En terre inconnue : au Salon de l’Auto

motor-show-2010

Contrairement aux personnalités actrices de l’émission phare [1] du PAF (Paysage audiovisuel francophone) à laquelle renvoie le titre de cette chronique, j’ai su dès le départ où s’opèrerait mon immersion au sein d’un univers et d’une population étrange(r)s. Mieux, j’ai moi-même choisi ma destination. Désireux de percer les motivations d’hommes et de femmes sacrifiant chaque année à un pèlerinage dont le sens m’échappait, j’ai décidé d’affronter mes phobies pour me mêler à eux, les écouter, les observer et enfin, peut-être, les comprendre. Car plus de 600.000 personnes – soit un Belge sur 17 ! – convergeant vers un lieu sacré pour y communier autour du même dieu, cela n’a rien d’anecdotique et ne peut être ni moqué ni ignoré sans autre forme de procès. En route, donc, pour l’European Motor Show Brussels, de son petit nom, le Salon de l’Auto.

L’objectivité m’oblige à avouer que j’entretiens avec les salons et autres foires, quel que soit leur objet, une relation que l’on peut qualifier de difficile. Ma dernière expérience du genre remonte ainsi à près de 20 ans et m’a vu traverser Batibouw à la vitesse paniquée du gibier poursuivi par la meute. Sitôt propulsé dans les allées bruyantes et grouillantes du Heysel, ma quête d’information originelle s’était en effet muée en recherche désespérée d’une sortie, oublieux tout à la fois de mes interrogations sur les dernières innovations en matière de pommeaux de douche économiques et d’une compagne abandonnée dans ce magma humain. J’éprouvais donc une légitime appréhension à l’idée de replonger dans ce milieu hostile mais étais dans le même temps décidé à faire face vaillamment.

Ayant opté pour un ticket B-Excursions [2] combinant voyage en train et entrée au Salon, je me suis épargné la double peine précédant l’accès au Saint des saints : d’une part, grossir la queue des pèlerins attendant l’acquisition du précieux sésame en évoquant tantôt la hiérarchie de leurs dévotions – « D’abord Ferrari, hein, puis Porsche : leur nouveau Boxster Spyder, ça à l’air d’êt’kèk’chose. On aura l’temps de se balader à l’aise après, en semaine, ça n’ferme qu’à 8 heures… » – tantôt l’objet de leur curiosité – « J’suis quand même curieux d’voir à quoi ressemble en vrai l’bébé ( ??? – NDLR) d’chez Peugeot. Y’z’ont montré des images à la télé, c’est d’un moche ! On dirait une bouchée Côte d’Or à moitié écrasée ! T’sais, les éléphants avec du praliné d’dans… En tout cas, tu m’las donnerais qu’j’en voudrais pas ! » – dans un langage mystérieux aux oreilles du profane ; d’autre part, être confronté directement au fait de payer pour visiter ce qui n’est somme toute qu’un show-room surdimensionné.

Une fois l’entrée franchie, je me trouve instantanément plongé dans le maelstrom de bruit, de lumière et d’agitation que je redoutais. Mais pas question de fuir : je dois affronter et surmonter mes répulsions ! Je me ressaisis donc, adopte une attitude de retrait – relativement aisée vu que, contrairement à celles et ceux qui m’entourent, je n’ai pas prétention d’accéder aux stands, de prendre des photos ou de faire provision de dépliants divers – et me concentre sur l’objet de ma mission : observer, ouvrir grands yeux et oreilles pour recueillir un maximum d’informations utiles à la compréhension du phénomène auquel j’assiste.

Ce qui me frappe avant tout, c’est le besoin d’appropriation – toute symbolique… – qui anime l’immense majorité des visiteurs. On ne se contente pas de regarder, il faut toucher l’icône, plonger dans ses entrailles, investir son siège, caresser ses volant, tableau de bord et levier de vitesse. Puis, surtout, il convient d’immortaliser l’instant par un cliché dont la valeur semble indexée sur l’appropriation évoquée plus haut : la photo du véhicule seul constitue le minimum acceptable ; une pose en pied ou – mieux – agenouillé devant la carrosserie prend une valeur supplémentaire sans comparaison toutefois avec celle que revêt l’image où le visiteur (ou la visiteuse) apparaît au volant du bolide de ses rêves. Le summum est atteint lorsque ce moment de magie enfantine est complété par la présence sur le siège passager d’une hôtesse au sourire et au décolleté amènes qui, dans des cas d’abandon ultime, complète la pose d’un bras effleurant les épaules du héros.

