lui r\u00e9pondre. Dans le massacre du Mail Jean Royer, une m\u00e9sange bleue circulait en silence sans comprendre entre ces branchages ramass\u00e9s devenus si soudainement horizontaux. Comment comprendre l\u2019origine de cette g\u00e9om\u00e9trie modifi\u00e9e de son espace de vie\u00a0? Des merles s\u2019envolaient en lan\u00e7ant leur cri d\u2019alarme.<\/p>\n<p>Du grand nid de Pie, apr\u00e8s le massacre de la veille, les membres du comit\u00e9 de d\u00e9fense des arbres ont extrait le cadavre de l\u2019oisillon \u00e0 peine n\u00e9 et lui on fait une s\u00e9pulture symbolisant leur r\u00e9sistance.<\/p>\n<p>Tous ces oiseaux vivent aujourd\u2019hui dans la ville de Tours \u00ab\u00a0l\u2019Anthropoc\u00e8ne\u00a0\u00bb de \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9co-mobilit\u00e9\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Alstom-Ar\u00e9va-Eurovia-Vinci\u00a0\u00bb, les transnationales en charge \u00ab\u00a0d&rsquo;am\u00e9nager notre cadre de vie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La g\u00e9om\u00e9trie du \u00ab\u00a0quatri\u00e8me paysage\u00a0\u00bb qu\u2019elles construisent avec le tramway est maintenant r\u00e9duite \u00e0 une seule dimension, celle militaire du \u00ab\u00a0navire amiral\u00a0\u00bb du maire, la ligne technique horizontale de la machine charg\u00e9e de d\u00e9vorer les habitants pour les discipliner dans leurs d\u00e9placements\u2026<\/p>\n<p><strong>Urbanisme et d\u00e9veloppement du capitalisme<\/strong><\/p>\n<p>Lorsque l\u2019on prend le devenir des arbres dans la ville comme fil conducteur d\u2019une analyse de l\u2019urbanisme, on d\u00e9couvre dans la pl\u00e9nitude de son \u00ab\u00a0h\u00e9ro\u00efsme d\u00e9vastateur\u00a0\u00bb le d\u00e9veloppement du capitalisme.<\/p>\n<p>Comme partout dans le monde les arbres tombent en grand nombre\u2026 Foresterie, industries mini\u00e8res, prospection p\u00e9troli\u00e8re, biocarburants, am\u00e9nagement du territoire, remembrement, urbanisme ou encore \u00ab\u00a0\u00e9co-mobilit\u00e9\u00a0\u00bb du tramway, toujours le m\u00eame spectacle ; on peut suivre \u00e0 la trace l\u2019extension du capitalisme, un paysage lunaire de terres d\u00e9nud\u00e9es, scalp\u00e9es de leurs arbres, \u00e9corch\u00e9es de leur couvert v\u00e9g\u00e9tal.<\/p>\n<p>Toujours la m\u00eame h\u00e9catombe, des arbres en grand nombre morts, partout dans le monde le m\u00eame spectacle. Aussi diverses que soient ses lignes de recherche et d\u00e9veloppement, aucun effort d\u2019innovation et rien de nouveau sous le soleil depuis les origines du capitalisme industriel, des arbres ou des hommes abattus en grand nombre\u2026<\/p>\n<p>Encore aujourd\u2019hui comme \u00e0 ses d\u00e9buts, \u00ab\u00a0le capital se manifeste suant et puant la boue et le sang, la mort et la pollution par tous les pores (2).\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 chass\u00e9 par l\u2019invasion automobile du territoire, le tramway revient en ville semble t-il comme pour prendre une revanche. \u00ab\u00a0Enfin de la \u00ab\u00a0mobilit\u00e9 durable\u00a0\u00bb\u00a0!\u00a0\u00bb Mais \u00e0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale, la machine acc\u00e9l\u00e8re encore dans la m\u00eame direction.<\/p>\n<p>Tours, Rennes, Angers, Besan\u00e7on, N\u00eemes, en faisant exactement comme la voiture tomber tous les arbres sur son passage, \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9co-mobilit\u00e9 durable\u00a0\u00bb ne laisse plus aucune ambigu\u00eft\u00e9 sur la nature de son projet politique. En ville comme partout, la ligne d\u2019analyse par les arbres est efficace, presque infaillible elle permet de suivre \u00e0 la trace le capitalisme.