{"id":42791,"date":"2020-06-02T08:00:46","date_gmt":"2020-06-02T07:00:46","guid":{"rendered":"http:\/\/carfree.fr\/?p=42791"},"modified":"2020-08-18T11:59:26","modified_gmt":"2020-08-18T10:59:26","slug":"apres-la-pandemie-la-gratuite-des-transports-publics-un-outil-pour-construire-un-monde-plus-solidaire-et-plus-soutenable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2020\/06\/02\/apres-la-pandemie-la-gratuite-des-transports-publics-un-outil-pour-construire-un-monde-plus-solidaire-et-plus-soutenable\/","title":{"rendered":"Apr\u00e8s la pand\u00e9mie : La gratuit\u00e9 des transports publics, un outil pour construire un monde plus solidaire et plus soutenable"},"content":{"rendered":"<p>Nous sommes entr\u00e9s dans un grand moment de d\u00e9stabilisation, o\u00f9 les crises se superposent et s\u2019amplifient: crise environnementale, crise sanitaire, crise sociale et \u00e9conomique, crise alimentaire. <!--more--><\/p>\n<p><strong>1. La sant\u00e9 : un bien commun<\/strong><\/p>\n<p>Un si\u00e8cle apr\u00e8s l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de grippe de 1918 qui a fait des dizaines de millions de morts, le Monde conna\u00eet une crise sanitaire mondiale, amenant la plupart des \u00c9tats \u00e0 prendre des mesures de confinement sans pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n<p>Cette crise a mis en lumi\u00e8re d\u2019une part la d\u00e9faillance du service public de sant\u00e9 fran\u00e7ais mais aussi le fait que les Fran\u00e7ais donnaient la priorit\u00e9 \u00e0 leur sant\u00e9.<\/p>\n<p>Une des premi\u00e8res le\u00e7ons \u00e0 tirer de la crise sanitaire est qu\u2019il est \u00e0 proprement parler vital de rompre avec les politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 qui ont affaibli le syst\u00e8me de sant\u00e9 fran\u00e7ais et la gestion en flux tendu qui le rend particuli\u00e8rement fragile face aux crises comme celle-ci. En voulant faire des \u00e9conomies, les gouvernements fran\u00e7ais successifs ont sacrifi\u00e9 le syst\u00e8me hospitalier et la pr\u00e9vention des \u00e9pid\u00e9mies. R\u00e9sultat, en plus des victimes humaines, le co\u00fbt financier de la crise du covid-19 va \u00eatre des dizaines de fois sup\u00e9rieur \u00e0 celui qu\u2019aurait co\u00fbt\u00e9 une politique de sant\u00e9 \u00e0 la hauteur.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quences, les biens et services essentiels doivent \u00eatre soustraits \u00e0 la loi du march\u00e9 et devenir des biens et services publics, au service de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p><strong>2. En France, la pollution de l\u2019air tue 50 000 personnes chaque ann\u00e9e. Plus que la covid-19!<\/strong><\/p>\n<p>Les \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques men\u00e9es depuis les ann\u00e9es 90 ont mis en \u00e9vidence des relations statistiques entre des indicateurs d\u2019exposition aux polluants atmosph\u00e9riques (concentrations ambiantes en particules en suspension, en gaz\u2026) et la survenue d\u2019\u00e9v\u00e9nements sanitaires en exc\u00e8s dans la population (nombre de d\u00e9c\u00e8s, de cas d\u2019asthmes\u2026). Plusieurs centaines de travaux, men\u00e9s dans de nombreux pays, sur des populations et avec des m\u00e9thodologies diff\u00e9rentes, ont produit un ensemble de r\u00e9sultats convergents. Ils montrent que l\u2019exposition aux polluants, notamment les particules en suspension et l\u2019ozone, induit un impact \u00e0 court terme sur la sant\u00e9 (notamment sur la mortalit\u00e9 et sur les hospitalisations).<\/p>\n<p>Il y a un lien significatif entre niveau de pollution et gravit\u00e9 de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie. La pollution fragilise les voies respiratoires, provoque des maladies cardiovasculaires, qui sont autant de facteurs de surmortalit\u00e9 pour la covid-19.