L’hôtesse constitue d’ailleurs l’autre élément remarquable du Salon. Noire, brune ou blonde elle est omniprésente (à l’inverse des crinières rousses et des peaux d’ébène…), pour le plus grand plaisir d’un public mâle dont les regards décrochent régulièrement des courbes aérodynamiques de la flotte pour se poser sur celles tout aussi étudiées des beautés barbies titillant leurs pulsions (d’achat ?). Sans tomber dans la muflerie machiste de ce visiteur arrêté pour harcèlement des belles et considérant « normal qu’il importune les hôtesses, elles ont choisi ce métier » [3], force est de constater que le fantasme éculé de la bimbo et de la belle caisse est cultivé ici avec un soin frisant l’obsession en même temps que le ridicule. On doute raisonnablement que le père de famille venu avec madame et les deux enfants checker l’offre en monospaces (eh oui, désormais, passé le cap de l’enfant unique, le monospace s’impose…) envisage un seul instant de se voir offrir en option l’avenante pin-up qui l’accueille sur le stand. Pourtant, les cadors du marketing moteur semblent encore et toujours voir en la gente féminine érotisée une force d’attraction et de conviction considérable. Alors, on met le paquet. De la pointe des cheveux à celles des seins, du dessin des lèvres à celui du popotin, du regard qui aguiche au sourire de biche, des attitudes en position debout, penchée ou assise aux tenues dans lesquelles le rôle exact de chaque centimètre de tissu semble avoir été soigneusement pensé (et ce n’est pas évident de trouver le fragile point d’équilibre au-delà duquel la courteur d’une jupe ou la profondeur d’un corsage bascule de la séduction dans la vulgarité…), tout est étudié pour donner au visiteur sous testostérone l’illusion d’évoluer dans une autre dimension, un univers parallèle où toutes les voitures sont rutilantes et toutes les filles étincelantes, un monde idyllique (enfin, pour le visiteur standard !) qu’il aura – du moins, c’est l’objectif – envie de prolonger.

En sortant au bout de deux heures de visite/observation, je restais avec mes interrogations quant aux motivations de la foule que je venais de côtoyer. Bien sûr, j’avais vu quelques personnes réellement en quête d’un nouveau véhicule mais l’immense majorité m’avait semblé animée par une réelle passion, éprouver un réel plaisir à voir et toucher « l’dernier modèle de chez Peugeot qu’ils pourront jamais se payer » comme le chantait déjà Renaud en 1975 [4]. Ces notions de « plaisir » et de « passion » relevant de l’irrationnel, il était somme toute normal que je ne puisse les comprendre dès lors que j’y étais insensible… Ceci acté, ce qui m’apparaissait jusqu’alors comme une évidence instinctive se trouvait soudain conforté : s’il est si difficile de modifier les comportements de mobilité et de sortir de l’autocentrisme, c’est que le rapport unissant l’individu à la voiture échappe, pour partie du moins, à la raison. Partant de là, il serait utopique de compter uniquement sur la sensibilisation et le bon sens pour faire changer les choses : tôt ou tard, il faudra oser prendre des mesures qui déplaisent…

Pierre Titeux

http://www.iewonline.be/

Notes

[1] Pour les téléphobes, « En terre inconnue » est une émission multi primée et en phase de cultisation emmenant des peoples partager quelque temps le quotidien (tellement dur mais tellement authentique) de peuplades retirées (tellement loin de tout) et/ou en voie de disparition (tellement dramatique). Le principe et le sel de l’émission veulent que la personnalité participant à ce trip anthropologique ignore en embarquant si elle se retrouvera au-delà du cercle polaire, au cœur de l’Amazonie, au fin fond du Sahara ou dans la steppe mongole.

[2] Saluons au passage ce geste commercial de la SNCB qui offre un tarif préférentiel pour un événement à la gloire de ce qui est un de ses « concurrents » – même si le politiquement correct invite à parler plutôt de complémentarité. Les lobbies automobiles pourraient s’inspirer utilement de ce fair-play, eux qui fustigent de manière récurrente les investissements jugés trop importants dans les transports publics « au détriment » de la route.

