{"id":770,"date":"2008-09-13T09:22:54","date_gmt":"2008-09-13T08:22:54","guid":{"rendered":"http:\/\/carfree.fr\/index.php\/2008\/09\/13\/vivre-simplement-a-la-campagne-sans-voiture\/"},"modified":"2021-11-17T11:18:17","modified_gmt":"2021-11-17T10:18:17","slug":"vivre-simplement-a-la-campagne-sans-voiture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2008\/09\/13\/vivre-simplement-a-la-campagne-sans-voiture\/","title":{"rendered":"Vivre simplement \u00e0 la campagne&#8230; sans voiture"},"content":{"rendered":"<p>Lu sur S!lence : \u00ab\u00a0Ah\u00a0! le d\u00e9bat sur la voiture \u00e0 la campagne \u00e0 en croire de nombreuses personnes qui ont fait le choix d&rsquo;une vie simple \u00e0 la campagne, il est possible de se passer de beaucoup de choses, d&rsquo;\u00eatre tr\u00e8s autonomes, mais comment \u00eatre reli\u00e9s \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 sans cette tonne de ferraille\u00a0? (1) C&rsquo;est pourtant possible, comme en t\u00e9moignent Marc et Lotti Bosch, engag\u00e9s depuis 1997 dans une exp\u00e9rience de recherche de coh\u00e9rence.<!--more--><\/p>\n<p><strong>Des alternatives pour l&rsquo;autonomie<\/strong><\/p>\n<p>D&rsquo;origine suisse, le jeune couple s&rsquo;investit un temps dans la solidarit\u00e9 internationale et vit un an en \u00c9quateur et en Colombie. Le temps de prendre conscience que le niveau de vie des pays occidentaux ne peut se maintenir que par le pillage des autres pays du monde. Ils d\u00e9cident \u00e0 leur retour en Europe de chercher un mode de vie compatible avec la survie de la plan\u00e8te et qui ne soit pas une source de pillage des autres peuples. Ils cherchent alors une maison \u00e0 la campagne \u00e0 proximit\u00e9 d&rsquo;une gare qu&rsquo;ils pourront rejoindre en v\u00e9lo. Ils trouvent une maison sans aucun confort, non raccord\u00e9e \u00e0 EDF, abandonn\u00e9e depuis dix-sept ans, mais avec une source et un puits pour l&rsquo;eau potable, sur une colline du Gers, \u00e0 seize kilom\u00e8tres d&rsquo;une gare. Avec un ancien b\u00e2timent agricole, elle est vendue avec presque cinq hectares de terre. Elle \u00e9tait auparavant habit\u00e9e par un couple d&rsquo;agriculteurs classiques qui pratiquaient la polyculture-\u00e9levage.<\/p>\n<p>Fortement document\u00e9s sur les alternatives \u00e9cologiques, mais sans aucune formation particuli\u00e8re, ils s&rsquo;y installent en cherchant \u00e0 vivre le plus possible en autonomie. Sans \u00e9lectricit\u00e9, ils vivent au rythme des journ\u00e9es, compl\u00e9tant l&rsquo;\u00e9clairage quand c&rsquo;est n\u00e9cessaire avec des bougies qu&rsquo;ils fabriquent eux-m\u00eames avec de la cire d&rsquo;abeille r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e chez un apiculteur voisin.<\/p>\n<p>Ils mettent en place un jardin potager et font la cuisine avec des cuiseurs solaires ou avec un fourneau \u00e0 bois. Ils ont une bouteille de gaz en d\u00e9pannage. Le bois est sci\u00e9 \u00e0 la main. Le lavage des v\u00eatements se fait \u00e0 la main. Ils ach\u00e8tent une \u00e2nesse pour les aider dans les travaux agricoles. Ils ach\u00e8tent \u00e9galement des remorques pour le transport avec leurs v\u00e9los.<\/p>\n<p>Ils n&rsquo;ont aucun moteur dans leur maison. La farine est obtenue le plus souvent gr\u00e2ce \u00e0 un moulin fix\u00e9 astucieusement sur un v\u00e9lo recycl\u00e9, elle est parfois achet\u00e9 \u00e0 un agriculteur bio voisin. Ils cueillent beaucoup de fruits dans les for\u00eats communales et sur des parcelles abandonn\u00e9es. Les fruits sont mis \u00e0 s\u00e9cher pour la conservation dans des s\u00e9choirs solaires install\u00e9s dans le grenier d&rsquo;une deuxi\u00e8me grange am\u00e9nag\u00e9e progressivement en g\u00eete pour l&rsquo;accueil de stages. Les l\u00e9gumes sont conserv\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e par lactofermentation ou dans du sable (pour les carottes par exemple). Un syst\u00e8me de nacelle que l&rsquo;on peut descendre dans le puits sert de frigo lorsque la temp\u00e9rature est trop \u00e9lev\u00e9e. Des toilettes s\u00e8ches servent \u00e0 produire un compost utilis\u00e9 pour enrichir les sols en dehors du potager. Un capteur photo\u00e9lectrique, seule concession \u00e0 la technique, permet de pomper de l&rsquo;eau depuis la source jusqu&rsquo;\u00e0 la maison situ\u00e9e une trentaine de m\u00e8tres plus haut.