<\/p>\n<p><strong>3. Le r\u00e9chauffement climatique a un impact sur la sant\u00e9 et menace la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire<\/strong><\/p>\n<p>Le r\u00e9chauffement climatique a un lien avec la fr\u00e9quence des \u00e9pid\u00e9mies. Extension du domaine d\u2019action d\u2019agents infectieux comme les moustiques ou les tiques, fonte du perg\u00e9lisol lib\u00e9rant des virus avec lesquels nous n\u2019avons pas d\u2019histoire commune r\u00e9cente, le d\u00e9r\u00e8glement climatique va multiplier les menaces pour la sant\u00e9 des \u00eatres humains.<\/p>\n<p>Les dix ann\u00e9es les plus chaudes jamais enregistr\u00e9es sont toutes post\u00e9rieures \u00e0 1997. 14 des 15 ann\u00e9es les plus chaudes se situent au 21\u00e8me si\u00e8cle, pourtant \u00e0 peine entam\u00e9. Ainsi, l\u2019ann\u00e9e 2016 est la plus chaude, suivie de pr\u00e8s par 2019.<\/p>\n<p>Dans un rapport rendu public en d\u00e9cembre 2015, l\u2019Organisation des Nations Unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture (FAO) constate que l\u2019\u00e9rosion emporte de 25 \u00e0 40 milliards de tonnes de couche superficielle chaque ann\u00e9e. Si rien n\u2019est fait pour att\u00e9nuer l\u2019\u00e9rosion, on pourrait arriver \u00e0 une r\u00e9duction totale de plus de 253 millions de tonnes de c\u00e9r\u00e9ales d\u2019ici 2050. Cette perte de rendement \u00e9quivaudrait \u00e0 retirer de la production agricole 1,5 million de km2 de terres \u2013 soit l\u2019\u00e9quivalent de toutes les terres arables de l\u2019Inde[1].<\/p>\n<p>Selon les estimations du Programme alimentaire mondial, le nombre de personnes souffrant d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire aigu\u00eb dans le monde devrait doubler \u00e0 cause du Coronavirus, atteignant 250 millions d\u2019humains d\u2019ici la fin 2020[2].<\/p>\n<p>Quel sera notre devenir si demain nous rencontrons d\u2019autres virus encore plus agressifs, si le r\u00e9chauffement climatique et la pollution de l\u2019air s\u2019amplifient encore plus ? (forte augmentation des jours de canicule, du niveau des mers, mortalit\u00e9 en hausse, etc.)<\/p>\n<p>Le mode actuel de production, de consommation, de d\u00e9placement mondialis\u00e9 pousse \u00e0 la d\u00e9forestation, bouleverse les \u00e9cosyst\u00e8mes et provoque r\u00e9chauffement et d\u00e9r\u00e8glement climatique, d\u00e9sastres en termes de biodiversit\u00e9, de pollution, de gaspillage des ressources. L\u2019apparition de nouveaux virus zoonoses[3], est un signal d\u2019alarme et doit appeler \u00e0 questionner le mod\u00e8le de d\u00e9veloppement actuel. Les produits fabriqu\u00e9s \u00e0 l\u2019autre bout du monde sont transport\u00e9s sur des milliers de kilom\u00e8tres. Nous disposons de produits rapidement obsol\u00e8tes \u00e0 profusion, mais les services essentiels sont affaiblis voire viennent \u00e0 manquer.<\/p>\n<p>Les milliardaires du monde entier, au nombre de 2 153, poss\u00e8dent plus de richesses que 4,6 milliards de personnes[4]. Selon l\u2019OIT (l\u2018Organisation Internationale du Travail), en 2018 la majorit\u00e9 des 3.3 milliards de travailleurs dans le monde n\u2019occupaient pas un travail d\u00e9cent, c\u2019est \u00e0 dire un travail digne, convenablement r\u00e9mun\u00e9r\u00e9, qui s\u2019exerce dans de bonnes conditions de s\u00e9curit\u00e9 et qui procure un minimum de protection sociale pour le travailleur et sa famille. Il y avait environ 300 millions de travailleurs en extr\u00eame pauvret\u00e9, vivant avec moins de 1,90 USD par jour.<\/p>\n<p><strong>4. L\u2019imminence d\u2019une crise sociale violente en France et dans le monde<\/strong><\/p>\n<p>Il y avait d\u00e9j\u00e0 une urgence sociale avant la crise sanitaire, c\u2019est \u00e0 une crise sociale tr\u00e8s violente que nous allons assister si nous ne prenons pas les moyens collectifs pour y faire face.<\/p>\n<p>Sur une population active de 3,3 milliards de personnes, l\u2019OIT \u00e9value que plus de quatre sur cinq sont affect\u00e9es par la fermeture totale ou partielle des lieux de travail[5]. La pand\u00e9mie provoque un double choc \u00e9conomique d\u2019offre et de demande, sous l\u2019effet du confinement et de l\u2019arr\u00eat des cha\u00eenes de production.