{"id":19851,"date":"2013-03-08T00:09:01","date_gmt":"2013-03-07T23:09:01","guid":{"rendered":"http:\/\/carfree.fr\/?p=19851"},"modified":"2021-01-14T15:34:49","modified_gmt":"2021-01-14T14:34:49","slug":"mon-temoignage-sur-hugo-chavez","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2013\/03\/08\/mon-temoignage-sur-hugo-chavez\/","title":{"rendered":"Mon t\u00e9moignage sur Hugo Chavez"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" title=\"hugo-chavez\" src=\"http:\/\/carfree.fr\/images\/hugo-chavez1.jpg\" alt=\"\" width=\"420\" height=\"200\" \/><\/p>\n<p>Je n&rsquo;avais gu\u00e8re pr\u00eat\u00e9 attention \u00e0 Hugo Chavez. Pour moi, le  Venezuela \u00e9voquait un pays p\u00e9trolier longtemps r\u00e9duit \u00e0 un statut de  semi-colonie par les Etats-Unis, et qui par ailleurs avait subi des  inondations catastrophiques en 1999. Chavez? Hmm? <!--more--><\/p>\n<p>Mais peu avant la conf\u00e9rence de Copenhague sur le climat, en 2009, la traduction en espagnol de mon livre, <em>Comment les riches d\u00e9truisent la plan\u00e8te<\/em>,  lui fut transmise. Il faut savoir que Chavez participait tous les  dimanches \u00e0 un programme radiophonique de plusieurs heures, m\u00e9lange de  radio-crochet, chansons, jeux, informations sur l&rsquo;activit\u00e9 du  gouvernement et \u00e9ducation politique populaire. Une part de la faconde  intarissable de l&rsquo;animateur Chavez venait de ses lectures de la semaine,  que ce quasi-autodidacte d\u00e9vorait pendant ses nuits.<\/p>\n<p>Advint la  conf\u00e9rence de Copenhague sur le climat en 2009. On l&rsquo;a oubli\u00e9  aujourd&rsquo;hui, mais cette conf\u00e9rence se produisit dans un \u00e9tat  d&rsquo;excitation impressionnant, dans un moment o\u00f9 la question du changement  climatique n&rsquo;avait jamais \u00e9t\u00e9 aussi pr\u00e9sente dans la conscience  collective. Et tout ce que la plan\u00e8te comptait d&rsquo;\u00e9cologistes engag\u00e9s et  de chefs d&rsquo;Etat \u00e9taient anim\u00e9s par l&rsquo;irr\u00e9pressible besoin\u2026 d&rsquo;ETRE LA.<\/p>\n<p>Permettez-moi de vous raconter comment j&rsquo;ai crois\u00e9 alors Hugo Chavez \u2013 il s&rsquo;agit en  fait des notes que j&rsquo;avais prises alors, pour le r\u00e9cit de la conf\u00e9rence.<\/p>\n<p>Ainsi  donc, le 16 d\u00e9cembre 2009\u2026 me voici \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la salle pl\u00e9ni\u00e8re, qui  normalement interdite d&rsquo;acc\u00e8s aux journalistes. Soudain, des gardes de  l&rsquo;ONU courent derri\u00e8re nous, rentrent tout agit\u00e9s dans la grande salle.  On se faufile \u00e0 leur suite.<\/p>\n<p>Deux manifestants ont r\u00e9ussi \u00e0  parvenir \u00e0 la tribune et \u00e0 crier des slogans. Ils sont emmen\u00e9s par les  gardes de l&rsquo;ONU, et ils continuent \u00e0 crier sous les applaudissements des  d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s. Je file vers eux avec mon magn\u00e9to, voir ce qui se passe,  quand je suis interpell\u00e9 : <em>\u00ab\u00a0Eh Herv\u00e9 !\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>C&rsquo;est Maximilien, un conseiller de Chavez.<em> \u00ab\u00a0Reste, il va parler dans un moment\u00a0\u00bb.