{"id":41923,"date":"2019-03-21T09:58:42","date_gmt":"2019-03-21T08:58:42","guid":{"rendered":"http:\/\/carfree.fr\/?p=41923"},"modified":"2019-03-21T11:26:39","modified_gmt":"2019-03-21T10:26:39","slug":"le-meilleur-des-mondes-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2019\/03\/21\/le-meilleur-des-mondes-2\/","title":{"rendered":"\u00ab Le Meilleur des Mondes \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Aldous Huxley, qui est encore un jeune \u00e9crivain, n&rsquo;a pas fini de nous \u00e9tonner. Sa virtuosit\u00e9 litt\u00e9raire est admirable. Qu&rsquo;un m\u00eame auteur puisse \u00e9crire un roman comme <em>Contrepoint<\/em> o\u00f9 l&rsquo;\u00e2me contemporaine est si lucidement analys\u00e9e, une \u0153uvre pleine d&rsquo;humour l\u00e9ger, comme <em>Deux ou trois Gr\u00e2ces<\/em>, et un roman d&rsquo;utopie, comme <em>Le Meilleur des Mondes<\/em>, voil\u00e0 qui nous surprend et qui nous d\u00e9concerterait, si le talent d&rsquo;Aldous Huxley ne s&rsquo;accommodait \u00e0 merveille de ces diverses transformations.\u00a0<!--more--><\/p>\n<p>Avec <em>Le Meilleur des Mondes<\/em>, il nous donne encore une preuve de sa vigueur et de son originalit\u00e9. Rien n&rsquo;est plus malais\u00e9 que d&rsquo;\u00e9crire un bon roman d&rsquo;utopie et il est assez facile d&rsquo;en saisir la raison. On estime justement que les progr\u00e8s de l&rsquo;humanit\u00e9, dans l&rsquo;ordre intellectuel et moral, sont limit\u00e9s, si bien que tout romancier d&rsquo;anticipation est \u00e0 peu pr\u00e8s impuissant \u00e0 projeter sur l&rsquo;avenir une transformation int\u00e9rieure des hommes. Il lui reste donc \u00e0 concevoir un progr\u00e8s mat\u00e9riel, qui modifie de fa\u00e7on profonde et impr\u00e9vue l&rsquo;\u00e9tat actuel de la soci\u00e9t\u00e9. Mais l&rsquo;imagination a beau travailler, elle ne d\u00e9passe que de fort peu l&rsquo;invention d\u00e9j\u00e0 connue, si bien que la plupart des romans d&rsquo;anticipation se bornent \u00e0 nous pr\u00e9senter une soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle les progr\u00e8s acquis ont \u00e9t\u00e9 perfectionn\u00e9s, et non point des progr\u00e8s in\u00e9dits.<\/p>\n<p>Il faut \u00e9videmment excepter de cette loi les grands romans d&rsquo;utopie, par exemple, pour ne citer que des \u0153uvres r\u00e9centes, les <em>Voyages en Erewhon<\/em> de Samuel Butler, ou l&rsquo;admirable <em>Nous autres<\/em> de Zamiatine, que j&rsquo;ai signal\u00e9 en son temps aux lecteurs de <em>L&rsquo;Europ\u00e9en<\/em>.<\/p>\n<p>D&rsquo;ailleurs c&rsquo;est de l&rsquo;\u0153uvre de Zamiatine que se rapproche <em>Le Meilleur des Mondes<\/em>. Aldous Huxley, comme l&rsquo;auteur russe, imagine que les grands principes de philosophie politique et sociale, qui aujourd&rsquo;hui apparaissent \u00eatre des innovations audacieuses, sont devenues les bases de la soci\u00e9t\u00e9, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 port\u00e9s \u00e0 leur paroxysme. Zamiatine avait ainsi, sous le masque de l&rsquo;utopie, exerc\u00e9 son esprit critique sur les principes du communisme. Aldous Huxley applique le sien aux principes de l&rsquo;industrialisation \u00e0 outrance, de l&rsquo;organisation