<\/p>\n<p>Cinq brebis fournissent une partie de la laine, le reste vient du recyclage ou de tontes chez les voisins. Une partie de la laine a servi pour l&rsquo;isolation des maisons. Le reste de la laine est color\u00e9 avec des teintures v\u00e9g\u00e9tales que Lotti sait pr\u00e9parer. Puis elle sert \u00e0 tricoter des v\u00eatements, d&rsquo;autres habits proviennent de r\u00e9cup\u00e9ration ou de fripes. Pour \u00eatre encore plus autonomes, ils d\u00e9veloppent des essais de production de semences bio et font des \u00e9changes avec d&rsquo;autres jardiniers passionn\u00e9s. Dernier choix\u00a0: ils n&rsquo;ont pas le t\u00e9l\u00e9phone, encore moins internet, estimant que si on veut les voir, on peut prendre le temps de leur \u00e9crire.<\/p>\n<p><strong>Commerce sans voiture<\/strong><\/p>\n<p>Les deux premi\u00e8res ann\u00e9es, ils n&rsquo;utilisent pratiquement pas d&rsquo;argent. Ils sont totalement investis dans le d\u00e9veloppement d&rsquo;un potager et dans la restauration de leur maison d&rsquo;habitation. Une fois qu&rsquo;ils ont pris pied dans leur nouveau cadre de vie, ils cherchent comment avoir une entr\u00e9e d&rsquo;argent minimale pour assurer certains besoins. Comme ils cherchent \u00e0 ne pas utiliser de voiture, ils optent pour la culture d&rsquo;herbes aromatiques qu&rsquo;ils cultivent sur un coteau bien expos\u00e9 au soleil, qu&rsquo;ils font s\u00e9cher dans les s\u00e9choirs solaires et qu&rsquo;ils vont vendre sur le march\u00e9 bio de la place du Capitole de Toulouse.<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, pendant sept ans, ils ont lou\u00e9 un petit local \u00e0 proximit\u00e9 du march\u00e9 o\u00f9 est rang\u00e9 le mat\u00e9riel n\u00e9cessaire \u00e0 leur stand. Le matin, Marc part avec son v\u00e9lo et tracte jusqu&rsquo;\u00e0 la gare sa remorque pleine de sachets de plantes. A la gare, il laisse son v\u00e9lo, et monte dans le TER avec sa remorque, suffisamment \u00e9troite pour cela. Arriv\u00e9 \u00e0 la gare de Toulouse, il se rend \u00e0 pied, en tirant sa remorque, \u00e0 son local, o\u00f9 il r\u00e9cup\u00e8re son mat\u00e9riel de stand, puis va au march\u00e9, \u00e0 environ 500 m\u00e8tres de la gare. A partir du march\u00e9 bio de Toulouse, s&rsquo;est mis en place un petit r\u00e9seau de distribution dans quelques magasins bio de la r\u00e9gion. Ils d\u00e9veloppent aussi la vente par correspondance, ce qui est l\u00e0 aussi facilit\u00e9 par le faible poids des plantes aromatiques. Ces ventes se sont suffisamment d\u00e9velopp\u00e9es maintenant pour permettre d&rsquo;arr\u00eater, en 2007, de faire le march\u00e9 de Toulouse. Un dernier revenu du couple provient de quelques stages organis\u00e9s sur place (teintures v\u00e9g\u00e9tales par exemple), stages dont sont demandeurs les visiteurs qui viennent de plus en plus nombreux, surtout d&rsquo;Auch ou de Toulouse. La proximit\u00e9 d&rsquo;un chemin de petite randonn\u00e9e leur vaut \u00e9galement des rencontres.<\/p>\n<p>Ils organisent aussi des visites avec les gens du village, ce qui fait que, m\u00eame avec une d\u00e9marche que certains jugeront sans doute tr\u00e8s radicale, il n&rsquo;y a jamais eu de probl\u00e8mes de voisinage.<\/p>\n<p><strong>Un budget extr\u00eamement limit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Pour avoir le statut d&rsquo;agriculteur, il faut cotiser \u00e0 la MSA, Mutuelle sociale agricole. Cela co\u00fbte actuellement 3500 \u20ac par an. Quand ils ont demand\u00e9 \u00e0 adh\u00e9rer, au vue de leur faible activit\u00e9 \u00e9conomique, les responsables locaux leur ont conseill\u00e9 de s&rsquo;inscrire au RMI en leur disant qu&rsquo;ils gagneraient plus d&rsquo;argent avec moins de travail. Mais ils ont patiemment expliqu\u00e9 qu&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient pas dans la mis\u00e8re et qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas besoin d&rsquo;\u00eatre assist\u00e9s. Ils cotisent donc&#8230; ce qui repr\u00e9sente la moiti\u00e9 de leurs d\u00e9penses annuelles. En 2006, ils n&rsquo;ont d\u00e9pens\u00e9 que 3000 \u20ac suppl\u00e9mentaires. Ils sourient quand on leur parle du co\u00fbt des produits biologiques\u00a0: eux ne mangent que bio toute l&rsquo;ann\u00e9e et sans probl\u00e8me financier. Ce sont peut-\u00eatre d&rsquo;autres choix comme la voiture qui sont chers, pas les produits bio\u00a0!