L’incroyable suprématie du vélo en ville

Contrairement aux idées reçues, le vélo est souvent le plus rapide en ville. Quand notre temps est compté, il est préférable aux autres modes de transports urbains. Évidemment, le vélo demande un peu d’adresse, de l’attention… et de l’huile de coude; mais ces efforts sont largement récompensés et le cycliste quotidien est vite convaincu qu’il a fait le bon choix.

Il n’y a que les jours de mauvais temps que le vélo peut décevoir.

En selle!

C’est ma première étape pour rendre visite à un vélociste au coeur de Mulhouse, place de la Concorde.

Je me gare devant le magasin après avoir dépassé plusieurs files de voitures à l’arrêt dans les embouteillages et aux feux tricolores, louvoyé au pas dans les rues piétonnes pour aller au plus court.

Cinq kilomètres, vingt minutes, presque en flânant et en profitant des allées le long des grands bassins.

Ensuite, cap sur le grand centre commercial Kaligone à cinq kilomètres du centre ville.

Aucun ring pour me dévier.

Une itinéraire presque rectiligne à travers les petites rues de la ville. Seulement accessible aux vélos qui peuvent emprunter les doubles sens cyclables nombreux et pratiques (50 DSC à Mulhouse).

Vingt minutes et je suis rendu.

Quelques emplettes.

Retour à la maison, cinq kilomètres.

Total trajet: 15 km et une heure de trajet

Zéro euro, zéro pollution, zéro énervement.

Ma capacité d’emport habituelle est d’un porte-bagage jusqu’à 20 kg et un sac à dos de 10 litres. Le tout bien suffisant pour la plupart  des achats usuels.

Ne pas oublier son antivol en U acier cémenté 15cm de large, 30cm de long!!

pour bien choisir son antivol en U

les différents types d’antivols

 

Toujours avoir avec soi son sac à dos « prêt à partir » dans lequel vous pourrez mettre vos papiers, un tendeur élastique, un nécessaire de réparation, un imperméable, un stylo, un paquet de mouchoirs en papier.

Oui, je dois l’avouer, cet intégrisme pro-vélo me plonge devant un dilemme: sachez qu’on atteint vite 2000 km de vélo par an avec un tel comportement et que les coûts fixes de votre véhicule à moteur vont croître en flèche dès lors qu’il ne vous sert plus pour vos déplacements urbains.

Si la possession d’un véhicule reste encore nécessaire hors des grandes métropoles, on ne sait pas bien encore comment s’en défaire complètement.

Autopartage? location?

La question mérite encore réflexion.

http://velomaxou.sportblog.fr/

Image: Paris is not a dream par c-reel.com

Vélomaxou

A propos de Vélomaxou

Cyclo-citoyen, cyclo-randonneur depuis 1976. Venant du cyclotourisme "la tête dans le guidon", je me dirige vers le déplacement doux de l'écocitoyen à Mulhouse, dans les Vosges, en Alsace et dans la Forêt Noire.

26 commentaires sur “L’incroyable suprématie du vélo en ville

  1. LEGEOGRAPHE

    Reprise de ce passage : « et que les coûts fixes de votre véhicule à moteur vont croître en flèche dès lors qu’il ne vous sert plus pour vos déplacements urbains. »

    Ne serait-ce pas plutôt l’augmentation des coûts fixes *en % du budget auto* ? Sinon, l’augmentation absolue n’existe pas si les coûts sont fixes. Non ?

  2. LEGEOGRAPHE

    « Il n’y a que les jours de mauvais temps que le vélo peut décevoir. »

    « I’m riding in the rain », pour moi, c’est souvent le bonheur assuré ! Vraiment sans rire ! Cela procure la sensation de fraîcheur et de parfaite symbiose. Cf. les « synesthésies » de Baudelaire dans son poème « Correspondances » :
    http://www.bacdefrancais.net/correspondances.php

    Le cycliste est aussi un artiste à sa manière : il ressent, il sent, il a des perceptions vraies de la Nature (qui est un temple), et il les associe à des idées. Enfin, c’est comme ça que je vois les choses quand je me dis qu’on peut aimer faire du vélo sous la pluie alors qu’envers et contre tout on est mouillé par elle…

