Saleté de cyclistes !

En Suisse, l’animosité monte contre les fous du guidon, ces cyclistes qui ne respectent ni les feux ni les trottoirs. A Berne, une motion réclame de durcir la lutte contre ces chauffards à deux roues. A Genève, la cohabitation avec piétons et automobilistes semble plutôt tendue. Reportage.

C’est un reportage de la RTS le 2 novembre dernier qui enquête sur « ces sales cyclistes », ces « pirates de la route » qui se croient tout permis dans la ville. Les cyclistes sont-ils des méchants qui terrorisent les gentils automobilistes et piétons?

Le reportage est assez drôle, car en partant d’une enquête sur le supposé comportement inacceptable des cyclistes, on arrive assez vite au problème du manque d’espace dédié au vélo dans les villes.

Le meilleur est la comparaison faite entre une ville qui fait beaucoup pour le vélo, Bâle, et où le vélo est très pratiqué, et une ville qui semble en retard, à la fois en matière d’aménagements et de pratique vélo, Genève…

Conclusion: les cyclistes font peut-être ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont…

Vélove

A propos de Vélove

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste des questions relatives au vélo et aux aménagements cyclables.

10 commentaires sur “Saleté de cyclistes !

  1. MkZ*

    Très bon reportage. Nous rencontrons les mêmes problèmes à Paris où l’urbanisme et les voies de circulation sont dédiés prioritairement à la voiture.
    En tant que cycliste, on se sens frustré de ne pas bénéficié d’autant de reconnaissance que la déesse bagnole, qui comme dit dans le reportage, ne paye pas franchement le coût qu’elle engendre à la société que ce soit par la pollution, mais aussi sur son emprise au sol.

  2. Vincent

    Remplacer « sales cyclistes » par « sales juifs » donne tout de suite un reflet intéressant…

    Les cyclistes font effectivement comme ils peuvent, dans des villes où ils ne sont clairement pas (encore?) les bienvenus.

    Il est, de fait, intéressant de comparer deux villes d’un même pays (Bâle et Genève) et de voir que l’usage du vélo est fonction des infrastructures.

    On observe la même chose en Belgique : par exemple, allez rouler à Liège et à Anvers…

  3. Douglas Carnall

    « Manque d’espace » ?

    Plutôt manque de respect pour les cyclistes par les autres usagers de la route.

    Ce dernier je crois: même une quatre voies puisse être partager entre les cyclistes et les conducteurs de voitures alors qu’une vitesse maximale de 30km/h est respectée par tous, ainsi que les droits de chaque utilisateur de la route. Les trottoirs alors demeurent réservés pour les piétons.

    Oui, c’est difficile à légiférer pour la courtoisie et le respect ; néanmoins c’est évidemment ça qui manquent sur les routes de cette triste ville Genève.

  4. Pédibuspedibus

    http://pdf.lu/5cnE
    Interviews réalisés en avril 2013.

    Lien qui permet de constater une fois de plus la difficulté de pratiquer les modes actifs à Genève. Les interviews datent d’avril 2013, un retour aux sources semble indispensable, en particulier pour savoir où en est le processus référendaire au sujet d’un projet de parking souterrain en hypercentre.

    Un autre sujet à rafraîchir, plus important encore, c’est la fameuse loi cantonale qui oblige à compenser en ouvrage toute place de parking en surface…

    Des trois entretiens il ressort une forte tension entre les acteurs, un système très favorable à l’automobile et un lobbying en sa faveur très efficace…

  5. benchaouche yassin

    Bonjour internotes!!moi qui fait beaucoup de vélo,par tous les temps,je peux vous dire présentement que nous (cyclistes aguerris ) vivons une totale hypocrisie,utilisant moyennement les pistes cyclables,pour gagner du temps,tout est fait aux niveaux structures d’aménagement routier ,à encourager l’automobile et à le péréniser ,malgré quelques efforts inutiles d’estétisme(surtout vue d’avion),au grand damne de la sécurité,pollution,santé et déplacements faciles et prioritaires.Cyclistes si vous voulez doublez dans le cas de bouchons et fortes concentrations automobiles,doublez à gauche !! là ou on vous voit,et vous rabattre à droite,dans un rond point,prevenez longtemps à l’avance et rester à l’extrémité gauche pour tourner à gauche et vous rabattre.Pour moi ,je roule en vélo ,comme si je roulais en voiture,et je vous assure que vous ne risquer rien ,à part des insultes quelques fois qui proviennent de chauffards en mal de vivre.pour les pistes cyclabes je les utilisent très peu,car mal étudiées,nombreux freins du à des obstacles de signalisations de priorités,de rodéos entre le trottoir et la chaussée,de garde fous au sol très très dangereux (en béton,fer,semelles au sol inversées(talon qui se présente après),nids de poules,fréquents changement de signalisations etc..)Tout cela demande une extrème force physique qui démotive la population à rouler à byciclette et préfère engorger un peu plus la circulation.Pour finir,je tiens à dire que la route est a tout le monde,et si on ne fait pas gaffe,on nous esclus définitivement ,pour nous parker dans des trajets alambiqués et dangereux ,le pot de fer contre le pot de terre..Bonne journée les sportifs,et sale journée aux fainéants de la route..

  6. Roger

    Aaarg, mais “ma mère n’ose plus sortir tellement elle a peur”, ça sort d’où ça ?
    Quand je sors avec mon gamin en plein Paris, on cherche surtout à éviter les endroits trop fréquentés par… les voitures, oui.

  7. paladurpaladur

    C’est marrant de mettre en parallèle cet article avec le suivant sur le coût réel des différents moyens de transport. Les automobilistes pourraient être plus humbles vis à vis des autres usagers doux de la route qui, eux, sont bénéfiques à la société.

  8. Pyraloun

    Pas sûr que ça ne change bientôt malheureusement. Il y a pourtant eu une initiative populaire acceptée par le peuple pour plus d’aménagements cyclables, mais elle n’a toujours pas été appliquée (alors qu’elle a pleine valeur légale). Mais l’ambiance politique actuelle est des plus mauvaises : les problèmes de circulation indescriptibles sont imputés aux frontaliers (la xénophobie se porte assez bien à Genève), les élections portent au pouvoir une minorité importante de droite populiste (les frontaliers ne votant pour la plupart pas), droite qui rechigne à réduire la place de la voiture sans pour autant pouvoir porter ses propres projets, faute de majorité stable (de fait, il n’y a aucune majorité qui arrive à se former au parlement en ce moment). Le résultat, c’est que depuis des années on se tape un article constitutionnel sur le libre choix du moyen de transport (ce qui peut être interprété de dizaines de manières différentes mais sert principalement d’excuse pour freiner toute velléité de fermetures de rues à la circulation), qu’une proposition pour donner la priorité des transports publics aux feux (actuellement même pas donnée aux trams) a été rejetée, que le projet de vélib a été repoussé aux calendes grecques, et qu’on doit faire avec une loi qui stipule que toute place supprimée en surface doit être compensée par une place en sous-sol (ce qui fait exploser les couts des projets sans réduire la circulation).

    Un espoir toutefois : le ministre des transports a lancé des états généraux des transports, qui bien que la méthode ne soit pas des plus rigoureuses, a mis en lumière une demande bien plus importante qu’attendue de la population pour une priorisation des transports publics et des modes actifs et une restriction importante de la voiture en zone hypercentre.

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