[3] Le Soir, mercredi 20 janvier 2010

[4] Chanson « Hexagone » sur l’album « Amoureux de Paname »

Iewonline

A propos de Iewonline

ONG environnementale belge regroupant plus de 150 associations actives en Belgique en général et en Wallonie en particulier

33 commentaires sur “En terre inconnue : au Salon de l’Auto

  1. mluke

    Très bonne chronique !
    Manque un peu d’exemples qui auraient pu être croustillants, mais cela aurait peut-être trop rallongé.

    Un plaisir à lire. 🙂

  2. goupilette

    Un plaisir à lire en effet, on rit beaucoup de l’objetctif râté de cette chronique, qui n’a fait dailleurs que 203 visiteurs contre 600 000 à ce salon ! plouf, mais le ridicule ne tue ! pas mais bon…

    Ce salon doit vraiment mériter le détour, du moins par la description que vous en faites, vous m’avez donné envie d’y aller !!!!

    Un vrai récit érotique, même Mluke en redemande du « investir son siège, caresser ses volants, tableau de bord et levier de vitesse, sans compter la beauté et la classe des hôtesses qui subliment la courbe des voitures », whaou !

    On comprend pourquoi vous êtes resté 2 heures à les reluquer, en paumant votre compagne, hihihi le comble c’est que vous le précisier ! c’était trop le pied hein Pierre ? Espèce de coquin ! Finalement il a aimé mais chut faut pas le dire !
    Hé oui les voitures ne naissent pas dans les roses ou dans les choux, mais chez les fées, bravo les constructeurs !

  3. RIVIERE

    Comment dire? Au delà de la pseudo analyse qui est faites là ( et qui une véritable insulte à la sociologie) je crois qu’on a juste affaire à la chronique d’un frustré. Au delà du gros beauf (on appelle ça comme ça mais apparemment en tant que bobo des quartiers centraux on ne connait pas l’expression) qui a besoin d’une photo inutile de son gosse dans une Maserati, il y a des passionnés.

    Des gens qui tout simplement aime les sports mécanique. Au lieu d’aller engluer les montagne en hiver, il est plus intéressant pour certain d’aller bourrer dans les cols au volant d’une voiture sportive (Porsche ou Corvette, je crois que c’est une insulte sur ce site?). Les gens comme vous ne peuvent juste pas concevoir cela car vous n’avez jamais conduit une telle auto. Car les gens comme vous ne pensent justement qu’a eux et leur idées. Tout le monde doit penser comme vous à vous lire?

    Pour qui vous prenez vous à vouloir « modifier les comportements de mobilité et de sortir de l’autocentrisme »?

    Vous avez un discours extrémiste et péremptoire. Pour un expert en communication, on dirait que vous avez oubliez certains principe de base de votre profession pour essayer de « modifier les comportements » de cette façon.

  4. CarFree

    J’aime particulièrement la dernière phrase de l’article:

    « Partant de là, il serait utopique de compter uniquement sur la sensibilisation et le bon sens pour faire changer les choses : tôt ou tard, il faudra oser prendre des mesures qui déplaisent… »

    🙂

  5. Legeographe

    J’aime aussi cette phrase, Carfree. Car (« car » est ici la conjonction de coordination et non pas le substantif signifiant l’horrible), oh oui, ça déplaît (pour un certain nombre de gens) !!!

  6. Pim

    @Riviere : content pour toi que tu prennes du plaisir au volant d’un bolide qui dilapide 40L d’essence pour faire 100 bornes. En tout cas je n’appelle pas ca un sport (le débat a déja eu lieu, meme si les pilotes de F1 eux sont très entraintés physiquement et méritent probablement l’appellation ‘sportif’, ce qui ne sera pas le cas d’un pilote du dimanche sur une route publique). C’est un loisir égoiste, dangereux pour autrui, car il va de soi que lorsque tu parles « d’aller bourrer dans les cols au volant d’une Corvette….. » tu parles bien d’une route publique, limitée à 90km/h. Tu mets donc en danger ta propre vie (ca te regarde), mais aussi celle d’autrui (les piétons et cylistes qui circulent, mais aussi les automobilistes responsables et les autres tarés comme toi qui par manque de chance ce jour là avaient décidé de faire la meme course que toi en sens inverse!) et là c’est beaucoup plus grave! D’autant plus que tu n’as aucune qualification autre que ton permis B pour cela (tu n’es pas entrainé comme les pilotes de rallye/F1 etc…). Bref, « tu te prends pour Schumacher » et ca ne va vraiment pas plus loin!
    Je ne parlerai meme pas de ce que tu aurais pu faire d’utile avec tes 40L de carburant….

