{"id":16639,"date":"2012-02-08T08:53:16","date_gmt":"2012-02-08T07:53:16","guid":{"rendered":"http:\/\/carfree.fr\/?p=16639"},"modified":"2019-01-21T11:30:43","modified_gmt":"2019-01-21T10:30:43","slug":"le-socialisme-contre-letalement-urbain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2012\/02\/08\/le-socialisme-contre-letalement-urbain\/","title":{"rendered":"Le socialisme contre l&rsquo;\u00e9talement urbain"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0La ville doit p\u00e9rir dans les ruines du mode de production capitaliste, car la ville \u00e9tait une n\u00e9cessit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste de marchandises. Ces n\u00e9cessit\u00e9s dispara\u00eetront, la ville elle m\u00eame dispara\u00eetra, en tant que leur produit. La ville est la forme, la condition des rapports sociaux de cette soci\u00e9t\u00e9 l\u00e0.\u00a0\u00bb Sovremenaia Arkitectura, revue sovi\u00e9tique d\u2019architecture, 1929. <!--more--><\/p>\n<p><strong>1\/ L&rsquo;\u00e9talement urbain est un fl\u00e9au propre au mode de production capitaliste.<\/strong><\/p>\n<p>Pour le marxisme-l\u00e9ninisme-mao\u00efsme c&rsquo;est une \u00e9vidence, les villes doivent dispara\u00eetre, l&rsquo;Humanit\u00e9 doit reculer et adopter un nouveau rapport symbiotique avec la Biosph\u00e8re.<\/p>\n<p>Pour autant, la transition entre le mode capitaliste d&rsquo;occupation du territoire que repr\u00e9sente l&rsquo;urbanisme et la forme communiste de vie avec la nature ne se fera pas du jour au lendemain.<\/p>\n<p>L&rsquo;Humanit\u00e9 va devoir passer par une \u00e9tape interm\u00e9diaire entre la vieille soci\u00e9t\u00e9 divis\u00e9e en classes et le monde nouveau, le communisme. Tout l&rsquo;enjeu de cette p\u00e9riode de transition, la p\u00e9riode du socialisme, sera de concilier harmonieusement le d\u00e9veloppement des forces productives avec les n\u00e9cessit\u00e9s que posent les probl\u00e8mes d&rsquo;ordre \u00e9cologique.<\/p>\n<p>Ainsi seulement l&rsquo;Humanit\u00e9 pourra d\u00e9passer les deux grandes contradictions du mode de production capitaliste &#8211; la contradiction entre le travail intellectuel et le travail manuel ainsi que la contradiction entre les villes et les campagnes &#8211; et amorcer un nouvel \u00e9lan civilisationnel.<\/p>\n<p>Et comme nous le rappelle Engels dans l&rsquo;Anti-D\u00fcring, \u00ab\u00a0<em>la suppression de la s\u00e9paration de la ville et de la campagne n&rsquo;est donc pas une utopie, m\u00eame en tant qu&rsquo;elle a pour condition la r\u00e9partition la plus \u00e9gale possible de la grande industrie \u00e0 travers tout le pays. Certes, la civilisation nous a laiss\u00e9, avec les grandes villes, un h\u00e9ritage qu&rsquo;il faudra beaucoup de temps et de peine pour \u00e9liminer. Mais il faudra les \u00e9liminer et elles le seront, m\u00eame si c&rsquo;est un processus de longue dur\u00e9e. Quelles que soient les destin\u00e9es r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 l&rsquo;Empire allemand de nation prussienne, Bismarck peut descendre au cercueil avec la fi\u00e8re conscience que son souhait le plus cher sera s\u00fbrement exauc\u00e9: le d\u00e9clin des grandes villes<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour entreprendre efficacement la r\u00e9volution socialiste, il est donc imp\u00e9ratif de comprendre l&rsquo;importance des villes en France et de produire une analyse critique de l&rsquo;urbanisme, forme proprement bourgeoise et historiquement d\u00e9pass\u00e9e d\u2019am\u00e9nagement des espaces.<\/p>\n<p>Mais justement, plut\u00f4t que de parler de villes au sens propre du terme, il convient plut\u00f4t de parler d&rsquo;espaces urbains. Les villes en tant que concentrations culturelles et commerciales ne repr\u00e9sentent plus grand chose en France. Il y a Paris ainsi que les centres de la vingtaine de plus grandes villes, qui ne regroupent finalement qu&rsquo;une partie de la population urbaine, dont une minorit\u00e9 de prol\u00e9taires.