    Idem pour le vent et la neige. C’est un plaisir de pédaler sous la neige, même s’il y a un certain danger (qui peut nous faire perdre le plaisir parfois). Le vent a ceci de très dérangeant, en revanche, qu’un cycliste sera très ralenti par le vent (en tout cas, il n’a pas du tout intérêt à se battre contre le vent car c’est usant, il faut juste être plus patient et savoir qu’on va mettre plus de temps que d’habitude pour le même trajet) alors que les voitures (très puissantes) rouleront toujours aussi vite contre le vent (elles pollueront juste plus pour atteindre le 50 km/h ou le 90 km/h) et dépasseront donc le cycliste à des vitesses très supérieures à celle du cycliste (ce qui accentue le sentiment de d’oppression automobile chez le cycliste).

  3. DJon

    La conclusion me pose exactement le même souci…j’ai une voiture qui me coute, somme toute, un petit bras chaque mois pour finalement ne l’utiliser qu’une à deux fois par mois. Donc proportionnellement à l’utilisation que j’en fait, effectivement ce n’est pas du tout rentable…

    Malgré pas mal d’efforts, je n’ai pas réussi à m’en détacher totalement, et les rares fois où elle me sert, je ne vois vraiment pas comment j’aurais pu faire autrement :/
    (quant aux rares amis cycliste dépourvus de voitures que je connais, ils trichent tous avec leur copain(e) possédant un véhicule motorisé..)

  4. LEGEOGRAPHE

    Cette « triche », Djon, peut être monétisée du moment qu’on est plusieurs à être d’accord sur l’importance de se passer le plus possible de la voiture : c’est de l’auto-partage entre amis et non plus via une société consacrée à ce service (ou de la location de véhicule à un ami).

    A partir du moment où on tombe d’accord sur la merde qu’est la voiture, on peut monétiser cette merde pour tomber sur un fonctionnement le moins injuste possible (celui qui détient encore une voiture peut la prêter une à deux fois par semaine à son ami, contre rétribution). Enfin, c’est comme ça que je le vois…

    Pour d’autres choses qui ne sont pas de la merde, on monétise moins. Quand j’invite des gens à manger à la maison (parfois, c’est la première fois qu’ils viennent à la maison), il ne me vient pas à l’idée de monétiser ce partage de nourriture. Le repas, c’est une convivialité quasi normale dans notre société (enfin, le fast food a failli nous le faire oublier !), pas besoin de compter ce que l’on donne en la matière…

  5. BAHN

    « Reprise de ce passage : « et que les coûts fixes de votre véhicule à moteur vont croître en flèche dès lors qu’il ne vous sert plus pour vos déplacements urbains. »

    Ne serait-ce pas plutôt l’augmentation des coûts fixes *en % du budget auto* ? Sinon, l’augmentation absolue n’existe pas si les coûts sont fixes. Non ?
     »

    Disons plus : le coût du kilomètre des véhicules à moteur vont croître en flèche dès lors qu’il ne vous sert plus pour vos déplacements urbains. »

  6. LEGEOGRAPHE

    Oui, Bahn, je l’entends bien comme ça, ça me paraît tout à fait juste !

  7. DJon

    @LEGEOGRAPHE : je me suis mal exprimé, ma dernière phrase était une boutade (limite « private-joke »). Je pensais a des amis me tannant pour que je lâche ma voiture (vu ce qu’elle me coute et me sert) et qui ne comprennent pas que, malheureusement, ce n’est pas si simple pour moi. Pour eux ça le parait : leur tendre moitié ayant toujours une voiture.

    Sinon, je te rejoins tout à fait, et je pratique aussi souvent que possible le covoiturage (autant en chauffeur qu’en passager)

  8. Michelle 13Michelle

    Il y a 2 ans et demis que je n’ai plus de voiture pas un seul jour elle ne me manque j’habite en ville et j’ai un Brompton bus et trains et je n’aime plus de partir en voiture les personnes roule mal …

  9. Guillaume

    Pour moi, ça fait bien 4 ans que j’ai cessé d’utiliser ma voiture. Je précise que je vis en ville. Elle a d’abord dormi 3 ans dans la rue (en se dégradant pas mal…) et j’ai fini par la vendre il y a un an. Elle ne me manque pas du tout. Je ne « triche » pas spécialement, j’ai dû utiliser 3 fois une voiture dans ma ville dans ce laps de temps ; s’il fallait louer une voiture une fois l’an cela ne me choque pas outre mesure. Et je n’en utilise pas non plus de manière régulière hors agglomération, il faut vraiment me prier pour que j’accepte de monter dans une voiture.