<\/p>\n<p>Avec ce spectacle d\u2019abattages ill\u00e9gaux en op\u00e9ration commando, incompr\u00e9hensible dans la crise \u00e9cologique, ce qui est arbitrairement  d\u00e9truit aujourd\u2019hui dans la ville acquiert plus d\u2019importance pour comprendre que ce qui est construit.<\/p>\n<p>Il faut bien se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, malgr\u00e9 ses multiples \u00e9co-labels et de tintamarre de greenwashing, le tramway v\u00e9hicule une nouvelle offensive du capitalisme en milieu urbain. Sans a priori id\u00e9ologique, la seule vie des grands arbres comme fil conducteur impose cette analyse.<\/p>\n<p>Associ\u00e9 aux aspects technico-financiers,\u00a0inh\u00e9rents \u00e0 ce mode de transport collectif \u00ab\u00a0high-tech\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0gros budget\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0grand chantier\u00a0\u00bb interdisant d\u2019embl\u00e9e toute gratuit\u00e9 ou \u00ab\u00a0mission de service public\u00a0\u00bb, la mise \u00e0 mort arbitraire des arbres nous oblige \u00e0 faire l\u2019effort de comprendre le projet urbanistique v\u00e9hicul\u00e9 par le tramway.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La main invisible\u00a0\u00bb du mastodonte \u00ab\u00a0Alstom-Ar\u00e9va\u00a0\u00bb est partout pr\u00e9sente. Elle guide les pas et la pens\u00e9e politique des potentats locaux, comme notre histrion maire et ses sbires serviles de la caste politique jusqu\u2019\u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9colocratie\u00a0\u00bb&#8230; Il est en effet suspect que dans la marmaille bruyante des courants alambiqu\u00e9s de la \u00ab\u00a0Gauche Plurielle\u00a0\u00bb,  pas une seule voix ne se soit \u00e9lev\u00e9e pour faire cesser le massacre.<\/p>\n<p>Aucune formation politique constitu\u00e9e et m\u00eame pas les Verts n\u2019a per\u00e7u l\u2019importance historique de d\u00e9fendre des arbres contre le train \u00e9lectrique de ville. Aucune d\u00e9fection n\u2019a eu lieu dans la caste politique, un v\u00e9ritable Parti Unique\u2026<\/p>\n<p>Autour de cette machine se construit aujourd\u2019hui un nouvel espace d\u2019enfermement, densifi\u00e9 et hautement fonctionnalis\u00e9. A cot\u00e9 du capitalisme ordinaire guid\u00e9 par la sp\u00e9culation immobili\u00e8re s\u2019organise en parall\u00e8le le renforcement technologique du pouvoir.  Dans son perfectionnement urbanistique, la ville devient labyrinthique et carc\u00e9rale guid\u00e9e par un souci de plus en plus aigu d\u2019optimisation \u00e9conomique de l\u2019espace et des personnes.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9radication des grands arbres n\u2019est donc plus neutre sur le plan politique. \u00c9pur\u00e9e de ses massifs arbor\u00e9s, la ville nouvelle, se dessine d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment comme une nouvelle machine. En d\u00e9ployant ses potentialit\u00e9s sp\u00e9cifiquement techniques sur chacune de ses unit\u00e9s de surface elle affirme ses vis\u00e9es politiques, faire de chaque \u00e9l\u00e9ment d\u2019espace une manifestation du pouvoir. Investie, conquise, mise \u00e0 disposition, financiaris\u00e9e et optimis\u00e9e, sur cet espace quadrill\u00e9, scann\u00e9 et num\u00e9ris\u00e9, une logique  implacable s\u2019impose\u00a0: \u00ab\u00a0machine \u00e0 habiter\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0machine \u00e0 circuler\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0machine \u00e0 travailler ou \u00e0 s\u2019amuser\u00a0\u00bb mais \u00ab\u00a0machine \u00e0 sou\u00a0\u00bb dans tous les cas. La gratuit\u00e9 de l\u2019espace public et la beaut\u00e9 paisible des grands arbres sont pourchass\u00e9es avec acharnement.