{"id":45060,"date":"2022-10-20T10:06:18","date_gmt":"2022-10-20T09:06:18","guid":{"rendered":"http:\/\/carfree.fr\/?p=45060"},"modified":"2022-10-20T10:06:18","modified_gmt":"2022-10-20T09:06:18","slug":"le-dernier-pieton","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2022\/10\/20\/le-dernier-pieton\/","title":{"rendered":"Le dernier pi\u00e9ton"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 la fin du XXIIe\u00a0si\u00e8cle, le nombre des Parisiens et des Parisiennes qui continuaient \u00e0 se servir de leurs jambes pour se d\u00e9placer diminua tr\u00e8s rapidement. Ce moyen de locomotion, vieux comme le monde, ne r\u00e9pondait plus aux go\u00fbts, aux besoins d\u2019une humanit\u00e9 qui voulait aller vite et qui r\u00e9pugnait \u00e0 l\u2019effort physique. <!--more--><\/p>\n<p>On estime qu\u2019il restait, \u00e0 Paris, vers\u00a02199, environ 20.000\u00a0pi\u00e9tons au milieu de neuf millions d\u2019habitants qui roulaient en auto, volaient en avion, stationnaient sur des plateformes mobiles ou utilisaient, pour circuler sur les trottoirs nickel\u00e9s, des patineuses \u00e9lectriques avec lesquelles ils s\u2019entrechoquaient \u00e0 raison de 30\u00a0kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019heure.<\/p>\n<p>Ces 20.000\u00a0pi\u00e9tons, pour la plupart \u00e2g\u00e9s, passaient pour des originaux pu\u00e9rilement attach\u00e9s \u00e0 une tradition p\u00e9rim\u00e9e\u2026 Marcher, mettre un pied devant l\u2019autre, employer ses jarrets pour parcourir lentement et p\u00e9niblement l\u2019immense Paris, \u2013\u00a0dont les limites d\u00e9passaient celles de l\u2019ancien d\u00e9partement de la Seine,\u00a0\u2013 prendre le train n\u00b011 au milieu des fulgurantes m\u00e9caniques modernes, quoi de plus vieux jeu, de plus ridicule?<\/p>\n<p>Les rangs de la derni\u00e8re infanterie s\u2019\u00e9claircirent encore\u2026 Des centaines, des milliers de pi\u00e9tons furent renvers\u00e9s, \u00e9cras\u00e9s, lamin\u00e9s par toutes sortes de roues plus ou moins caoutchout\u00e9es; d\u2019autres furent broy\u00e9s par des appareils volants qui, soudain, ne volaient plus.<\/p>\n<p>En\u00a02205, il restait, en tout et pour tout, 500\u00a0pi\u00e9tons parmi lesquels la statistique de la Pr\u00e9fecture de police citait\u00a0: 10\u00a0membres de l\u2019institut, 33\u00a0s\u00e9nateurs, 2\u00a0soci\u00e9taires \u00e0 part enti\u00e8re de la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise, 9\u00a0professeurs au Coll\u00e8ge de France ou \u00e0 la Sorbonne, 4\u00a0g\u00e9n\u00e9raux, 43\u00a0rentiers et renti\u00e8res, etc.<\/p>\n<p>Divers accidents r\u00e9duisirent encore ce dernier carr\u00e9. Quelques pi\u00e9tons moururent aussi d\u2019une mort naturelle; ce fut d\u2019ailleurs l\u2019exception.<\/p>\n<p>En\u00a02215, les survivants de la \u00ab\u00a0pi\u00e9taille\u00a0\u00bb parisienne \u00e9taient 40\u2026 Ils fond\u00e8rent une Acad\u00e9mie qui fournit maints sujets de sketches cocasses aux revuistes. H\u00e9las\u00a0! deux ans apr\u00e8s, ces bons vieillards n\u2019\u00e9taient plus que\u00a020\u2026 En\u00a02221, ils \u00e9taient trois, comme les anabaptistes ou les mousquetaires. L\u2019un \u00e9tait membre de l\u2019Acad\u00e9mie des Inscriptions et Belles Lettres, l\u2019autre donnait, au Mus\u00e9um, un cours sur les m\u0153urs des hannetons\u00a0; le troisi\u00e8me p\u00eachait \u00e0 la ligne entre le Pont des Arts et le Pont-Neuf.<\/p>\n<p>C\u2019est ce vieillard qui, en\u00a02222, repr\u00e9sentait seul la race, jadis si nombreuse, des pi\u00e9tons.<\/p>\n<p>Il aurait pu dire, avec un orgueil l\u00e9gitime\u00a0: <em>Il n\u2019en est rest\u00e9 qu\u2019un et je suis celui-l\u00e0!<\/em><\/p>\n<p>Mais il n\u2019avait aucun orgueil et, comme tous les p\u00eacheurs \u00e0 la ligne, \u2013\u00a0au fait, il n\u2019y avait plus que lui non plus pour cultiver ce sport contemplatif,\u00a0\u2013 il ne disait rien du tout.<\/p>\n<p>Le dernier pi\u00e9ton s\u2019appelait Placide Durand.