{"id":37183,"date":"2016-07-13T05:09:19","date_gmt":"2016-07-13T04:09:19","guid":{"rendered":"http:\/\/carfree.fr\/?p=37183"},"modified":"2016-07-13T05:09:19","modified_gmt":"2016-07-13T04:09:19","slug":"capitalisme-emploi-et-nature-sortir-de-lengrenage-destructif","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2016\/07\/13\/capitalisme-emploi-et-nature-sortir-de-lengrenage-destructif\/","title":{"rendered":"Capitalisme, emploi et nature: sortir de l&rsquo;engrenage destructif"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab <em>Le monde poss\u00e8de le r\u00eave d\u2019une chose dont il lui suffirait de prendre conscience pour la poss\u00e9der r\u00e9ellement <\/em>\u00bb (Karl Marx, lettre \u00e0 Arnold Ruge).<\/p>\n<p>Il y a plusieurs d\u00e9finitions possibles du capitalisme. Du point de vue des exploit\u00e9-e-s, le capitalisme est ce syst\u00e8me dans lequel les ressources de la terre nourrici\u00e8re sont monopolis\u00e9es par une minorit\u00e9 qui poss\u00e8de aussi les autres moyens de production. Du coup, pour vivre, la majorit\u00e9 n\u2019a d\u2019autre moyen que de vendre sa force de travail \u2013 pas d\u2019autre moyen que de se vendre, en fait. <!--more--><\/p>\n<p>Elle est donc compl\u00e8tement d\u00e9pendante des propri\u00e9taires, ali\u00e9n\u00e9e de la production de son existence, c\u2019est-\u00e0-dire en fin de compte ali\u00e9n\u00e9e de son humanit\u00e9. Les propri\u00e9taires ach\u00e8tent la force de travail \u2013 ou pas \u2013 pour un temps d\u00e9termin\u00e9, en \u00e9change d\u2019un salaire. En apparence, la transaction est juste\u2026 sauf que la valeur de la force de travail (le salaire) est inf\u00e9rieure \u00e0 celle du travail r\u00e9alis\u00e9. La diff\u00e9rence forme le profit. L\u2019efficacit\u00e9 de cette forme d\u2019exploitation du travail est sans pr\u00e9c\u00e9dent historique. En particulier, elle est nettement sup\u00e9rieure \u00e0 celles du servage et de l\u2019esclavage, deux modes de production dans lesquels l\u2019exploitation \u00e9tait tout \u00e0 fait transparente et \u00e9vidente.<\/p>\n<p>Du point de vue de la richesse sociale, le capitalisme se d\u00e9finit comme une production g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de marchandises destin\u00e9es \u00e0 satisfaire toujours plus de besoins humains, sur une \u00e9chelle qui s\u2019\u00e9largit sans cesse. Que ces besoins soient r\u00e9els ou pas, \u00ab qu\u2019ils aient pour origine l\u2019estomac ou la fantaisie \u00bb, que celle-ci soit cr\u00e9\u00e9e ou pas par le capital pour donner des d\u00e9bouch\u00e9s au productivisme, cela ne change rien \u00e0 l\u2019affaire. Caract\u00e9ristique du syst\u00e8me, l\u2019accumulation de biens de production et de consommation est ph\u00e9nom\u00e9nale. Elle aussi est sans pr\u00e9c\u00e9dent historique. Son moteur est la concurrence pour le profit : sous peine de mort \u00e9conomique, chaque propri\u00e9taire de capital est oblig\u00e9 de chercher constamment \u00e0 augmenter la productivit\u00e9 du travail exploit\u00e9, donc \u00e0 remplacer des travailleur-euse-s par des machines.<\/p>\n<p>Depuis l\u2019invention de la machine \u00e0 vapeur par James Watt, cette dynamique de m\u00e9canisation et d\u2019accumulation n\u2019a fait que s\u2019accentuer. Il ne saurait en \u00eatre autrement, car tout progr\u00e8s de la m\u00e9canisation r\u00e9duit la part du travail humain, donc la quantit\u00e9 de valeur cr\u00e9\u00e9e, donc le taux de profit. Contradiction majeure du capitalisme, la chute tendancielle de ce taux ne peut \u00eatre compens\u00e9e que par l\u2019augmentation de la masse des profits, donc par la croissance de la production, d\u2019une part, et l\u2019accroissement du taux d\u2019exploitation \u2013 du travail non pay\u00e9 \u2013 d\u2019autre part. Le syst\u00e8me se meut donc de lui-m\u00eame vers la r\u00e9gression sociale et la destruction environnementale.