<\/em> Maximilien propose d&rsquo;aller saluer le pr\u00e9sident. On y va. La salle  contient mille personnes \u00e0 l&rsquo;aise, assises en rang derri\u00e8re des tables,  chacun avec un panonceau portant le nom de son pays ; les pays sont  align\u00e9s par ordre alphab\u00e9tique. C&rsquo;est une salle, vous mettriez deux  terrains de football. El presidente a, sur sa table, un exemplaire de <em>Como los ricos destruyen el planeta<\/em>. Maximilien me pr\u00e9sente (tout \u00e7a, alors qu&rsquo;un autre pr\u00e9sident est en train de parler \u00e0 la tribune), <em>\u00ab\u00a0c&rsquo;est l&rsquo;auteur. &#8211; Ah, tr\u00e8s bien\u00a0\u00bb.<\/em> Chavez me serre la main, il serre ferme. <em>\u00ab\u00a0Et comment \u00e7a se prononce, votre nom, Kemp\u00e9 ? Et le pr\u00e9nom, Arve ?\u00a0\u00bb<\/em> Je lui dis. On retourne \u00e0 notre place, \u00e7a va bient\u00f4t \u00eatre son tour.<\/p>\n<p>Ca  y est. Il monte \u00e0 la tribune, ses documents dans la main. Vingt minutes  de festival. Tiens, Alain Jupp\u00e9 arrive, va s&rsquo;assoir. Chavez : <em>\u00ab\u00a0A bas  la dictature imp\u00e9riale&#8230; il n&rsquo;y a pas de d\u00e9mocratie&#8230; Deux jeunes  sont mont\u00e9s \u00e0 la tribune, je salue tous ceux qui sont dehors<\/em> [les manifestants], <em>ce  sont des jeunes, ils sont pr\u00e9occup\u00e9s de l&rsquo;avenir&#8230; Un fant\u00f4me r\u00f4de  parmi nous, dans les couloirs, dans cette salle, personne n&rsquo;ose le  nommer, c&rsquo;est le capitalisme !&#8230; Les manifestants ont deux slogans que  je reprends mon compte <\/em> : &lsquo;Changer le syst\u00e8me, pas le climat&rsquo;, <em>et <\/em> &lsquo;Si le climat \u00e9tait une banque, on l&rsquo;aurait d\u00e9j\u00e0 sauv\u00e9\u00a0\u00bb.  Applaudissements, comme souvent ensuite, et comme quand les deux jeunes  criaient, tout \u00e0 l&rsquo;heure. La majorit\u00e9 des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s viennent de pays du  sud, et ils se d\u00e9foulent.<\/p>\n<p>Et puis Chavez dit : <em>\u00ab Je recommande le livre de Herv\u00e9 Kempf, vous pouvez l&rsquo;avoir en espagnol et en fran\u00e7ais, en anglais probablement, <\/em> Como los ricos destruyen el planeta, <em>Herv\u00e9 \u2013 Kempf,<\/em>&#8211;  il insiste bien sur les mots, c&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il voulait v\u00e9rifier la  bonne prononciation, il y a un instant &#8211; Como los ricos destruyen el  planeta. <em>Le Christ a dit : il est plus facile \u00e0 un chameau de passer  dans le trou d&rsquo;une aiguille qu&rsquo;\u00e0 un riche de rentrer au paradis. Les  riches d\u00e9truisent la plan\u00e8te. Peut-\u00eatre pensent-ils qu&rsquo;il y en aura une  autre quand ils auront d\u00e9truit celle-ci, mais je ne peux en voir aucune  dans la galaxie pour l&rsquo;instant. Ignacio Ramonet m&rsquo;a donn\u00e9 ce livre, il  est quelque part dans la salle. Je le regardais, et \u00e0 la fin de  l&rsquo;introduction, il y a une phrase tr\u00e8s importante : Kempf dit ceci :<\/em> \u2018Nous ne pourrons pas r\u00e9duire la consommation mat\u00e9rielle si nous ne  veillons pas \u00e0 ce que les tout puissants descendent de plusieurs  \u00e9chelons, et si nous ne luttons pas contre les in\u00e9galit\u00e9s. \u2026 Moins  consommer, mieux partager.