{"id":43241,"date":"2020-08-21T09:43:27","date_gmt":"2020-08-21T08:43:27","guid":{"rendered":"http:\/\/carfree.fr\/?p=43241"},"modified":"2020-10-06T13:28:29","modified_gmt":"2020-10-06T12:28:29","slug":"homme-libre-toujours-tu-cheriras-le-velo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2020\/08\/21\/homme-libre-toujours-tu-cheriras-le-velo\/","title":{"rendered":"Homme libre, toujours tu ch\u00e9riras le v\u00e9lo"},"content":{"rendered":"<p>Voici un \u00e9loge inconditionnel de la bicyclette paru dans la revue <em>Le Sauvage<\/em>, n\u00b0 3, juin-juillet 1973, et \u00e9crit par un amateur inattendu, Serge Moscovici, professeur de psychologie sociale \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Paris\u00a0VII et directeur \u00e0 l\u2019\u00e9cole des Hautes \u00c9tudes et, accessoirement, p\u00e8re de l&rsquo;ancien ministre socialiste Pierre Moscovici.\u00a0<!--more--><\/p>\n<p>1.<strong><em>\u00a0<\/em><\/strong>LE PIED<\/p>\n<p>Rien ne vaut le pied. Je d\u00e9sesp\u00e9rais de voir mes contemporains et surtout les g\u00e9n\u00e9rations nouvelles, bien s\u00fbr, reconna\u00eetre cette v\u00e9rit\u00e9. On sait le m\u00e9pris dans lequel on le tenait et continue \u00e0 le tenir. Le langage,<span id=\"more-1941\"><\/span>\u00a0pas si innocent que \u00e7a, est l\u00e0 pour en t\u00e9moigner\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Quel pied\u00a0! Tu es un pied\u00a0! Tu te conduis comme un pied\u00a0!<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Chaque fois que possible, on \u00e9vitait d\u2019en parler. On voit m\u00eame des synonymes savants\u00a0:\u00a0<em>la jouissance, le d\u00e9sir, le plaisir<\/em>, prolif\u00e9rer, \u00e9taler leur pr\u00e9tention, l\u00e0 o\u00f9 le pied, le bon vieux pied aurait suffi. Les choses, cependant, chacun s\u2019en rend compte, sont en train de changer. En ville, \u00e0 la campagne, \u00e0 table, au lit, debout ou couch\u00e9, prendre son pied est devenu capital. J\u2019ai m\u00eame remarqu\u00e9 que des inflexions tendres dans la voix, des battements ravis de cils accompagnaient l\u2019exclamation\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Quel pied\u00a0!<\/em>\u00a0\u00bb Le renversement, au sens propre, est ind\u00e9niable. Tout \u00e0 l\u2019enthousiasme de leur d\u00e9couverte, les n\u00e9ophytes ignorent cependant un fait simple\u00a0; le pied a un ami\u00a0: le v\u00e9lo, et un ennemi, la voiture.<\/p>\n<p>2. LA VOITURE<\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas de voiture et je ne sais m\u00eame pas conduire. Tout le monde me regarde comme une b\u00eate curieuse, une anomalie de la nature. Mes amis font pression sur moi pour m\u2019amener \u00e0 renoncer \u00e0 cette excentricit\u00e9. Les constructeurs d\u2019automobiles, de leur c\u00f4t\u00e9, distillent des discours socio-m\u00e9taphysiques. \u00c0 la radio, j\u2019ai entendu l\u2019un d\u2019entre eux me dire\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le progr\u00e8s dans un pays se mesure au nombre de voitures. Renoncez \u00e0 la voiture, c\u2019est faire un pied-de-nez au progr\u00e8s.<\/em>\u00a0\u00bb Ou bien encore\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Depuis toujours, l\u2019homme \u00e9prouve un besoin quasi biologique de d\u00e9placement libre, individuel, rapide\u00a0; seule la voiture individuelle satisfait ce besoin.