sociale, rationalis\u00e9e \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, et du freudisme devenu le fondement de l&rsquo;\u00e9ducation. Mais avec quelle surprenante virtuosit\u00e9, avec quelle pr\u00e9cision dans l&rsquo;imaginaire, avec quel luxe de d\u00e9tails spirituellement invent\u00e9s, avec quel humour! <em>Le Meilleur des Mondes<\/em> est \u00e9blouissant. Aldous Huxley, sans avertissement, sans pr\u00e9parations, sans les prologues qui, g\u00e9n\u00e9ralement, alourdissent les romans d&rsquo;utopie, nous pr\u00e9cipite dans la capitale de l&rsquo;Etat Mondial: \u00ab\u00a0Londres-central\u00a0\u00bb, dont la devise est: \u00ab\u00a0<em>Communaut\u00e9, Identit\u00e9, Stabilit\u00e9<\/em>\u00ab\u00a0; imm\u00e9diatement, d\u00e8s la sixi\u00e8me ligne, il commence \u00e0 d\u00e9rouler sous nos yeux le tableau d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 dont tous les membres sont non seulement parfaitement heureux, mais incapables d&rsquo;\u00eatre malheureux. Triomphe de la science et de la m\u00e9thode !<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 organise en effet le bonheur des individus, bien avant leur naissance. Parler de \u00ab\u00a0naissance\u00a0\u00bb est d&rsquo;ailleurs impropre. Il y a longtemps que les humains ne sont plus vivipares, et le mot \u00ab\u00a0parents\u00a0\u00bb est consid\u00e9r\u00e9 comme ridicule, absurde et obsc\u00e8ne. Les embryons ne se d\u00e9veloppent plus qu&rsquo;en laboratoire, dans les centres d&rsquo;incubation o\u00f9 les germes sont cultiv\u00e9s rationnellement, d&rsquo;apr\u00e8s les indications du bureau de la Pr\u00e9destination sociale. Car on conditionne les embryons, on leur fa\u00e7onne une h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 selon les fonctions qu&rsquo;ils doivent plus tard exercer. Comme une soci\u00e9t\u00e9 bien organis\u00e9e doit \u00eatre non pas hi\u00e9rarchis\u00e9e, mais diff\u00e9renci\u00e9e, on cr\u00e9e plusieurs cat\u00e9gories d&rsquo;\u00eatres humains. Exer\u00e7ant les fonctions les plus importantes sont les Alpha; au-dessous d&rsquo;eux les B\u00eata, puis les Delta, enfin les Epsilon. Les Alpha dirigent, les Epsilon sont des avortons qui accomplissent, satisfaits, ce pourquoi ils ont \u00e9t\u00e9 faits, c&rsquo;est-\u00e0-dire les travaux obscurs et p\u00e9nibles. Pour obtenir cette gamme d&rsquo;humanit\u00e9, il a suffi de traiter convenablement les embryons, dans les flacons o\u00f9 ils \u00e9taient cultiv\u00e9s; une trace d&rsquo;alcool et l&rsquo;Alpha pr\u00e9destin\u00e9 tombe au rang de Delta, ou m\u00eame de l&rsquo;Epsilon!<\/p>\n<p>Mais il y a mieux: par un proc\u00e9d\u00e9 appel\u00e9 la Bokanovkisation, du nom de son inventeur, le germe peut bourgeonner et produire des embryons rigoureusement identiques, des s\u00e9ries de jumeaux. On aper\u00e7oit l&rsquo;avantage qui peut en r\u00e9sulter pour une production tayloris\u00e9e: des \u00e9quipes compos\u00e9es d&rsquo;individus absolument semblables, physiquement et moralement interchangeables, travaillant ensemble et r\u00e9p\u00e9tant exactement les m\u00eames gestes.