{"id":28945,"date":"2015-10-28T09:30:54","date_gmt":"2015-10-28T08:30:54","guid":{"rendered":"http:\/\/carfree.fr\/?p=28945"},"modified":"2020-12-29T16:31:24","modified_gmt":"2020-12-29T15:31:24","slug":"low-tech-comment-entrer-dans-lere-de-la-sobriete-energetique-pour-vivre-sans-polluer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2015\/10\/28\/low-tech-comment-entrer-dans-lere-de-la-sobriete-energetique-pour-vivre-sans-polluer\/","title":{"rendered":"Comment entrer dans l&rsquo;\u00e8re de la sobri\u00e9t\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique pour vivre sans polluer"},"content":{"rendered":"<p>Les innovations high-tech, fortement consommatrices de ressources, conduisent les soci\u00e9t\u00e9s dans l\u2019impasse. Et si nous prenions le contre-pied de la course en avant technologique en nous tournant vers les low tech, les \u00ab\u00a0basses technologies\u00a0\u00bb? C\u2019est ce \u00e0 quoi invite Philippe Bihouix, ing\u00e9nieur sp\u00e9cialiste de la finitude des ressources mini\u00e8res, auteur de <em>L\u2019\u00e2ge des low tech<\/em>. \u00c0 quoi ressemblerait la vie quotidienne dans cette soci\u00e9t\u00e9 durable, o\u00f9 la sobri\u00e9t\u00e9 ne serait pas subie mais choisie? Entretien. <!--more--><\/p>\n<p><strong>Basta ! : Face \u00e0 la p\u00e9nurie de ressources, les r\u00e9ponses techniques sont souvent mises en avant. Pourquoi la troisi\u00e8me r\u00e9volution industrielle, avec ses produits high-tech et ses technologies \u00ab\u00a0vertes\u00a0\u00bb, nous conduit-elle dans l\u2019impasse, selon vous ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Philippe Bihouix<\/strong> [1] : Les high-tech sont encore en mesure de r\u00e9pondre, en partie, aux risques de p\u00e9nurie. On le voit dans le cas des \u00e9nergies fossiles: nous sommes capables d\u2019aller chercher des ressources moins accessibles, comme les gaz de schiste, les p\u00e9troles de roche-m\u00e8re, voire m\u00eame des carburants \u00e0 base de charbon ou de gaz. Mais avec une logique de rendement d\u00e9croissant, il va falloir injecter de plus en plus de technologies et de mati\u00e8res premi\u00e8res pour r\u00e9cup\u00e9rer une \u00e9nergie de moins en moins accessible, et d\u00e9penser de plus en plus d\u2019\u00e9nergie pour aller chercher des m\u00e9taux qui eux aussi se rar\u00e9fient. Cela se fait au prix d\u2019une fuite en avant. Les nouvelles solutions technologiques entra\u00eenent de nouveaux besoins et p\u00e9nuries, avec leur lot de pollutions et de destructions sociales. Cet extractivisme forcen\u00e9 va continuer \u00e0 ab\u00eemer de mani\u00e8re irr\u00e9versible, et \u00e0 un rythme acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, notre plan\u00e8te.<\/p>\n<p>Nous sommes toujours rattrap\u00e9s par les limites physiques de la plan\u00e8te. Les sc\u00e9narios de d\u00e9ploiement massif d\u2019\u00e9nergies renouvelables \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire ne sont pas compatibles avec les quantit\u00e9s de ressources accessibles, notamment m\u00e9talliques. Et les agrocarburants de premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration ont montr\u00e9 une comp\u00e9tition dans l\u2019usage des sols, comme avec les fermes solaires, qui illustrent les prochains conflits d\u2019usage. Il y a enfin la pollution que tout cela g\u00e9n\u00e9rera: ces panneaux photovolta\u00efques que l\u2019on fabrique, ces \u00e9oliennes que l\u2019on ne sait pas recycler correctement ni \u00e0 100% sont g\u00e9n\u00e9rateurs de d\u00e9chets ou d\u2019\u00e9puisement des ressources.<\/p>\n<p>Il est difficile de pr\u00e9dire si nous atteindrons ces limites dans deux ou cinq d\u00e9cennies, mais la responsabilit\u00e9 morale vis-\u00e0-vis des g\u00e9n\u00e9rations futures est \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame. Tout cela est un pari technologique. Nous sommes dans une nouvelle religion, celle de la technique.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 contre-courant, vous appelez \u00e0 nous tourner vers les low tech, les basses technologies. Qu\u2019englobent-elles? Comment les d\u00e9finir?