<\/p>\n<p>Ici \u00e0 Tours comme en Chine, mod\u00e8le \u00e9conomique fantasm\u00e9 du potentat de la ville, l\u2019assaut d\u00e9vastateur des transnationales sur les arbres a \u00e9t\u00e9 brutal. Dans le paroxysme de feu ordonn\u00e9 par l\u2019\u00e9tat-major des architectes urbanistes tout a \u00e9t\u00e9 broy\u00e9 par l\u2019arbitraire \u00e9conomique de la sp\u00e9culation immobili\u00e8re.<\/p>\n<p>Plus rien n\u2019est \u00e9pargn\u00e9, ni l\u2019histoire de la ville, ni la g\u00e9ographie du lieu\u2026 Moins de six mois apr\u00e8s la r\u00e9v\u00e9lation du trac\u00e9 du tramway et une fois franchis les diverses formabilit\u00e9s administratives de d\u00e9mocratie participative, la ville a \u00e9t\u00e9 \u00e9ventr\u00e9e. Les r\u00e9sidus d\u2019\u00e9cosyst\u00e8mes repr\u00e9sent\u00e9s par les vieux espaces arbor\u00e9s ont \u00e9t\u00e9, comme partout dans le monde, les premi\u00e8res victimes.<\/p>\n<p><strong>Derni\u00e8re nouvelle de la guerre<\/strong><\/p>\n<p>Le mardi 12 avril au petit matin la Compagnie R\u00e9publicaine de S\u00e9curit\u00e9 donne la charge et d\u00e9loge les activistes du Codat. Le massacre peut continuer, toujours en totale ill\u00e9galit\u00e9, puisque le balisage du chantier r\u00e9alis\u00e9 par Eurovia filiale de Vinci et transnationale du BTP, datait de moins de 24 heures\u2026 Sous les cris et le pleurs de la population du Sanitas, \u00ab\u00a0Gabriel Espace Vert\u00a0\u00bb l\u2019entreprise d\u2019\u00e9radication des arbres dans les villes de la R\u00e9gion Centre r\u00e9alise sa salle besogne sous la protection de la police.<\/p>\n<p>Comme partout dans le monde les arbres tombent maintenant en grand nombre sur le tr\u00e8s large passage du tramway.<\/p>\n<p>Et comme n\u2019importe quel peuple indig\u00e8ne sans arme en face du d\u00e9veloppement du capitalisme, nous r\u00e9sistons encore. \u00ab\u00a0Sauvons au moins un arbre du Mail du Sanitas\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Tours le Mardi 12 avril 2011<\/p>\n<p>(1) Terre Sauvage \u00ab\u00a0La Loire Fleuve Libre\u00a0!\u00a0\u00bb n\u00b0188 octobre 2003<br \/>\n(2) Karl Marx \u00ab\u00a0Le Capital\u00a0\u00bb Livre 1er Section 8 \u00ab\u00a0L\u2019accumulation primitive du capital\u00a0\u00bb Chapitre 31 \u00ab\u00a0Gen\u00e8se du capital industriel\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0Si d\u2019apr\u00e8s Augier, c\u2019est \u00ab\u00a0avec des t\u00e2ches naturelle de sang, sur une de ses faces\u00a0\u00bb que l\u2019argent vient au monde\u00a0\u00bb, le capital y arrive suant le sang et la boue par tous ses pores.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Printemps de Tours Jours d\u2019orages au mois de mars et h\u00e9catombe au mois d\u2019avril, le printemps a \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement court dans la ville de Tours en 2011, mais ses <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2011\/04\/13\/arbres-et-ville-urbanisme-et-totalitarisme\/\">Lire la suite&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":128,"featured_media":13091,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[52],"tags":[498,706,449,689,477,53,300,60,643,773,351,278,493,287,116,334,398,248,35],"views":6905,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13090"}],"collection":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/128"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13090"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13090\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13090"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13090"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13090"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}