<\/p>\n<p>La Conf\u00e9d\u00e9ration syndicale internationale demande la cr\u00e9ation d\u2019un fonds mondial de protection sociale universelle pour les pays les plus pauvres, afin de soutenir les soins de sant\u00e9 et le maintien de revenus partout sur la plan\u00e8te[6]. En France, 12.7 millions de salari\u00e9s sont au ch\u00f4mage partiel \u00e0 la date du 19 mai selon la DARES[7]. Il y a un grand risque de suppressions massives d\u2019emplois. L\u2019OFCE s\u2019attend \u00e0 ce que la France compte 600.000 ch\u00f4meurs de plus d\u2019ici \u00e0 fin juin, avec un taux de ch\u00f4mage de l\u2019ordre de 10 % en juin et peut-\u00eatre au-del\u00e0 de 12 % \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e (8% en 2019)[8]. Suite au confinement, et malgr\u00e9 les mesures de ch\u00f4mage partiel, la prise en charge des arr\u00eats pour garde d\u2019enfants par la CPAM et des aides pour les ind\u00e9pendants, des millions de personnes se sont retrouv\u00e9es avec de tr\u00e8s faibles revenus ou sans revenus. La faim est r\u00e9apparue dans certains quartiers et les queues se sont allong\u00e9es pour les distributions de repas. 10 millions d\u2019\u20ac de ch\u00e8ques d\u2019urgence alimentaire ont \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9s.<\/p>\n<p>En France en 2018, selon l\u2019INSEE et l\u2019OFCE, les in\u00e9galit\u00e9s se sont accrues et la pauvret\u00e9 touchait plus de 9 millions de personnes[9]. Cette situation ne peut que s\u2019aggraver avec le confinement et la crise sanitaire.<\/p>\n<p>S\u2019attaquer au code du travail (augmentation des horaires, de la pr\u00e9carit\u00e9\u2026) n\u2019est pas la solution. Cela ne fait que rajouter de la difficult\u00e9 pour les personnes d\u00e9j\u00e0 en difficult\u00e9. C\u2019est un pur effet d\u2019aubaine pour le gouvernement qui utilise la crise sanitaire pour mener plus loin sa politique de r\u00e9gression sociale.<\/p>\n<p>Il faut travailler au contraire \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 plus solidaire, avec plus de protection sociale.<\/p>\n<p>Il est indispensable de d\u00e9fendre les services publics existants, assurer la ma\u00eetrise publique des biens et services essentiels (\u00e9cole, sant\u00e9, logement, eau-gaz-\u00e9lectricit\u00e9, transports\u2026), les rendre accessible au plus grand nombre, notamment aux milieux populaires.<\/p>\n<p><strong>5. La gratuit\u00e9 des transports publics : un moyen important dans la construction d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 solidaire et soutenable.<\/strong><\/p>\n<p>Durant la p\u00e9riode de confinement, gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9duction du trafic routier, on a pu profiter d\u2019une baisse des nuisances sonores, de rues et de routes plus sures. La concentration de dioxyde d\u2019azote dans l\u2019air a fortement baiss\u00e9 dans l\u2019agglom\u00e9ration grenobloise, ce qui s\u2019est ressenti, m\u00eame si l\u2019indice global de la qualit\u00e9 de l\u2019air mesur\u00e9e par ATMO ne diff\u00e8re pas beaucoup des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e0 cause d\u2019une forte concentration d\u2019ozone et d\u2019une concentration de particules fines qui n\u2019a que peu baiss\u00e9 (agriculture? Chauffage au bois?).<\/p>\n<p><strong>6. Sommes-nous condamn\u00e9s \u00e0 un retour \u00e0 la situation pr\u00e9c\u00e9dente, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 l\u2019anormal?<\/strong><\/p>\n<p>En empruntant les transports en commun plut\u00f4t qu\u2019en se d\u00e9pla\u00e7ant en voiture, un voyageur produit nettement moins de particules fines (PM10, PM2.5), de gaz \u00e0 effet de serre (CO2) et de gaz nocifs pour la sant\u00e9 (NOx).