    Carfree & le geographe & iewonline ont bien raison : « un jour il faudra que ca change »

  7. riviere

    C’est là qu’on voit bien que vous ne savez pas de quoi vous parlez. Roulez fort avec une Corvette Z06 (plus de 500Ch au roues arrière) vous amène au pire à 10L/100km ce qui n’est rien en comparaison du Scenic de base du beauf français qui tape allègrement dans les 12L/100km. Gros moteur égla gros couple donc moi de gourmandise pour arriver aux même perfs.
    Et enfin messieurs les reproches tout, Roulez au dessus de 90 dans un col défit tout simplement les lois de la physqiues, même Loeb ne pas atteindre plus de 100km/h dans le col de Turini. Donc oui c’est tout à fait légal.
    Il faut comprendre que des véhicules de sport n’ont ABSOLUMENT pas les même performances que la voiture du dimanche dont tu parles, le chassis est exemplaire, le freinage exceptionnel, et enfin quant on a un bolide à 150 000 euros dans les pattes, je vous assure qu’on à moins envie de la casser qu’une Mégane RS en carton à 30 000…

    Enfin avec les vélos, il y a un moment il faut arrêter. J’ai eu un accident avec un vélo à Paris en moto, j’arrivais à 30km/h, il m’a couper la route. Son vélo est cassé il n’a rien eu, moi j’ai encore mal à la hanche depuis 6 mois. Les vélo roulent comme des inconscients et vous n’arrivez décidément pas à l’admettre, c’est aberrant!
    Tout les motards que je connais on peur des vélos, peur pour eux même mais surtout peur pour les cyclistes qui ne se rendent pas compte des conséquences en grillant un feu rouge!

  8. Legeographe

    Il est vrai que les vélos pourraient faire attention… aux piétons ! Sinon, je suis cycliste, et il est vrai que je suis parfois, même souvent hors-la-loi (j’avoue) ; j’essaie de respecter les autres usagers, mais il est vrai que je me sens moins dangereux pour autrui quand je transgresser à vélo que quand je transgresse en voiture (ce qui est, à mon avis, vrai).
    Les motards, je les plains aussi en partie, dans ce qui est du rapport urbain avec les voitures. Mais pour ce qui est de l’amour de la TGV (très grande vitesse), alors là je ne les comprends pas.

    Dans le respect d’autrui, il y a le fait de penser le respect de tous, sans faire passer avant celui-ci la vénération de la machine. Donc, oui, j’essaie de dire aux piétons de réclamer haut et fort leurs droits (je m’arrête à un passage piéton, même sur les avenues sans feu, quand les voitures de derrière auraient continué à mépriser le piéton désireux de traverser).

    Pour ce qui est de mon respect pour les automobilistes, voici comment je le pense :
    http://carfree.fr/index.php/2010/01/11/dont-worry-be-happy/

  9. Pim

    Jute pour parler consommation : si 40L/100 était une hyperbole, la corvette machin reste quand meme une vraie insulte à l’écologie avec ses petits 350g de CO2/km et ses 10 à 20L au 100 !
    http://www.choisir-sa-voiture.com/consommation_Corvette_C6_Z06|7.0|V8.html
    De plus, comme toujours les consos sont les consos constructeurs si on roule à 90 sur piste…ce qui n’est jamais le cas dans la vraie vie. Bref, ces engins devraient etre interdits hors circuit.

    En tout cas Riviere se sent clairement invincible au volant de son bolide.. Ca le rend peut etre plus viril. Il faut dire que ca donne une grosse impression de puissance de déplacer 1t++ en agitant son pied droit! Au point qu’on perd toute notion de sécurité… Renverser quelqu’un à 30km/h, ca devient anodin.
    Haaa les bagnolards

  10. riviere

    Pim c’est un blague ton site? Je te parle pas d’un pauvre site qui te calcule la différence en émission de CO2 entre une twingo et une Xsara Picasso… on parle d’auto exclusive là! Peu de sites on des informations fiables sur celle ci.