    Pour certains besoins il y aurait l’alternative de louer une remorque vélo de transport, certaines ont une très grosse capacité. Je ne crois pas qu’il y ait ce genre de commerce à lyon, mais j’en monterais volontiers un… Ca permet de transporter n’importe quel meuble de façon sans doute même souvent plus facile qu’avec une voiture, si la distance reste raisonnable.

  10. pH|Re

    Pour le problème de la voiture, on peut toujours louer sa propre voiture à d’autres quand on n’a pas besoin.

    Le concept de https://fr.cityzencar.com/ est assez bien foutu par exemple.

    Pour l’instant je garde la mienne, roule assez peu et la larguerai surement quand mes enfants auront quitté le foyer.

  11. axel

    Si chacun y va de sa présentation, allons y pour la mienne :

    J’ai quitté la voiture en 2004 quand je suis arrivé en région parisienne. A cette période, je ne me posais pas la question, (50% des foyers parisiens n’ont pas de voitures du tout).

    Revenu sur Orléans en 2009, j’ai essayé de continuer à m’en passer… et réussi jusqu’à présent. Il m’est arrivé de louer des voitures deux fois (une fois par an en gros), de prendre le train (souvent), les bus départementaux pour aller voir la famille (à 2,10 euros le trajet de 35 km, c’est plutôt rentable). J’ai pris une seule fois le taxi qui m’a fait payer 20 euros pour faire 7 km, ça m’a fait mal au coeur (en fait, j’habite près de la gare et les taxis s’y trouvent, donc si je veux faire le trajet de là où je suis à chez moi, le taxi doit d’abord parcourir les 7 km à vide qu’il me facture… car il déclenche le compteur quand il part… le même trajet dans le sens inverse m’aurait coûté deux fois moins cher… aberrant, non ?)

    Mais je ressens quand même un manque pour certaines occasions quand je veux assister à une conférence ou un spectacle qui se trouve dans les petites villes avoisinantes (à une dizaine de km d’Orléans). J’ai le souvenir de deux « trucs » que j’ai loupé faute de voiture (un meeting politique et un concert).

    L’autopartage privatif pourrait être bien, si j’avais effectivement un carnet d’adresse de voisins que je pourrai appeler à la dernière minute pour me dépanner.

    J’ai l’impression qu’en région parisienne il était plus facile d’emprunter la voiture d’un ami sur sur Orléans où les gens semblent moins enclin à prêter instinctivement leur véhicule (peut être que les voitures parisiennes ont leur carrosserie qui ont plus « souffert » et qu’on est du coup moins regardant ?)

    Axel

  12. Tassin

    Dans le genre de Cityzencar il y a http://www.voiturelib.com qui est assez fourni car plus ancien!
    Je viens de découvrir et je m’inscrit de suite pour éviter à notre unique voiture de pourrir dans la rue.

    Quelqu’un a dé expérimenté la location de particulier à particulier comme le proposent ces sites? Merci.

  13. Legeographe

    Merci, Tassin, aussi pour le lien.
    Les prix sont plutôt bons et le fait de payer un tel service privatif est de toute façon tout à fait normal !

  14. lynx

    A propos de l’article,tout le monde n’est pas du même avis. L’Est Républicain de ce jour (07 07 2011) ou celui d’hier publie un article où la parole est donnée au président de l’automobile-club lorrain; en gros, je résume: marre que l’on prenne les automobilistes pour des vaches laitières, marre des radars, marre des cyclistes en ville, marre des zones 30, marre des PV pour stationnement, marre que l’on grignote sans cesse la place de l’automobile en ville!

  15. JiBOM

    Les gens sont fous ! A moins de devenir soit-même une automobile, il est incohérent de prôner plus de place pour la bagnole au détriment, automatiquement, de l’humain (pour ne parler que de lui !). Les inconvénients sociaux, sociétaux, financiers, économiques, psychologiques et médicaux ne sont pas encore suffisants ?

