{"id":364,"date":"2005-04-16T13:21:09","date_gmt":"2005-04-16T12:21:09","guid":{"rendered":"http:\/\/carfree.fr\/index.php\/2005\/04\/16\/quelles-alternatives-au-petrole\/"},"modified":"2024-02-29T08:47:05","modified_gmt":"2024-02-29T07:47:05","slug":"quelles-alternatives-au-petrole","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2005\/04\/16\/quelles-alternatives-au-petrole\/","title":{"rendered":"Quelles alternatives au p\u00e9trole ?"},"content":{"rendered":"<p>Un affolement g\u00e9n\u00e9ral gagne aujourd\u2019hui la France car les prix du p\u00e9trole augmentent. En 1998, il y a seulement 6 ans, le baril[1] du brut \u00e9tait \u00e0 13 dollars\u2026 aujourd\u2019hui il atteint les 55 dollars. Mais pourquoi une telle hausse ? <!--more--><\/p>\n<p>C\u2019est une \u00e9vidence, nos soci\u00e9t\u00e9s reposent sur les \u00e9nergies fossiles[2] : engrais et pesticides issus de la chimie du p\u00e9trole utilis\u00e9s en agriculture intensive, transport des marchandises et des personnes, chauffage, climatisation, industrie\u2026 Jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, un \u00e9quilibre existait entre la production de p\u00e9trole et sa consommation d\u2019o\u00f9 une relative stabilit\u00e9 des prix. Mais en 5 ans, le parc automobile de la Chine[3] a doubl\u00e9; l\u2019Inde, l\u2019Indon\u00e9sie et le Br\u00e9sil suivent la m\u00eame pente car ces pays \u00e9mergeants souhaitent vivre, et c\u2019est l\u00e9gitime, au m\u00eame niveau de consommation que les pays occidentaux. La demande est donc en augmentation croissante. 82,4 millions de barils[4] de p\u00e9trole sont consomm\u00e9s chaque jour dans le monde.<\/p>\n<p>D\u2019autre part les ressources p\u00e9troli\u00e8res deviennent un enjeu g\u00e9opolitique majeur et presque tous les grands sites de production sont le lieu de conflits : Nigeria, Irak, Venezuela\u2026 Les r\u00e9serves de p\u00e9trole, o\u00f9 qu\u2019elles se trouvent, suscitent de plus en plus de convoitise. Enfin, les r\u00e9serves p\u00e9troli\u00e8res[5] sont s\u00fbrement beaucoup plus basses que celles annonc\u00e9es, comme l\u2019indique la tr\u00e8s s\u00e9rieuse ASPO (Association pour l\u2019\u00e9tude du Peak Oil). \u00ab Il semble que nous ayons franchi le cap (le peak oil) o\u00f9 la production ne fera que chuter. Il y a huit mois, la soci\u00e9t\u00e9 Royal Dutch\/Shell a \u00e9branl\u00e9 le monde du p\u00e9trole en reconnaissant que ses r\u00e9serves \u00e9taient surestim\u00e9es de 20 %. Au mois d\u2019ao\u00fbt, Mamdouh G. Salameh, un consultant r\u00e9put\u00e9 membre de l\u2019Institute for Strategic Studies, \u00e0 Londres, a affirm\u00e9 dans Petroleum Review, p\u00e9riodique r\u00e9put\u00e9 de l\u2019industrie, que les r\u00e9serves mondiales \u00e9taient surestim\u00e9es de 15 %. Dans les ann\u00e9es 80, les principaux pays producteurs membres de l\u2019OPEP ont augment\u00e9 leurs r\u00e9serves d\u2019un trait, sans que cela ne soit li\u00e9 \u00e0 aucune nouvelle d\u00e9couverte. La raison: les quotas de production sont en fonction des r\u00e9serves prouv\u00e9es. Plus vous en avez, plus vous pouvez produire. C\u2019est le Kowe\u00eft qui a parti le bal en 1985, augmentant ses r\u00e9serves de 50 % sans raison apparente. Le Venezuela a suivi en 1988, en incluant dans ses r\u00e9serves le p\u00e9trole lourd. D\u2019autres pays, dont Duba\u00ef et Abu-Dhabi, ont embo\u00eet\u00e9 le pas, pour ne pas perdre leur part du g\u00e2teau. L\u2019Arabie Saoudite a ferm\u00e9 la marche en 1990, augmentant d\u2019un coup ses r\u00e9serves de plus de 50 %. \u00bb (Le sombre avenir du p\u00e9trole, Cyberpress).<\/p>\n<p>La flamb\u00e9e inexorable des prix du p\u00e9trole remet brutalement en cause notre mod\u00e8le \u00e9conomique depuis longtemps d\u00e9nonc\u00e9 par les \u00e9cologistes. Subitement, on prend conscience que les ressources de la terre sont \u00e9puisables et que l\u2019on est trop nombreux sur terre pour vivre selon les standards occidentaux. Les esprits peu pr\u00e9par\u00e9s et soucieux uniquement de leur porte monnaie hurlent de d\u00e9sespoir.<br \/>\n<span style=\"font-weight: bold\"><br \/>\nQuelles alternatives aux \u00e9nergies fossiles ?