    Moi je te fait un constat simple empirique, pas une connerie trouvée au premier clique:

    Avec ma new beetle 2.0L 115ch à 140 en 5eme je suis à 4200t/Min
    Avec la Z06 512ch à 160 en 6eme je suis à 1800t/Min

    Donc oui même en roulant fort la corvette consommera toujours moins qu’une auto basique, car elle à un couple de camion.

    Tu nous tape un scandale pour 10 à 20 litres au 100 pour des sportives mais tu nous parle pas de toute les autos du parcs français d’avant 1998 qui font toute plus de 12l/100 pour des performances totalement ridicules. Et enfin, une sportive on ne la sort pas tous les jours, ce sont des autos qui feront au maximum 150000 km dans leurs vies. Donc va plutôt fulminer sur les pères de familles frustrés qui se prennent pour des pilotes sur l’A13 à 180 km/h dans leur Espace 3.0L V6 avec lequel il rouleront 400.000 bornes au moins.

    Dans ta vie tu te fait souvent dépasser par des Porsche ou des Lambo? Perso c’est toujours un bon jacky en Scenic qui se prend pour le maître du monde avec ses 100 poneys. Les propriètaires d’autos puissantes sont généralement plus responsables.
    Je suis contrairement à ce que tu avances très humble sur la route tous les jours, je suis en moto et j’ai déjà eu un accident, je sais les conséquences (provoquer je le rappel par un vélo totalement irresponssable qui a failli me tuer). Il reste néanmoins possible de s’amuser, il suffit de ne pas rouler au dessus de ses pompes et respecter les consignes de sécurité de base auquel on est rompu lorsque l’on a des rudiments de pilotage.

    Vous vous attaquez au mauvaises personnes, point. Et juste enfin, avouez que le vélo est aussi dangereux pour les autres

  11. Legeographe

    Ah, Rivière, j’attends de voir un pourcentage (ou un pourmille) de la mortalité causée à autrui par des cyclistes. À mon avis, on doit être dans un rapport de un pour un million, comparé aux automibilistes (et nous nous garderons de prendre en compte les maladies pulmonaires qui ont plein de causes). Après, je veux bien croire qu’un cycliste peut être dangereux, mais il faut arrêter de dire que c’est lui qui met en danger la société et les rapports humains. Par contre, on peut le dire de la voiture. La voiture a-t-elle changé notre rapport à la route ? Laissons-nous les enfants faire du vélo tout seuls sur la route ? Pas facilement, hum hum. À cause des autres vélos ???

    Je veux bien croire qu’un cycliste peut être dangereux pour un motocycliste, tout comme un piéton peut être dangereux pour un cycliste. Mais qui est le prioritaire, du cycliste ou du piéton ? Selon moi, cela reste le piéton. Eh bien, le raisonnement reste le même entre le cycliste et le motocycliste : la priorité doit être donnée à celui qui met le moins en danger autrui, par son poids et sa vitesse (le cycliste, donc).

    Une phrase importante ? La mobilité entraîne des conséquences et implique des responsabilités (conséquences et responsabilités trop oubliées dans notre société !).
    Ces conséquences et responsabilités relèvent de la santé (poumons, coeur, divers muscles, santé mentale), des rapports sociaux (cordialité ou irritation, respect ou ignorance du prochain, solidarité ou individualisme), de l’écologie (résilience énergétique, ou organique, ou minérale ; pollutions en tous genres), et en définitive de la philosophie (jusqu’à combien sera-t-on prêt à payer de notre morale pour garder notre sacro-sainte mobilité ?)

    Je crois au contraire que le site présent s’attaque bien aux bonnes personnes, c’est-à-dire « à tous » (donc, pas d’exception) les conducteurs de tonnes et de tonnes de ferraille. Et c’est bien parce que quasi tout le monde est concerné dans notre société que le changement ne sera pas facile (cf dernière phrase de la chronique).
    Donc, les pères de famille tout comme les amoureux des belles voitures ont le droit d’être fustigés pour leur inconscience automo(dé)bile.

  12. Pim

    Je crois que j’ai vexé rivière.. Tu sais pour moi, (en toute bonne foi) Renault Peugot Porsche ou Corvette, ca reste un moyen de transport. Certes, on se la pète un peu plus avec l’une qu’avec l’autre… Mais c’est tout.