  16. DJon

    J’avoue que je suis assez admiratif des personnes ayant totalement réussi à se séparer de leur voiture. Pour l’instant ça m’est toujours impossible et même si le covoiturage les bus ou les programmes comme modul’auto de Montpellier aide beaucoup, il arrive encore que je n’ai pas d’autre choix…

    Ceci dit, merci PH|RE et Tassin pour les liens d’autopartage, je vais examiner ça 🙂

    @Lynx : j’ai tendance à penser que la voiture en ville tiens de l’aberration 90% du temps pour les particuliers. Et que dire des voiture qui prennent les piste cyclables pour des places de parking…
    Mais quand je vois des collègues, habitant à 3-4km du labo, venir en voiture (alors qu’on travaille dans le domaine de » l’environnement) je comprends que ce genre de propos fasse malheureusement echo.

  17. Legeographe

    @ Djon : oui, je comprends votre commentaire où vous m’apostrophiez (sur le sujet de « la tendre moitié »). On m’a pointé exactement le même point délicat lorsque j’ai écrit un article sur mon propre abandon de la voiture :
    http://carfree.fr/index.php/2011/03/14/labandon-de-la-voiture-fait-tres-vite-un-heureux-soi-meme-hello-goodbye/

    Dans les commentaires, on m’a dit que j’étais courageux de le faire alors que je n’avais pas encore fondé famille… En même temps, c’est aussi à ce moment (quand on n’a pas encore fondé famille) qu’on reste le plus libre de faire ses vrais choix (trop souvent, l’argument de la famille est une excuse à la voiture !).

    « j’ai tendance à penser que la voiture en ville tiens de l’aberration 90% du temps pour les particuliers », dites-vous : je dirai même, avec humour, que la voiture, plus qu’aberrante 90% du temps, est un poids mort moche et polluant bien plus de 90% du temps (10% du temps quotidien en usage de la bagnole, ça ferait une utilisation automobile 2,4 heures par jour (= sur 24 heures), ce qui fait 2 heures et 24 minutes).

  18. Tassin

    La voiture en ville est un objet encombrant et inutile 90% du temps. Les 10% restant, elle est une abbération. 😉

  19. StruddelStruddel

    La plupart des gens qui ont du mal à s’imaginer se séparer complètement de leur voiture ont souvent simplement pris de mauvaises habitudes …

    Je n’ai pas de voiture car je n’ai jamais passé le permis et personne n’en a chez moi.

    Du coup, j’ai toujours composé avec les transports en commun et le vélo, simplement une habitude, et ça ne m’a jamais posé souci, même en ayant habité dans de petites villes à 50 bornes de la grande agglo la plus proche.

    Question d’habitude, donc.

  20. Legeographe

    Ce matin, un genre de pluie sub-tropicale s’est abattu sur ma ville (en métropole) et on est deux à être venus à vélo, avec la patate :
     » PDE très bien réalisé, douche sur le trajet !  » 😉

  21. DJon

    Par 90% du temps, je parlais, à la louche, du temps d’utilisation de la voiture, pas du temps global 😉 (sinon effectivement on peut monter à 99.99 🙂

    @Legeographe : Montpelliérain? Il y a 3 vélo ce matin dans le parking au boulot…depuis que je suis arrivé ^^

  22. Legeographe

    @ Djon : Non, j’ai été héraultais l’an dernier, mais dans les montagnes (oui oui, vous avez de superbes montagnes tout à l’ouest de Montpellier !). Mais je suis stéphanois maintenant.

    Encore une fois, cette pluie m’a donné une pêche d’enfer (enfin, il faut que je prenne garde à la bronchite !).

  23. MOA

    Environ 50 vélos hier, et aujourd’hui : 7

    Et pourtant, pas vraiment de pluie (si ce n’est leger crachin) mais grosse grisaille.

    A choisir entre raison et litre de carburant cher, je choisis la raison. Mais comme la raison ne semble pas être l’option choisie par un très grand nombre de mes collègues (et donc concitoyens), je souhaite qu’un prix d’essence cher, très cher… leurs permette de la recouvrer.

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