<\/p>\n<p>Les \u00e9missions de NO2 sont tr\u00e8s majoritairement dues aux transports (63%), viennent ensuite l\u2019industrie manufacturi\u00e8re (19%) et au r\u00e9sidentiel\/tertiaire (11%), agriculture et sylviculture (7%)[10]. Du 13 mars au 13 avril 2020, les concentrations de NO2 (produit principalement par les v\u00e9hicules et les centrales thermiques) ont recul\u00e9 de 54% \u00e0 Paris, de 49% \u00e0 Rome, de 48% \u00e0 Madrid et de 47% \u00e0 Milan[11]. La concentration en NO2 a diminu\u00e9 de moiti\u00e9 \u00e0 Grenoble entre le 20 mars et le 20 avril (on est pass\u00e9 de 30 (+ou-20) mg\/m3 en moyenne \u00e0 un peu plus de 10 mg\/m3)[12].<\/p>\n<p>Une \u00e9tude mondiale r\u00e9v\u00e8le que la proportion de cas d\u2019asthme de l\u2019enfant li\u00e9s \u00e0 la pollution de la route est de 17% en France, un tiers \u00e0 Paris[13].<\/p>\n<p>Il faut donc dans le domaine des transports une v\u00e9ritable politique de rupture, pour diminuer tr\u00e8s significativement le recours \u00e0 l\u2019automobile. Si le d\u00e9veloppement rapide des am\u00e9nagements pi\u00e9tons et cyclables est une tr\u00e8s bonne chose, pour un co\u00fbt en infrastructure modeste, cela ne permet pas, loin de l\u00e0, de r\u00e9pondre aux besoins de toute la population, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019une agglom\u00e9ration.<\/p>\n<p>Il faut donc promouvoir les transports publics. Pour cela il faut une offre de qualit\u00e9. Mais cela ne suffit pas si on veut vraiment cr\u00e9er les conditions d\u2019une utilisation massive des transports publics. Il faut envoyer le signal que prendre les transports publics c\u2019est important pour la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble, comme sont importantes l\u2019\u00e9cole et la sant\u00e9. Pour cela il faut la gratuit\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience de la gratuit\u00e9 des transports publics \u00e0 Dunkerque (22 communes, 200 000 habitants) est tr\u00e8s instructive. Un an apr\u00e8s sa mise en service en 2018, la gratuit\u00e9 totale a d\u00e9j\u00e0 fait augmenter la fr\u00e9quentation de 85% en moyenne ; 48% des nouveaux usagers utilisaient auparavant leur automobile ; un tiers des places de parking sont maintenant vides[14].<\/p>\n<p><strong>7. Le co\u00fbt de la non-gratuit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019argument principal de la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des d\u00e9cideurs politiques contre la gratuit\u00e9 des transports publics est son co\u00fbt. Mais on n\u2019aborde jamais le co\u00fbt des nuisances li\u00e9es \u00e0 la pollution, aux \u00e9missions de GES, aux co\u00fbts de l\u2019entretien et de l\u2019extension des infrastructures routi\u00e8res \u2013 pourtant jamais suffisante pour \u00e9viter les embouteillages -, \u00e0 l\u2019\u00e9norme surface d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019automobile pour un faible nombre de passagers.<\/p>\n<p>&#8211; au niveau national, la pollution atmosph\u00e9rique provoque au moins 50000 morts par an, son co\u00fbt est estim\u00e9 \u00e0 une valeur comprise entre 70 et 100 milliards d\u2019euros par an[15],<br \/>\n&#8211; l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de covid-19 va se traduire selon les pr\u00e9visions du gouvernement par un recul de 7.4 % du PIB en 2020[16], soit 180 Md \u20ac,<br \/>\n&#8211; selon l\u2019ONU, les pertes \u00e9conomiques directes dans le monde dues \u00e0 des \u00e9pisodes de climat extr\u00eame ont bondi de 250% entre 1998 et 2017[17],<br \/>\n&#8211; les co\u00fbts du changement climatique pourraient repr\u00e9senter, \u00e0 l\u2019horizon 2050, entre 5 % et 20 % du produit int\u00e9rieur brut (PIB) mondial de 2005 par an, alors qu\u2019une stabilisation des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre ne co\u00fbterait que 1% du PIB mondial par an[18].