<\/p>\n<p>La majorit\u00e9 des prol\u00e9taires en France vit dans des zones qui ne sont pas de la campagne mais qui ne sont pas v\u00e9ritablement de la ville non plus. Elle sont diss\u00e9min\u00e9es partout sur le territoire et se ressemblent toutes. Ainsi, l&rsquo;arriv\u00e9e en automobile dans les grands centres urbains est partout similaire, avec la 4 voies, des grands centres commerciaux, des tours HLM ou des zones pavillonnaires, ainsi qu&rsquo;une nature quasi-absente.<\/p>\n<p>Ces espaces urbains sont concentr\u00e9s autour ou entre des p\u00f4les concentrant des activit\u00e9s (pouvoir, culture) et r\u00e9partis sur le territoire. Aujourd&rsquo;hui ces zones n&rsquo;en finissent plus de s\u2019\u00e9taler et de d\u00e9truire les espaces naturels ou semi-naturels.<\/p>\n<p>Ce saccage cause des d\u00e9s\u00e9quilibres majeurs dans le fonctionnement de la Biosph\u00e8re. D&rsquo;abord au niveau des \u00e9cosyst\u00e8mes locaux, en les an\u00e9antissant purement et simplement. Mais c&rsquo;est aussi le cas \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la plan\u00e8te elle-m\u00eame. Le d\u00e9veloppement des zones urbaines induit in\u00e9vitablement le pillage des ressources de la Terre ainsi que des pollutions diverses, sources notamment de changements climatiques.<\/p>\n<p>La croissance exponentielle de ces espaces urbains est r\u00e9cente, elle date de l&rsquo;exode rural des ann\u00e9es 60\/70. Cet \u00e9talement urbain est li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;augmentation des constructions (logements et infrastructures) autour des (et entre les) villes-centres du fait de la croissance d\u00e9mographique, de la diminution du nombre de personnes par logement, de l&rsquo;augmentation des surfaces d&rsquo;habitation et de l&rsquo;augmentation des r\u00e9sidences secondaires (pour le loisir ou pour le travail).<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;augmentation du nombre de logements n&rsquo;induit pas en lui m\u00eame l&rsquo;\u00e9talement urbain. C&rsquo;est la forme bourgeoise d&rsquo;organisation du territoire qui, quelques si\u00e8cles apr\u00e8s avoir g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 les villes, produit maintenant une d\u00e9-densification du tissu urbain, \u00e0 l\u2019origine de son \u00e9talement.<\/p>\n<p>Il convient donc de comprendre comment le mode de production capitaliste g\u00e9n\u00e8re ses propres territoires et de saisir le r\u00f4le de l&rsquo;urbanisme.<\/p>\n<p><strong>2\/ La plus-value et l&rsquo;\u00e9talement urbain<\/strong><\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0<em>Dans l&rsquo;agriculture moderne, de m\u00eame que dans l&rsquo;industrie des villes, l&rsquo;accroissement de productivit\u00e9 et le rendement sup\u00e9rieur du travail s&rsquo;ach\u00e8tent au prix de la destruction et du tarissement de la force de travail. En outre, chaque progr\u00e8s de l&rsquo;agriculture capitaliste est un progr\u00e8s non seulement dans l&rsquo;art d&rsquo;exploiter le travailleur, mais encore dans l&rsquo;art de d\u00e9pouiller le sol; chaque progr\u00e8s dans l&rsquo;art d&rsquo;accro\u00eetre sa fertilit\u00e9 pour un temps, un progr\u00e8s dans la ruine de ses sources durables de fertilit\u00e9. Plus un pays, les Etats-Unis du nord de l&rsquo;Am\u00e9rique, par exemple, se d\u00e9veloppe sur la base de la grande industrie, plus ce proc\u00e8s de destruction s&rsquo;accomplit rapidement. La production capitaliste ne d\u00e9veloppe donc la technique et la combinaison du proc\u00e8s de production sociale qu&rsquo;en \u00e9puisant en m\u00eame temps les deux sources d&rsquo;o\u00f9 jaillit toute richesse: La terre et le travailleur.<\/em>\u00a0\u00bb<br \/>\nKarl Marx, Le Capital, L. I, Sc. IV, Ch. XV, X.