Imaginons une ville sans voiture et à vélo

En France, un salarié sur deux effectuerait moins de 8 km pour se rendre à son travail, et un trajet sur deux se ferait sur moins de 3 km. Dans notre pays, le vélo n’y est principalement utilisé que pour le sport et les loisirs le week-end et durant les vacances. Très peu comme mode de transport.

Or, en vélo on peut tout faire, tout transporter (avec panier, sacoches, caddie ou remorque), parcourir n’importe quelle distance et, en ville, plus rapidement qu’en voiture.

Alors rêvons un peu, imaginons une ville sans voiture où les gens ne se déplaceraient qu’à vélo ou à vélo à assistance électrique (VAE):
– tout deviendrait silencieux et calme,
– on retrouvait l’odorat (sans l’odeur pestilentielle des gaz de diesel)
– tout en faisant de l’exercice, les gens se parleraient plus, seraient moins agressifs, plus détendus, plus heureux (exemple des pays où le vélo est ancré dans la culture, comme aux Pays-Bas), on prendrait plus le temps de vivre,
– il y aurait moins d’accidents de la circulation,
– on serait moins malades, en raison d’une baisse drastique de la pollution de l’air,
– on aurait plus de capacité financière (Prix de revient du kilomètre d’un VAE 0,05 euro contre environ 0,50 euro pour la voiture la plus économique du marché) en réduisant de façon notable notre budget « déplacements » et nos dépenses de santé,
– on prendrait naturellement plus soin de nous (et des autres) par une vie plus saine et une alimentation plus locale et équilibrée,
– les bâtiments et façades ne seraient plus noircis par les résidus de combustion des moteurs diesel.

La ville serait tellement plus agréable et respirable !

Quand est-ce qu’on transforme le rêve en réalité ?

 

Photo: Wikimedia Commons/Heb

Jazz

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Contributeur de Carfree France

11 commentaires sur “Imaginons une ville sans voiture et à vélo

  1. Nikos

    Génétiquement l’homme est proche du cochon et le porc, on le sait, se complaît dans propre souillure …

    Je crains hélas que ce rêve demeure utopie jusqu’à la fin de l’humain … Car le singe alias homo cretinus , est beaucoup trop paresseux pour envisager de se déplacer autrement que dans sa petite caisse à roulettes motorisée .. bien trop attaché à son petit confort ouaté .. qu’importent pollution et decibel pourvu qu’il puisse continuer à caracoler dans sa carapace métallique , prolongement de son corps …

    Et tout à été conçu pour le dissuader de toute velléité de transition modale .. infrastructures , publicités outrancières qui continuent à sacraliser et à déifier l’unique objet de ses désirs : sa bagnole . Caresser un cercle il devient vicieux .. pour tendre vers le monde idéal du sans bagnole en ville , commençons à sortir du cercle et enfourchobs nos montures , il n’ y a pas d’autre issue . Il ne faut rien attendre de cette société corrompue et mercantile . Le changement viendra de l’individu lui même ou il ne viendra pas .

  2. anarkocyclo

    @Nikos, les hollandais sont-ils des extras terrestres dans ce cas? c’est juste la volonté politique qui a fait que pays bas et danemark ont laché très tôt le tout voiture…volonté politique facilitée par le fait qu’il n’y ait pas de gros constructeurs de bagnoles dans ces pays faisant pression sur les larbins politiques

    par ailleurs, plus d’1 milliards d’euros environ de publicité est dépensé chaque année par les 3 constructeurs français (http://www.llllitl.fr/2014/03/investissements-publicitaires-marques-annnonceurs-france-2013/) ce qui est énorme et prouve bien que la propension à acheter des voitures est loin d’être naturelle mais est complétement forcée par la propagande; imaginons ne serait ce que 1% de ce budget qui serait dédié à l’incitation au vélo utilitaire (travail, course, école) avec tous les bienfaits économiques et sanitaires que cela engendre, il y a de grandes chances que la part modale du vélo exploserait!

  3. shora

    Ceci est en réaction en commentaires plus qu’au billet lui-même :

    Il me semble que la part modale de la voiture est justement plus haute à Copenhague qu’à Paris si je me souviens bien d’un post publié sur ce blog il y a quelques semaines.

