Comme au bon vieux temps de l’Union soviétique

Selon une juge d’instruction, un opposant politique, c’est un cas pour la psychiatrie.

Pierre-Emmanuel Neurohr a bloqué, de manière non-violente, des avions sur le tarmac de l’aéroport Charles-de-Gaulle. La raison est simple: lorsqu’on regarde les chiffres officiels, on s’aperçoit que cette machine vous fait dépasser votre quota annuel de CO2… en quelques heures (1).

Or, en 2013, on sait. On sait que Kevin Trenberth, l’un des climatologues les plus en vue au niveau mondial, affirme dans une étude que « la famine en Afrique de l’est » qui a eu lieu en 2011 était due de manière « significative » au « réchauffement global » (2). Ceux qui polluent le climat avec la machine la plus efficace pour ce faire – l’avion – savent désormais qu’il est prouvé qu’ils participent à la mise à mort d’êtres humains. Le lien est scientifiquement établi.

En 2013, on sait que l’ensemble des études scientifiques sur le thème de la sécheresse arrivent à la même conclusion : en 2030, des régions entières de la planète seront en situation de sécheresse quasi-permanente (3). Dans à peine quinze ans, l’agriculture de pays entiers va être détruite. Et cela aura pour conséquence la destruction de millions d’êtres humains, principalement par famine. Dans quinze ans, personne ne pourra dire: « Ah, on ne pouvait pas savoir ».

En 2013, on sait tout cela. Mais Mme Herlaut, juge d’instruction, a décidé de protéger le système qui détruit le climat. Alors qu’elle est censée enquêter à charge et à décharge, elle a accumulé les parti-pris les plus grossiers :

– face à un citoyen non-violent et poli, elle a évoqué le terrorisme irlandais et les attentats du 11 septembre, ce qui constitue une insulte, et plus grave, un manque de discernement qui a de quoi faire frémir, vu sa profession;

– elle affirme – par écrit ! – que les journalistes (Le Parisien et l’AFP en l’occurrence) qui ont effectué des reportages sur la dernière action de M. Neurohr « sont en réalité des complices » (4);

– Mme Herlaut a maintenu dans la prison de La Santé un citoyen non-violent et n’ayant pas volé un centime d’euro; au bout de deux mois, elle s’est fait taper sur les doigts par les juges d’appel, qui l’ont forcée à accepter la libération de M. Neurohr; entretemps, il était passé à deux reprises tout près du tabassage en règle à l’intérieur de la prison.

Pierre-Emmanuel Neurohr, suite à ses actions de blocage, n’est accusé d’aucune violence, et d’aucun vol. En d’autres termes, une définition quasi-parfaite de l’opposant politique. L’année dernière, le procureur de Bobigny avait demandé à faire expertiser M. Neurohr, étude qui a montré qu’il est sain d’esprit. Malgré cela, Mme Herlaut a décidé de lui faire subir une seconde expertise psychiatrique aujourd’hui. En conséquence de quoi M. Neurohr a envoyé la lettre suivante à Mme Herlaut, juge d’instruction :

Madame,

Je suis un opposant politique à un système idéologique qui, en préparant la destruction du climat de la planète, prépare la destruction de millions d’êtres humains. J’affirme qu’il s’agit là de la préparation d’un génocide.

Comme le dit George Orwell dans « 1984 », la santé mentale n’est pas une question de statistiques. Vous pourriez être 63 millions à dire que 2 + 2 = 3, je continuerai à penser que 2 + 2 = 4. Et que, donc, une machine qui vous fait dépasser votre quota annuel de CO2 en quelques heures est incompatible avec la préservation du climat de la terre et doit être interdite.

En tant qu’opposant politique, il n’est pas question que j’accepte votre ordonnance visant à me faire passer une expertise psychiatrique.

Si vous pensez sérieusement que la destruction du climat de la planète ne va pas provoquer des millions de morts, il y a une place chez un expert-psychiatre qui vient de se libérer.