<\/p><\/blockquote>\n<p>Depuis la moiti\u00e9 du XX\u00e8me si\u00e8cle, les villes ont grossi tout en se d\u00e9-densifiant, ass\u00e9chant ainsi des zones de plus en plus importante de la plan\u00e8te. Cela est la cons\u00e9quence du d\u00e9veloppement des forces productives, particuli\u00e8rement en terme de transports. Le train (y compris le m\u00e9tro ou le tramway) a permis de cr\u00e9er les premi\u00e8res banlieues, au d\u00e9but du si\u00e8cle dernier.<\/p>\n<p>L\u2019av\u00e8nement de l&rsquo;automobile les a ensuite g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es, apr\u00e8s la deuxi\u00e8me guerre mondiale.<\/p>\n<p>On est en fait l\u00e0 au c\u0153ur de la contradiction du mode de production capitaliste (qui prouve au passage son caract\u00e8re historiquement d\u00e9pass\u00e9).<\/p>\n<p>D&rsquo;un cot\u00e9 le capitalisme a permis un d\u00e9veloppement massif et rapide des techniques, c&rsquo;est l&rsquo;aspect positif. C&rsquo;est un progr\u00e8s ind\u00e9niable que de pouvoir se d\u00e9placer rapidement et confortablement entre diff\u00e9rents lieux sur la plan\u00e8te. Le d\u00e9veloppement des moyens de transport est un outil indispensable dans la qu\u00eate du bonheur par l&rsquo;Humanit\u00e9. Surtout que cela permet d&rsquo;am\u00e9liorer la s\u00e9curit\u00e9, sur le plan m\u00e9dical par exemple avec les ambulances ou les h\u00e9licopt\u00e8res.<\/p>\n<p>Mais dans le m\u00eame temps, le mode de production capitaliste se montre totalement incapable d&rsquo;organiser rationnellement ce progr\u00e8s. C&rsquo;est l&rsquo;aspect n\u00e9gatif. Et plus le capitalisme s&rsquo;enfonce dans sa d\u00e9cadence, plus sa crise se g\u00e9n\u00e9ralise, plus cet aspect prend de l&rsquo;importance.<\/p>\n<p>Outre le fait que ce d\u00e9veloppement se fait au d\u00e9triment du prol\u00e9tariat, la bourgeoisie s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre totalement incapable de mettre le progr\u00e8s au service de la civilisation. Dans le capitalisme, le d\u00e9veloppement des forces productives n&rsquo;est possible qu&rsquo;en charriant simultan\u00e9ment son lot de nuisances et de cons\u00e9quences dramatiques.<\/p>\n<p>En l\u2019absence de planification, d&rsquo;organisation rationnelle et harmonieuse de la vie collective, se sont les int\u00e9r\u00eats capitalistes priv\u00e9s qui commandent. Cela induit un cycle m\u00e9canique mortif\u00e8re dont l&rsquo;\u00e9talement urbain est la cons\u00e9quence visible.<\/p>\n<p>Et l&rsquo;automobile appara\u00eet ici comme l&rsquo;incarnation mat\u00e9rielle de ce vieux m\u00e9canisme rouill\u00e9.<\/p>\n<p>Bien que repr\u00e9sentant aussi des avanc\u00e9es sur le plan technologique, l&rsquo;industrie automobile est avant tout au c\u0153ur du processus d&rsquo;accumulation du capital.<\/p>\n<p>Tout les moments du cycle \u00e9conomique de l&rsquo;industrie automobile &#8211; depuis l&rsquo;industrie sid\u00e9rurgique jusqu\u2019\u00e0 l\u2019industrie du p\u00e9trole, depuis les usines d&rsquo;assemblage jusqu&rsquo;aux travaux publiques &#8211; forment un arsenal pour l&rsquo;accaparement de la plus-value ouvri\u00e8re par la bourgeoise.<\/p>\n<p>Et l&rsquo;ali\u00e9nation des prol\u00e9taires vis \u00e0 vis de leur voiture est une \u00e9tape fondamentale de ce processus d&rsquo;exploitation.<\/p>\n<p>Et c&rsquo;est \u00e0 cause de ce qu&rsquo;elle induit, de l&rsquo;impact qu&rsquo;elle a dans la vie quotidienne des masses et la mani\u00e8re qu&rsquo;elle a de fa\u00e7onner le territoire, que l&rsquo;industrie automobile repr\u00e9sente un fl\u00e9au \u00e0 d\u00e9truire !<\/p>\n<p>A d\u00e9truire rapidement car le cycle m\u00e9canique qu&rsquo;elle engendre est mortelle.<\/p>\n<p>1. L&rsquo;augmentation du nombre d&rsquo;automobiles entra\u00eene une augmentation des infrastructures routi\u00e8res afin de fluidifier la circulation.