<\/strong><\/p>\n<p>Je pars du principe que l\u2019\u00e9conomie circulaire est un doux r\u00eave. Il n\u2019est pas possible de recycler \u00e0 100% les objets que nous utilisons [2]. Tout ce qui est en train d\u2019envahir notre quotidien \u2013 l\u2019\u00e9lectronique grand public, les puces RFID ou les nanotechnologies \u2013 est consommateur de ressources. Moins de 1% des petits m\u00e9taux utilis\u00e9s par les high-tech sont recycl\u00e9s! Il faut inverser la r\u00e9flexion et aller vers des objets low tech, des basses technologies. Low tech, cela ne veut pas dire qu\u2019il n\u2019y a pas de technologie, de progr\u00e8s, de savoir, de science, ou m\u00eame de techniques assez \u00e9volu\u00e9es pour fabriquer les objets. Mais simplement que ces objets doivent \u00eatre r\u00e9parables, modulaires, r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s au maximum sans perdre de ressources au moment de leur recyclage.<\/p>\n<p>Un exemple : le v\u00e9lo. On voit appara\u00eetre des v\u00e9los couch\u00e9s, des v\u00e9los qui permettent de transporter des enfants, de d\u00e9m\u00e9nager&#8230; Le v\u00e9lo est tr\u00e8s compliqu\u00e9 \u00e0 fabriquer, comme la voiture, il demande beaucoup de technologies (m\u00e9tallurgie, chimie, usinage, etc.). Mais il devient simple \u00e0 l\u2019usage: il est robuste, on comprend imm\u00e9diatement d\u2019o\u00f9 vient une panne, il est facile \u00e0 r\u00e9parer avec quelques pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es, il est presque inusable s\u2019il est bien entretenu. Les low tech posent la question suivante: est-ce que j\u2019arrive \u00e0 satisfaire mes besoins quotidiens avec des objets plus ma\u00eetrisables, \u00e0 dur\u00e9e de vie beaucoup plus longue, sans y perdre en termes de confort, au lieu d\u2019aller vers des objets de plus en plus compliqu\u00e9s, jetables et qui nous rendent de plus en plus d\u00e9pendants des multinationales?<\/p>\n<p><strong>Se tourner vers les low tech est-il suffisant pour faire face aux d\u00e9r\u00e8glements climatiques?<\/strong><\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas de solution technologique, et encore moins de solution low tech, qui permet de continuer notre gabegie \u00e9nerg\u00e9tique actuelle et notre consommation hallucinante de mati\u00e8res premi\u00e8res! Se tourner vers la sobri\u00e9t\u00e9 est \u00e9vident. Et mieux vaut une sobri\u00e9t\u00e9 choisie qu\u2019une sobri\u00e9t\u00e9 subie. Elle peut prendre diff\u00e9rentes formes. Il y a des sobri\u00e9t\u00e9s simples et faciles qui pourraient presque passer inaper\u00e7ues, comme l\u2019interdiction des imprim\u00e9s publicitaires, des chaussures de sport qui clignotent lorsqu\u2019on marche ou des sacs plastiques. Nous pourrions d\u00e9cider d\u2019avoir moins de formats de bouteilles, un peu plus de diff\u00e9renciation sur l\u2019\u00e9tiquette, afin d\u2019embouteiller au plus pr\u00e8s des march\u00e9s et de rendre la consigne \u00e0 nouveau int\u00e9ressante \u00e9conomiquement et \u00e9cologiquement. On pourrait \u00e9conomiser au moins 160.000 tonnes de pneus us\u00e9s par an, en g\u00e9n\u00e9ralisant le rechapage des pneus pour les v\u00e9hicules des particuliers (c\u2019est-\u00e0-dire changer la bande de roulement des pneus, comme c\u2019est le cas syst\u00e9matiquement pour les poids lourds qui font jusqu\u2019\u00e0 un million de kilom\u00e8tres apr\u00e8s plusieurs rechapages, ndlr). Les solutions pour r\u00e9duire notre consommation mat\u00e9rielle sont illimit\u00e9es.<\/p>\n<p>Il y aussi des formes de sobri\u00e9t\u00e9s qui feront, a priori, un peu plus mal. Il faudra, par exemple, se tourner vers des voitures ultral\u00e9g\u00e8res qui iront moins vite, ce qui implique de brider le moteur, de r\u00e9duire les \u00e9quipements et le confort acoustique&#8230; en attendant de passer compl\u00e8tement au v\u00e9lo et aux transports en commun. Tout cela est sans doute liberticide, mais, si l\u2019on s\u2019y met tous, avec des r\u00e9glementations intelligentes, on pourrait aussi y trouver beaucoup de qualit\u00e9 de vie et de plaisir. Et il en faut! Le syst\u00e8me de croissance actuel est devenu mortif\u00e8re et n\u2019apporte plus de bonheur. J\u2019habite de plus en plus loin de mon travail, j\u2019ai de plus en plus de temps contraint, je suis pris dans les embouteillages&#8230;<\/p>\n<p>Prendre le contre-pied, c\u2019est envisager une sortie progressive de la civilisation de la voiture, au profit d\u2019un retour de la nature dans la ville, d\u2019espaces publics moins bruyants et moins dangereux pour les enfants&#8230; Et n\u2019oublions pas que la soci\u00e9t\u00e9 est par essence liberticide: apr\u00e8s tout, on n\u2019a pas le droit d\u2019immatriculer un char d\u2019assaut, il y a une limite de poids et de vitesse pour les v\u00e9hicules. Pourquoi cette limite ne pourrait-elle pas \u00e9voluer, si cela pr\u00e9sente de grands avantages?