<\/span><\/p>\n<p>Les \u00ab biocarburants \u00bb ou plut\u00f4t les \u00ab agrocarburants \u00bb sont pr\u00e9sent\u00e9s comme une alternative au p\u00e9trole. A partir de bl\u00e9, de betterave, de colza ou d\u2019autres plantes on entend produire des carburants \u00ab bio \u00bb. Effectivement les plantes fixent le dioxyde de carbone lors du cycle de Calvin de la photosynth\u00e8se, et l\u2019int\u00e8gre \u00e0 des mol\u00e9cules de sucre en C5 gr\u00e2ce au travail de l\u2019enzyme Rubisco notamment. La plante rejette du dioxyg\u00e8ne en d\u00e9chet dans l\u2019atmosph\u00e8re. Lors de la combustion dans les moteurs des v\u00e9hicules, ce carbone fix\u00e9 par la plante et que l\u2019on retrouve dans l\u2019agrocarburant (fili\u00e8re huile ou fili\u00e8re \u00e9thanol) est rel\u00e2ch\u00e9 dans l\u2019atmosph\u00e8re. Le bilan carbone est donc \u00e0 peu pr\u00e8s nul. Tout parait donc idyllique si l\u2019on ne prend pas en compte le fait que pour produire l\u2019agrocarburant, il faut des engrais dont la fabrication, le transport et la distribution est co\u00fbteuse en \u00e9nergie, il faut semer, cultiver, traiter les plantes \u00e0 tr\u00e8s grande \u00e9chelle pour subvenir aux besoins actuels de nos soci\u00e9t\u00e9s. Pour satisfaire les besoins actuels de la France en p\u00e9trole, et en rempla\u00e7ant ce dernier par les agrocarburants, il faudrait selon l\u2019ADEME cultiver plus de 120%[6] de la surface de la France : les agrocarburants ne peuvent donc pas \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s comme une alternative durable au p\u00e9trole.<\/p>\n<p>La solution du dihydrog\u00e8ne n\u2019est gu\u00e8re plus reluisante : le principe du fonctionnement d\u2019un moteur \u00e0 dihydrog\u00e8ne (pile \u00e0 combustible \u00e0 dihydrog\u00e8ne) est le suivant : le dihydrog\u00e8ne se combine au dioxyg\u00e8ne pour former de l\u2019eau, cette r\u00e9action exothermique (l\u2019enthalpie libre de la r\u00e9action varie entre -237 ou -229 kJ\/mol en fonction du mode de production) lib\u00e9rant beaucoup d\u2019\u00e9nergie que l\u2019on transforme in fine en \u00e9nergie cin\u00e9tique pour faire avancer le v\u00e9hicule[7]. Le d\u00e9chet produit est l\u2019eau et encore une fois, le tableau pr\u00e9sent\u00e9 semble merveilleux. Sauf que des probl\u00e8mes essentiels se posent : en premier lieu la synth\u00e8se du dihydrog\u00e8ne s\u2019effectue \u00e0 l\u2019heure actuelle \u00e0 partir d\u2019\u00e9nergies fossiles, gaz naturel en particulier. Une deuxi\u00e8me voie de synth\u00e8se du dihydrog\u00e8ne, l\u2019\u00e9lectrolyse de l\u2019eau, n\u00e9cessite de l\u2019\u00e9nergie[8]. Le probl\u00e8me environnemental est donc d\u00e9plac\u00e9 en amont et on donne au consommateur l\u2019illusion d\u2019\u00eatre propre. Se pose \u00e9galement le probl\u00e8me du stockage dans le v\u00e9hicule de ce gaz tr\u00e8s explosif et volumineux[9]. Une voie de recherche int\u00e9ressante est de produire du dihydrog\u00e8ne \u00e0 partir de l\u2019\u00e9nergie solaire : l\u2019id\u00e9e est s\u00e9duisante mais il se pose encore le probl\u00e8me de l\u2019investissement \u00e9nerg\u00e9tique n\u00e9cessaire \u00e0 la production du gaz. Il faut fabriquer les cellules photovolta\u00efques, rechercher, transporter, transformer les mat\u00e9riaux, fabriquer et entretenir les usines\u2026Tout ceci a un co\u00fbt \u00e9nerg\u00e9tique \u00e9lev\u00e9 \u00e0 prendre en compte dans la balance. Les islandais fabriquent du dihydrog\u00e8ne \u00e0 partir de l\u2019\u00e9nergie g\u00e9othermique, l\u2019Islande \u00e9tant situ\u00e9e \u00e0 la fois sur une dorsale m\u00e9dio-oc\u00e9anique et un point chaud, lieu propice aux flux hydrothermaux facilement exploitables depuis la surface.<\/p>\n<p>Les fuites du dihydrog\u00e8ne[10] sont un autre probl\u00e8me inqui\u00e9tant lors de sa production. Ces fuites sont in\u00e9vitables, et on imagine facilement leur importance dans le cas d\u2019une production \u00e0 grande \u00e9chelle ; le dihydrog\u00e8ne lib\u00e9r\u00e9 peut alors, selon des chercheurs am\u00e9ricains, venir se combiner \u00e0 l\u2019oxyg\u00e8ne et perturber gravement la couche d\u2019ozone. La voie du dihydrog\u00e8ne ne peut donc pas aujourd\u2019hui \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e comme une alternative durable au p\u00e9trole.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re de transport, une autre alternative propos\u00e9e est celle du \u00ab moteur \u00e0 eau \u00bb. Il ne s\u2019agit en fait que d\u2019un moteur o\u00f9 la production du dihydrog\u00e8ne est r\u00e9alis\u00e9e au sein m\u00eame du v\u00e9hicule par \u00e9lectrolyse de l\u2019eau (, donc en consommant de l\u2019\u00e9nergie\u2026En ce qui concerne le moteur \u00ab PANTONE \u00bb, il s\u2019agit simplement d\u2019un moteur o\u00f9 l\u2019on m\u00e9lange de l\u2019eau avec le carburant. La lib\u00e9ration de CO2 reste tr\u00e8s importante. Enfin, le moteur \u00e0 air comprim\u00e9[11] fonctionne avec une r\u00e9serve d\u2019air que l\u2019on comprime gr\u00e2ce \u00e0 de l\u2019\u00e9nergie \u00e9lectrique. Il se pose donc encore une fois le probl\u00e8me de la production de l\u2019\u00e9nergie \u00e9lectrique. Le moteur \u00e0 air comprim\u00e9 coupl\u00e9 \u00e0 une production \u00e9lectrique propre (\u00e9olien ou nucl\u00e9aire propre) est r\u00e9ellement une solution d\u2019avenir. En l\u2019\u00e9tat actuel, \u00e9tant donn\u00e9 les sources d\u2019\u00e9nergie utilis\u00e9es pour produire l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, le moteur \u00e0 air comprim\u00e9 n\u2019apporte pas d\u2019avantage environnemental majeur : le CO2 est lib\u00e9r\u00e9 dans les centrales thermiques classiques productrices d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 (charbon, p\u00e9trole, gaz naturel) au lieu d\u2019\u00eatre lib\u00e9r\u00e9 par l\u2019automobile; Il en est de m\u00eame pour la voiture \u00e9lectrique classique ; Le consommateur peu inform\u00e9 \u00e0 cependant l\u2019illusion d\u2019\u00eatre propre. Enfin, Toyota vient de lancer la Prius (prix d\u2019achat : 25000 euros) qui a la particularit\u00e9 de combiner moteur \u00e0 essence et moteur \u00e9lectrique. La diminution de production de CO2 est r\u00e9elle mais les \u00e9missions de CO2 sont encore trop importantes pour envisager son utilisation \u00e0 grande \u00e9chelle. Les solutions techniques existent donc en mati\u00e8re de transport pour se passer du p\u00e9trole mais il se pose le probl\u00e8me de la production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 propre. De plus, un v\u00e9hicule m\u00eame 100% propre ne r\u00e9glera pas les probl\u00e8mes d\u2019encombrement urbain et de d\u00e9structuration des villes.<\/p>\n<p><span style=\"font-weight: bold\">De la transition nucl\u00e9aire \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 sobre et \u00e9co-responsable<\/span><\/p>\n<p>Que peut\u2013on faire alors ? Compte tenu de la taille de la population humaine (plus de 6 400 000 000 \u00eatres humains\u2026), la seule solution s\u00e9rieuse et responsable est d\u2019une part de s\u2019orienter vers la sobri\u00e9t\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et d\u2019autre part de d\u00e9velopper la recherche pour obtenir une \u00e9nergie nucl\u00e9aire[12] civile propre ainsi que des \u00e9nergies renouvelables efficaces. On doit stimuler la recherche sur l\u2019\u00e9limination des d\u00e9chets radioactifs ultimes car le nucl\u00e9aire ma\u00eetris\u00e9 est objectivement une \u00e9nergie fantastique[13]. Certains \u00e9cologistes, tr\u00e8s investis dans leur combat pour d\u00e9fendre la terre et donc les hommes, rejettent \u00e0 la fois le p\u00e9trole et le nucl\u00e9aire mais \u00e0 mon sens l\u2019on ne peut malheureusement pas passer du jour au lendemain d\u2019une situation de luxe \u00e9nerg\u00e9tique \u00e0 celle de la sobri\u00e9t\u00e9. Il y a le facteur temps \u00e0 prendre en compte. L\u2019\u00e9ducation des citoyens est fondamentale mais je pense qu\u2019il faut rester r\u00e9aliste : le comportement des 6,4 milliards d\u2019humains ne changera pas tout de suite.<\/p>\n<p>Le p\u00e9trole induit, \u00e0 tous les niveaux de sa cha\u00eene de production, de graves probl\u00e8mes environnementaux : conflits (puits de p\u00e9trole incendi\u00e9s au Koweit par exemple), mar\u00e9es noires, pollution de l\u2019air, effet de serre additionnel coupl\u00e9 aux changements climatiques\u2026 Dans l\u2019imm\u00e9diat, le nucl\u00e9aire est aujourd\u2019hui la seule \u00e9nergie permettant de sortir du p\u00e9trole en permettant une transition douce, un changement progressif du comportement des citoyens. Face aux menaces environnementales actuelles il faut hi\u00e9rarchiser les r\u00e9ponses : la sortie du p\u00e9trole me semble vraiment une priorit\u00e9. La sortie du nucl\u00e9aire devra \u00eatre envisag\u00e9e ensuite, l\u2019Uranium \u00e9tant d\u2019ailleurs une ressource limit\u00e9e. La sortie du nucl\u00e9aire ne doit pas signifier le retour du charbon ou du gaz naturel.<\/p>\n<p>Les \u00e9nergies renouvelables (\u00e9olien offshore, g\u00e9othermie, solaire thermique\u2026) sont les \u00e9nergies du futur qui peuvent \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9es dans une soci\u00e9t\u00e9 sobre et \u00e9co \u2013 responsable : nos soci\u00e9t\u00e9s ne sont pas encore pr\u00eates. Enfin le d\u00e9veloppement agro-industriel des \u00ab biocarburants \u00bb pour remplacer le p\u00e9trole est une tr\u00e8s s\u00e9rieuse menace environnementale qu\u2019il faut combattre d\u00e8s aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p><span style=\"font-weight: bold\">Changer ses comportements <\/span><\/p>\n<p>Le nucl\u00e9aire propre devrait \u00eatre associ\u00e9 aux \u00e9nergies renouvelables[14] et \u00e0 un changement comportemental des citoyens. Il