<\/p>\n<p>2. Mais cela permet \u00e9galement d&rsquo;augmenter la vitesse de d\u00e9placement et permet donc l&rsquo;installation encore plus loin autour de la ville.<\/p>\n<p>3. Cela augmente donc le nombre de d&rsquo;automobiles en circulation dans ces nouvelle zones.<\/p>\n<p>4. Des nouvelles infrastructures sont donc cr\u00e9\u00e9es, ce qui permet un \u00e9talement urbain encore plus important.<\/p>\n<p>Ce cycle infernal se r\u00e9p\u00e8te ainsi inlassablement depuis une cinquantaine d&rsquo;ann\u00e9es sur l&rsquo;ensemble du territoire fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Ces infrastructures permettent \u00e9galement un d\u00e9placement des lieux de production et de commerce sur des terrains moins cher et plus grands (les grandes usines p\u00e9ri-urbaines, les centres commerciaux, etc.) Ceci contribue \u00e0 l&rsquo;\u00e9talement urbain en permettant l&rsquo;installation encore plus loin des villes-centres pour les prol\u00e9taire qui tentent de fuir la sp\u00e9culation immobili\u00e8re.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9talement urbain se propage d&rsquo;autant plus que chaque commune limite sont taux de croissance \u00e0 un certain seuil. Cela repousse l&rsquo;urbanisation \u00e0 chaque fois encore plus loin dans une nouvelle couronne autours de la (ou entre les) ville-centre(s).<\/p>\n<p>Toute planification en mati\u00e8re d&rsquo;urbanisme est de toute fa\u00e7on tr\u00e8s difficile du fait du d\u00e9coupage du territoire en 36000 communes ayant chacune leurs propres pr\u00e9rogatives en mati\u00e8re d&rsquo;occupation des sols. De plus, en terme de co\u00fbts de production ou de fiscalit\u00e9, il est souvent plus int\u00e9ressant pour les promoteurs de faire des maisons plut\u00f4t que de l&rsquo;habitat collectif.<\/p>\n<p>Mais il est aussi un autre facteur qui a une importance fondamentale dans ce processus. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;aspiration petite-bourgeoise pour le logement individuel isol\u00e9. Cette aspiration pour ce type de logement est profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans les masses populaires de France, la majorit\u00e9 des familles souhaitant en \u00eatre propri\u00e9taire. Environ 2\/3 des fran\u00e7ais vivent aujourd&rsquo;hui dans une maison individuelle.<\/p>\n<p>Ce type d&rsquo;habitat requi\u00e8re beaucoup d\u2019espace et favorise donc l&rsquo;\u00e9talement des villes. Et ce d&rsquo;autant plus que la densit\u00e9 est per\u00e7ue comme quelque chose de n\u00e9gatif par les masses qui tentent de fuir l&rsquo;enfer urbain en cherchant le calme. Mais cette d\u00e9marche est le fruit d&rsquo;une repr\u00e9sentation fantasm\u00e9e et ali\u00e9n\u00e9e de la Nature. Elle se mat\u00e9rialise par la promotion du jardin priv\u00e9 individuel, qui t\u00e9moigne d&rsquo;une vision totalement anticommuniste de la nature. Anticommuniste car individualiste mais aussi car entendant soumettre la nature.<\/p>\n<p>Dans tout les cas, m\u00eame quand ils cherchent \u00e0 le fuir, le sch\u00e9ma d&rsquo;excroissance des espaces urbains s&rsquo;impose \u00e0 la vie des prol\u00e9taires. L&rsquo;augmentation des prix et la pauvret\u00e9 des offres de logements dans les villes-centres poussent in\u00e9vitablement les masses populaires \u00e0 s&rsquo;installer toujours plus loin en banlieue, et les rendre d\u00e9pendantes de l&rsquo;automobile par la m\u00eame occasion.<\/p>\n<p><strong>3\/ La Commune Populaire marquera la fin de l&rsquo;urbanisme !<\/strong><\/p>\n<p>La croissance d\u00e9mesur\u00e9e des villes induit de fait une sur-production de pollutions, tant lumineuses que sonores ou toxiques.