Pierre-Emmanuel Neurohr

• Pour plus d’informations, contacter Pierre-Emmanuel Neurohr à : pierre@parti-de-la-resistance.fr

• Il est également possible de l’entendre développer ses arguments sur France Culture, en podcast, à : http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-changement-climatique-et-droit-des-etats-2013-03-02

• Des textes de référence sont disponibles sur http://parti-de-la-resistance.fr/

(1) « Pour que les concentrations en gaz à effet de serre arrêtent d’augmenter dans l’atmosphère, une règle de 3 relativement grossière entre l’absorption de dioxyde de carbone par les océans et la végétation (environ 10 milliards de tonnes de CO2) et la population mondiale actuelle (6,8 milliards d’individus plus ou moins gourmands en énergie) suggère qu’il faudrait rejeter au plus 1,5 t de CO2 par personne et par an en moyenne. Malgré la relative modestie des rejets de gaz à effet de serre français par rapport à ceux d’autres pays industrialisés, nos rejets pour le seul CO2 devraient être divisés par 4 à 5 pour arrêter l’augmentation (…) « , Climat : le vrai et le faux, Valérie Masson-Delmotte (l’une des principales climatologues françaises), 2011, p. 69. Il existe différents modes de calcul pour estimer la pollution générée par un passager prenant l’avion entre Paris et Montréal, par exemple, et 1,5 t de CO2 représente l’estimation la plus basse. En fait, selon le gouvernement français, un A/R 2e classe Paris-Montréal pollue notre fine couche d’atmosphère avec 2,5 t de CO2 par individu (tableur Ademe V6.1, septembre 2010 ; un aller-simple pollue avec 1248 kg). Mais nous prenons à dessein l’estimation la plus basse : même de cette manière, il est évident pour toute personne rationnelle que l’utilisation de l’avion est incompatible, mathématiquement parlant, avec un climat préservé.
(2) « In part the high SSTs were a consequence of the previous El Niño (Trenberth et al. 2002) but there is surely a significant global warming component (Gillett et al. 2008).  » [p. 4]. « The drought and famine in East Africa [were] also related to the high Indian Ocean SSTs (Williams and Funk 2011). « [p. 6]. Source : Framing the way to relate climate extremes to climate change, Kevin E. Trenberth, Climatic Change, 21.3.12.
(3) Drought under global warming: a review (Les sécheresses dans le cadre du réchauffement climatique : un état des connaissances), Aiguo Dai, WIREs Climate Change, 2010.
(4) Madame Herlaut, juge d’instruction, document du 24.9.2012.

Pierre-Emmanuel Neurohr

A propos de Pierre-Emmanuel Neurohr

Ancien fondateur et directeur du CNIID (Centre national d’information indépendante sur les déchets) et président-fondateur du Parti de la Résistance.

22 commentaires sur “Comme au bon vieux temps de l’Union soviétique

  1. psychelau

    « Si vous pensez sérieusement que la destruction du climat de la planète ne va pas provoquer des millions de morts, il y a une place chez un expert-psychiatre qui vient de se libérer. »
    excellent….

  2. MOA

    Ne rien lacher.
    Leur retourner, de façon circonstanciée, leurs accusations.
    Bravo.

    Mais ces gens ne se remettront pas en cause.

  3. MOA

    … mais c’est, néanmoins, une méthode qu’il faut systématiquement mettre en oeuvre quand c’est possible.