<\/p>\n<p><strong>Le capitalisme, syst\u00e8me hors-sol<\/strong><\/p>\n<p>Sa logique \u00ab croissanciste \u00bb permet aussi de d\u00e9finir le capitalisme du point de vue des relations avec la nature. Les soci\u00e9t\u00e9s ant\u00e9rieures dans l\u2019histoire restaient bas\u00e9es directement sur la productivit\u00e9 naturelle. Dans ces soci\u00e9t\u00e9s, un \u00e9ventuel franchissement des limites \u00e9cologiques ne pouvait \u00eatre que temporaire, et se payait cash. Repousser les limites n\u2019\u00e9tait possible qu\u2019en am\u00e9liorant les savoirs et les techniques agricoles (par exemple, la d\u00e9couverte du fait que les l\u00e9gumineuses sont un \u00ab engrais vert \u00bb, car elles fixent l\u2019azote de l\u2019air dans les sols). Avec le capitalisme, c\u2019est diff\u00e9rent. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019industrie et \u00e0 la technologie (la science appliqu\u00e9e \u00e0 la production), il peut repousser les limites artificiellement, en rempla\u00e7ant les ressources naturelles par des produits de la chimie.<\/p>\n<p>Le capitalisme tend, pour ainsi dire, \u00e0 se d\u00e9velopper \u00ab hors-sol \u00bb. Un exemple \u00e9vident est la rupture du cycle des nutriments due \u00e0 l\u2019urbanisation capitaliste, au 19e si\u00e8cle : la baisse de fertilit\u00e9 qui en d\u00e9coula put \u00eatre compens\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019invention des engrais de synth\u00e8se, et cela fonctionne encore aujourd\u2019hui. Mais ces possibilit\u00e9s de d\u00e9veloppement hors-sol ne sont \u00e9videmment pas illimit\u00e9es. T\u00f4t ou tard, le syst\u00e8me sera rattrap\u00e9 par l\u2019antagonisme entre sa boulimie de croissance et la finitude des ressources. Le choc sera rude, car les probl\u00e8mes s\u2019accumulent \u00e0 force d\u2019\u00eatre repouss\u00e9s et contourn\u00e9s. Une issue capitaliste au d\u00e9fi du r\u00e9chauffement global est plus difficile \u00e0 trouver qu\u2019une parade \u00e0 l\u2019\u00e9puisement des sols. D\u2019autant que la situation est gravissime : on a tellement tard\u00e9 que, pour sauver le climat, il ne suffira plus de r\u00e9duire les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre. Il faudra en plus retirer du gaz carbonique de l\u2019atmosph\u00e8re. En d\u00e9duire que le capitalisme s\u2019effondre est un peu rapide. Par contre, la menace d\u2019un capitalisme barbare est bien r\u00e9elle.<\/p>\n<p>Combiner les trois points de vue permet de saisir la difficult\u00e9 majeure \u00e0 laquelle sont confront\u00e9es les luttes \u00e9cologiques. Il va de soi que ces luttes sont par d\u00e9finition sociales : les atteintes \u00e0 l\u2019environnement affectent le plus lourdement les exploit\u00e9-e-s et les opprim\u00e9-e-s, qui en sont le moins responsables. La catastrophe climatique menace l\u2019existence de centaines de millions de gens. Certains en sont conscients et passent \u00e0 l\u2019action, mais le niveau d\u2019engagement varie fortement selon les groupes sociaux : les paysan-ne-s et les peuples indig\u00e8nes sont aux premi\u00e8res lignes et les femmes sont particuli\u00e8rement actives ; les salari\u00e9-e-s, d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, restent en retrait.<br \/>\n<strong><br \/>\nLe monde du travail, enjeu strat\u00e9gique<\/strong><\/p>\n<p>Cette attitude des salari\u00e9-e-s constitue un handicap \u00e9norme : alors que la classe ouvri\u00e8re pourrait paralyser la machine capitaliste de destruction, et rendre ainsi un service immense \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 et \u00e0 la nature, elle semble au contraire paralys\u00e9e par sa place au service de la machine !<\/p>\n<p>L\u2019explication est simple : l\u2019existence des travailleur-euse-s d\u00e9pend de leur salaire, leur salaire d\u00e9pend de leur employabilit\u00e9 par le capital, et leur employabilit\u00e9 par le capital d\u00e9pend de la croissance. Sans croissance, la m\u00e9canisation grossit le ch\u00f4mage, les rapports de forces se d\u00e9gradent et la capacit\u00e9 syndicale de d\u00e9fendre les salaires ou la protection sociale se r\u00e9duit. Aujourd\u2019hui, nous nous trouvons pr\u00e9cis\u00e9ment dans cette situation : les syndicats sont sur la d\u00e9fensive, d\u00e9stabilis\u00e9s par le ch\u00f4mage massif et par la mondialisation.