&rsquo; <em>Je crois que c&rsquo;est un excellent conseil  que nous donne cet \u00e9crivain fran\u00e7ais, Herv\u00e9 Kempf. Ceci dit, Monsieur le  pr\u00e9sident, le changement climatique\u2026 \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Ouah ! C&rsquo;est fort, \u00e7a ! Le discours se poursuit, je continue \u00e0 prendre des notes.<em> \u00ab\u00a0&#8230; 7 % de la population font 50 % des \u00e9missions mondiales, 50 % de la  population font 7 % des \u00e9missions&#8230; le changement climatique n&rsquo;est pas  le seul probl\u00e8me dont souffre l&rsquo;humanit\u00e9&#8230;\u00a0\u00bb<\/em> Il cite Leonardo Boff, un th\u00e9ologien de la lib\u00e9ration, Simon Bolivar, rappelle qu&rsquo;en 1999, le Venezuela a connu <em>\u00ab\u00a0la trag\u00e9die la plus grave de notre histoire\u00a0\u00bb<\/em>, \u00e9voque <em>\u00ab\u00a0le socialisme, autre fant\u00f4me qui hante nos salles. Voil\u00e0 la voie \u00e0 suivre pour sauver la plan\u00e8te\u00a0\u00bb<\/em>, l\u00e8ve <em>\u00ab\u00a0le drapeau du Christ, de Mahomet, de la paix, de l&rsquo;amour\u00a0\u00bb<\/em>, cite Fidel Castro, Rosa Luxemburg, et conclut sur le Christ :<em> \u00ab\u00a0Bienheureux les pauvres\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Applaudissements. Une foule se rassemble autour de Chavez, revenu s&rsquo;assoir. C&rsquo;est une star, pas de doute.<\/p>\n<p>Le  lendemain, conf\u00e9rence de presse de l&rsquo;ALBA (alliance bolivarienne pour  les peuples d&rsquo;Am\u00e9rique) : Chavez, Morales, le vice-pr\u00e9sident cubain, une  ministre \u00e9quatorienne. Morales : <em>\u00ab\u00a0Le capitalisme fait de la Terre-m\u00e8re une marchandise\u00a0\u00bb.<\/em> Le Cubain :<em> \u00ab\u00a0L&rsquo;Alliance bolivarienne n&rsquo;est pas seulement pour les peuples d&rsquo;Am\u00e9rique, mais pour les peuples du monde\u00a0\u00bb<\/em>. L&rsquo;Equatorienne : <em>\u00ab\u00a0On ne peut accepter que les pays en premi\u00e8re classe d\u00e9cident pour les autres\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Les  pr\u00e9sidents partent, mais leurs d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s restent. A la sortie,  confusion, attroupement, sur la tribune, Amy Goodman, de Democracy Now,  est mont\u00e9e avec son cadreur et esp\u00e8re l&rsquo;interview. Avec quelques autres  journalistes, qui vont vite former une petite troupe, on monte et se  place derri\u00e8re elle, d\u00e9bordant la s\u00e9curit\u00e9. Chavez revient vers la  cam\u00e9ra.<\/p>\n<p>Chavez r\u00e9pond \u00e0 Goodman, je suis juste derri\u00e8re elle, je  pourrais poser mon bras sur son \u00e9paule, bras au bout duquel il y a mon  magn\u00e9to, qui esp\u00e8re capter Chavez en face, la traductrice \u00e0 gauche, au  milieu de la jungle des micros, cam\u00e9ras, perches de son, appareils  photo. Chavez regarde intens\u00e9ment la journaliste, Amy Goodman, comme si  c&rsquo;\u00e9tait vraiment \u00e0 elle qu&rsquo;il parlait, et c&rsquo;est vraiment \u00e0 elle qu&rsquo;il  parle, visage carr\u00e9, fort, un peu en sueur, \u00e9nergique mais avenant.