<\/p>\n<p><strong>N\u2019y a t-il pas un risque de laisser des salari\u00e9s sur le carreau?<\/strong><\/p>\n<p>La sobri\u00e9t\u00e9 \u2013 le fait de consommer moins \u2013 va \u00eatre destructrice d\u2019emplois dans l\u2019automobile, l\u2019industrie chimique, les pesticides&#8230; Mais la transition peut cr\u00e9er plus d\u2019emplois qu\u2019elle n\u2019en d\u00e9truit. La croissance des derni\u00e8res d\u00e9cennies a aussi \u00e9t\u00e9 destructrice d\u2019emplois: nous avons cr\u00e9\u00e9 des emplois dans la grande distribution et les usines, mais combien en a-t-on d\u00e9truit dans le petit commerce et l\u2019artisanat? Dans les m\u00e9tiers de services, la grande mutation ne fait que commencer, des centaines de milliers d\u2019emplois vont sans doute \u00eatre perdus: pensons par exemple aux agences bancaires qui deviennent des agences en ligne, au ph\u00e9nom\u00e8ne d'\u00a0\u00bbuberisation\u00a0\u00bb, etc. On remplace d\u2019anciens m\u00e9tiers peu qualifi\u00e9s par d\u2019autres, avec par exemple des gens charg\u00e9s d\u2019approvisionner les distributeurs de boissons et de friandises dans les stations de m\u00e9tro, ou de changer les bonbonnes d\u2019eau dans les entreprises.<\/p>\n<p>Je fais le pari que l\u2019on peut recr\u00e9er \u00e9norm\u00e9ment d\u2019emplois et revenir \u00e0 des productions de plus petite \u00e9chelle \u2013 tout en conservant les machines l\u00e0 o\u00f9 elles sont utiles, l\u00e0 o\u00f9 elles rendent le travail moins p\u00e9nible. \u00c0 commencer, peut-\u00eatre, par l\u2019agriculture, en la rendant plus intensive en main-d\u2019\u0153uvre, plus cr\u00e9atrice de sens, moins hypersp\u00e9cialis\u00e9e, pour mieux ma\u00eetriser la qualit\u00e9 de la production. On pourra aussi mieux partager le temps de travail: le fait d\u2019\u00eatre moins sp\u00e9cialis\u00e9 permet de mieux partager. Tout cela sera plus enthousiasmant que le sc\u00e9nario de statu quo, avec un nivellement par le bas du co\u00fbt du travail et donc des salaires, pouss\u00e9 par une concurrence internationale exacerb\u00e9e et un syst\u00e8me de transport mondial diablement efficace.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit aussi de faire \u00e9voluer notre syst\u00e8me de valeurs. Le m\u00e9tier de plombier est l\u2019un des plus utiles: il devrait \u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 quasiment comme un pilote d\u2019avion. Ce dernier est bien pay\u00e9 car il est responsable de nombreuses vies. Mais c\u2019est aussi le cas du plombier qui r\u00e9pare les colonnes de gaz. Les paysans, chiffonniers, m\u00e9caniciens, menuisiers, r\u00e9parateurs d\u2019\u00e9lectrom\u00e9nager ou d\u2019informatique sont les h\u00e9ros de demain!<\/p>\n<p><strong>Comment convaincre le plus grand nombre de l\u2019int\u00e9r\u00eat et de la n\u00e9cessit\u00e9 de changer? N\u2019est-il pas trop tard pour agir?<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons besoin d\u2019utopie, d\u2019espoir, de projet de vie. Les jeunes g\u00e9n\u00e9rations vivent, au rythme des annonces catastrophiques, dans ce monde d\u00e9lirant o\u00f9 l\u2019on nous explique \u00e0 la fois que la plan\u00e8te va de plus en plus mal, et qu\u2019il y a de plus en plus de technologies formidables pour nous sauver. Or, les faits montrent pour le moment que nous avons plut\u00f4t du mal \u00e0 sauver la plan\u00e8te. Peut-on donner un nouveau souffle? Ou reste-t-on avec cet horrible \u00ab\u00a0there is no alternative\u00a0\u00bb thatch\u00e9rien?