<\/p>\n<p><strong>8. La France ne respecte pas ses engagements internationaux en mati\u00e8re d\u2019environnement<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019accord de Paris, adopt\u00e9 en 2015 lors de la COP21, se donnait pour objectif de rester nettement en dessous de 2\u00b0C par rapport aux niveaux pr\u00e9industriels et de poursuivre l\u2019action men\u00e9e pour limiter l\u2019\u00e9l\u00e9vation de la temp\u00e9rature \u00e0 1,5\u00b0C[19] . La France s\u2019est fix\u00e9 l\u2019objectif de r\u00e9duire ses \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre de 27 % d\u2019ici 2028 par rapport \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 2013 et de 75 % d\u2019ici 2050. Or force est de constater que la France n\u2019est pas au niveau de ses engagements : en 2018, l\u2019empreinte carbone de la France a \u00e9t\u00e9 de 445,3 millions de tonnes (Mt) de CO2 par rapport \u00e0 un objectif de 426,2 Mt de CO2, selon l\u2019Observatoire Climat-Energie, soit 4.5 % au-dessus de la trajectoire pr\u00e9vue[20].<\/p>\n<p>La France a aussi \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e en octobre 2019 par la Cour de justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne pour \u00ab <em>d\u00e9passement de mani\u00e8re syst\u00e9matique et persistante de la valeur limite annuelle pour le dioxyde d\u2019azote depuis 2010<\/em> \u00bb[21], en violation de la directive \u00ab qualit\u00e9 de l\u2019air \u00bb adopt\u00e9e le 21 mai 2008[22]. 12 agglom\u00e9rations sont vis\u00e9es dont celle de Grenoble.<\/p>\n<p><strong>9. Et la r\u00e9gion grenobloise ?<\/strong><\/p>\n<p>Pour la r\u00e9gion grenobloise, les pr\u00e9visions du cabinet TEC pr\u00e9disent une multiplication par 15 des jours de canicule d\u2019ici 2050, moins de pluie et de neige, plus d\u2019incendies[23]. Les moustiques tigres sont sur le territoire et un cas de dengue a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9 \u00e0 Grenoble en 2019[24]. On assiste depuis peu \u00e0 la prolif\u00e9ration des tiques, dont de nouvelles esp\u00e8ces dangereuses.<\/p>\n<p>En France, de l\u2019ordre de 50000 ha de terre arable par an sont artificialis\u00e9es, c\u2019est l\u2019\u00e9quivalent de la surface d\u2019un d\u00e9partement fran\u00e7ais qui dispara\u00eet tous les 10 ans[25].<\/p>\n<p>Dans ce contexte pr\u00e9occupant d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire, il est essentiel de pr\u00e9server les terres cultivables. Or le PLUI de Grenoble-Alpes-M\u00e9tropole adopt\u00e9 le 20 d\u00e9cembre 2019 ne renverse pas la tendance, et se contente de viser la r\u00e9duction de 35 % de la consommation d\u2019espace[26]. Selon la FRAPNA Is\u00e8re (aujourd\u2019hui FNE Is\u00e8re), le PLUI \u00ab <em>ouvre la voie \u00e0 l\u2019artificialisation de 354 ha en-dehors de la t\u00e2che urbaine actuelle<\/em>[27] \u00bb.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation de la 3\u00e8me voie pour l\u2019A480 fait partie des grands projets inutiles appartenant au pass\u00e9. Il faut rompre avec le d\u00e9veloppement des infrastructures pour le transport automobile.<\/p>\n<p>Les derniers chiffres disponibles sur les d\u00e9placements (Enqu\u00eate M\u00e9nages D\u00e9placements 2010, analyse DEEM 2010) indiquent que, pour les 330 000 d\u00e9placements entre la m\u00e9tropole et la grande r\u00e9gion grenobloise, 82% des d\u00e9placements se font en voiture (au volant ou en tant que passager)[28]. S\u2019inscrire dans les engagements de la COP21 suppose de r\u00e9duire d\u2019un quart la part de la voiture dans les d\u00e9placements d\u2019ici 2030, et la place de la voiture doit devenir nettement minoritaire en 2050.<\/p>\n<p><strong>10. Pour une politique de transport \u00e0 la mesure des enjeux: d\u00e9veloppement cons\u00e9quent de l\u2019offre ferroviaire, gratuit\u00e9 pour les usagers<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons besoin de transports peu polluants, efficaces et sobres en besoins d\u2019infrastructures, moins gourmands en terres. Le ferroviaire remplit toutes ces conditions \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la grande agglom\u00e9ration. Il faut un territoire \u00e9quilibr\u00e9, pr\u00e9servant et d\u00e9veloppant l\u2019agriculture de proximit\u00e9, avec une agglom\u00e9ration qui cesse de s\u2019\u00e9taler et de consommer de la terre cultivable.