<\/p>\n<p>Ces  personnages \u2013 Chavez, Obama, Sarkozy, tous ces gens, quel que soit ce  que l&rsquo;on pense d&rsquo;eux \u2013 sont des piles d&rsquo;\u00e9nergie, des miroirs fascinants,  des charmeurs envo\u00fbtants. S&rsquo;ils sont l\u00e0 o\u00f9 ils sont, c&rsquo;est aussi gr\u00e2ce \u00e0  ce don \u00e9trange de capter les regards et l&rsquo;attention, comme la reine  dans la ruche. Je pense \u00e0 cette remarque lue il y a longtemps \u00e0 propos  de Mick Jagger : quand il parle \u00e0 quelqu&rsquo;un, il lui donne vraiment  l&rsquo;impression de lui accorder toute son attention. Le\u00e7on retenue : quand  on parle \u00e0 quelqu&rsquo;un, lui \u00eatre vraiment attentif. C&rsquo;est ce que fait  Chavez : il parle, et c&rsquo;est vraiment \u00e0 son interlocuteur qu&rsquo;il parle, de  ses mots, de son cerveau et de son \u00e2me. Et c&rsquo;est par cette  attention donn\u00e9e que, anges ou d\u00e9mons, les types comme lui gagnent.<\/p>\n<p>Je  n&rsquo;\u00e9coute pas vraiment, je m&rsquo;impr\u00e8gne de la situation, observe Chavez \u00e0  un m\u00e8tre de moi \u00e0 peine, entend une question de Goodman : <em>\u00ab Aux Etats-Unis, on dit que vous \u00eates un dictateur \u00bb<\/em>. Il sourit en coin, et plut\u00f4t que de s&rsquo;indigner, il renvoie la balle en parlant de <em>\u00ab l&rsquo;Empire \u00bb<\/em> et de sa guerre en Afghanistan.<\/p>\n<p>D\u00e9cryptage de l&rsquo;enregistrement, ce dimanche :<\/p>\n<p><em>\u00ab Goodman : Quel niveau de r\u00e9duction des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre soutenez-vous ?<br \/>\n&#8211; Chavez : 100 % ! Il faut un nouveau mod\u00e8le de vie, changer de syst\u00e8me, sortir du capitalisme.<br \/>\n&#8211; Comment allez-vous vous d\u00e9barrasser du capitalisme ?<br \/>\n&#8211; Comme ils ont fait \u00e0 Cuba. Donner le pouvoir au peuple, l&rsquo;enlever aux riches. On ne peut le faire que par la r\u00e9volution.<br \/>\n&#8211; Comment r\u00e9agissez-vous au discours d&rsquo;Obama ?<br \/>\n&#8211; Obama est pour moi une grande frustration. Il pourrait s&rsquo;inscrire  dans l&rsquo;histoire, mais il a cr\u00e9\u00e9 une grande frustration pour ceux qui ont  vot\u00e9 pour lui dans l&rsquo;espoir du changement. Il ne fait que continuer la  politique de Bush.<br \/>\n&#8211; Pouvez-vous donner des exemples ?<br \/>\n&#8211; La  guerre. J&rsquo;ai vu Obama quand il est venu nous saluer au Sommet des  Am\u00e9riques, on a parl\u00e9, je lui ai dit, \u2018travaillons ensemble \u00e0 la paix en  Colombie&rsquo;. Mais il ne s&rsquo;est absolument rien pass\u00e9, sinon qu&rsquo;il a  install\u00e9 sept nouvelles bases militaires en Colombie. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;un  exemple. En Irak et en Afghanistan, la guerre continue. Je suis d\u00e9sol\u00e9  pour vous, vous devriez avoir un meilleur gouvernement.<br \/>\n&#8211; Le gouvernement des Etats-Unis vous qualifie de dictateur. Que r\u00e9pondez-vous ?<br \/>\n&#8211; Merveilleux. Merveilleux. L&#8217;empire m&rsquo;appelle un dictateur<\/em> (rire). <em>Je suis heureux. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Je ne comprends pas la suite, je vous la dirai quand un ami me l&rsquo;aura traduit.<\/p>\n<p><em>\u00ab Merci, je dois partir, bonne chance \u00bb<\/em>.  L&rsquo;entretien a dur\u00e9 moins de dix minutes, la for\u00eat de micros se dissout,  le pr\u00e9sident quitte la salle entour\u00e9 d&rsquo;un essaim d&rsquo;humains, Goodman,  isol\u00e9e, se d\u00e9tend, ravie de son coup \u2013 ce n&rsquo;est pas si facile que \u00e7a  d&rsquo;attraper quelqu&rsquo;un comme Chavez -, se tourne vers son \u00e9quipe en  souriant : <em>\u00ab On l&rsquo;a eu ! \u00bb \u00ab C&rsquo;est bien en bo\u00eete \u00bb<\/em>, assurent ses \u00e9quipiers.