Et si on donnait de l’argent à ceux qui se passent de voiture?

On ne compte plus les aides financières ou autres crédits d’impôts pour changer de voiture ou pour passer à la voiture électrique. Un projet de loi actuellement en cours de discussion en Californie aux USA va plus loin et propose de créer un crédit d’impôt pour les personnes qui ne possèdent pas de voiture afin d’encourager la population à se passer de voiture.

Le sénateur démocrate Anthony Portantino a trouvé un moyen de soulager les personnes qui en ont vraiment besoin – et qui aiderait l’État de Californie à atteindre ses objectifs climatiques. Son projet de loi, S.B. 457, prévoit en effet un crédit d’impôt de 2 500 dollars pour les contribuables qui ne possèdent pas de voiture.

« Alors que les impacts du changement climatique se font sentir dans tout l’État, il est temps que nous nous engagions plus agressivement à mettre en œuvre des modes de transport durables », a déclaré le sénateur Portantino dans un communiqué de presse sur le projet de loi. « La S.B. 457 est une étape importante vers cet objectif. Nous pouvons investir dans l’avenir en offrant des incitations financières aux Californiens pour qu’ils passent des voitures à des options plus durables. »

Le transport est le principal responsable des émissions de gaz à effet de serre en Californie, et une grande partie de ces émissions provient des voitures. L’Agence de protection de l’environnement des États-Unis indique qu’une voiture moyenne émet environ 4,6 tonnes de dioxyde de carbone par an. Des études montrent que l’exposition aux micro-particules émises par les voitures, les camions et les bus n’est pas répartie de manière égale dans l’État. Les ménages californiens aux revenus les plus faibles vivent là où la pollution par les particules est supérieure de 10 % à la moyenne de l’État, tandis que les ménages aux revenus les plus élevés vivent là où la pollution par les particules est inférieure de 13 % à la moyenne de l’État.

Avec 26,87 millions d’automobiles immatriculées dans l’État, la Californie a mis en œuvre des politiques visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Parmi ces initiatives, un crédit d’impôt sur le revenu correspondant à 20 % du coût du véhicule est offert aux personnes qui achètent ou louent un véhicule électrique. Cependant, il est prouvé que les voitures électriques émettent toujours des particules.

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La Californie investit donc beaucoup d’argent pour aider les conducteurs à passer aux véhicules électriques, par le biais d’incitations directes aux acheteurs de voitures, de la construction d’infrastructures et d’allégements fiscaux pour les propriétaires de voitures électriques. Toutefois, l’Air Resources Board, qui gère ces programmes, reconnaît que tous ces investissements ne suffiront pas et que les Californiens devront conduire moins, tout simplement.

Il peut être difficile de se passer de voiture en Californie. De meilleurs transports en commun et des infrastructures cyclables et piétonnes plus sûres seront absolument nécessaires. Mais des millions de Californiens se débrouillent sans voiture, soit parce qu’ils n’en ont pas les moyens, soit parce qu’ils ne veulent pas ajouter une charge supplémentaire à l’environnement. Ce projet de loi récompenserait les personnes qui vivent sans voiture et encouragerait davantage de personnes à le faire.

Le projet de loi S.B. 457 créerait un crédit d’impôt de 2 500 dollars pour chaque membre du ménage âgé de seize ans ou plus, à partir de janvier 2023. Le projet de loi limiterait le montant total du crédit par ménage à 7 500 dollars.

Le parrain du projet de loi, l’association Streets for All, affirme qu’il est juste d’accorder des allégements fiscaux au-delà de ceux accordés aux propriétaires de voitures. Selon l’association, « la S.B. 457 investit dans l’avenir en encourageant les Californiens à utiliser les transports en commun, le vélo, la trottinette, la marche et d’autres modes de transport durables pour se déplacer. Il est plus que temps de soutenir les familles qui choisissent l’option la plus sûre et la plus durable: ne pas posséder de voiture. »

Source: https://cal.streetsblog.org/2022/06/06/new-bill-would-create-an-incentive-to-go-car-free-in-california/

4 commentaires sur “Et si on donnait de l’argent à ceux qui se passent de voiture?

  1. zaph

    Encore une fois l’argent est la carotte pour faire avancer l’âne.

    Plutôt que de « rémunérer » les cyclistes, il me semble plus judicieux de faire payer aux automobilistes le vrai coût d’usage de l’automobile.

