Rafraîchir les villes

Les projections climatiques de Météo-France prévoient une augmentation de la température moyenne en France métropolitaine et une augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements extrêmes (vagues de chaleur…), qui laissent présager des impacts très importants en milieu urbain, particulièrement sensible aux impacts du changement climatique.

Alors que huit personnes sur dix résident dans une unité urbaine d’après l’INSEE, la surchauffe urbaine s’installe comme un phénomène récurrent qui s’exprime à la fois le jour et la nuit, avec des impacts à l’échelle des villes comme à l’échelle du vécu d’un habitant. Lors de vagues de chaleur, la pratique des espaces extérieurs et l’usage des bâtiments deviennent inconfortables. Pendant une canicule, le manque de rafraîchissement nocturne est un enjeu croissant de santé pour les populations sensibles citadines.

Même si l’enjeu premier et primordial est la réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre, en particulier par le trafic motorisé qui représente en France environ 30% des émissions totales, il est important de construire des stratégies nouvelles d’adaptation au changement climatique des villes. Cela suppose d’en diagnostiquer finement les effets en fonction de la structure des villes, et d’envisager le panel des solutions pertinentes pour atténuer la surchauffe urbaine.

C’est tout le débat entre atténuation et adaptation. Il faut limiter de manière urgente les émissions, mais aussi trouver des moyens opérationnels d’adaptation au réchauffement climatique. Les épisodes de plus en plus fréquents et de plus en plus forts de canicule, en particulier en milieu urbain, nous imposent de reconsidérer comment nos villes sont aménagées, en particulier en matière d’espaces verts et de mobilité.

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C’est dans ce contexte que le CEREMA a publié en 2021 un guide synthétique intitulé « Rafraîchir les villes » qui propose une approche multicritères et opérationnelle des solutions d’adaptation climatique émergentes ou éprouvées.

Ce guide réalisé pour le compte de l’ADEME contient 19 fiches résumant les impacts de solutions de rafraîchissement classées en trois familles, les solutions vertes, grises et douces. Ce travail repose sur un recensement de 600 articles scientifiques dont 160 ont été analysés afin d’extraire pour chaque solution l’ordre de grandeur de son effet climatique, ainsi que les variables de contexte qui modulent cet effet.

Sans surprise, parmi les « solutions douces » identifiées par le CEREMA, il y a la réduction du trafic routier et des moteurs thermiques… Sans surprise également, pour rafraîchir nos villes qui vont être de plus en plus impactées par le réchauffement climatique, il devient urgent d’aménager des parcs et de planter des arbres pour apporter de l’ombre et de la fraîcheur, sous peine de laisser les villes devenir de plus en plus invivables pour leurs habitants.

Télécharger gratuitement le guide sur le site du CEREMA:
https://www.cerema.fr/fr/actualites/rafraichir-villes-guide-synthetique-propose-approche

Un commentaire sur “Rafraîchir les villes

  1. pedibus

    l’enjeu principal à l’occasion de cette question de « rafraîchissement des villes », au-delà de la fameuse « mitigation » du réchauffement climatique et des phénomènes d’îlots de chaleur urbains, c’est la place de l’automobile en ville, particulièrement de la place de stationnement :

    mais bien moins d’une place sur deux à sacrifier serait nécessaire pour une plantation d’arbres d’alignement dans chaque rue, une rangée de chaque côté, pour que le houpier de chaque arbre fabrique une véritable canopée, avec dessous dix à quinze degrés en moins du seul fait de l’évapotranspiration végétale, et les meilleures formances attendues avec du tilleul :

    resteraient toutefois deux difficultés :

    – une directe avec une connaissance indispensable des réseaux pour creuser les fosses d’arbres ;

    – une nécessaire réduction drastique du trafic motorisé, voire une piétonnisation, pour éviter que ne soient piégés sous la canopée les gaz d’échappement ; on pourrait rajouter, toujours provoqué par notre ombrelle végétale, un pouvoir d’amplification du vacarme de la motorisation individuelle…

     

    deux grands gagnants dans l’histoire :

    – les passants et cyclistes qui évoluent avec un  niveau de température beaucoup plus bas et un paysage végétal ;

    – les riverains qui améliorent le bilan thermique du logement par la façade sur la rue avec de grands arbres jusqu’aux derniers étages, et une moindre consommation électrique en cas de nécessité de climatiser…

     

     

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