  4. psychelau

    Ceci étant dit:
    M Neurohr avant de s’attaquer aux avions, s’attaquait aux voitures avec le même argumentaire (génocide, etc)… Pourtant il est allé à Roissy en voiture!! Et je ne lui en veut pas.
    Ce que je veux dire c’est que ce n’est pas l’objet en soi mais l’usage que l’on en fait et surtout l’intensité avec laquelle on l’utilise.
    Sur les 6 Mds d’humains très peu prennent l’avion, bien que trop, on est d’accord.
    Mais partir du principe que chacun individuellement est complice de génocide parce qu’il a pris l’avion une fois me paraît excessif. Si un jeune n’a pas pris l’avion pendant ses 20 1ères années de vie, est-il vraiment un salaud s’il le prend une fois par exemple?
    Que des personnalités comme Obama ou Hollande prennent l’avion ne me choque pas en soi. Que le tourisme de masse se développe et que des millions d’européens s’envolent à djerba au mois d’aout parce « la france c’est cher » me choque infiniment plus.
    C’est pourquoi je préfère que l’on dénonce les pratiques plutôt que l’objet.
    Ceci dit M Neurohr, même si je ne suis pas d’accord avec vous totalement, courage!! Et rappelez à la juge de demander une expertise psychiatrique à tous les opposants de notre dame des landes!!!!

  5. Groumpf

    Totalement d’accord avec Psychelau.

    Je trouve bien pire l’habitude d’un usage quotidien de sa voiture pour tous ses déplacements que le fait de prendre l’avion une fois de temps en temps (parfois avec plusieurs années d’écart).

    La voiture est ancrée dans les habitudes, est un acquis généralement admis comme normal et nécessaire.
    L’avion reste considéré comme exceptionnel, et n’est pas utilisé fréquemment pour la plupart de la population.

    De plus, la voiture est facile à remplacer pour de nombreux usages, ce n’est pas le cas de l’avion (en dehors des lignes intérieures et des distances faibles bien sûr).

    Je n’ai pas de voiture, je me déplace presque exclusivement à vélo, et je sais que même si je prenais l’avion pour mes prochaines vacances (ce que je n’ai pas fait depuis plusieurs années) je polluerais globalement moins que quelqu’un qui utilise sa voiture tout le temps.

    A mon sens, l’ordre des priorités n’est pas celui-ci.

  6. eunix

    Le commentaire de « GROUMPF » me fait penser à une anecdote :

    il y a eu dans un numéro de la revue « Silence » un test sur quel pollueur êtes-vous. Il y avait tout un tas de questions sur l’alimentation, la mobilité, etc.

    Et dans le numéro suivant était publié un courrier d’un lecteur qui engueulait le journal. Celui-ci avait « tout juste » : il mangeait local, se déplaçait à vélo, etc… sauf qu’il prenait l’avion une fois par an pour aller rendre visite à sa fille à New York. Ainsi, suite au test, il s’était retrouvé classé dans la catégorie « gros pollueur » alors qu’il avait sincèrement l’impression d’être un « vertueux ».

    En engueulant le journal, ce lecteur ne faisait qu’une chose : il niait la réalité.

  7. Marcel RobertMarcel Robert

    La lettre à la juge est très bien tournée, un peu comme un boomerang…

    Ceci dit, je voudrais revenir sur la notion parfois exprimée de l’avion comme « machine la plus destructrice du climat ». D’ailleurs, je constate que l’expression n’est pas présente dans l’article ce coup-ci.

    Et c’est heureux, car je ne pense pas que l’avion soit la « machine la plus destructrice du climat ». Si on devait chercher cette
    « machine », je pense qu’il faudrait plutôt regarder du côté de… la voiture!

    Bien sûr, l’avion « vous fait dépasser votre quota annuel de CO2… en quelques heures », mais tout est relatif. Parler de « quota annuel » revient à dire que chacun prend au moins l’avion une fois par an, ce qui est faux. Autrement dit, quelqu’un qui ferait, par exemple, un paris-new-york une seule fois dans sa vie sans jamais reprendre l’avion, émettrait grosso modo 2,5 tonnes de CO2/80 ans (espérance de vie), soit environ 31 kg de CO2 par an… (bien en deçà de son quota annuel).

    Alors bien sûr, il faut déplorer la massification du transport aérien, les weeks-end à Djerba ou autres vacances en Egypte. Mais, même en tenant compte de cette massification, un calcul juste devrait aboutir à diviser l’ensemble des émissions annuelles de CO2 liées à l’avion par le nombre total d’habitants. Comme l’immense majorité des gens ne prennent jamais l’avion, les émissions liées à l’aviation restent largement minoritaires.

