Les récifs artificiels de pneus: un désastre écologique


Le triste paysage sous-marin constitué par les 2 millions de pneus immergés en 1972 à moins d’un mile au large de Fort Lauderdale en Floride (USA).

En l’espace de 20 ans, sous la force des ouragans, une partie de ces pneus se sont éparpillés sur plusieurs dizaines d’hectares. Même quand le système automobile voulait rendre service à l’environnement, ça s’est terminé par un désastre écologique…

C’est l’histoire d’un projet bien intentionné qui a viré au cauchemar: à deux kilomètres au large de Fort Lauderdale, en Floride (USA), un « récif » de deux millions de pneus entassés sur le fond marin est devenu au fil du temps un véritable désastre écologique.

Lancé en 1972, le projet visait à construire le plus grand récif artificiel de pneus usagés. Il s’agissait de créer un nouvel habitat marin et des sites de plongée alternatifs pour alléger la pression sur les récifs naturels, tout en se débarrassant de pneus usagés encombrant les décharges.

Plusieurs décennies plus tard, il apparaît clairement que c’est un échec total. Peu de vie marine est apparue, et des pneus se sont libérés de leurs attaches de nylon et d’acier, se répandant au fond de l’océan sur une superficie équivalente à 31 stades de football…

Certains sont rejetés sur les plages. Des milliers d’autres se sont coincés dans le récif naturel situé à proximité, bloquant la croissance des coraux et dévastant la vie marine. Et ce genre de problèmes s’est vérifié avec tous les récifs de pneus créés dans le monde.

« Ils tuent le corail », souligne William Nuckols, coordinateur de Coastal America, une organisation publique impliquée dans un projet de ramassage des pneus du récif de Fort Lauderdale, qui fera l’objet d’un programme-pilote d’un mois en juin. Au total, l’opération de nettoyage devrait durer jusqu’en 2010 et coûter à la Floride 3,4 millions de dollars (2,6 millions d’euros).

En 1972, la firme Goodyear affirmait que le récif floridien « fournirait un abri pour les poissons et autres espèces marines », et évoquait également « les excellentes propriétés des pneus usagés comme matériau de récif ».

« La très bonne idée était de créer un habitat (…) afin de pouvoir multiplier par deux ou trois la faune marine dans la zone », souligne le professeur Ray McAllister, qui joua un rôle clé dans la création du récif. « Mais cela ne s’est pas passé ainsi. Avec le recul, je vois que c’était une mauvaise idée. »

Lors des dernières décennies, des récifs de pneus ont été érigés ailleurs dans le monde. « Nous avons jeté des millions de pneus dans les océans », souligne Jack Sobel, un chercheur de l’organisation Conservation des océans. « Je suis convaincu que les personnes qui faisaient la promotion des récifs artificiels de pneus étaient bien intentionnées et pensaient bien faire. Mais rétrospectivement, on comprend aujourd’hui que c’était une erreur. »

Contrairement aux grandes épaves de navire, les pneus sont trop légers et peuvent être emportés en cas de violentes tempêtes. La Virginie en a fait l’amère expérience. En 1998, l’ouragan Bonnie a dévasté un récif de pneus au large de l’Etat: les gommes ont dérivé vers le sud, finissant leur course sur des plages de Caroline du Nord.

L’Indonésie et la Malaisie ont mené de vastes programmes de récifs de pneus dans les années 80 et commencent à en subir les effets indésirables, selon M. Sobel. Aujourd’hui, la plupart des pays ont renoncé à cette pratique.

Les pneus récupérés au large de Fort Lauderdale seront recyclés dans des projets routiers ou pour produire du combustible, selon Michael Sole, chef du département de Protection de l’environnement de Floride. Et d’ajouter: « Cela va être un énorme travail de les remonter tous. »

Source: oleocene.org

Nuit Grave

A propos de Nuit Grave

Rédacteur du site Carfree France, spécialisé dans les questions relatives à la destruction de la santé et de l'environnement

Un commentaire sur “Les récifs artificiels de pneus: un désastre écologique

  1. Un pneu trop

    Je ne connais pas cette histoire, c’est franchement la merde. J’ai même du mal à croire qu’en 1972 on ai été assez con pour croire que ça allait aider les récifs.

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