<\/p>\n<p>Les paysan-ne-s poss\u00e8dent leurs moyens de production en tout ou en partie, les peuples indig\u00e8nes produisent leur existence par une relation directe avec la nature : les travailleur-euse-s n\u2019ont pas de possibilit\u00e9s \u00e9quivalentes. Il est trop facile, et franchement d\u00e9plac\u00e9, d\u2019en d\u00e9duire que les salari\u00e9-e-s seraient les serviteurs du productivisme. Ils consomment, bien s\u00fbr, et les plus avantag\u00e9s d\u2019entre eux consomment d\u2019une mani\u00e8re \u00e9cologiquement insoutenable. Mais est-ce leur faute ? La fr\u00e9n\u00e9sie consum\u00e9riste n\u2019est-elle pas plut\u00f4t le produit de l\u2019illusion mon\u00e9taire qui fait que tout semble \u00e0 la port\u00e9e de chacun-e ? Ne fonctionne-t-elle pas comme une compensation mis\u00e9rable \u00e0 la mis\u00e8re des relations humaines dans cette soci\u00e9t\u00e9 mercantile ? Beaucoup de salari\u00e9-e-s sont conscients et inquiets des menaces \u00e9cologiques qui planent au-dessus de leurs t\u00eates et de celles de leurs enfants. Beaucoup aspirent \u00e0 un changement qui leur permettrait de vivre bien, en prenant soin de l\u2019environnement. Mais que faire, et comment faire ? Telle est la question.<\/p>\n<p>Dans un monde de plus en plus urbanis\u00e9, si on veut gagner la bataille \u00e9cologique, il est d\u2019une importance strat\u00e9gique d\u2019aider le monde du travail \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 cette question. Il ne s\u2019agit pas seulement que des travailleur-euse-s participent aux mobilisations \u00e9cologiques. Pour que cette participation ait l\u2019impact maximum, il faut qu\u2019ils y soient pr\u00e9sents collectivement, en tant que producteur-trice-s. Il faut aussi que les travailleur-euse-s se saisissent de la question \u00e9cologique dans les usines, les bureaux et sur les autres lieux de travail, en tant que producteurs. Comme le font les paysans et les peuples indig\u00e8nes. Ce n\u2019est possible que dans le cadre d\u2019une strat\u00e9gie qui unifie les luttes environnementale et sociale au point d\u2019en faire une seule et m\u00eame lutte. Cela demande 1\u00b0) une compr\u00e9hension correcte de la force destructive du capitalisme, 2\u00b0) la perspective d\u2019une autre soci\u00e9t\u00e9, \u00e9cosocialiste, et 3\u00b0) un programme de luttes et de revendications qui r\u00e9ponde \u00e0 la fois aux besoins environnementaux et aux besoins sociaux, en donnant \u00e0 chacun et chacune la possibilit\u00e9 de vivre dignement par une activit\u00e9 utile \u00e0 la collectivit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Un compromis avec le capitalisme vert ?<\/strong><\/p>\n<p>A quelques exceptions pr\u00e8s, le mouvement syndical a compris la n\u00e9cessit\u00e9 de se saisir de l\u2019enjeu \u00e9cologique. La Conf\u00e9d\u00e9ration syndicale internationale (CSI) d\u00e9ploie des efforts de conscientisation. Lors de son deuxi\u00e8me congr\u00e8s (Vancouver, 2010), elle a adopt\u00e9 une r\u00e9solution sur le changement climatique. Ce texte affirme que la lutte contre le r\u00e9chauffement de la plan\u00e8te est un enjeu syndical, demande un accord international pour ne pas d\u00e9passer 2\u00b0C, endosse le principe des responsabilit\u00e9s communes mais diff\u00e9renci\u00e9es du Nord et du Sud, insiste sur les droits des femmes et revendique une \u00ab transition juste \u00bb pour le monde du travail\u2026<\/p>\n<p>Cependant, la question cl\u00e9 de l\u2019emploi est trait\u00e9e de fa\u00e7on ambigu\u00eb. En effet, la CSI croit que le capitalisme vert am\u00e8nera la croissance et des \u00ab emplois verts \u00bb. Elle se dit donc pr\u00eate \u00e0 collaborer \u00e0 la transition, \u00e0 condition que la facture pour le monde du travail soit limit\u00e9e et qu\u2019une reconversion soit offerte dans les secteurs condamn\u00e9s. Du coup, la CSI consid\u00e8re comme \u00ab verts \u00bb des emplois qui ne le sont pas du tout : dans la capture-s\u00e9questration du carbone, dans la distribution de produits \u00ab labellis\u00e9s \u00bb des for\u00eats et de la p\u00eache \u00ab soutenables \u00bb (alors que ces labels sont une arnaque), dans la gestion des m\u00e9canismes de compensation foresti\u00e8re des \u00e9missions (REDD+), dans la plantation d\u2019arbres en monoculture et dans les \u00e9nergies \u00ab bas carbone \u00bb (y compris le nucl\u00e9aire ?).