    Car, à vrai dire, le climat de la Terre se fout de savoir si les émissions de CO2 qu’il se prend dans la gueule viennent d’une minorité de privilégiés en avion ou d’une immense majorité d’automobilistes…

    Or, le nombre total de voyages en avion par an à l’échelle de planète reste bien limité par rapport à l’ensemble des émissions de CO2 liées à l’automobile. Dit autrement, l’utilisation de l’avion est réservée quand même à une « élite », ce qui représente des émissions massives par individu, mais relativement marginales ramenées à l’ensemble de la population. A l’inverse, une seule voiture, c’est en moyenne plus d’une tonne de CO2 par an, sauf que presque tout le monde a une voiture!

    En se basant sur les chiffres de Pierre-Emmanuel, un aller-retour Paris-New-York ou Paris-Montréal en avion représente une émission de 1,5 tonne de CO2 par passager, soit environ 150 grammes de CO2 par km. Tiens tiens, 150 g/CO2/km, c’est à peu de chose près les émissions moyennes d’une petite voiture (un 4×4 ou une grosse berline pouvant atteindre les 300 grammes…).

    Et 1,5 tonne de CO2, c’est à peu de chose près ce qu’émet en moyenne une voiture sur un an (sur la base du kilométrage moyen en France qui doit être autour de 12.000 km/an, soit plus qu’un aller-retour Paris-New-York!). Donc, en gros, le passager-avion qui va à New-York émet autant de CO2 qu’un automobiliste en un an. Le problème, c’est qui va à New-York? Certains hommes d’affaires, ou personnes du show-biz, les vacanciers fortunés… Alors que des automobilistes qui émettent 1,5 tonne de CO2 par an avec leur voiture, il y en a un bon paquet, à vrai dire tous vu que cela représente une moyenne (entre ceux qui font 1000 km par an seulement et les gros rouleurs qui font 20, 30 ou 40.000 km par an…).

    Et donc, rien que pour la France, c’est environ 38 millions d’automobilistes qui font plus qu’un Paris-New-York aller-retour TOUS LES ANS. A comparer avec le nombre de gens qui vont réellement à New-York en avion TOUS LES ANS.

  8. psychelau

    ah que ces compliqués ces calculs!!!
    surtout que dans le cas du Monsieur qui va voir sa fille à New York une fois par an, cela permet sans doute… à sa fille de ne pas prendre l’avion. Si c’est bien le cas, on est à un vol AR pour les deux personnes…
    Il peut aussi se rassurer; s’il a une fille à New York, c’est sans doute qu’il n’a pas 20 ans! et qu’il n’a pas connu dans sa jeunesse de le boom aérien dû au low cost!
    Alors s’il a peu pris l’avion dans sa jeunesse, et qu’il arrête dans quelques années quand il sera vieux, là encore cela change la donne…et cela oblige à l’humilité quand on donne des leçons… faute de quoi on se retrouve tout seul à bloquer les avions à Roissy, alors que 40 000 personnes manifestent à NDDL!
    Amitié à tous et même à P.E Neurohr.

  9. eunix

    Très belle explication technico-technique de Marcel Robert.

    Mais l’humain dans tout ça ?

    Peut-on décemment demander à 38 millions d’automobilistes de réduire leur utilisation de la voiture sans réduire l’utilisation de l’avion (utilisé majoritairement par les 20 % les plus riches de notre pays) ?

    Avion qui permet à des riches d’émettre autant de CO2 en quelques heures pour le « plaisir » qu’en une année pour un intérimaire qui parcourt son département de travail en travail ?

    L’avancée vers plus de sobriété collective ne doit-elle pas commencer par une décroissance très forte des inégalités et donc la réduction du niveau de vie des plus riches ?

    En ce sens, l’action de Pierre-Emmanuel est salutaire.

  10. Groumpf

    Eunix : un aller-retour Paris/New-York par an, j’appelle ça prendre l’avion souvent.