<\/p>\n<p>Les 3000 \u20ac leur servent \u00e0 acheter des produits locaux qu&rsquo;ils ne produisent pas: des lentilles, des pois chiches, de l&rsquo;huile et deux produits qu&rsquo;ils ne trouvent pas localement\u00a0: les p\u00e2tes et le riz (d&rsquo;Italie). Ils cherchent actuellement un producteur de bl\u00e9 dur local pour pouvoir se lancer dans leur propre fabrication de p\u00e2tes.<\/p>\n<p>Ce budget est celui d&rsquo;une petite famille, car au fil des ans, deux filles sont n\u00e9es, l&rsquo;une en 2003, l&rsquo;autre en 2007. Ceci les a conduits \u00e0 surveiller de pr\u00e8s leur \u00e9quilibre alimentaire et \u00e0 mettre en place un concentrateur solaire pour disposer d&rsquo;eau bouillante et pouvoir ainsi st\u00e9riliser les couches culottes lavables.<\/p>\n<p>La venue des deux filles les a oblig\u00e9s \u00e0 investir dans une remorque pour enfants, remorque qui stationne aux c\u00f4t\u00e9s de celle pour le march\u00e9 et d&rsquo;une troisi\u00e8me sp\u00e9cialement con\u00e7ue pour le transport du bois.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es d&rsquo;investissements divers, les deux maisons sont enti\u00e8rement r\u00e9nov\u00e9es, ils ont tous les outils, v\u00e9los, remorques n\u00e9cessaires et se retrouvent dans une situation \u00e9trange\u00a0: ils commencent \u00e0 avoir de l&rsquo;argent de c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Aller vers la d\u00e9croissance<\/strong><\/p>\n<p>Ils ont bien conscience d&rsquo;avoir seulement montr\u00e9 qu&rsquo;ils pouvaient avoir une d\u00e9marche en coh\u00e9rence \u00e0 deux adultes et deux enfants et que leurs choix ne sont pas forc\u00e9ment g\u00e9n\u00e9ralisables. Ils sont donc fortement int\u00e9ress\u00e9s par les discussions autour du th\u00e8me de la d\u00e9croissance, d\u00e9marche collective .pour un changement de soci\u00e9t\u00e9. Ils sont en relation avec de nombreux autres lieux alternatifs locaux et participent ainsi aux d\u00e9bats.<\/p>\n<p>Leur exp\u00e9rience montre enfin que, pour vivre \u00e0 la campagne sans voiture, il faut d\u00e9j\u00e0 avoir la chance de ne pas \u00eatre trop loin d&rsquo;une gare, ce qui suppose dans un projet de soci\u00e9t\u00e9 de d\u00e9croissance que l&rsquo;on conserve et red\u00e9veloppe le train comme mode de liaison sur les grandes distances comme cela existe en Suisse, leur pays d&rsquo;origine.<\/p>\n<p>MB<\/p>\n<p>Marc et Lotti Bosch, au bois B\u00e9dat,<br \/>\n32410 Castelnau-Barbarens.<\/p>\n<p>(1) Voir dossier dans S!lence n\u00b0317 et l&rsquo;abondant courrier des lecteurs dans les num\u00e9ros suivants.<\/p>\n<p><strong>S!lence #353 janvier 2008<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lu sur S!lence : \u00ab\u00a0Ah\u00a0! le d\u00e9bat sur la voiture \u00e0 la campagne \u00e0 en croire de nombreuses personnes qui ont fait le choix d&rsquo;une vie simple \u00e0 la campagne, <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/2008\/09\/13\/vivre-simplement-a-la-campagne-sans-voiture\/\">Lire la suite&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":42,"featured_media":37344,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[70,71],"tags":[62,103,292,107,163,272,135,94,19,105,218,1664,809],"views":10511,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/770"}],"collection":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/42"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=770"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/770\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/37344"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=770"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=770"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/carfree.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=770"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}