<\/p>\n<p>Dans cette soci\u00e9t\u00e9, aucune envie, aucune jalousie entre cat\u00e9gories diverses. L&rsquo;Alpha a quelque commis\u00e9ration pour le Delta ou pour l&rsquo;Epsilon, mais l&rsquo;Epsilon et le Delta sont heureux de leur sort; l&rsquo;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 factice qu&rsquo;on leur a fabriqu\u00e9e, le \u00ab\u00a0conditionnement\u00a0\u00bb auquel leur embryon a \u00e9t\u00e9 soumis les emp\u00eachent de penser autrement qu&rsquo;en Deltas ou en Epsilon. M\u00eame, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de certaines cat\u00e9gories, des embryons ont \u00e9t\u00e9 conditionn\u00e9s pour des travaux d\u00e9termin\u00e9s. Ainsi l&#8217;embryon aura \u00e9t\u00e9 conditionn\u00e9 \u00e0 la chaleur lorsqu&rsquo;on a pr\u00e9vu que l&rsquo;homme futur devrait travailler dans des conditions de temp\u00e9rature \u00e9lev\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9ducation a perfectionn\u00e9 encore cette organisation sociale. Une \u00e9ducation qui d\u00e9rive des principes de Freud et qui donne \u00e0 l&rsquo;inconscient le pas sur le conscient. On n&rsquo;apprend plus la morale aux enfants; on leur inocule les principes convenables, d\u00e8s le jeune \u00e2ge, pendant leur sommeil. C&rsquo;est le proc\u00e9d\u00e9 \u00ab\u00a0hypnop\u00e9dique\u00a0\u00bb. Durant qu&rsquo;ils dorment, des disques r\u00e9p\u00e8tent interminablement aux enfants ce qu&rsquo;ils doivent savoir pour \u00eatre heureux; ils ensemencent leur inconscient de principes qui leur donnent la fiert\u00e9 d&rsquo;\u00eatre ce qu&rsquo;ils sont; et le d\u00e9go\u00fbt d&rsquo;\u00eatre autre-chose.<\/p>\n<p>Plus tard, mais bien avant qu&rsquo;ils n&rsquo;aient atteint les lisi\u00e8res de l&rsquo;adolescence, on les lib\u00e9rera des penchants qui pourraient \u00eatre refoul\u00e9s en les faisant jouer \u00e0 des jeux \u00e9rotiques; l&rsquo;enfant qui \u00e9prouvera quelque vergogne pour ces jeux sera consid\u00e9r\u00e9 comme un anormal, et trait\u00e9 comme tel.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-41924 alignright\" src=\"http:\/\/carfree.fr\/img\/2019\/03\/huxley.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"320\" \/><\/p>\n<p>Tous les sentiments violents, et surtout l&rsquo;amour \u00e9tant abolis, il en r\u00e9sulte que la soci\u00e9t\u00e9 est stable. Les femmes et les hommes sont, si l&rsquo;on peut dire, dans le domaine public; la douleur, l&rsquo;exaltation amoureuse, la fureur jalouse n&rsquo;existent plus. Les fonctions de reproduction s&rsquo;exercent librement, avec plus de simplicit\u00e9 encore que dans le monde animal. Les divertissements ont pour but, non de d\u00e9tourner de la vie r\u00e9elle, mais au contraire d&rsquo;accro\u00eetre l&rsquo;intensit\u00e9 des sensations. Le \u00ab\u00a0cin\u00e9ma sentant\u00a0\u00bb, qui est la grande distraction de l&rsquo;Etat mondial, agit directement sur les sens des spectateurs, sans appel \u00e0 l&rsquo;imagination. Les images d&rsquo;ailleurs ne sont plus seulement lumineuses, mais les effluves tactiles font participer le spectateur \u00e0 la sc\u00e8ne qui est repr\u00e9sent\u00e9e.