\u00a0<\/em>\u00bb<\/p>\n<p>De tels discours sont bien dans la logique de la soci\u00e9t\u00e9 contre nature. Il y a d\u2019abord une \u00e9chelle\u00a0: quelqu\u2019un est le premier, il repr\u00e9sente le progr\u00e8s. Vous devez \u00eatre sur la m\u00eame \u00e9chelle, tout pr\u00e8s de lui, sinon vous \u00eates en retard, sous-d\u00e9velopp\u00e9, etc. Ensuite, \u00e0 chaque besoin, son objet reconnu, \u00e9tiquet\u00e9\u00a0: si vous n\u2019avez pas cet objet, votre besoin est insatisfait. Quel logique \u00e0 cloche-pied\u00a0! Les choses n\u2019y sont jamais pens\u00e9es dans leur rapport avec l\u2019exp\u00e9rience concr\u00e8te, avec les effets, mais uniquement pens\u00e9es eu \u00e9gard \u00e0 une norme abstraite, \u00e0 ce que les autres font, en rapport avec elles-m\u00eames, chacun enferm\u00e9 dans son fragment d\u2019univers, en dehors de la totalit\u00e9. Parce que les autres ont une voiture, vous devez en avoir une\u00a0; parce que les autres nations ont une grande industrie, notre nation doit en avoir une. Savoir si c\u2019est bon ou mauvais, s\u2019il y a d\u2019autres moyens de r\u00e9pondre \u00e0 vos envies, \u00e0 vos conditions d\u2019existence, personne ne s\u2019en soucie. Surtout n\u2019inventez rien. De toute mani\u00e8re, face au pot de fer, votre pot est de terre. La logique de la soci\u00e9t\u00e9 contre nature est une logique terroriste, et la voiture est devenue son v\u00e9hicule vers votre psychisme. Aujourd\u2019hui, ce n\u2019est plus la voiture qui est en question, mais cette logique\u2026<\/p>\n<p>J\u2019ai bien observ\u00e9 la voiture, de cette place qui est toujours la mienne\u00a0: la place du mort. Individualit\u00e9, libert\u00e9, rapidit\u00e9, dit-on. C\u2019est \u00e0 voir. Chacun est enferm\u00e9 dans la sienne comme dans une coquille\u00a0: lieu de solitude, lieu de d\u00e9socialisation. Personne ne communique avec personne. Chacun \u00e9vite les autres, rentre en soi, prisonnier de sa ceinture de s\u00e9curit\u00e9, du volant, des banquettes, des portes, des fen\u00eatres. Instrument de libert\u00e9, la voiture\u00a0? Soyons s\u00e9rieux. Comme si nous manquions de papiers, de codes, de lois, d\u2019interdits, l\u2019usage de l\u2019automobile en a ajout\u00e9 et rajout\u00e9. Permis de conduire, vignette, code de la route, sens obligatoire, interdits de d\u00e9passer, de tourner, de stationner, n\u2019ont fait que s\u2019accumuler au cours des ann\u00e9es. Et les contr\u00f4les \u2013 contr\u00f4le des papiers, barrage de police, contr\u00f4le des voitures, alcootest, espionnage du radar \u2013 aussi\u00a0! Vous n\u2019ouvrez pas votre journal, votre poste de t\u00e9l\u00e9vision, vous n\u2019entrez pas dans une \u00e9glise, sans qu\u2019on vous le rappelle\u00a0: au volant, vous \u00eates un mort ou un criminel en puissance. Respectez la loi\u00a0! Les bonnes vieilles culpabilit\u00e9s se tiennent ainsi en \u00e9veil. La belle libert\u00e9 que nous avons conquise\u00a0: une libert\u00e9 surveill\u00e9e\u00a0!<\/p>\n<p>Je conc\u00e8de un point\u00a0: la voiture est plus rapide que le cheval. En revanche, \u00e0 cheval, on pi\u00e9tine moins. Contemplez les bouchons sur les routes, les queues \u00e0 l\u2019entr\u00e9e ou \u00e0 la sortie d\u2019une ville, l\u2019automobiliste qui tourne en rond pour trouver une place, et vous reprendrez contact avec une notion de physique que la publicit\u00e9 a observ\u00e9e, \u00e0 savoir que la vitesse n\u2019est pas un nombre de kilom\u00e8tres, mais un rapport espace-temps. Alors, le calcul l\u2019indique, dans la vie quotidienne, il vaut mieux marcher (\u00e0 pied) que rouler. Nous en sommes l\u00e0. Au charme discret de l\u2019\u00e9vasion s\u2019est substitu\u00e9 le cauchemar des interdits, de l\u2019argent, de la pollution.<\/p>\n<p>3. LE V\u00c9LO<\/p>\n<p>Un seul moyen pour vous en sortir\u00a0: le v\u00e9lo. Un v\u00e9lo, dix v\u00e9los, cent v\u00e9los dans une rue, sur une route, et chacun est, selon son go\u00fbt, seul ou avec les autres. De l\u2019air, \u00e0 l\u2019air, en l\u2019air, comme il vous plaira. Pas dangereux, le v\u00e9lo ne vous fait plus respirer les vapeurs d\u2019essence, mais les vapeurs du matin ou du soir\u00a0; il ne vous enferme plus sur votre banquette mais vous entra\u00eene dans le mouvement\u00a0; il ne vous immobilise plus le corps mais il mobilise les jambes, les bras, les cinq (ou six) sens, tandis que votre t\u00eate gamberge. Si vous tombez, vous vous relevez, vous vous r\u00e9veillez, entour\u00e9 d\u2019\u00eatres vivants.