{"id":41009,"date":"2018-09-12T07:56:59","date_gmt":"2018-09-12T06:56:59","guid":{"rendered":"http:\/\/carfree.fr\/?p=41009"},"modified":"2018-09-12T07:56:59","modified_gmt":"2018-09-12T06:56:59","slug":"week-end","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2018\/09\/12\/week-end\/","title":{"rendered":"Week-end"},"content":{"rendered":"<p>Week-end est un film franco-italien r\u00e9alis\u00e9 par Jean-Luc Godard et sorti en 1967. <!--more--><\/p>\n<p>D\u00e8s la mise en production de Week-end, Jean-Luc Godard d\u00e9crit son film en ces termes dans sa demande d\u2019agr\u00e9ment au CNC (Centre national de la cin\u00e9matographie): \u00ab<em>En suivant un couple de jeunes cadres modernes sur la route, je voudrais montrer toutes les perversions, tous les d\u00e9r\u00e8glements qui r\u00e9sultent de la forme d\u2019hyst\u00e9rie collective qui s\u2019empare des Parisiens munis d\u2019automobiles d\u00e8s le vendredi soir. Tout humanisme est tout \u00e0 coup sacrifi\u00e9 \u00e0 la tyrannie du \u201cDieu loisir\u201d. Le voyage, commenc\u00e9 en apoth\u00e9ose, finira en tragi-com\u00e9die<\/em>.\u00bb<\/p>\n<p>Et cette civilisation des loisirs a son f\u00e9tiche: l\u2019automobile, ou plut\u00f4t la bagnole, tant Godard la maltraite. <\/p>\n<p>Les deux \u00ab\u00a0cadres modernes\u00a0\u00bb sont jou\u00e9s par Mireille Darc et Jean Yanne qui s&rsquo;en vont en week-end, par la route, un samedi de 1967. Contre toute attente, ce n&rsquo;est pas Georges Lautner ou G\u00e9rard Pir\u00e8s qui veille \u00e0 leur destin\u00e9e, mais Jean-Luc Godard, autant dire le diable en personne. Ce dernier vient de tourner sa Chinoise pr\u00e9-68. Voil\u00e0 qu&rsquo;il transforme les populaires Darc et Yanne en embl\u00e8mes d&rsquo;une certaine France gaulliste, \u00e0 laquelle il ne fait aucun cadeau.<\/p>\n<p>Week-end est ainsi un jeu de massacre ininterrompu autour de l&rsquo;essor de la soci\u00e9t\u00e9 des loisirs. Sur la route, ce ne sont qu&#8217;embouteillages monstres et accidents cauchemardesques, mais le couple d&rsquo;arrogants nantis traverse cela dans l&rsquo;indiff\u00e9rence, exprimant ainsi toute l&rsquo;inhumanit\u00e9 du monde de la bagnole. Plus tard, ils trouvent en travers de leur chemin divers porte-parole de r\u00e9volutions \u00e0 venir ou pass\u00e9es, et ils apprennent \u00e0 leurs d\u00e9pens qu&rsquo;\u00ab <em>on ne peut d\u00e9passer l&rsquo;horreur de la bourgeoisie que par plus d&rsquo;horreur encore <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Le film n&rsquo;a rien pourtant d&rsquo;un de ces br\u00fblots militants d&rsquo;avant le d\u00e9luge. Rien n&rsquo;\u00e9chappe \u00e0 la d\u00e9rision godardienne, m\u00eame pas les contrepoisons au conformisme. Si Week-end est dat\u00e9, c&rsquo;est plut\u00f4t par sa (d\u00e9)construction antinarrative, d\u00e9sinvolte comme (presque) plus personne n&rsquo;ose l&rsquo;\u00eatre aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Ici, l&#8217;embouteillage devient un gigantesque cimeti\u00e8re. On s\u2019y amuse parfois, en se jetant un ballon d\u2019une voiture \u00e0 l\u2019autre ou en jouant aux \u00e9checs sur un plateau pos\u00e9 \u00e0 m\u00eame le bitume; mais on meurt, surtout, on agonise dans un foss\u00e9 ou sur le bord de la route et du sang assombrit le goudron.<\/p>\n<p>Les clairi\u00e8res du film sont parsem\u00e9es de cadavres de m\u00e9tal, y compris celui de la voiture du cin\u00e9aste, qui massacre son Alfa-Romeo bleue \u00e0 coup de masse. Des passants spectateurs, align\u00e9s devant un mur de publicit\u00e9s comme ceux d&rsquo;un film, regardent leurs semblables agoniser, comme Jean Yanne \u00e9coute sans r\u00e9agir Mireille Darc se faire violer, hors-champ, sur un bas-c\u00f4t\u00e9. Dans ce qui est peut-\u00eatre la sc\u00e8ne la plus marquante du film, la voiture du couple a un violent accident et l&rsquo;image elle-m\u00eame se coupe en deux comme un corps qu&rsquo;on ampute, avant que l&rsquo;actrice ne se pr\u00e9cipite hors du v\u00e9hicule en flammes en sanglotant cette r\u00e9plique improvis\u00e9e: \u00ab<em>Mon sac! Mon sac de chez Herm\u00e8s!<\/em>\u00bb<\/p>\n<p>Sources: <a href=\"http:\/\/www.slate.fr\/story\/151280\/godard-redoutable-week-end\">Slate<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/cinema\/films\/week-end,8158.php\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">T\u00e9l\u00e9rama<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Week-end est un film franco-italien r\u00e9alis\u00e9 par Jean-Luc Godard et sorti en 1967.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":41010,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[73],"tags":[853,129,611,196,198,19],"views":5013,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/41009"}],"collection":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=41009"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/41009\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/41010"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=41009"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=41009"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=41009"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}