Des emplois « verts » plus politiques qu’écologiques

Valérie Létard rendra jeudi 28 janvier son rapport sur les métiers de la croissance verte. Mais pour FNE, les emplois qui pourraient être créés ne sont pas franchement verts. Analyse.

En juillet 2009, une étude du Boston Consulting Group pour le ministère de l’écologie estimait à 600 000 le nombre d’emplois à créer dans le domaine de l’environnement. En septembre, un comité de pilotage national, auquel a participé FNE, était lancé sur les métiers de la croissance verte. Il rend ses conclusions ce 28 janvier.

Des emplois vert pâle
« Le comité de pilotage s’est focalisé sur le nombre d’emplois potentiels et les formations, explique Gaël Virlouvet, administrateur de FNE, sans se pencher au préalable sur l’intérêt environnemental des emplois en question. » Ainsi, parmi la dizaine de filières à l’étude, certaines ont un intérêt environnemental qui reste à démontrer : une des filières se penche sur les agrocarburants, une autre sur l’automobile…

On oublie que le but final n’est évidemment pas de consommer toujours plus d’agro-carburants, mais au contraire de limiter notre consommation d’énergie. L’objectif de la filière « Automobiles », demeure de produire davantage de véhicules individuels. Pour Bruno Genty, vice-président de FNE et pilote de la mission Economie, « Les filières identifiées répondent avant tout à des choix d’investissement politiques et économiques, et non à des innovations porteuses réellement d’emplois et de moindres impacts sur l’environnement. »

Nos recommandations

Pour des emplois réellement verts, FNE demande :

  • Des emplois qui puissent stimuler la demande en faveur de produits et services ayant moins d’impacts sur l’environnement
  • Que soient clairement distingués les emplois préventifs (à développer sans réserve) des emplois curatifs (dont le développement est tributaire de l’augmentation de la pollution). Par exemple, mieux vaut chercher à développer des emplois permettant de prévenir les marées vertes, que des emplois pour ramasser les algues.
  • Un soutien financier aux projets de Recherche et Développement axés sur le développement de l’économie de fonctionnalité, c’est à dire basée sur des services et non sur des produits, et de re-territorialisation des activités économiques
  • Des dispositifs de soutien financier aux emplois liés à des circuits courts entre producteur et consommateur : agriculture et alimentation, activités de réparation…
  • D’intégrer, dans chaque cursus de formation professionnelle, de sessions « développement durable », appliqué aux métiers concernés.

FNE souhaite une meilleure articulation entre l’économie et environnement. Pour y parvenir, s’il faut certes gérer la transition celle de l’industrie automobile, il faut aussi impérativement innover et changer de « logiciel ». Lors de son 34e congrès, les 25 et 26 mars 2010, FNE proposera ses réflexions pour aller vers cette nouvelle économie.

Source : FNE

France Nature Environnement

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Un commentaire sur “Des emplois « verts » plus politiques qu’écologiques

  1. stoppeur

    Pour créer des « Emplois Verts »,il faudrait d’abord apprendre à vivre sans produits conditionnés;en utilisant le bois dans la construction(d’arbres des forêts de l’Hexagone),la fabrication des meubles(les plus beaux et les + solides),voire en équipant l’intérieur des voitures et des trains;chaque régio n oeuvrant à produire son bois(les forêts protègent les nappes phréatiques )et tout ce que cela amène avec(plantes comestibles et gibier)…On devrait aussi repeupler les campagnes pour exploiter utilement et opportunément la nature… »IL N’Y A PAS DE SOTS METIERS,IL N’Y A QUE DE SOTTES GENS »!Combien ont disparu(les métiers) au nom du modernisme galopant et sous prétexte de mieux vivre et « gagner sa vie »!!!A défaut d’avoir du trav ail,bcp pourraient au moins se chauffer et manger,n’est-il pas?

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