1972 : un moment fondateur de l’écologie politique en France

En juin 1972 paraissait un numéro Hors Série du Nouvel Observateur intitulé « La dernière chance de la Terre ». Alain Hervé, directeur de la revue Le Sauvage nous rappelle cet événement historique : c’est lui qui a dirigé ce numéro spécial tiré à 200 000 exemplaire.

A la suite de ce succès Claude Perdriel lançait le mensuel Le Sauvage avec Alain Hervé comme rédacteur en chef. Le premier numéro paraissait sous le titre : « L’Utopie ou la mort ». Lire la suite…

Machines génocidaires et crise alimentaire

Christiana Figueres, responsable des Nations Unies pour la Convention sur le climat, a déclaré que « si la communauté des nations se révèle incapable de stabiliser complètement le changement climatique, cela va menacer (…) où et comment nous produisons de la nourriture », et elle a ajouté que « des climats de plus en plus imprévisibles mèneront à une baisse de la production de l’agriculture » (1). Lire la suite…

Variations motorisées : des voitures, de la mécanique et des fluides


« Dis à ma copine qu’il faut que je l’oublie, que je préfère m’acheter un nouveau carburateur [1]. »
Queen, « I’m in love with my car »

« Des voitures, partout des voitures, et nulle part la moindre issue. » Ce pauvre crétin d’Herman, personnage principal de Car [2] – livre dément du non moins dément Harry Crews, auteur notamment du jouissif Body – rêve, et ce n’est pas folichon. Des bolides parcourent son corps et déroulent leurs courses le long de ses membres, klaxonnent au carrefour de ses poumons, s’introduisent dans chaque partie de son anatomie ; «  jusqu’au moment où, des pieds à la tête », il n’est plus « qu’un énorme embouteillage ». Le périph aux heures de pointe s’invitant dans ton organisme, vision d’horreur. Certes, lui ne va pas tarder à se réveiller, en sueur, cerveau troublé par l’invasion motorisée. Mais ce rêve-là n’est pas anodin pour Herman, cinglé puissance 100 (chevaux-moteur). Depuis sa plus tendre enfance, sa vie se déroule à l’ombre de la chose carrossée, baigne dans l’agressive odeur des pots d’échappement et dans le culte de la mécanique bien huilée. Un enfant des pistons et des carburateurs. Comme nous, en pire. Lire la suite…

Les automobilistes aiment les dictateurs

Notre dépendance à la voiture nous amène à soutenir les pires dictateurs de la planète et les récentes révolutions dans le monde arabe révèlent cruellement au grand jour cette « politique du réservoir de voiture ». Le cas libyen est intéressant. En 2007, Nicolas Sarkozy recevait en grande pompe à l’Élysée « notre ami » Mouammar Kadhafi. En 2011, les photos de cette visite officielle ont été précipitamment enlevées du site internet de l’Élysée pour ne pas montrer trop ostensiblement cette connivence entre le gouvernement français et le régime libyen. Lire la suite…

Mettre les automobilistes dans des autocars

Il y avait une proposition dans le rapport de Sir Rod Eddington au Trésor avec laquelle j’étais entièrement d’accord lorsque je l’ai lu. Il insistait sur le fait que « le secteur des transports, y compris l’aviation, devrait payer son coût environnemental réel« . Dit autrement: chaque fois que quelqu’un décède à la suite des inondations au Bangladesh, un cadre d’une compagnie aérienne devrait être traîné hors de son bureau et noyé en représailles. A la lecture du rapport, j’ai réalisé que ce n’est pas exactement ce qu’il avait à l’esprit. Lire la suite…

La bande des Quatre se fout des gaz de schistes

Allons-y gaiement. Au point où j’en suis avec les associations écologistes officiellement estampillées, je n’ai plus grand-chose à perdre. Ce que je vais écrire n’est pas un bonheur, mais une profonde tristesse. D’abord, et pour vous mettre dans l’ambiance, j’accuse publiquement le WWF, Greenpeace, La fondation Nicolas Hulot et France Nature Environnement (FNE) d’avoir permis le déferlement de l’industrie criminelle des biocarburants – de leur vrai nom nécrocarburants – en France. En 2007, j’ai publié un livre sur le sujet – la faim, la bagnole, le blé et nous (Fayard) – qui annonçait l’essentiel, y compris les famines qui ont éclaté au printemps 2008. Car évidemment, lorsque l’on détourne des millions de tonnes, des dizaines de millions de tonnes de plantes alimentaires pour faire rouler des bagnoles, dans un monde qui compte un milliard d’affamés, il y a des conséquences. Lire la suite…

Le guide du Salon d’Otto 2011

A l’occasion de l’autre-salon automobile de Genève, ne manquez pas le premier guide du Salon d’Otto, disponible auprès de tous les bons concessionnaires ! Premier guide en suisse-allemand, traduit en français fédéral, destiné à nos ami(e)s d’outre-Sarine qui visitent Genève et son authentique Salon de l’Auto, et qui souhaitent (re)découvrir une ville digne des années 1950 dans laquelle la voiture est toujours la Reine !

Source: L’Autre Salon

Le retour de Cassandre

Il ne faudrait pas que ce blog se contente, comme tant d’autres, de suivre au quotidien les minables péripéties de nos non moins minables politiciens. Bien sûr ils sont nuls, bien sûr ils nous font honte, bien sûr il faut qu’ils dégagent. Mais une fois qu’on a dit ça, on est certes un peu soulagé, mais non seulement ils ne dégagent pas, mais en plus on a vite tendance à pervertir l’importance relative des choses et à penser par exemple que les gesticulations pitoyables d’une MAM ou les déclarations martiales d’un Copé sont « la vraie vie ».

Aujourd’hui pourtant, plusieurs signaux concordants sont parvenus jusqu’à mes yeux et mes oreilles, et qui, après décodage me permettent d’établir le diagnostic suivant que je vous livre en exclusivité : on est dans la merde. Grave. Et pour longtemps. Lire la suite…

Bouter les 4X4 hors de nos routes ? Certains y pensent… et agissent

Les députés belges sp.a (parti socialiste flamand) David Geerts et Karin Temmerman demandent l’interdiction des pick-ups et autres véhicules tous terrains sur le réseau routier belge. Ils ont officiellement demandé au Secrétaire d’Etat à la Mobilité, Etienne Schouppe, d’examiner les possibilités juridiques de mettre en œuvre une telle interdiction. Lire la suite…

Dire « merci » quand on ne peut plus rien dire d’autre

Publicité automobile: l'ours polaire qui dit merci à l'automobiliste !
Publicité automobile: l’ours polaire qui dit merci à l’automobiliste !

Les signes de la délégation du pouvoir d’organiser la cité aux forces économiques, qui elles-mêmes ne jurent que par la sacro-sainte liberté du consommateur, se laissent à voir dans les remerciements, spatialement distribués, pour l’un ou l’autre comportement considéré comme « bon ». L’automobiliste qui respecte le seuil de vitesse autorisé, se verra signaler la qualité de sa démarche par un message automatique le remerciant de rouler à la vitesse permise ; durant les nombreux pics de pollution, les sociétés de transport remercieront les usagers d’avoir opté pour leur service ; lors de leur achat, les individus-consommateurs seront gratifiés pour avoir choisi les produits du « commerce équitable »… Lire la suite…