<\/p>\n<p>Il n\u2019est jamais trop tard pour bouger. Les moyens financiers existent dans l\u2019agriculture. On pourrait d\u00e9cider d\u2019allouer les milliards d\u2019euros de subventions de mani\u00e8re diff\u00e9rente, en privil\u00e9giant les exploitations de plus petite taille et de polyculture, en g\u00e9rant les questions des intrants et des effluents de mani\u00e8re plus intelligente qu\u2019aujourd\u2019hui avec la Beauce d\u00e9sertique d\u2019un c\u00f4t\u00e9, et les usines \u00e0 cochons de l\u2019autre. Passer \u00e0 ce cercle vertueux implique de changer un certain nombre de r\u00e8gles du jeu fiscales et r\u00e9glementaires.<\/p>\n<p>Face \u00e0 la d\u00e9ferlante mortif\u00e8re de consommation des ressources et de production de d\u00e9chets, il y a un espace politique autour de la cr\u00e9ation d\u2019emplois. Aujourd\u2019hui, plus personne ne croit vraiment en la reprise de la croissance pour recr\u00e9er de l\u2019emploi. Est-elle seulement souhaitable d\u2019un point de vue environnemental? Bien s\u00fbr que non, puisqu\u2019on ne sait pas d\u00e9coupler croissance \u00e9conomique et croissance de la consommation \u00e9nerg\u00e9tique et de la production de d\u00e9chets \u2013 il n\u2019y a aucun exemple, aucune \u00e9tude, aucune exp\u00e9rience, aucun chiffre pour \u00e9tayer le contraire. Le pape, dans son encyclique, dit que \u00ab\u00a0<em>la terre o\u00f9 nous vivons devient moins riche et moins belle, toujours plus limit\u00e9e et plus grise, tandis qu\u2019en m\u00eame temps le d\u00e9veloppement de la technologie et des offres de consommation continue de progresser sans limite<\/em>\u00ab\u00a0. C\u2019est exactement cela. Chaque jour qui passe, on artificialise des centaines d\u2019hectares qu\u2019on transforme en parkings ou en lotissements, on perd des tonnes de terres arables par \u00e9rosion et \u00e9puisement des sols, on \u00e9loigne un peu plus les citadins de la nature&#8230; Je pense qu\u2019il y a une voie pour aller vers des soci\u00e9t\u00e9s plus soutenables, une voie certes \u00e9troite et compliqu\u00e9e, mais pas davantage que la voie technologique.<\/p>\n<p>Propos recueillis par Sophie Chapelle<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.bastamag.net\/\" target=\"_blank\">http:\/\/www.bastamag.net\/<\/a><\/p>\n<p><span class=\"spip_document_4903 spip_documents spip_documents_left\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-28946 alignright\" src=\"http:\/\/carfree.fr\/img\/2015\/10\/age-des-low-tech.jpg\" alt=\"age-des-low-tech\" width=\"180\" height=\"244\" \/><\/span>A lire\u00a0: Philippe Bihouix, <i>L\u2019\u00e2ge des low tech<\/i>, ed. Seuil, coll. Anthropoc\u00e8ne, 330 pages, avril 2014. 19,50 euros. Vous pouvez commander le livre dans la <a class=\"spip_out\" href=\"http:\/\/www.lalibrairie.com\/tous-les-livres\/l-age-des-low-tech--vers-une-civilisation-techniquement-soutenable-philippe-bihouix-9782021160727.html\" target=\"_blank\" rel=\"external\">librairie la plus proche de chez vous<\/a>, \u00e0 partir du site Lalibrairie.com.<\/p>\n<p>Photo : <a href=\"https:\/\/commons.wikimedia.org\/wiki\/File:Family_Ride_bicycle_cycle_trailer.jpg\" target=\"_blank\">Kamyar Adl<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p>[1] Philippe Bihouix est ing\u00e9nieur. Sp\u00e9cialiste de la finitude des ressources mini\u00e8res et de son \u00e9troite interaction avec la question \u00e9nerg\u00e9tique, il est coauteur de l\u2019ouvrage <em>Quel futur pour les m\u00e9taux?<\/em>, ed. EDP Sciences, 2010. Lire notre article \u00ab\u00a0<em>Quand le monde manquera de m\u00e9taux<\/em>\u00ab\u00a0. Philippe Bihouix a \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019ouvrage collectif <em>Crime Climatique, Stop !<\/em> (ed. Seuil, 2015).<\/p>\n<p>[2] Philippe Bihouix pointe deux raisons : l\u2019usage dispersif et la d\u00e9gradation de l\u2019usage apr\u00e8s recyclage (c\u2019est m\u00e9lang\u00e9, on n\u2019arrive pas \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer ou on perd en fonctionnalit\u00e9s et en performances).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les innovations high-tech, fortement consommatrices de ressources, conduisent les soci\u00e9t\u00e9s dans l\u2019impasse. 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