<\/p>\n<p>Ce monde est vraiment le meilleur des mondes possibles. S&rsquo;il arrive que chez un membre de cette soci\u00e9t\u00e9 merveilleuse il y ait un fl\u00e9chissement du seuil vital, une d\u00e9pression momentan\u00e9e qui pourrait ressembler \u00e0 du chagrin ou \u00e0 de la m\u00e9lancolie, le niveau est aussit\u00f4t r\u00e9tabli par l&rsquo;absorption d&rsquo;une substance r\u00e9paratrice, le soma, qui replonge celui qui en prend dans l&rsquo;euphorie g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p>Il faut lire ce prodigieux tableau d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 stabilis\u00e9e dans un bonheur sans contrastes. Car, dans l&rsquo;Etat mondial, le bonheur ne s&rsquo;oppose point au malheur, ou la joie \u00e0 la douleur; bonheur et joie sont d&rsquo;ordre absolu. Ajouter que cette civilisation port\u00e9e \u00e0 la perfection est plac\u00e9e sous l&rsquo;\u00e9gide d&rsquo;un inventeur myst\u00e9rieux qu&rsquo;on appelle: \u00ab\u00a0Notre Ford\u00a0\u00bb, et qui avait emprunt\u00e9 son nom au grand industriel am\u00e9ricain. \u00ab\u00a0Ford\u00a0\u00bb a remplac\u00e9 le mot \u00ab\u00a0Dieu\u00a0\u00bb dans l&rsquo;Etat mondial. On ne dit point: \u00ab\u00a0Par Dieu!\u00a0\u00bb mais \u00ab\u00a0Par Ford!\u00a0\u00bb, ni: \u00ab\u00a0Que ferions-nous, grand Dieu!\u00a0\u00bb mais \u00ab\u00a0Que ferions-nous, grand Ford!\u00a0\u00bb, ni: \u00ab\u00a0Sa Seigneurie\u00a0\u00bb mais \u00ab\u00a0Sa Forderie\u00a0\u00bb. Aldous Huxley tire mille effets plaisants de cette invention cocasse.<\/p>\n<p>Comme on peut le pr\u00e9voir, un Sauvage p\u00e9n\u00e8tre dans le meilleur des mondes, et manque de le bouleverser. On se souvient peut-\u00eatre que dans le livre de Zamiatine, on voyait aussi des citoyens de la soci\u00e9t\u00e9 nouvelle franchir la grande muraille qui encerclait l&rsquo;Etat id\u00e9al, et d\u00e9couvrir des repr\u00e9sentants d&rsquo;une esp\u00e8ce disparue; des hommes vivant dans la nature, sous une lumi\u00e8re qui n&rsquo;\u00e9tait pas artificielle. Le sauvage d&rsquo;Aldous Huxley a moins de po\u00e9sie et plus de philosophie. Nourri de Shakespeare, ayant le sentiment du tragique de l&rsquo;existence, convaincu que les sentiments humains n&rsquo;atteignent \u00e0 la grandeur que s&rsquo;ils sont contrari\u00e9s, et cherchant dans le d\u00e9sordre des \u00e2mes un aliment \u00e0 l&rsquo;art et \u00e0 la pens\u00e9e, il est exactement aux antipodes de l&rsquo;Etat mondial et il devient pour ceux-ci un objet de curiosit\u00e9 et de ris\u00e9e.<\/p>\n<p>Pourtant, certains Alphas sentent bien qu&rsquo;ils ont quelque affinit\u00e9 avec le Sauvage, mais l&rsquo;un des administrateurs de l&rsquo;Etat mondial explique \u00e0 cet inadapt\u00e9 pourquoi sa conception est non seulement p\u00e9rim\u00e9e, mais incompatible avec l&rsquo;ordre social et la civilisation id\u00e9ale. Le dialogue est fort, et vaut d&rsquo;\u00eatre m\u00e9dit\u00e9: sous des allures paradoxales, il renferme de solides v\u00e9rit\u00e9s. Nous ne pouvons malheureusement citer qu&rsquo;un fragment:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>\u2014 Le bonheur effectif, dit l&rsquo;Administrateur au Sauvage, para\u00eet toujours sordide en comparaison des larges compensations qu&rsquo;on trouve \u00e0 la mis\u00e8re. Et il va de soi que la stabilit\u00e9 en tant que spectacle, n&rsquo;arrive pas \u00e0 la cheville