<\/p>\n<p>Signe de cette ambigu\u00eft\u00e9 : la r\u00e9solution de Vancouver estime que la \u00ab transition juste \u00bb doit prot\u00e9ger la comp\u00e9titivit\u00e9 des entreprises. C\u2019est clair : la CSI croit possible de sauver le climat sans mettre en question la logique productiviste. Pire : elle ne voit pas d\u2019autre moyen que la croissance pour combattre le ch\u00f4mage. Cela va si loin que la secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale de la CSI est membre de la \u00ab Commission globale sur l\u2019\u00e9conomie et le climat \u00bb, un organe influent pr\u00e9sid\u00e9 par Nicholas Stern.<\/p>\n<p>Le rapport de cette commission (\u00ab Better Growth, Better Climate \u00bb) \u00e9gr\u00e8ne des mesures n\u00e9olib\u00e9rales qui permettent de r\u00e9aliser \u00e0 peine un peu plus de 50 % des r\u00e9ductions d\u2019\u00e9missions n\u00e9cessaires pour ne pas d\u00e9passer 2\u00b0C. Stern est coh\u00e9rent : pour \u00e9viter \u00ab des co\u00fbts trop importants \u00bb, son rapport de 2006 plaidait pour une stabilisation du climat \u00e0 550ppmCO2eq \u2013 correspondant \u00e0 un r\u00e9chauffement sup\u00e9rieur \u00e0 3\u00b0C d\u2019ici la fin du si\u00e8cle. La CIS ne l\u2019est pas.<\/p>\n<p>En se mettant \u00e0 la remorque du capitalisme vert, le mouvement syndical risque d\u2019\u00eatre le complice de crimes climatiques de grande ampleur, dont les pauvres seront victimes. C\u2019est une autre voie qu\u2019il faudrait prendre. On la per\u00e7oit dans les pratiques d\u2019entreprises r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es, en Argentine et ailleurs. Chez RimaFlow (Milan) ou Fralib (Marseille), les travailleurs en lutte pour l\u2019emploi cherchent spontan\u00e9ment \u00e0 produire pour les besoins sociaux dans le respect des contraintes \u00e9cologiques. Certains \u00e9l\u00e9ments d\u2019une alternative se trouvent dans les positions du r\u00e9seau \u00ab Trade Unions for Energy Democracy \u00bb (TUED), qui plaide notamment pour que le secteur de l\u2019\u00e9nergie passe aux mains de la collectivit\u00e9.<\/p>\n<p>Face au capitalisme en crise et au probl\u00e8me climatique, il est illusoire d\u2019esp\u00e9rer vaincre le ch\u00f4mage par un compromis avec la \u00ab croissance \u00bb. C\u2019est au contraire dans la remise en cause radicale du productivisme \u2013 donc du capitalisme \u2013 que r\u00e9side la seule strat\u00e9gie coh\u00e9rente pour concilier le social et l\u2019\u00e9cologique. Il s\u2019agit de sortir du cadre, sur quatre axes en particulier : la collaboration avec les paysans contre l\u2019agrobusiness et la grande distribution, l\u2019expropriation du secteur financier (tr\u00e8s enchev\u00eatr\u00e9 au secteur \u00e9nerg\u00e9tique), le d\u00e9veloppement du secteur public (transports en commun, isolation des b\u00e2timents, soins aux \u00e9cosyst\u00e8mes\u2026), et la r\u00e9duction radicale du temps de travail (la demi-journ\u00e9e de travail), sans perte de salaire, avec embauche compensatoire et diminution des cadences.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des montagnes d\u2019\u00e9crans plats, de smartphones, au-del\u00e0 des bagnoles high tech et des voyages all inclusive, au-del\u00e0 de ces hochets qu\u2019on agite pour le distraire de son exploitation, le monde du travail per\u00e7oit bien, au fond, que son int\u00e9r\u00eat fondamental, son avenir et celui de ses enfants, n\u2019est pas de faire tourner l\u2019engrenage destructif du capital, mais au contraire de le briser. La pratique sociale peut seule transformer cette perception diffuse en conscience et en organisation. A l\u2019action !<\/p>\n<p>Daniel Tanuro<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.europe-solidaire.org\/\" target=\"_blank\">http:\/\/www.europe-solidaire.org\/<\/a><\/p>\n<p><strong>P.-S.<\/strong><\/p>\n<p>* <a href=\"http:\/\/cadtm.org\/Capitalisme-emploi-et-nature\" target=\"_blank\">http:\/\/cadtm.org\/Capitalisme-emploi-et-nature<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Le monde poss\u00e8de le r\u00eave d\u2019une chose dont il lui suffirait de prendre conscience pour la poss\u00e9der r\u00e9ellement \u00bb (Karl Marx, lettre \u00e0 Arnold Ruge). 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