<\/p>\n<p>Le r\u00e9seau ferroviaire doit refl\u00e9ter cet \u00e9quilibre territorial en favorisant le d\u00e9veloppement autour des gares, maintenues et d\u00e9velopp\u00e9es, avec un r\u00e9seau qui ne soit pas en \u00e9toile mais avec plusieurs centres, etc.<\/p>\n<p>S\u2019inscrire dans les engagements de la COP21 suppose de r\u00e9duire d\u2019un quart la part de la voiture dans les d\u00e9placements d\u2019ici 2030, et la place de la voiture doit devenir nettement minoritaire en 2050. Cette r\u00e9duction doit se faire via le d\u00e9veloppement du transport ferroviaire.<\/p>\n<p>Le ferroviaire pour les \u00abgrands\u00bb d\u00e9placements doit \u00eatre compl\u00e9t\u00e9 par une offre de qualit\u00e9 (tram et bus, pistes cyclables) pour les d\u00e9placements inf\u00e9rieurs \u00e0 5 km.<\/p>\n<p>La gratuit\u00e9 est n\u00e9cessaire pour cr\u00e9er les conditions d\u2019un transfert massif vers les transports publics collectifs. C\u2019est aussi la traduction que choisir de prendre les transports collectifs sert l\u2019int\u00e9r\u00eat de toutes et tous.<\/p>\n<p>Pour que le Monde d\u2019apr\u00e8s ne soit pas le retour \u00e0 l\u2019anormal, il faut sortir des d\u00e9clarations d\u2019intentions et des demi-mesures pour prendre des mesures politiques fortes.<\/p>\n<p>Ce changement indispensable a besoin pour se r\u00e9aliser de l\u2019action d\u00e9termin\u00e9e des forces associatives, syndicales et politiques, et de l\u2019intervention du plus grand nombre de citoyen.nes. Nous avons besoin de d\u00e9mocratie et de d\u00e9bats citoyens pour pouvoir d\u00e9cider ensemble de ce qu\u2019il nous faut.<\/p>\n<p>Source: <a href=\"http:\/\/www.gratuite-transports-publics.ouvaton.org\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.gratuite-transports-publics.ouvaton.org<\/a><\/p>\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p>[1] FAO<br \/>\n[2] Nations-Unies<br \/>\n[3] Zoonose : Maladie infectieuse des animaux vert\u00e9br\u00e9s transmissible \u00e0 l\u2019\u00eatre humain (ex. la rage).<br \/>\n[4] Rapport Oxfam 2020<br \/>\n[5] Organisation Internationale du Travail (OIT)<br \/>\n[6] INTERNATIONAL TRADE UNION CONFEDERATION<br \/>\n[7] DARES<br \/>\n[8] Les Echos<br \/>\n[9] Insee<br \/>\n[10] Minist\u00e8re de l&rsquo;\u00e9cologie<br \/>\n[11] ESA<br \/>\n[13] Sciences et Avenir<br \/>\n[14] Urbis le Mag<br \/>\n[15] S\u00e9nat<br \/>\n[16] Le Monde<br \/>\n[17] Les Echos<br \/>\n[18] S\u00e9nat<br \/>\n[19] Nations-Unies<br \/>\n[20] Dans le sillage de cet accord, la France s\u2019est fix\u00e9e des objectifs annuels pour r\u00e9duire ses \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre (GES) de 27 % d\u2019ici 2028 par rapport \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 2013 et de 75 % d\u2019ici 2050.<br \/>\n[21] Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne<br \/>\n[22] INERIS<br \/>\n[23] TEC Conseil<br \/>\n[24] France 3 R\u00e9gions<br \/>\n[25] Terre Net<br \/>\n[26] La M\u00e9tro<br \/>\n[27] PLUI-Grenoble-Alpes-Metropole<br \/>\n[28] Smtc Grenoble<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous sommes entr\u00e9s dans un grand moment de d\u00e9stabilisation, o\u00f9 les crises se superposent et s\u2019amplifient: crise environnementale, crise sanitaire, crise sociale et \u00e9conomique, crise alimentaire.<\/p>\n","protected":false},"author":1607,"featured_media":42792,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4,127,8],"tags":[57,139,60,16,382,333,33,320,19,131],"views":10353,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42791"}],"collection":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=42791"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42791\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/42792"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=42791"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=42791"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=42791"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}