est souhaitable par exemple, que tous les nouveaux b\u00e2timents construits int\u00e8grent les normes H.Q.E. (Haute Qualit\u00e9 Environnementale) ; Ces b\u00e2timents \u00ab \u00e9co intelligents \u00bb optimisent les \u00e9conomies d\u2019\u00e9nergie et d\u2019eau ainsi que leurs impacts sur l\u2019environnement ext\u00e9rieur (gestion des d\u00e9chets). Il permettent \u00e9galement de cr\u00e9er un environnement int\u00e9rieur sain et confortable : confort hygrothermique, confort acoustique, confort visuel, confort olfactif. Il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9ponse op\u00e9rationnelle \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019int\u00e9grer les crit\u00e8res du d\u00e9veloppement durable dans l\u2019activit\u00e9 du b\u00e2timent. Un \u00e9tablissement scolaire HQE co\u00fbte 8% plus cher qu\u2019un \u00e9tablissement classique mais cet effort \u00e0 l\u2019investissement initial est r\u00e9compens\u00e9 par environ 30% d\u2019\u00e9conomies d\u2019\u00e9nergie et de fonctionnement et les b\u00e9n\u00e9fices pour l\u2019\u00e9ducation des \u00e9l\u00e8ves et la pr\u00e9servation de l\u2019environnement terrestre.<\/p>\n<p>Autre action imm\u00e9diate possible : saufs cas particuliers, ne plus utiliser sa voiture en ville, utiliser les transports en commun propres, le v\u00e9lo, les rollers, la marche. Les syst\u00e8mes du car sharing (autopartage) et du covoiturage sont \u00e9galement \u00e0 encourager[15]. Une fiscalit\u00e9 dissuasive favorisant la diminution de l\u2019utilisation de la voiture en ville et le d\u00e9veloppement des transports en commun est urgente : taxe \u00e0 l\u2019achat du v\u00e9hicule, \u00e9cotaxe sur les carburants, p\u00e9age \u00e0 l\u2019entr\u00e9e des villes (comme \u00e0 Londres), augmentation du co\u00fbt des places de parking en ville, et parall\u00e8lement diminution importante des prix des transports en commun. Ces derniers devraient \u00eatre gratuits pour les jeunes afin de les habituer \u00e0 utiliser ce mode de d\u00e9placement.<\/p>\n<p>Les d\u00e9placement sportifs doux, non bruyants et non encombrants, permettent d\u2019am\u00e9liorer la sant\u00e9 des personnes et de r\u00e9aliser de pr\u00e9cieuses \u00e9conomies : poss\u00e9der une voiture co\u00fbte tout compris selon l\u2019INSEE 430 euros par mois en moyenne. Favoriser la marche et le v\u00e9lo, c\u2019est aussi r\u00e9duire la facture sant\u00e9 fran\u00e7aise : ob\u00e9sit\u00e9, maladies cardiovasculaires, cancer, stress. Rappelons que 40% des d\u00e9placements font mois de 2 km et que le taux d\u2019occupation des voitures en France est de 1,1. Le gisement d\u2019\u00e9conomies d\u2019\u00e9nergies r\u00e9alisables en mati\u00e8re de transport est donc consid\u00e9rable. Selon un sondage de l\u2019IPSOS[16] du 27 septembre 2004, 79% des fran\u00e7ais sont pr\u00eats \u00e0 utiliser les transports en commun pour se rendre \u00e0 leur travail et r\u00e9duire ainsi leur impact sur le climat (seuls 17% sont hostiles \u00e0 ce changement). Trente millions d\u2019automobiles fonctionnant avec un moteur \u00e0 explosion sont encore sur nos routes. Il est temps de passer des intentions \u00e0 l\u2019action. L\u2019avenir de l\u2019aventure humaine est entre nos mains.<\/p>\n<p>Je suis, comme le dit si bien l\u2019astrophysicien Hubert REEVES, \u00ab volontairement optimiste \u00bb : l\u2019homme peut changer et \u00e9chapper \u00e0 la proph\u00e9tie de L\u00e9onard de Vinci.<\/p>\n<p>Olivier DANIELO \/Rennes<\/p>\n<p>\u201cRien ne sert \u00e0 l\u2019homme de vouloir gagner la lune s\u2019il perd la terre\u201d.<br \/>\nFran\u00e7ois MAURIAC<br \/>\n\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014-<\/p>\n<p>[1] Un baril de p\u00e9trole \u00e9quivaut \u00e0 0,1364 tonnes soit 136,4kg ; une tonne correspond \u00e0 7,2 barils de p\u00e9trole ; Un baril correspond \u00e0 158, 987 Litres d\u2019US Oil ou encore 42 gals. Masse volumique du p\u00e9trole : 860kg\/m3 ; 1 tonne de p\u00e9trole occupe un volume de 1,16m3.<br \/>\n[2] Consommation \u00e9neg\u00e9tique mondiale en Milliards de tonnes \u00e9quivalent p\u00e9trole (GTep) :<br \/>\n\u00b7 Energies fossiles (charbon 2,1, gaz naturel 2,0 et p\u00e9trole 3,4) : 7,5<br \/>\n\u00b7 Biomasse (bois etc\u2026) : 1,2<br \/>\n\u00b7 Hydraulique : 0,7<br \/>\n\u00b7 Nucl\u00e9aire : 0,6<br \/>\n\u00b7 Renouvelables (\u00e9olien, solaire, g\u00e9othermique etc\u2026) : 0,03<br \/>\n\u00b7 TOTAL : 10 (multiplier par 10 pour avoir les pourcentages).