<\/p>\n<p>Ou comme l&rsquo;explique Karl Marx dans le Capital :<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0Avec la pr\u00e9pond\u00e9rance toujours croissante de la population des villes qu&rsquo;elle agglom\u00e8re dans de grands centres, la production capitaliste d&rsquo;une part accumule la force motrice historique de la soci\u00e9t\u00e9; d&rsquo;autre part elle d\u00e9truit non seulement la sant\u00e9 physique des ouvriers urbains et la vie intellectuelle des travailleurs rustiques, mais trouble encore la circulation mat\u00e9rielle entre l&rsquo;homme et la terre, en rendant de plus en plus difficile la restitution de ses \u00e9l\u00e9ments de fertilit\u00e9, des ingr\u00e9dients chimiques qui lui sont enlev\u00e9s et us\u00e9s sous forme d&rsquo;aliments, de v\u00eatements, etc.\u00a0\u00bb<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Et aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;augmentation des gaz \u00e0 effet de serre est notamment une cons\u00e9quence dramatique de la massification des d\u00e9placements, surtout qu&rsquo;ils se font sur des distances de plus en plus importantes. Cela est d\u00fb \u00e0 l&rsquo;\u00e9talement urbain d&rsquo;abord, mais aussi \u00e0 la sp\u00e9cialisation des lieux, au zonage par activit\u00e9s. La g\u00e9n\u00e9ralisation du zonage (habitat, production, commerce, lieu de d\u00e9cisions, etc.) est une constante de l&rsquo;urbanisme \u00ab\u00a0moderne\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;urbanisme, en syst\u00e9matisant les r\u00e9seaux de transport, a \u00e9galement permit la g\u00e9n\u00e9ralisation de lieux de production ultra-toxiques. Sans cela, il serait impossible d&rsquo;avoir des centrales nucl\u00e9aires ou certaines usines tr\u00e8s polluantes, car elle seraient soit trop proches des villes-centre, soit inaccessibles.<\/p>\n<p>La consommation d\u2019\u00e9nergie des b\u00e2timents est aussi plus importante dans les zones peu denses. Mais en plus des pollutions que cela g\u00e9n\u00e8re, l&rsquo;\u00e9talement urbain entra\u00eene \u00e9galement un isolement et une d\u00e9sertification des lieux de vie. La vie dans les grandes banlieues pavillonnaires ou les grands ensembles est glauque, triste et pauvre.<\/p>\n<p>A part les zones commerciales avec supermarch\u00e9s et cin\u00e9mas multiplex, les zones p\u00e9ri-urbaines sont quasi-vides d&rsquo;activit\u00e9s.<\/p>\n<p>Face \u00e0 tout cela, le marxisme-l\u00e9ninisme-mao\u00efsme doit formuler des propositions concr\u00e8tes pour la planification socialiste.<\/p>\n<p>Et pour cela, il est n\u00e9cessaire de comprendre que la maison individuelle de banlieue n&rsquo;est que le pendant dialectique des grand ensembles, ils fonctionnent simultan\u00e9ment. La maison individuelle constitue le \u00ab\u00a0r\u00eave \u00e0 atteindre\u00a0\u00bb pour les habitants des grands ensembles et inversement ces dernier constituent le repoussoir, la menace permanente pour les prol\u00e9taires les ayant fui.<\/p>\n<p>Pour les communistes, il n&rsquo;est pas question de promouvoir ou de pr\u00e9f\u00e9rer l&rsquo;un de ces deux mod\u00e8les urbains \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>Au contraire, le socialisme g\u00e9n\u00e9ralisera l&rsquo;habitat collectif \u00e0 taille humaine, gr\u00e2ce \u00e0 la Commune Populaire.<\/p>\n<p>Les Communes Populaires seront des centres culturels d&rsquo;importance, organis\u00e9s autour de la production. Elles seront issues du d\u00e9mant\u00e8lement syst\u00e9matique des grandes m\u00e9tropoles et seront r\u00e9parties sur le territoire dans les zones habitables. Et surtout, les Communes Populaires laisseront une place importante \u00e0 la nature pour qu&rsquo;elle s&rsquo;exprime librement.<\/p>\n<p>Les Communes Populaires ne seront ni de la ville, ni de la campagne! Elles mat\u00e9rialiseront le d\u00e9passement de l&rsquo;urbanisme, en synth\u00e9tisant les aspects positifs de l&rsquo;ancien mode bourgeois d&rsquo;occupation des espaces et en d\u00e9truisant ses cons\u00e9quences n\u00e9gatives!