    Ok la part modale du vélo est bien plus grande là-bas, mais les hollandais et les danois marchent beaucoup moins que les français. Donc oui ce serait bien que la plupart des déplacements se fassent en vélo plutôt qu’en voiture chez nous,  et pour ça c’est bien de s’inspirer de leurs politiques pro-vélo quand elles fonctionnent. Mais il ne faut pas non plus fantasmer sur ces pays du nord.

  4. Vincent

    Jazz > Imaginons une ville sans voiture et à vélo

    Il me semble plus réaliste, et politiquement plus efficace, de présenter les choses ainsi : quelle proportion de transports routiers sont-ils indispensables en l’état, et combien pourraient être organisés différemment?

    Par exemple:

    combien de trajets en taxi sont-ils effectués par des PMR (pour qui les autres modes de transport sont inadaptés) et combien le sont-ils par des gens parfaitement bien portant? Je remarque qu’avec Uber et la chute des prix, des gens prennent le taxi alors qu’ils prenaient auparavant d’autres modes de transport… sans qu’on intègre dans le prix toutes les externalités négatives (pollution, bruit, occupation de l’espace dont les pistes cyclables…)
    on pourrait interdire aux camions/fourgonnettes privés de rentrer dans les villes en les obligeant à déposer leurs marchandises dans des dépôts autours des villes, marchandises qui seraient ensuite livrées par des camions remplis jusqu’à la gueule qui désserviront un quartier de manière optimisée. En plus, vu le peu de kilomètres effectués, ces camions pourront être électriques : zéro bruit, zéro pollution (locale : et comme en France, 95% de l’électricité est bas-carbone, c’est encore mieux).
    interdiction aux habitants de la ville de posséder une voiture individuelle : on remplace une part du parc par une flotte de voitures partagées – thermiques pour commencer, électriques si/quand elles seront économiquement comparables. Sachant que dans des villes comme Paris ou Copenhague, moins de la moitié des ménages possèdent une voiture, et quel leur utilisation est faible (peu de déplacements, et donc usage réel très faible); voir Zipcar, GreenWheels, Car2Go, etc.
    impossibilité de traverser les villes en voiture : on fait comme à Groningen et on découpe la ville en quatre quarts, avec obligation de ressortir pour atteindre un autre quart
    interdiction des voitures individuelles  dans les villes : on laisse sa voiture dans un des grands parkings proches des villes et on finit son voyage autrement en vélo et/ou en TC

    etc.

    Quelqu’un connait-il un bon rapport/livre sur le sujet?

  5. abil59

    Pour avoir la chance de bien connaître la mentalité et les pays bas, il y a énormément de différences « culturelles » avec la France, par exemple:

    – le fait d’aller chercher une bricole à 1 kilomètre avec son vélo au lieu d’avec sa voiture en France. La part modale de la marche à pied est faible aux Pays-Bas car ils utilisent le vélo pour tout et n’importe quoi

    – des villes très anciennes dont les « binnensteden » (centres-villes) sont inadaptées de fait à la voiture (Leiden, Nijmegen, Utrecht…)

    – une absence de lobby automobile qui fait qu’en gros la voiture on s’en fout dans les conversations et où très souvent la voiture n’est pas prioritaire que ce soit dans les aménagements (ronds points par exemple) ou est relégué au second plan (l’argument « marketing » d’être à côté d’un gros parking vélo marche mieux que d’être à deux pas de l’autoroute)

    – un pays petit, densément peuplé où les distances sont petites entre les villes et où le « loin » est à plus de 1h en vélo ou 30 minutes en voiture.

    Et dernière précision… les néerlandais ont une voiture mais c’est pour mieux partir en France avec leurs caravanes (et leurs vélos!)

    Lang leve Nederland

  6. Anne-Lise

    Oh, c’est joli, bas-carbone, pour dire nucléaire, je ne connaissais pas cet euphémisme… PMR pour dire handicapé aux jambes, en revanche, j’avais déjà lu !

    On se demande parfois en effet si une soudaine épidémie de paraplégie psychosomatique n’aurait pas frappé les Français, tant ils sont nombreux à s’imaginer qu’ils ont absolument besoin d’un moteur pour se déplacer.

    Je confirme, les Bataves nous envahissent chaque été avec leurs camping-car et zigzaguent joyeusement sur nos pistes cyclables balnéaires ou dans notre belle capitale avec leur progéniture aux blonds cheveux dans des carrioles extra-larges.