<br \/>\n[3] \u00ab Selon le d\u00e9partement am\u00e9ricain de l\u2019\u00e9nergie, le nombre de v\u00e9hicules augmente de 20 % par ann\u00e9e en Chine, et le potentiel de croissance est quasi illimit\u00e9 avec une population qui d\u00e9passe 1,3 milliard. Le premier v\u00e9hicule priv\u00e9 est apparu \u00e0 P\u00e9kin en 1984, il y a tout juste 20 ans. Depuis, le nombre de voitures a litt\u00e9ralement explos\u00e9, notamment \u00e0 partir de 2002 lorsque le prix des v\u00e9hicules a baiss\u00e9 \u00e0 la suite de l\u2019adh\u00e9sion de la Chine \u00e0 l\u2019Organisation Mondiale du Commerce. Dans le moment, il y a 216,7 millions de v\u00e9hicules sur les routes am\u00e9ricaines, contre 15,5 millions en Chine. La consommation de p\u00e9trole augmente \u00e0 mesure que les Chinois troquent leur bicyclette pour une voiture, symbole de la soci\u00e9t\u00e9 dite de \u00ab petite aisance \u00bb (xiaokang) que leur gouvernement s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 instaurer. Les besoins globaux en \u00e9nergie des Chinois augmentent aussi pour alimenter une \u00e9conomie galopante. De nouvelles installations de production d\u2019\u00e9nergie sont requises pour satisfaire la demande, qui a augment\u00e9e de 15 % entre 2002 et 2003. Actuellement, le charbon comble 70 % des besoins \u00e9nerg\u00e9tiques de la Chine, ce qui en fait un gros producteur de gaz \u00e0 effet de serre. Les autorit\u00e9s chinoises ont annonc\u00e9 leur intention d\u2019augmenter consid\u00e9rablement l\u2019offre d\u2019\u00e9nergie, en construisant des barrages hydro\u00e9lectriques et des centrales nucl\u00e9aires, et en exploitant l\u2019\u00e9nergie \u00e9olienne et solaire. Mais le secteur du transport, encore enti\u00e8rement d\u00e9pendant du p\u00e9trole, continuera d\u2019augmenter la pression sur les r\u00e9serves mondiales. La Chine a d\u2019ailleurs entrepris de se doter d\u2019une r\u00e9serve strat\u00e9gique de p\u00e9trole, \u00e0 l\u2019exemple des \u00c9tats-Unis, pour assurer la stabilit\u00e9 de ses approvisionnements \u00bb. Source : Cyberpresse<br \/>\n[4] Chaque \u00eatre humain (il y a 6 milliards d\u2019\u00eatres humains sur terre) consomme th\u00e9oriquement en moyenne 2 litres brut de p\u00e9trole par jour . Mais les richesses ne sont pas r\u00e9parties \u00e9quitablement sur terre, certains ne consomment rien, d\u2019autres \u00e9norm\u00e9ment. Deux litres, ce n\u2019est pas beaucoup, mais le facteur de multiplication d\u00e9mographique est \u00e9norme. On consomme chaque jour de quoi recouvrir l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la Bretagne (27200km2) d\u2019une couche d\u2019un demi millim\u00e8tre de p\u00e9trole. En un an, cette couche atteint l\u2019\u00e9paisseur de 18cm, en 10 an de 1m80\u2026 Au secours, je me noie !<br \/>\n[5] Quantit\u00e9 totale estim\u00e9e de p\u00e9trole sur Terre avant l\u2019\u00e8re industrielle: 2000 milliards de barils ;<br \/>\nQuantit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9e: 900 milliards de barils; Il reste 1100 milliards de barils : \u00e9puisement total dans 37 ans au rythme de consommation actuel sans tenir compte des nouveaux gisements ; mais avant de devenir nulle, la production va progressivement et inexorablement chuter rendant le co\u00fbt du baril de plus en plus \u00e9lev\u00e9. R\u00e9serves prouv\u00e9es : Arabie saoudite : 260 milliards de barils, Irak : 112 milliards de barils. 60 % des r\u00e9serves sont concentr\u00e9es dans une seule r\u00e9gion: le Moyen-Orient. \u00abUn jour, il y aura beaucoup moins de p\u00e9trole que ce \u00e0 quoi nous sommes habitu\u00e9s. Si la production descend \u00e0 50 millions de barils par jour, seuls les plus riches vont pouvoir se le payer. Ce jour-l\u00e0, le prix doublera, triplera ou plus. Le monde industriel va se battre pour continuer d\u2019avoir acc\u00e8s au p\u00e9trole dont il d\u00e9pend pour quasiment tous les aspects de son existence: alimentation (engrais, pesticides), mati\u00e8res premi\u00e8res (plastiques, solvants) et bien s\u00fbr, transports. Tr\u00e8s peu de gens se pr\u00e9parent \u00e0 tout cela. Il est difficile de penser dans ces termes. Le p\u00e9trole est tr\u00e8s difficile \u00e0 remplacer. Mais il est facile d\u2019en utiliser moins\u00bb. Kjell Aleklett, Ing\u00e9nieur de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Upsalla en Su\u00e8de, Directeur de l\u2019ASPO.<br \/>\n[6] 104% du territoire national avec l\u2019huile de colza, 118% avec l\u2019huile de tournesol, 120% avec l\u2019\u00e9thanol issus de la betterave, 2700% avec l\u2019\u00e9thanol issu du bl\u00e9<br \/>\n[7] Au salon de l\u2019automobile de Paris (Octobre 2004), BMW a pr\u00e9sent\u00e9 le prototype H2R, dot\u00e9 d\u2019un moteur thermique \u00e0 hydrog\u00e8ne, Peugeot a pr\u00e9sent\u00e9 un quad, le Quark fonctionnant \u00e0 l\u2019hydrog\u00e8ne. C\u2019\u00e9tait un pas de plus apr\u00e8s le pr\u00e9c\u00e9dent salon de l\u2019automobile de Paris (Octobre 2002), o\u00f9 de nombreux prototypes de v\u00e9hicules fonctionnant \u00e0 l\u2019hydrog\u00e8ne ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s : le Hy-wire de GM, le rouge v\u00e9hicule pour pompiers H2O de PSA, et m\u00eame un scooter et un v\u00e9lo.