<\/p>\n<p>Car si la g\u00e9n\u00e9ralisation des villes a \u00e9t\u00e9 un progr\u00e8s fondamental dans l&rsquo;Histoire de l&rsquo;Humanit\u00e9, elles sont aujourd&rsquo;hui totalement d\u00e9pass\u00e9es, d\u00e9cal\u00e9es par rapport \u00e0 notre \u00e9poque!<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0Seule une soci\u00e9t\u00e9 qui engr\u00e8ne harmonieusement ses forces productives l&rsquo;une dans l&rsquo;autre selon les lignes grandioses d&rsquo;un plan unique peut permettre \u00e0 l&rsquo;industrie de s&rsquo;installer \u00e0 travers tout le pays, avec cette dispersion qui est la plus convenable \u00e0 son propre d\u00e9veloppement et au maintien ou au d\u00e9veloppement des autres \u00e9l\u00e9ments de la production.<\/em><\/p>\n<p><em>La suppression de l&rsquo;opposition de la ville et de la campagne n&rsquo;est donc pas seulement possible. Elle est devenue une n\u00e9cessit\u00e9 directe de la production industrielle elle-m\u00eame, comme elle est \u00e9galement devenue une n\u00e9cessit\u00e9 de la production agricole et, par-dessus le march\u00e9, de l&rsquo;hygi\u00e8ne publique. Ce n&rsquo;est que par la fusion de la ville et de la campagne que l&rsquo;on peut \u00e9liminer l&rsquo;intoxication actuelle de l&rsquo;air, de l&rsquo;eau et du sol; elle seule peut amener les masses qui aujourd&rsquo;hui languissent dans les villes au point o\u00f9 leur fumier servira \u00e0 produire des plantes, au lieu de produire des maladies.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>Engels, l&rsquo;Anti-D\u00fchring<\/em>.<\/p><\/blockquote>\n<p>Ce que veulent les masses populaires, ce sont des lieux de vie calmes et sains o\u00f9 r\u00e8gne la convivialit\u00e9. Des lieux dans lesquels les espaces collectifs sont importants mais o\u00f9 les individualit\u00e9s peuvent s&rsquo;exprimer librement et largement!<\/p>\n<p>C&rsquo;est cela la Commune Populaire, le reflet de la civilisation contre la barbarie urbaine!<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9talement urbain, lui, est en quelque sorte la m\u00e9taphore, la quintessence de la tentative bourgeoise d&rsquo;asservissement de la nature, de domination tentaculaire du capitalisme sur tout! Et l&rsquo;urbanisme est l&rsquo;arme id\u00e9ologique de la bourgeoisie dans cet exercice. Aujourd&rsquo;hui l&rsquo;urbanisme \u00ab\u00a0vert\u00a0\u00bb, la propagande autour de l&rsquo;habitat et des transports soit disant \u00e9cologiques, forme une derni\u00e8re tentative de la bourgeoisie de tout dominer.<\/p>\n<p>Mais cela est vain car les masses exigent le changement, la r\u00e9volution socialiste est inarr\u00eatable! C&rsquo;est toute la plan\u00e8te qui exige le communisme! Et seul le prol\u00e9tariat en exer\u00e7ant sa dictature sera capable de prendre les mesures d&rsquo;urgence pour sauver la Terre de sa maladie urbaine!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0La ville doit p\u00e9rir dans les ruines du mode de production capitaliste, car la ville \u00e9tait une n\u00e9cessit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste de marchandises. Ces n\u00e9cessit\u00e9s dispara\u00eetront, la ville elle <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2012\/02\/08\/le-socialisme-contre-letalement-urbain\/\">Lire la suite&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":71,"featured_media":36630,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[165],"tags":[146,477,11,60,1670,163,82,1290,35,34],"views":8012,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16639"}],"collection":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/71"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16639"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16639\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/36630"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16639"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16639"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16639"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}