de l&rsquo;instabilit\u00e9. Et le fait d&rsquo;\u00eatre satisfait n&rsquo;a rien du charme magique d&rsquo;une bonne lutte contre le malheur, rien du pittoresque d&rsquo;un combat contre la tentation ou d&rsquo;une d\u00e9faite fatale sous les coups de la passion ou du doute. Le bonheur n&rsquo;est jamais grandiose. <\/em><\/p>\n<p><em>\u2014 Sans doute, dit le Sauvage, apr\u00e8s un silence. Mais est-il indispensable qu&rsquo;il atteigne le degr\u00e9 d&rsquo;horreur de tous ces jumeaux ? Il se passa la main sur les yeux comme s&rsquo;il essayait d&rsquo;effacer le souvenir de l&rsquo;image de ces longues rang\u00e9es de nains identiques aux \u00e9tablis de montage, de ces troupeaux de jumeaux faisant la queue \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la station du monorail \u00e0 Brentford, de ces larves humaines envahissant le lit de mort de Linda, du visage ind\u00e9finiment r\u00e9p\u00e9t\u00e9 de ses assaillants.<\/em><\/p>\n<p><em>\u2014 Mais combien utile ! Je vois que vous n&rsquo;aimez pas nos Groupes Bokanovsky, mais je vous en donne l&rsquo;assurance, ils constituent la fondation sur laquelle est \u00e9difi\u00e9 tout le reste. Ils sont le gyroscope qui stabilise l&rsquo;avion-fus\u00e9e de l&rsquo;Etat dans sa marche inflexible. \u2014 La voix profonde vibrait \u00e0 faire palpiter; la main gesticulante repr\u00e9sentait implicitement tout l&rsquo;espace et l&rsquo;\u00e9lan de l&rsquo;irr\u00e9sistible machine.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le Sauvage, r\u00e9volutionnaire du pass\u00e9, ne parviendra pas \u00e0 disloquer la machine. C&rsquo;est lui qui sera \u00e9cras\u00e9 sous l&rsquo;\u00e9norme volant. Pour avoir \u00e9t\u00e9 surpris par l&rsquo;objectif du cin\u00e9ma dans des exercices d&rsquo;asc\u00e9tisme, devenu la fable de tous, il se suicidera, laissant cette soci\u00e9t\u00e9 dans son bonheur sans ombres.<\/p>\n<p>Il faut savoir gr\u00e9 \u00e0 M. Jules Castier d&rsquo;avoir traduit ce livre, que bien des lecteurs fran\u00e7ais aimeront \u00e0 conna\u00eetre. La traduction d&rsquo;Huxley n&rsquo;est jamais facile, mais celle-ci offrait des difficult\u00e9s particuli\u00e8res. Elles ont, presque toutes, \u00e9t\u00e9 surmont\u00e9es, quoique, sans m\u00eame savoir l&rsquo;anglais, on sente bien qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 impossible de faire passer dans notre langue certains traits d&rsquo;humour, et aussi l&rsquo;opposition du langage des Mondiaux avec celui du Sauvage. N&#8217;emp\u00eache que ceux de nos compatriotes qui \u00ab\u00a0n&rsquo;entendent point l&rsquo;anglais\u00a0\u00bb doivent rendre gr\u00e2ces \u00e0 M. Jules Castier.<\/p>\n<p>PIERRE AUDIAT<br \/>\n<a href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k5824398g\/f3.item.zoom\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">L&rsquo;europ\u00e9en, hebdomadaire \u00e9conomique, artistique et litt\u00e9raire<\/a><br \/>\nVendredi 10 f\u00e9vrier 1933<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aldous Huxley, qui est encore un jeune \u00e9crivain, n&rsquo;a pas fini de nous \u00e9tonner. Sa virtuosit\u00e9 litt\u00e9raire est admirable. 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