<br \/>\n[8] L\u2019hydrog\u00e8ne est produit par en majeure partie \u00e0 partir du reformage d\u2019hydrocarbures. Les m\u00e9thodes de production sont :<br \/>\n&#8211; vaporeformage (gaz, naphta),<br \/>\n&#8211; oxydation partielle (naphta, charbon, hydrocarbures lourds..),<br \/>\n&#8211; \u00e9lectrolyse<br \/>\n&#8211; co-production dans la fabrication d\u2019\u00e9thyl\u00e8ne.<br \/>\nLes deux premi\u00e8res techniques correspondent \u00e0 pr\u00e8s de 95% de la production totale, seulement 2% de l\u2019hydrog\u00e8ne est produit par \u00e9lectrolyse.<br \/>\n[9] Les recherches sur les hydrures m\u00e9talliques et les nanotubes permettront peut \u00eatre d\u2019obtenir de meilleures performances en mati\u00e8re de stockage de l\u2019hydrog\u00e8ne.<br \/>\n[10] Des chercheurs californiens du Caltech (Californian Institute of Technologie, \u00e9quipe de Tracey TROMP) ont publi\u00e9 dans la revue Science une simulation de ce qui se passerait en cas de d\u00e9veloppement massif du moteur \u00e0 hydrog\u00e8ne. \u00ab En raison d\u2019un taux de fuites important lors de sa production, on assisterait \u00e0 une multiplication de 8 \u00e0 10 des mol\u00e9cules d\u2019hydrog\u00e8ne dans l\u2019atmosph\u00e8re, ce qui entra\u00eenerait une r\u00e9traction de 7 \u00e0 8% de la couche d\u2019ozone aux deux p\u00f4les\u2026 . L\u2019hydrog\u00e8ne est en effet un gaz tr\u00e8s volatile dont la fabrication et le transport devrait g\u00e9n\u00e9rer, selon les chercheurs, un taux de fuite au moins \u00e9gal \u00e0 10 %, soit plus de 60 millions de tonnes par an. Les particules \u00e9chapp\u00e9es gagneraient ainsi rapidement les hautes couches de l\u2019atmosph\u00e8re pour se combiner avec les mol\u00e9cules d\u2019oxyg\u00e8ne et reformer de l\u2019eau. Une humidification de la stratosph\u00e8re qui pourrait notamment favoriser la formation de compos\u00e9s nocifs pour la couche d\u2019ozone. Ces estimations demandent encore confirmation. Cependant, elles s\u2019ajoutent aux r\u00e9centes conclusions d\u2019une \u00e9quipe du MIT (Massachusetts Institut of Technology) qui, elles aussi, d\u00e9mentent les avantages environnementaux de la voiture \u00e0 hydrog\u00e8ne. Car si ce gaz est \u00e9cologique du point de vue de sa consommation, sa fabrication et sa distribution en revanche s\u2019av\u00e8rent tr\u00e8s co\u00fbteuses en \u00e9nergies, fossiles en particulier \u00bb.<br \/>\n[11] Le moteur \u00e0 Air Comprim\u00e9 de Guy NEGRE fonctionne selon un cycle thermodynamique diff\u00e9rent des moteurs actuels 4 et 2 temps. \u00ab Il s\u2019agit d\u2019un moteur \u00e0 5 temps et \u00e0 3 chambres s\u00e9par\u00e9es : 2 chambres cylindriques d\u2019aspiration et d\u2019expansion et 1 chambre sph\u00e9rique de compression reli\u00e9e par un injecteur d\u2019air \u00e9lectronique \u00e0 deux r\u00e9serves d\u2019air comprim\u00e9 de 300 litres \u00e0 300 bars. Avec ces 3 chambres on a donc les diff\u00e9rentes \u00e9tapes : Aspiration, compression, injection d\u2019air comprim\u00e9 additionnel, expansion, d\u00e9tente, \u00e9chappement. Ainsi, par le jeu du piston, le 1er cylindre va aspirer l\u2019air ext\u00e9rieur \u00e0 travers un filtre et l\u2019envoyer dans la chambre de compression o\u00f9, au m\u00eame moment un jet d\u2019air comprim\u00e9 est introduit dans cette chambre aussit\u00f4t rel\u00e2ch\u00e9 dans le cylindre d\u2019expansion, l\u2019air pousse le 2\u00e8me piston qui va actionner la roue du moteur, et c\u2019est parti\u2026. une autonomie de 10 heures en cycle urbain. Pour se r\u00e9approvisionner en air comprim\u00e9 ? Soit dans une station service, comme un carburant normal (3 minutes de remplissage) soit compresser dans le v\u00e9hicule lui-m\u00eame (compresseur \u00e9lectrique \u00e0 brancher sur le 220 volts). Le moteur de 35CV permet de rouler jusqu\u2019\u00e0 110 km\/h avec une autonomie de 200 km en cycle urbain (moyenne de 60 km\/h) \u00bb.