<\/p>\n<p>Ancien fonctionnaire, il habitait, dans l\u2019\u00eele Saint-Louis, une vieille maison qui, avec ses cinq \u00e9tages, paraissait bien modeste aupr\u00e8s des gratte-ciel dont se h\u00e9rissait le Paris du XXIIIe\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p>En d\u00e9pit de toutes les remontrances, de tous les sarcasmes, il se refusait \u00e0 consid\u00e9rer ses jambes et ses pieds comme des accessoires inutiles, \u2013\u00a0et, chaque jour, il s\u2019en servait selon l\u2019usage imm\u00e9morial qu\u2019avait condamn\u00e9 le progr\u00e8s des moyens de locomotion.<\/p>\n<p>Inutile de dire que Placide Durand \u00e9tait devenu la plus sensationnelle des curiosit\u00e9s parisiennes. En descendant du rapide a\u00e9rien, les \u00e9trangers posaient la question rituelle: \u00ab\u00a0Nous avons trente-cinq minutes \u00e0 passer ici\u2026 Que faut-il voir?\u00a0\u00bb et les\u00a0<em>ciceroni<\/em>\u00a0leur r\u00e9pondaient avec ensemble:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La V\u00e9nus de Milo, la Joconde et Placide Durand.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Placide Durand\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Oui, le dernier pi\u00e9ton\u00a0!<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Commen\u00e7ons par ce ph\u00e9nom\u00e8ne\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Aussi, chaque fois qu\u2019il sortait de chez lui, Placide Durand \u00e9tait-il escort\u00e9 d\u2019une nu\u00e9e d\u2019avions et autos mont\u00e9s par des badauds qui \u00e9changeaient ces r\u00e9flexions:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pas possible\u00a0!\u2026 Il marche avec ses jambes\u00a0!<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Il ne va pas vite, mais enfin il avance\u00a0!<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Comme c\u2019est curieux\u00a0! Voyez comment il ram\u00e8ne, \u00e0 chaque pas, le pied rest\u00e9 en arri\u00e8re pour le porter en avant\u2026 C\u2019est vraiment tr\u00e8s curieux!<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Il a d\u00fb apprendre \u00e7a quand il \u00e9tait tout petit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Des femmes s\u2019exclamaient\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le pauvre homme doit se fatiguer horriblement\u00a0!\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Des professeurs instruisaient leurs \u00e9l\u00e8ves\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Voil\u00e0 comment se d\u00e9pla\u00e7aient nos p\u00e8res\u2026 Ils n\u2019\u00e9taient pas press\u00e9s et se contentaient fort bien d\u2019une moyenne de quatre ou cinq kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019heure.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Des gavroches, accroupis sur des patineuses mues par l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, suivaient le dernier pi\u00e9ton en lui prodiguant des brocards de ce genre\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0En voil\u00e0 un vieux fou qui fait de l\u2019\u00e9quilibre dans la rue\u00a0!<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Il marche sur ses pieds\u2026 Pourquoi pas sur ses mains\u00a0?<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Ferme ton compas, eh\u00a0! grand-p\u00e8re, tu vas le casser\u00a0!\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Plusieurs cirques et music-hall scientifiques de l\u2019\u00e9tranger, o\u00f9 l\u2019adresse, la force, l\u2019audace humaines \u00e9taient remplac\u00e9es par des exercices d\u2019automates, propos\u00e8rent \u00e0 Placide Durand des ponts d\u2019or, voire de platine, s\u2019il consentait \u00e0 faire un tour de piste \u00e0 pied, au cours de leurs repr\u00e9sentations\u2026 Des affiches irr\u00e9sistibles avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 projet\u00e9es:<\/p>\n<p>ATTRACTION SENSATIONNELLE\u00a0!<br \/>\n<em>Le plus surprenant acrobate des temps modernes\u00a0:<\/em><br \/>\nPLACIDE DURAND<br \/>\n(de Paris)<br \/>\nL\u2019HOMME QUI SE D\u00c9PLACE AVEC SES JAMBES<br \/>\nN.\u00a0B. \u2013\u00a0Les exp\u00e9riences du \u00ab\u00a0Dernier pi\u00e9ton\u00a0\u00bb sont soumises au contr\u00f4le scientifique le plus rigoureux.