Les infrastructures cyclables ajoutent à la valeur foncière des propriétés

La popularité croissante des quartiers propices à la marche et au vélo est synonyme de dynamisme économique, constate un rapport du Urban Land Institute.

Ce rapport, qui examine les impacts sur la valeur foncière des propriétés des infrastructures favorisant la marche et le vélo, s’adresse aux développeurs, entrepreneurs, planificateurs, urbanistes, investisseurs et décideurs publics désireux de stimuler l’économie de leur communauté, de préserver l’environnement et de contribuer à la santé publique.

Une tendance forte

Aux États-Unis, la marchabilité des quartiers est devenue une priorité pour la moitié de la population alors que le vélo est le type de moyen de transport au quotidien qui connaît la plus forte croissance, soulignent les auteurs du rapport. En outre, citant une étude de l’American Journal of Preventive Medicine les auteurs rappellent que les personnes vivant dans les quartiers marchables présentent un risque réduit de souffrir d’obésité.

Des investissements qui rapportent

Les aménagements cyclables sont abordables, si on les compare aux infrastructures routières. Parmi les exemples cités dans le rapport, on note le cas de la ville de Portland qui estime avoir investi 60 M$ dans son réseau cyclable de 483 km. Avec ce même montant, la ville n’aurait pu construire que 1,6 km d’autoroute urbaine.

Peu coûteuses, les voies cyclables rapportent aussi de nombreux dividendes. Le rapport identifie 4 types d’impacts économiques reliés à l’aménagement d’infrastructures cyclables.

Le TOD 2.0

L’expression « Transit-Oriented-Development » (TOD) est à peine passée dans le langage courant que déjà, prône ce rapport, on doit désormais parler de « Trail-Oriented-Development », en référence justement aux pistes cyclables. Citant un autre rapport du Urban Land Institute, les auteurs notent que 52 % des Américains (63 % chez les Millenials) souhaitent vivre dans des environnements où ils n’auraient pratiquement pas à conduire de voiture.

Les auteurs n’hésitent pas à associer le transport actif à une meilleure qualité de vie. Ils constatent toutefois qu’il reste de nombreux progrès à réaliser. Selon une étude de l’Université de California-Davis, 35 % des déplacements en voiture sont de moins de 5 km, soit 20 minutes à bicyclette. Or seulement 7 % de ces déplacements urbains se font à vélo.

L’exemple des Bixis

Dans son second chapitre, le rapport examine 10 pratiques exemplaires de projets immobiliers planifiés en fonction des infrastructures cyclables. Dans 8 de ces cas, il s’agit d’immeubles locatifs construits dans des villes américaines. Les deux autres exemples sont des projets de condos à Londres et Singapour.

Au dernier chapitre, le rapport s’attarde sur 5 catalyseurs de changement. Quatre d’entre eux reposent sur des infrastructures comme les super-autoroutes cyclables de Londres et de Copenhague. Le cinquième catalyseur, selon les auteurs, c’est le système de vélos libre-service qui connaît d’ailleurs un essor remarquable. En 2004, il n’existait que 13 services municipaux de vélo-partage à l’échelle de la planète. En 2015, on en comptait plus de 800. À ce chapitre, les auteurs notent justement que le système de vélos libre-service apparu à Montréal en 2009 sous le nom de Bixi était le premier en Amérique du Nord.

Source : Urban Land Institute Via Veille Action

Vélove

A propos de Vélove

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste des questions relatives au vélo et aux aménagements cyclables.

3 commentaires sur “Les infrastructures cyclables ajoutent à la valeur foncière des propriétés

  1. Bernard G.

    Article qui m’amène à poser cette question : Dans une France qui en 20 ans a vu tripler le prix des appartements (et donc la facilité à se loger) dans les secteurs agréables des grandes villes, du fait du phénomène de rente et de spéculation foncières, est-ce qu’il y a lieu de se réjouir de rajouter encore à cette cherté ? Il y a des arguments moins « profiteur bourgeois » en faveur du vélo, heureusement.

  2. Qorche

    À transmettre aux maires de communes plutôt bourgeoises qui se contrefichent du vélo. Et surtout à leurs administrés…

  3. Pédibusnaturenville

    Les modes actifs – et les « infrastructures » qui pourraient en encourager la pratique – tendraient à augmenter la valeur foncière du territoire aménagé : ils ne sont pas les seuls ; la végétalisation des abords participe elle aussi au phénomène, lequel est bien documenté, et depuis assez longtemps maintenant.

    Reste à mener des politiques foncières incitatives pour densifier davantage nos villes et offrir du logement – en ville – sans avoir besoin d’être motorisé (déjà évoqué sur nos ondes, avec comme auteurs intéressant Joseph Comby et Sandrine Levasseur ; une contribution perso là-dessus me gratouille, faut-il encore avoir du temps).

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