    J’en ai même vu beaucoup sans camping-car ni caravanes, mais avec des vélos chargés comme les mules de Marco-Polo en route pour la Chine, et on voit bien qu’ils sont affutés pour faire plus d’une heure de vélo par jour, ceux-là.

    Je signale au passage que le prochain comité vélo stratégique de la ville de Paris portera sur les politiques cyclables à Amsterdam et Copenhague, et comment s’en inspirer pour « équiper » Paris.

    citation :

    « – différents dispositifs en faveur des cyclistes mis en œuvre dans d’autres villes européennes ou nord-américaines, et de discuter la possibilité et l’opportunité de les adapter au cas français : le carrefour hollandais, le recul de la ligne de feu pour les voitures, le pré-vert vélo, l’onde verte, la colorisation des cheminements cyclables et la vélorue. »

  7. anarkocyclo

    @shora certes à paris la part modale de la voiture est la plus faible de toute l’europe avec 17% (http://www.epomm.eu/tems/) mais sur l’ile de france vaut mieux pas savoir le chiffre, et sur toute la france la part modale de la voiture est beaucoup plus élevée qu’au pays bas ou au danemark; par ailleurs des chiffres de 2007 (http://www.ccfa.fr/LES-TAUX-DE-MOTORISATION-DANS-L) donnent 357 voitures pour 1000 habitants au danemark, 432 pour les pays bas et 497 en France, donc cela ne rélève pas du fantasme mais bien de la réalité

  8. shora

    Merci @anarkocyclo pour la précision. Effectivement, sous cet angle, Paris intramuros est un cas particulier. Je n’ai pas les chiffres, mais je dirais que plusieurs centre-villes de grande villes ne doivent pas non plus être trop mal à ce niveau (pour ceux que je connais Bordeaux, Toulouse et Grenoble s’améliorent vite et sont aujourd’hui plutôt pas mal en vélo). Après c’est sur que dès qu’on intègre banlieues et campagnes, les lacunes Françaises deviennent assez dingues.

  9. shora

    Je profite de cette discussion sur les comparaisons entre pays pour donner mon avis là dessus, ayant vécu dans plusieurs villes Française, mais ayant surtout découvert les joies du vélo en tant que mode de transport de base durant mes quelques années vécues à Berlin.

    Pour moi, la principale différence est la masse critique de cycliste qui est atteinte là-bas, et nulle part ici (mais certains centre-villes français s’améliorent je dirais). Franchement les automobilistes sont à peu prêt aussi cons là-bas, mais la différence c’est qu’il ne peuvent pas ignorer les cyclistes vu leur nombre impressionnant. Par exemple, un automobiliste qui tourne à droite va toujours regarder dans son rétro droit si un vélo n’arrive pas dans la piste cyclable, tout simplement car s’il ne le fait pas, il va renverser 10 vélos par jour. Ici, ils peuvent encore le faire (et souvent ne savent meme pas que le vélo est prioritaire) car la situation n’arrive presque jamais, simplement parce qu’on n’est pas assez !

  10. Pédibuspedibus

    et voici une donnée anthropologique majeure :

    le taux de pratique du rituel au profit de la déesse Gnognole, suivant le découpage le plus fin de l’INSEE :

    http://map.datafrance.info/logement?d.d1.id=menages-ayant-au-moins-une-voiture&d.d1.gr=departement&d.d1.y=2012&d.d1.gp=part-des-menages-disposant-d-au-moins-une-voiture&d.d1.on=1&d.d1.slug=d1

    où on peut évaluer le taux de motorisation des ménages à l’échelle dépatementale; la présence d’une grande ville tend souvent à faire baisser la pratique, plusieurs causes pouvant être alignées, dont l’offre de transports publics…

    http://map.datafrance.info/logement?coords.lat=44.85846602459724&coords.lng=-0.6206470727920532&d.d1.id=menages-ayant-au-moins-une-voiture&d.d1.gr=iris&d.d1.y=2010&d.d1.gp=part-des-menages-disposant-d-au-moins-une-voiture&d.d1.on=1&d.d1.slug=d1&zoom=17

    … à l’échelle fine dans le périmètre d’une ville où l’on se prosterne devant la déesse Pétoire-à-roulettes, dans les quartiers friqués

    dans la même ville, dans les quartiers désargentés et où la population estudiantine est sur représentée…

     

    En cliquant sur la zone on observe le différentiel avec la valeur nationale du culte…

     

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