    Il ne suffit pas de considérer la pollution d’un trajet, il faut aussi en considérer la fréquence !
    Et je doute que la plupart des Français voyage autant en avion que la personne de ton exemple.

    Mais ça, Marcel Robert l’a parfaitement développé.

  11. eunix

    Au passage, je trouve qu’il n’est pas vraiment rigoureux scientifiquement de comparer les émissions en CO2/km/passager entre l’avion et la voiture.

    En effet, qui aurait l’idée de se rendre à New York en Clio ?

    Prendre l’avion ne serait donc pas si grave, puisque cela ne pollue pas plus que l’utilisation d’une voiture pendant un an par un quidam. Il est bien sûr entendu que l’utilisateur de l’avion n’utilise pas la voiture le restant de l’année.

    EasyJet se servait de cette comparaison pour faire du gros écoblanchiment : ses vols à direction du Maroc polluaient moins qu’une voiture en CO2/km/passager. Très bien, mais est-ce qu’autant de personnes qu’aujourd’hui iraient passer leur vacances au Maroc s’ils devaient y aller en voiture ?

  12. Jean-Marc

    « Si un jeune n’a pas pris l’avion pendant ses 20 1ères années de vie, est-il vraiment un salaud s’il le prend une fois par exemple?
    Que des personnalités comme Obama ou Hollande prennent l’avion ne me choque pas en soi. Que le tourisme de masse se développe et que des millions d’européens s’envolent à djerba au mois d’aout parce « la france c’est cher » me choque infiniment plus.
    C’est pourquoi je préfère que l’on dénonce les pratiques plutôt que l’objet. »

    Tout comme pour la voiture,
    s’il n’y avait que les pompiers, samu et bus à utiliser l essence et le diesel, celà ne poserait aucun problème de pollution.

    Si, une fois dans sa vie, une personne part s’installer en australie ou à quebec, qu’elle prenne l avion est bcp moins bien que de prendre une place sur un cargo;
    Mais, si elle ne le fait qu’un aller tous les 25 ans, sa sur-pollution est à calculer sur 25 ans.

    Par contre, les vacances en Thaïlande, Cuba, ou les fréquents (pour certains) « sauts de puce » de W-E prolongé -oupas- à barcelone, pragues, dublin ou tunis sont bien pire.

  13. admiratif

    dans le même ordre d’idées, Vincent Raynouard, un père de famille aynt rédigé un ouvrage sans doute contestable mais là n’est pas le sujet minimisant la Shoah a été détenu un an sans jugement dans le nord de la France.
    Ce pays est certes une république , mais une démocratie ? j’en suis beaucoup moins sûr. En tous cas pour la liberté d’expression la France éternelle donneuse de leçons n’a rien d’un modèle.

  14. MOA

    Faire un parallèle entre P-E Neuhror et sa lutte contre le réchauffement climatique et Vincent Raynouard un militant néo-nazi défendant des thèses négationnistes, cherchant à innocenter les wafen SS lors du massacre d’Oradour etc… relève d’une manipulation grossière d’embrouiller les esprits et de créer (ou entretenir) la confusion.

    admiratif : « Vincent Raynouard (…) un père de famille aynt rédigé un ouvrage sans doute contestable « 

    On prendra note de la présentation de Vincent Raynouard en tant que père de famille… (et le reste? un détail?) et le « sans doute ».

  15. Laurent

    En matière d’émission de CO2, il n’y a pas que le transport :
    la consommation d’un mètre cube de gaz de ville (environ 10 kwh PCS) produit 2 kg de CO2.
    Si vous habitez à 4 une maison de 100 m2 notée D en efficacité énergétique, vous consommez entre 15 et 20000 kwh soit plus de 3 tonnes de CO2 (750 kg par personne)
    Et si vous y vivez seul ou à 2 vous dépassez le quota annuel.
    Si le pouvoir d’achat qui est dépensé dans l’automobile et les voyages au loin était utilisé pour la rénovation énergétique de l’habitat la France pourrait assez vite modérer sa contribution au réchauffement climatique.
    Mais il faut reconnaître que beaucoup préfèrent penser à leur semaine de bronzage aux seychelles plutôt qu’à la vie de personnes qu’ils ne connaissent pas.
    La taxe carbone qui était un des engagements du grenelle de l’environnement n’a même pas été appliquée, alors que c’est un bon moyen d’envoyer un signal prix adéquat pour faire changer le mode de vie de l’homo égoïstus moyen.