<\/p>\n<p>Mais Placide Durand r\u00e9pondit aux managers\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Non, je ne marche pas\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un groupe de d\u00e9put\u00e9s signa une proposition de loi ainsi con\u00e7ue\u00a0:<\/p>\n<p>Article premier. \u2013\u00a0<em>Placide Durand, surnomm\u00e9 le \u00ab\u00a0Dernier pi\u00e9ton\u00a0\u00bb sera log\u00e9 au Mus\u00e9um (Section pal\u00e9ontologique)<\/em>.<\/p>\n<p>Art.\u00a02. \u2013\u00a0<em>Il est formellement interdit de l\u2019\u00e9craser sous un pr\u00e9texte quelconque: le pr\u00e9fet de police, nomm\u00e9 conservateur du \u00ab\u00a0dernier pi\u00e9ton,\u00a0\u00bb prendra toutes mesures utiles pour le mettre \u00e0 l\u2019abri des chars m\u00e9caniques<\/em>.<\/p>\n<p>Art.\u00a03. \u2013\u00a0<em>Apr\u00e8s la mort de Placide Durand, le corps sera remis \u00e0 la Facult\u00e9 de M\u00e9decine qui se livrera, dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la science, \u00e0 l\u2019\u00e9tude anatomique des jambes de ce curieux ph\u00e9nom\u00e8ne<\/em>.<\/p>\n<p>Le rapporteur du projet de loi d\u00e9clara \u00e0 la tribune\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Messieurs, si nous trouvions, dans quelque caverne, un iguanodon, un pl\u00e9siosaure, un diplodocus vivant, nous attacherions \u00e0 ce survivant des temps pr\u00e9historiques une valeur inappr\u00e9ciable et nous ferions tout au monde pour le conserver le plus longtemps possible\u2026 Nous poss\u00e9dons, \u00e0 Paris m\u00eame, un sp\u00e9cimen de l\u2019humanit\u00e9 qui, jadis, rampait sur la Terre en se servant p\u00e9niblement de ces deux supports qu\u2019on appelle les jambes. Ce sp\u00e9cimen est unique\u00a0: dans un int\u00e9r\u00eat \u00e0 la fois scientifique et historique, nous proposons qu\u2019il devienne propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019\u00c9tat et que sa conservation soit assur\u00e9e, aussi longtemps que possible, par les soins du pr\u00e9fet de police.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Quelques d\u00e9put\u00e9s ultra-modernistes lanc\u00e8rent ces interruptions\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Votre dernier pi\u00e9ton n\u2019est pas int\u00e9ressant\u00a0!<\/p>\n<p>\u2013\u00a0\u00c9crasons celui-l\u00e0 comme les autres\u00a0!<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Des pi\u00e9tons, n\u2019en faut plus\u00a0!<\/p>\n<p>\u2013\u00a0Empaillez-le tout de suite et que ce soit fini\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais le projet n\u2019en fut pas moins adopt\u00e9 \u00e0 une forte majorit\u00e9.<\/p>\n<p>Placide Durand se refusa tout d\u2019abord \u00e0 quitter son vieil appartement pour aller s\u2019installer dans la galerie des diplodocus, mais il lui fallut bien ob\u00e9ir \u00e0 la loi. C\u2019est d\u2019ailleurs \u00e0 pied, suivi d\u2019un cort\u00e8ge d\u2019automobiles, survol\u00e9 par d\u2019innombrables avions, qu\u2019il se rendit au Mus\u00e9um.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au moins, demanda-t-il aux savants qui lui palpaient les mollets, au moins, je pourrai sortir de temps en temps, pour p\u00eacher \u00e0 la ligne\u00a0?\u2026 La Seine ne coule pas loin d\u2019ici.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cette autorisation lui fut accord\u00e9e apr\u00e8s une enqu\u00eate.<\/p>\n<p>C\u2019est le jour m\u00eame o\u00f9 Placide Durand devint, bien malgr\u00e9 lui, un des pensionnaires du Mus\u00e9um, que ce rescap\u00e9 des temps pr\u00e9historiques fut interview\u00e9 par un r\u00e9dacteur du\u00a0<em>Sans-Fil<\/em>, le grand quotidien \u00ab\u00a0mondial.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Voici un extrait de ce curieux article\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le dernier pi\u00e9ton n\u2019a pas l\u2019air fatigu\u00e9 de s\u2019\u00eatre tant servi de ses appendices inf\u00e9rieurs. Je dirai m\u00eame qu\u2019il para\u00eet mieux portant que nombre de ses contemporains \u00e0 qui la marche est inconnue.