    Toutes les externalités négatives actuellement supportées par l’ensemble des contribuables devraient êtres adossé à une taxe spécifique payée par les usagers » carbonés » de ces infrastructures.

    Cet argent permettrait de développer les aménagements cyclables, les réseaux de transports en commun et aussi de redonner aux villes et villages un aspect moins routier favorisant la pratique des modes actifs.

    Certes mesure pas très populaire mais au moins qui permettrait une prise de conscience.

  2. Adri1

    Pour compléter le propos de Zaph :

    https://www.capital.fr/auto/selon-bercy-les-automobilistes-coutent-bien-plus-cher-quils-ne-rapportent-1401771

    Extrait pour ceux qui ne veulent pas les cookies publicitaires de Kpital :

    « 

    Selon [une étude de la Direction générale du Trésor, qui se base sur des chiffres de 2015], les externalités (pollution, accidents, usure de la route…) d’un véhicule essence seraient de 16,5 centimes d’euros par kilomètre en moyenne, pour seulement 7 centimes d’euros par kilomètre de revenus pour l’Etat (prélèvements). Compte tenu du niveau de pollution supérieur et de leur fiscalité plus avantageuse sur les carburants, les véhicules diesel seraient encore davantage favorisés : seulement 5,6 centimes d’euros de prélèvements par kilomètre en moyenne pour un coût de 18,3 centimes d’euro par kilomètre à la collectivité.

    Plus surprenant, le rapport de la Direction générale du Trésor pointe du doigt les véhicules électriques, dont le bilan est “plus dégradé que celui des véhicules diesel en valeur absolue”. Les nombreuses aides accordées par l’Etat pour ce type de véhicules font que les prélèvements sont négatifs – chaque kilomètre coûterait en moyenne 10,1 centimes d’euros -, alors que les externalités restent élevées, malgré l’absence de pollution et de bruit (15,4 centimes d’euros par kilomètre).

    “Les véhicules électriques sont soumis à des prélèvements nets négatifs en moyenne, c’est-à-dire que les subventions dont ils bénéficiaient en 2015 étaient plus importantes que les prélèvements dont ils s’acquittaient”, peut-on lire dans le rapport.

    Pour combler ce “manque à gagner” pour l’Etat, la Direction générale du Trésor propose la création de nouvelles taxes.

    « 

    Article sorti le 29/04/2021. On attend la suite…

  3. Lydie

    Sujet très intéressant avec une belle argumentation sur les coûts cachés de l’usage de l’automobile comme pour les fumeurs. A mettre dans le débat et sur la place publique. Quand aurons nous droit à une véritable information dans les médias avec tous les arguments mis en avant dans le texte et les commentaires très documentés ce qui est rare. La force du lobby automobile et le manque de courage de nos politiques empêcheront de pointer ces coûts cachés. Comment faire bouger les lignes efficacement? Quelle suggestions proposées vous en sachant que la rentrée s’annonce chaude. Comment sensibiliser et faire prendre conscience à tous de l’importance de ces chiffres et méfaits car chacun  reste dramatiquement stoïque face aux chiffres et aux évènements ? Tout le monde a subi les affres du réchauffement climatique cet été et chacun continue comme si de rien n’était à rouler n’importe comment avec des véhicules de plus d’une tonne. N’oublions pas que les transports en commun restent aussi les parents pauvres avec des Français très individualistes. Trouverons nous collectivement une solution satisfaisante qui gomme cet égoïsme et nous évite d’aller dans le mur? Des questions mais peu de réponses

  4. Adri1

    Calcul de coin de nappe :

    On applique les chiffres de l’article de Capital (base Direction Générale du Trésor) détaillé ci-dessus ;
    On multiplie par la distance pendulaire moyenne en bagnole par jour (11.8 km), en comptant un aller-retour et 200 jours travaillés dans l’année ;
    On ajoute les « subventions » décidées par notre présiroi à la pompe pour cacher son incurie ;
    On multiple par le nombre de bagnoles de chaque type de motorisation…

    Eh ben on arrive à 61.9 milliards d’euros de coût annuel pour la collectivité. Et c’est sans parler des subventions à nos frais directement réinjectées dans « l’outil industriel » automobile gavé d’argent public, et sans compter le déséquilibre de la balance commerciale occasionné par l’importation massive de produits pétroliers comme de pièces auto fabriquées à l’autre bout du monde dans des pays à moins-disant social (destinées à ce même « outil industriel »).

    On est bons, les amis… Vive nos gestionnaires de l’année !

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