  16. theron

    Côté « justice » j’ai eu mon lot de saloperies judiciaires pour mes actions pacifiques, entre autre : 6 mois fermes pour jet de yaourts sur la bagnole de sarko en 2004, avec interdiction d’avocat, de public, de témoin, d’accès au dossier, interdiction de parloir pour ma mère, 3 mois pour en obtenir le droit avec ma compagne et mon père, tentative de meurtre, placement au mitard et le procureur qui était en fait un ami des mafias corses… (j’en passe et des meilleurs) Bon courage à Pierre Emmanuel Neuhor !

  17. Laurent

    « 6 mois fermes pour jet de yaourts sur la bagnole »
    « avec interdiction d’avocat, de public, de témoin, d’accès au dossier, interdiction de parloir pour ma mère, »
    Je n’en reviens pas , on vous a donc refusé les moyens de vous défendre et appliqué une peine disproportionnée, parce que vous aviez affaire à un politique . C’est extrèmement grave : la justice est encore une « justice » d’ancien régime alors ?

  18. bikeman

    On parle des bagnoles et des avons qui polluent, mais intéressons nous également au transport maritime!

    Car les navires balancent du fuel extralourd sans filtre dans les océans. Cela s’appelle du « bunker fuel ». « On en trouve dans tous les ports du monde et c’est vraiment tout ce qui reste de non valorisable dans un pétrole brut après sa distillation dans une tour de raffinerie. »

    qq liens qui datent de 2008 :
    http://www.naturavox.fr/climat/Pollution-apres-le-trafic-aerien-
    les-bateaux

    http://www.neomansland.info/2008/05/cest-lavion-qui-cache-le-bateau-et-son-co2/

    D’accord, les navires transportent des marchandises principalement, et l’avion des êtres humains en voyage, m’enfin tout de même…

  19. loveAvelo

    « l’utilisation de l’avion est incompatible, mathématiquement parlant, avec un climat préservé »

    => à pondérer par la fréquence d’utilisation (comme bien expliqué dans d’autres commentaires) et à étendre à d’autres cas :

    – Automobile individuelles
    – Armée
    – Ordinateurs, serveurs et réseau internet ?
    – alimentation trop carnée, pas locale, pas bio
    – WC à eau
    – Piscines individuelles
    …etc…

  20. Jean Sonnier

    Bah on s’adaptera au réchauffement climatique, on construira des digues, on déplacera les cultures,… Bien sûr quelques centaines de millions de personnes mouront dans l’opération.

  21. alain

    Bonjour Jean,

    C’est sur qu’on va s’adapter… Encore faudrait-il qu’il reste une zone quelque part non affectée et que tout le monde ne se rue pas dessus en même temps. Chose qui serait bien étonnant.

    Pour ton information, un chercheur australien a dit que le XXIème siècle sera le dernier pour l’homme et qu’il n’y survivrait pas. Selon lui, si il n’y avait que le réchauffement climatique, mais le pb c’est qu’il y a la pollution des sols, des eaux, de l’air, les abeilles qui disparaissent, la prolifération nucléaires, la baisse de la fécondité humaine et tellement d’autres choses en même temps qu’il serait fort étonnant qu’il reste un humain en 2100. Il dit qu’en 100, on a bouffé la pomme jusqu’au trognon alors que les aborigènes ont vécu sans apport technologique pendant plusieurs milliers d’années. Mais qui a envie de vivre sereinement comme un aborigène? Non, on préfère bouffer la planète en se basant sur le « dévellopement durable » et croire que nous sommes éternels même si tout prouve le contraire.

Les commentaires sont clos.