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Justement, me d\u00e9clara Placide Durand en fumant sa pipe, c\u2019est en marchant que j\u2019ai pu rester tel que vous me voyez, c\u2019est-\u00e0-dire, souple, dispos, bien portant\u2026 Si j\u2019avais suivi l\u2019exemple que me donnent les gens d\u2019aujourd\u2019hui, j\u2019aurais pris du ventre, j\u2019aurais les membres ankylos\u00e9s, je serais incapable du moindre effort\u2026 La marche, voyez-vous, est un exercice hygi\u00e9nique que nous commande la nature\u00a0: nous avons des jambes, c\u2019est pour nous en servir!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Comme je souriais avec scepticisme, cet original continua\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les moyens de locomotion modernes sont admirables, je n\u2019en disconviens pas. Aller de Paris \u00e0 New\u00a0York en deux heures trois quarts, c\u2019est superbe, \u2013\u00a0encore que le monde risque de devenir trop petit pour les ambitions qui s\u2019y agitent,\u00a0\u2013 mais c\u2019est folie d\u2019avoir oubli\u00e9 que nous sommes, avant tout, des bip\u00e8des et que nous sommes faits pour nous d\u00e9placer, \u00e0 une vitesse mod\u00e9r\u00e9e, \u00e0 l\u2019aide de nos moyens physiques, dans un monde o\u00f9 l\u2019\u00e9chelle des proportions ne peut \u00eatre chang\u00e9e sans risques\u2026 En tout cas, ces jambes que vous ne voulez plus utiliser subiront le sort de tous les organes qui deviennent superflus\u00a0: elles vont se raccourcir, s\u2019an\u00e9mier, dispara\u00eetre progressivement\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Placide Durand eut un rire silencieux et, apr\u00e8s avoir rallum\u00e9 sa vieille pipe, il ajouta, sarcastique:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On s\u2019est parfois demand\u00e9 ce que sera la post\u00e9rit\u00e9\u2026 Elle sera cul-de-jatte!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce pauvre homme, \u00e9videmment, d\u00e9raisonnait\u00a0; je l\u2019ai quitt\u00e9 sans oser lui rappeler le proverbe: \u00ab\u00a0Quand on n\u2019a pas de t\u00eate, il faut avoir des jambes!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le dernier pi\u00e9ton v\u00e9cut quelques ann\u00e9es encore, entour\u00e9 d\u2019une curiosit\u00e9 qui ne laissait pas d\u2019\u00eatre ironique.<\/p>\n<p>La date de sa mort doit \u00eatre plac\u00e9e vers\u00a02232\u2026<\/p>\n<p>Son conservateur, le pr\u00e9fet de police, n\u00e9gligea-t-il la mission dont il avait \u00e9t\u00e9 charg\u00e9\u00a0? C\u2019est probable, car, un beau matin, Placide Durand fut happ\u00e9 par un autobus \u00e0 vingt-quatre roues qui longeait les quais \u00e0 raison de cent vingt kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019heure\u2026<\/p>\n<p>On ne releva qu\u2019un cadavre et, pour comble de malheur, \u2013\u00a0la Facult\u00e9 de M\u00e9decine ne s\u2019en consolera jamais,\u00a0\u2013 les jambes myst\u00e9rieuses du dernier pi\u00e9ton \u00e9taient affreusement broy\u00e9es\u2026<\/p>\n<p>Cl\u00e9ment Vautel.<br \/>\nL\u2019Almanach des coop\u00e9rateurs, 1932.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 la fin du XXIIe\u00a0si\u00e8cle, le nombre des Parisiens et des Parisiennes qui continuaient \u00e0 se servir de leurs jambes pour se d\u00e9placer diminua tr\u00e8s rapidement. Ce moyen de locomotion, <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2022\/10\/20\/le-dernier-pieton\/\">Lire la suite&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1662,"featured_media":45061,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4,9],"tags":[416,99,198,846,106,101,1839],"views":12083,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45060"}],"collection":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1662"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=45060"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45060\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/45061"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=45060"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=45060"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=45060"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}