<\/p>\n<p>Le v\u00e9lo se moque des r\u00e8glements, il ignore les interdits, il circule en tout terrain et stationne partout \u2013 sur votre balcon par exemple. Dans toute la soci\u00e9t\u00e9 de consommation, c\u2019est lui qui consomme le moins\u00a0; un peu d\u2019air, de temps en temps, et du muscle. Gr\u00e2ce \u00e0 lui, inutile de faire de la bicyclette en chambre ou de corriger le manque d\u2019exp\u00e9rience par des sports snobs et fastidieux\u00a0: il combine harmonieusement le d\u00e9placement et l\u2019exercice. Point d\u2019anxi\u00e9t\u00e9 ni de culpabilit\u00e9\u00a0: juste le plaisir du transport.<\/p>\n<p>Je parle du v\u00e9lo simple, du v\u00e9lo auquel vous pouvez ajouter une fleur, un colifichet, d\u00e9livr\u00e9 du gadget, du standing. Enfourchez-le, si vous voulez bien.<\/p>\n<p>Vous sentirez vos jambes bien pos\u00e9es, vos bras alertes, vos reins tendus, votre bassin soutenu, vos cuisses occup\u00e9es, le corps entier, oui, ce fameux corps dont la rumeur dit qu\u2019il faut prendre soin, lib\u00e9r\u00e9, que dis-je, rehauss\u00e9 par le v\u00e9lo. Le corps des femmes le fut, vous ne le croirez pas, par le v\u00e9lo, au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. La guerre du Vietnam, c\u2019est \u00e0 v\u00e9lo qu\u2019on la fit. La palme de l\u2019efficience lui revient. Aucun pont, aucune voiture, aucun avion ne porte dix fois son poids\u00a0; le v\u00e9lo oui. Vous comparez l\u2019effort de vos jambes aux r\u00e9sultats, et vous obtenez ceci\u00a0: un homme sur son v\u00e9lo devient le num\u00e9ro un parmi les machines et les cr\u00e9atures. Vous regardez la carte du monde\u00a0: le v\u00e9lo domine en Asie, Afrique, Chine, U.R.S.S. Il n\u2019est supplant\u00e9 par ce v\u00e9lo d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9, \u00e0 quatre pattes, qu\u2019est la voiture, qu\u2019en Am\u00e9rique du Nord et en Europe. Des faits v\u00e9locip\u00e9diques, on en jouit, on ne s\u2019en soucie gu\u00e8re. Chacun les veut \u00e0 son \u00e9chelle, \u00e0 son harmonie\u00a0; ni vitesse, ni dimensions ne pourront d\u00e9passer le corps humain, l\u2019action de ses muscles\u2026<\/p>\n<p>Vous p\u00e9dalez, moteur immobile, et, soudain, vous \u00eates parti, entra\u00een\u00e9 sur deux roues qui tournent comme plan\u00e8tes autour de leur soleil, comme man\u00e8ges sur un champ de foire, et autour de vous tournent d\u2019autres plan\u00e8tes, d\u2019autres man\u00e8ges, les arbres d\u00e9filent, les maisons se succ\u00e8dent, un petit coup de couleur et de p\u00e9dale \u00e0 gauche, un petit coup de couleur et de p\u00e9dale \u00e0 droite, et vous ne savez plus si vous \u00eates le man\u00e8ge ou si le man\u00e8ge est en vous, si c\u2019est vous le soleil ou la terre. Vous \u00eates doucement ivre\u00a0: le voyage commence, le vrai voyage, le v\u00e9locip\u00e9dique.<\/p>\n<p>4. LE V\u00c9LOMANE ET LE V\u00c9LONOME<\/p>\n<p>Le v\u00e9lo est une solution radicale. L\u2019adopter, c\u2019est adopter une certaine attitude vis-\u00e0-vis de la soci\u00e9t\u00e9 et de l\u2019existence. Populaire, il l\u2019est depuis toujours. Oubli\u00e9 depuis un certain temps, il s\u2019est fait excentrique, voire aristocratique. Revenir vers lui, ce n\u2019est pas revenir en arri\u00e8re. L\u2019histoire est une spirale. On passe en repassant et on repasse en passant, d\u2019o\u00f9 son vertige. Imaginez cinq cent, mille v\u00e9los dans Paris\u00a0: toutes les habitudes, tous les contacts sociaux quotidiens, tout le rythme de la vie, toute la carte de la ville, tout l\u2019air que nous respirons en seraient transform\u00e9s. Nous en avons envie. Mais nous n\u2019osons pas. La moto, les scooters, les v\u00e9lomoteurs ont \u00e9t\u00e9, sont des formes d\u00e9guis\u00e9es de cette envie qui n\u2019arrive pas \u00e0 s\u2019exprimer, de cette protestation qui utilise le langage m\u00e9canique \u00e0 la place du langage bicyclop\u00e9dique. Timidit\u00e9 du pot de terre. Pourquoi donc\u00a0? Le pot de terre, \u00e0 la longue, vainc toujours le pot de fer.<\/p>\n<p>Il ne suffit pas de g\u00e9mir \u00ab\u00a0Ras le bol\u00a0!\u00a0\u00bb, sans reconna\u00eetre le rem\u00e8de\u00a0: devenir v\u00e9lomane. Les amis du pied sont, je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit, les amis du v\u00e9lo. Pourquoi ne pas se grouper \u00e0 cette fin, dans des cercles d\u2019entra\u00eenement, d\u2019\u00e9tudes, pour \u00e9changer les vues et approfondir les cons\u00e9quences \u2013 politiques, intellectuelles, sociales, artistiques, \u00e9conomiques, psychophysiologiques \u2013 de la renaissance du v\u00e9lo\u00a0?\u00a0 On pourrait m\u00eame concevoir le projet d\u2019une science ayant pour objet de perfectionner l\u2019instrument\u00a0: la\u00a0<em>v\u00e9lonomie<\/em>. Elle r\u00e9soudrait en partie les probl\u00e8mes pos\u00e9s par la (prochaine) disparition des voitures en fournissant des emplois aux techniciens, \u00e9tudiants, chercheurs, professeurs v\u00e9lonomes. La France, nous dit-on, doit devenir la troisi\u00e8me puissance industrielle mondiale par le nombre de machines, voitures, etc.\u00a0 (et aussi par le nombre de crimes, par le degr\u00e9 de violence, de pollution des villes, etc., si l\u2019on veut que la comparaison avec la premi\u00e8re puissance soit compl\u00e8te). Elle pourrait \u00eatre imm\u00e9diatement la premi\u00e8re puissance v\u00e9locip\u00e9dique, laissant aux autres pays le soin de rattraper leur retard, leur sous-d\u00e9veloppement, sur l\u2019\u00e9chelle des v\u00e9locip\u00e8des, bien s\u00fbr. Surtout ne croyez pas que mon esprit, ici, d\u00e9gringole en roue libre. Faites un effort de r\u00e9flexion suppl\u00e9mentaire\u00a0: le probl\u00e8me n\u2019est-il pas de renverser les \u00e9chelles, de r\u00e9inventer l\u2019ordre des priorit\u00e9s\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Serge Moscovici<\/strong><br \/>\n<em>Le Sauvage, n\u00b0 3, juin-juillet 1973<\/em><br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.lesauvage.org\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.lesauvage.org<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici un \u00e9loge inconditionnel de la bicyclette paru dans la revue Le Sauvage, n\u00b0 3, juin-juillet 1973, et \u00e9crit par un amateur inattendu, Serge Moscovici, professeur de psychologie sociale \u00e0 <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2020\/08\/21\/homme-libre-toujours-tu-cheriras-le-velo\/\">Lire la suite&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1662,"featured_media":43242,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4,73,7],"tags":[1709,646,84,198,967,1664,1251],"views":14362,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43241"}],"collection":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1662"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=43241"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43241\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/43242"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=43241"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=43241"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=43241"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}