<br \/>\n[12] Selon l\u2019Agence Internationale de l\u2019Energie Atomique (AIEA) et la World Nuclear Association (WNA) \u00ab les r\u00e9serves d\u2019uranium sont estim\u00e9es \u00e0 plus de 2 millions de tonnes pour un co\u00fbt de production inf\u00e9rieur \u00e0 40$ par kg d\u2019uranium, correspondant \u00e0 30 ans de fonctionnement des r\u00e9acteurs actuels (puissance install\u00e9e mondiale de 296 GW \u00e9lectrique). Si l\u2019on consid\u00e8re un co\u00fbt de production jusqu\u2019\u00e0 80$ par kg (1kg lib\u00e8re 67MWh), le montant des r\u00e9serves peut \u00eatre doubl\u00e9 , soit plus de 60 ans de consommation du parc actuel. Un passage \u00e0 la technologie des r\u00e9acteurs \u00e0 neutrons rapides qui peuvent valoriser l\u2019ensemble des isotopes de l\u2019uranium et non le seul uranium 235, permettrait de multiplier ces derni\u00e8res r\u00e9serves par un facteur 50. Il est par ailleurs difficile d\u2019\u00e9valuer les ressources ultimes en Uranium, la prospection ne faisant pas aujourd\u2019hui l\u2019objet d\u2019un effort important en raison des stocks disponibles. L\u2019addition de toutes les ressources mini\u00e8res r\u00e9pertori\u00e9es aujourd\u2019hui d\u00e9passe un total de 17 millions de tonnes soit environ 300 ans de consommation actuelle \u00e0 des conditions d\u2019acc\u00e8s toutefois tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Enfin, l\u2019exploitation des ressources non conventionnelles (phosphates, eau de mer) permettrait de multiplier les r\u00e9serves sus mentionn\u00e9es par 100 \u00bb. Source : Agence pour l\u2019Energie Nucl\u00e9aire de l\u2019OCDE.<br \/>\n[13] Le principal avantage des centrales nucl\u00e9aires est la faible n\u00e9cessit\u00e9 de combustible par rapport aux centrales classiques. En effet, pour produire un milliard de kilowatts\/heure il faut 15 tonnes d\u2019uranium, ce qui correspond \u00e0 220000 tonnes de fioul ou encore 385000 tonnes de charbon. Un gramme d\u2019uranium fissile produit la m\u00eame quantit\u00e9 d\u2019\u00e9nergie que 2,4 tonnes de charbon. Une tonne d\u2019uranium fissible donne 67000 MWh alors qu\u2019une tonne de p\u00e9trole donne seulement 11,6 MWh : le facteur est de 6090 et sans CO2 rejet\u00e9. Il faut cependant prendre en compte l\u2019investissement li\u00e9 \u00e0 la construction des centrales puis \u00e0 leur d\u00e9mant\u00e8lement en fin de vie.<br \/>\n[14] \u00ab Il est raisonnable de consid\u00e9rer qu\u2019un monde qui ne fait appel qu\u2019aux \u00e9nergies renouvelables a donc de s\u00e9rieuses diff\u00e9rences avec le n\u00f4tre. L\u2019abondance mat\u00e9rielle, qui suppose pour commencer la production de masse d\u2019acier, de b\u00e9ton, etc, n\u2019est pas possible au niveau que nous connaissons &#8211; voire pas du tout pour un certain nombre de mat\u00e9riaux tr\u00e8s difficiles \u00e0 obtenir sans p\u00e9trole &#8211; dans un tel contexte. Par ailleurs les probl\u00e8mes de stockage des modes intermittents, avec les consommations interm\u00e9diaires que cela repr\u00e9sente, le fait que les renouvelables posent de redoutables probl\u00e8mes de concurrence d\u2019usage des sols, et les limitations n\u00e9es des lois de la physique (personne ne changera l\u2019\u00e9nergie cin\u00e9tique d\u2019une masse d\u2019air qui se d\u00e9place \u00e0 une vitesse donn\u00e9e, donc la quantit\u00e9 d\u2019\u00e9nergie \u00e9olienne r\u00e9cup\u00e9rable) font que notre monde actuel &#8211; o\u00f9 l\u2019\u00e9nergie abondante est omnipr\u00e9sente &#8211; ne peut subsister avec juste des renouvelables, et il s\u2019en faut probablement de beaucoup. D\u00e8s lors est-il sage de nous organiser en d\u00e9pendant chaque jour un peu plus d\u2019une ressource qui ne sera pas commod\u00e9ment rempla\u00e7able ? Ajoutons que la conversion \u00e9ventuelle \u00e0 des modalit\u00e9s renouvelables de tout ce qui pourrait l\u2019\u00eatre conduirait \u00e0 une utilisation des sols que bien des \u201c\u00e9cologistes\u201d r\u00e9prouveraient probablement : il faudrait couvrir la quasi-totalit\u00e9 de la France de barrages, de for\u00eats cultiv\u00e9es de mani\u00e8re intensive pour le bois de feu (donc avec une biodiversit\u00e9 pas toujours terrible\u2026), d\u2019\u00e9oliennes, et de cultures elles intensives pour les biocarburants. Peut-on consid\u00e9rer qu\u2019un tel tableau correspond \u00e0 un d\u00e9veloppement \u201cpropre\u201d ? Il est vraisemblable que sauf mise en oeuvre d\u2019un programme raisonnable de r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires \u00e0 neutrons rapides (mais il faut compter 40 ans pour le mener \u00e0 bien : en aucun cas le nucl\u00e9aire ne pourrait servir de roue de secours pour remplacer tout le reste \u00e0 bref d\u00e9lai lorsque nous aurons des angoisses de p\u00e9nurie ou de d\u00e9g\u00e2ts climatiques), l\u2019abondance \u00e9nerg\u00e9tique prendra fin avec les combustibles fossiles, les renouvelables seules \u00e9tant totalement incapables de les remplacer au pr\u00e9sent niveau, m\u00eame si elles ont bien entendu