<\/p>\n<p>Retour en 2013.<\/p>\n<p>D&rsquo;avoir  eu un lecteur aussi \u00e9minent que Chavez m&rsquo;a bien s\u00fbr conduit \u00e0 \u00eatre  beaucoup plus attentif \u00e0 son action et \u00e0 son parcours. Sans \u00eatre du tout  un bon connaisseur du Venezuela et de la politique de Chavez, voici  deux remarques que m&rsquo;inspire son parcours.<\/p>\n<p>D&rsquo;une part, Chavez  \u00e9tait \u00e9videmment quelqu&rsquo;un d&rsquo;imparfait, il n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9barrasser  son pays de la corruption, sa politique \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des m\u00e9dias semble tr\u00e8s  discutable, il aurait pu se passer de certains amis dans sa lutte  d&rsquo;ind\u00e9pendance face aux Etats-Unis, son bilan \u00e9cologique est fort ambigu, et il risquait de devenir <em>\u00ab presidente \u00bb<\/em> \u00e0 vie, ce qui est clairement trop long\u2026<\/p>\n<p>Ceci  dit, le Venezuela \u00e9tait avant lui une oligarchie o\u00f9 une classe  dirigeante, valet des Etats-Unis, maintenait dans la pauvret\u00e9 le peuple  d&rsquo;un pays dot\u00e9 d&rsquo;une \u00e9norme richesse p\u00e9troli\u00e8re : Chavez a conquis  l&rsquo;ind\u00e9pendance par rapport au puissant voisin du nord, men\u00e9 une r\u00e9elle  politique de redistribution de la richesse collective, encourag\u00e9  l&rsquo;\u00e9ducation et le syst\u00e8me de sant\u00e9, fortement r\u00e9duit l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 dans  son pays. Il a, de surcro\u00eet, ce qui n&rsquo;est pas rien, rendu \u00e0 son peuple  sa dignit\u00e9 et sa fiert\u00e9. Ce bilan est largement positif.<\/p>\n<p>D&rsquo;autre  part, la haine des grands medias occidentaux \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de Chavez m&rsquo;a  toujours stup\u00e9fi\u00e9. Son motif est simple : ils avaient peur de  l&rsquo;alternative au capitalisme qu&rsquo;il tentait d&rsquo;incarner avec d&rsquo;autres,  peur qu&rsquo;il puisse servir d&rsquo;exemple et de mod\u00e8le. Chavez n&rsquo;\u00e9tait certes  pas un saint, mais ce n&rsquo;\u00e9tait pas un d\u00e9mon. Il a toujours \u00e9t\u00e9  r\u00e9guli\u00e8rement \u00e9lu, et les prisons de Caracas ne comptaient pas de  prisonniers politiques. Et surtout, j&rsquo;ai toujours \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 de la  diff\u00e9rence de traitement des m\u00e9dias envers le Venezuela et d&rsquo;autres pays  d&rsquo;Am\u00e9rique centrale : a-t-on pr\u00eat\u00e9 la m\u00eame attention au Guatemala, au  Honduras, au Salvador, th\u00e9\u00e2tres de violentes et barbares r\u00e9pressions, et  dont les r\u00e9gimes politiques sont loin d&rsquo;\u00eatre des parangons de vertu  d\u00e9mocratique. Mais ils sont dans la main des Etats-Unis, et c&rsquo;est cela  que les m\u00e9dias de l&rsquo;oligarchie reprochaient \u00e0 Chavez : il \u00e9tait libre.<\/p>\n<p><strong>Source :<\/strong> Herv\u00e9 Kempf pour <em>Reporterre<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je n&rsquo;avais gu\u00e8re pr\u00eat\u00e9 attention \u00e0 Hugo Chavez. 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