leur place dans l\u2019approvisionnement du futur. M\u00eame le recours au nucl\u00e9aire ne permettra pas de conserver l\u2019organisation actuelle de la soci\u00e9t\u00e9, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 ne pouvant commod\u00e9ment remplacer le p\u00e9trole comme mati\u00e8re premi\u00e8re. La premi\u00e8re mesure si nous souhaitons \u00eatre prudents, du point de vue \u00e9nerg\u00e9tique, est bien de prendre le chemin d\u2019une division de la consommation d\u2019\u00e9nergie par 2 ou 3, et non de l\u2019augmenter \u201ctant que \u00e7a passe\u201d, en pensant que les renouvelables permettront de prendre le relais quand nous le souhaiterons \u2026. \u00bb. Source : Jean Marc JANCOVICI<br \/>\n[15] L\u2019auto-partage : \u00ab Il s\u2019agit de permettre \u00e0 des adh\u00e9rents de profiter des avantages de l\u2019automobile sans avoir \u00e0 supporter les inconv\u00e9nients li\u00e9s \u00e0 sa possession.<br \/>\nEn \u00e9change d\u2019un investissement relativement modeste vers\u00e9 au moment de l\u2019adh\u00e9sion, une association ou une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019auto-partage met \u00e0 la disposition de ses abonn\u00e9s, sur simple appel t\u00e9l\u00e9phonique, une flotte de v\u00e9hicules. Une fois par mois, l\u2019adh\u00e9rents re\u00e7oit un relev\u00e9 bas\u00e9 sur le taux kilom\u00e9trique et le taux horaire en vigueur. De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, chaque v\u00e9hicule mis sous le r\u00e9gime auto-partag\u00e9 est utilis\u00e9 par une quinzaine d\u2019usagers. (\u2026). Les premiers r\u00e9sultats de l\u2019investigation men\u00e9e sur l\u2019exp\u00e9rience strasbourgeoise Auto\u2019trement tendent \u00e0 montrer que l\u2019auto-partage ne diminue pas la mobilit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, mais la modifie en diminuant l\u2019utilisation de la voiture. Deux tendances sont \u00e0 observer :<\/p>\n<p>\u2022 D\u2019une part, les primo adh\u00e9rents sont fortement motiv\u00e9s par l\u2019aspect associatif et les valeurs environnementales de l\u2019auto-partage. Ensuite, une seconde vague d\u2019adh\u00e9rents vient \u00e0 l\u2019auto-partage pour le service rendu uniquement. Il s\u2019agit alors de clients avec toutes les exigences que cela suppose.<br \/>\n\u2022 D\u2019autre part, ce sont les non-propri\u00e9taires de voiture qui sont int\u00e9ress\u00e9s par Auto\u2019trement, puis des usagers qui renoncent \u00e0 la possession d\u2019une voiture pour faire appel \u00e0 la voiture partag\u00e9e. On assiste \u00e0 une diminution de la mobilit\u00e9 en voiture chez les anciens propri\u00e9taires de voiture car chaque d\u00e9placement fait l\u2019objet d\u2019un arbitrage quant au mode qui sera utilis\u00e9.<br \/>\nL\u2019auto-partage semble \u00e9galement contribuer, et m\u00eame dans certains cas provoquer le changement de comportement modal en faveur des modes alternatifs \u00e0 la voiture particuli\u00e8re. De plus, il permet une sensibilisation aux probl\u00e8mes de d\u00e9placement et induit une plus grande rationalit\u00e9 de ceux-ci. L\u2019auto-partage contribue \u00e0 diminuer l\u2019utilisation de la voiture en offrant \u00e0 ses adh\u00e9rents la possibilit\u00e9 de d\u00e9couvrir d\u2019autres moyens de transport que la voiture, sachant toutefois que l\u2019auto-partage constitue pour eux une solution d\u2019appoint, de recours puisqu\u2019ils ont toujours acc\u00e8s \u00e0 une voiture. L\u2019auto-partage participe donc en ce sens \u00e0 la multimodalit\u00e9. On peut postuler que l\u2019auto-partage contribue \u00e0 une v\u00e9ritable \u00e9volution des mentalit\u00e9s quant \u00e0 la mobilit\u00e9, en g\u00e9n\u00e9ral, et celle automobile, en particulier. Source : S\u00e9bastien NOGUES, Approche sociologique de services \u00e9co-efficaces et des changements de comportement pour un \u201cd\u00e9veloppement soutenable\u201d (th\u00e8se de sociologie financ\u00e9e par l\u2019ADEME). Les r\u00e9seaux d\u2019autopartage en France : Caisse commune, Voiture partag\u00e9e, Auto\u2019trement, Club ma voiture, Auto Com association, Club auto service, Auto-partage Provence, la voiture autrement, Eileo, Voitures partag\u00e9es, icar. Covoiturage : allostop et nombreux autres r\u00e9seaux.<br \/>\n[16] Source : [Ipsos.fr]<\/p>\n<p>Piste de r\u00e9flexion : \u00ab Rien ne sert \u00e0 l\u2019homme de vouloir gagner la lune s\u2019il perd la terre\u00bb<br \/>\nFran\u00e7ois MAURIAC<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un affolement g\u00e9n\u00e9ral gagne aujourd\u2019hui la France car les prix du p\u00e9trole augmentent. 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