  13. riviere

    Ton explication me semble bien plus cohérente et pertinente que cet article, je comprend ton point de vue maintenant 🙂

  14. riviere

    @ PIM Globalement non je me sens pas vexé, mais bon l’article fait passer pour des gros beauf des gens qui sont peut être de simple passionnés. C’est un peu réducteur, je trouve

  15. Tassin

    Heu Rivière, pour connaitre un ami fan de voitures américaines et propriétaire d’une Corvette C4 ZR1 de 1994 (450 bourrins après reprogrammation), 10L/100km c’est juste une blague! C’était 14/15L en roulant très souple et programmation d’origine, 30L en attaquant! Et pour la riglade 100L/100km en accélération en instantané sur l’ordinateur de bord ça fait bizarre!

    C’est vrai que c’est grisant à conduire comme caisse. Étant amateur moi aussi de mécanique (au sens large) je comprend les passionnés. Maintenant ce qui est dénoncé dans cet article c’est le culte de l’automobile présent dans notre culture. Inconsciemment le rêve de la majorité des citoyens est de posséder une bagnole de rêve. Merci la pub et la propagande auto à l’œuvre depuis 60 ans. Comme le dit Serge Latouche, un peu d’automobile c’est le progrès, ça permet de transporter des charges encombrantes, d’aller plus vite etc… mais les problèmes surviennent lorsqu’il y a généralisation de ce type de transport au détriment du reste (sécurité, consommation d’énergie, pollution, etc…).

    Ça ne me dérange aucunement de rencontrer des passionnés de voitures gloutonnes, et justement parce que ce sont des voitures d’EXCEPTION. Par contre ça me révolte de voir la majorité des gens se ruiner pour se payer un statut social sur roues avec tous les effets négatifs que ça entraine.

  16. RIVIERE

    Oui une Corvette de 94… mais il y a eu beaucoup d’amélioration depuis, c’est la plus européénne des américaine cette C6. Sinon oui je concoit bien que des autos comme une BMW M5 ancienne gen. qui fait calin avec le 25L/100 tout le temps, cela puisse choquer. je précise juste qu’il ya tout de même des efforts chez les constructeurs et que les auto sportives ne doivent pas être stigmatisées 😉

  17. goupilette

    L’un des plus grands champions cyclistes de son temps est mort le 13 juillet sur les routes du Tour de France, en pleine ascension d’un col alpin. Champion du monde sur route, médaillé olympique, vainqueur de nombreuses classiques : Paris – Nice, Milan – San Remo, Bordeaux – Paris… et porteur du maillot jaune sur le Tour de France, il avait un palmarès exceptionnel.

    Il a trouvé la mort sur les pentes du Mont Ventoux, alors que les poches de son maillot étaient copieusement garnies d’amphétamines. Les derniers mètres de sa glorieuse carrière, suivis de sa douloureuse agonie, filmés par la télévision, sont difficilement soutenables. On peut les voir à l’adresse suivante : http://www.youtube.com/watch?v=YtAyGvZqiwk&NR=1

    C’était en 1967. Tom Simpson avait 29 ans.

    En conclusion : Dans la vie il faut user de tout, et n’abuser de rien !

  18. goupilette

    Côté accidents en Vélib, il est moins facile de citer des données chiffrées précises. Si l’on sait que trois usagers du Vélib’ ont été tués dans des accidents de la circulation depuis un an (une femme en octobre 2007 et deux personnes depuis le 1er janvier 2008) , motus en revanche sur le nombre de « Vélibeurs » blessés ou encore sur le nombre d’accidents impliquant des Vélib’.
    Les chiffres de la préfecture de police de Paris ne font pas de distinguo entre cyclistes lambdas et usagers du Vélib, mais on constate tout de même une augmentation de 21,4% du nombre de cyclistes accidentés à paris au premier trimestre 2008 par rapport au premier trimestre 2007, lorsque le Vélib’ n’existait pas.
    Non rouler à vélo n’est pas tout rose !

  19. Pim

    @Goupillette : il faut bien sur faire le distingo entre « le cyclisme », le sport, que tout le monde vomit, meme sur ce site. Et le vélo comme moyen de déplacement….
    Le sport ternit l’image du déplacement à vélo (« ha oui le vélo c’est fatigant, c’est du sport »).

  20. Pim

    merci pour ce lien, mais qui n’a rien à voir avec ca. Merci aussi de ne pas flooder le forum, on sait que t’es un troll, on a compris, mais essaie au moins d’avoir un peu de bonne foi pour faire monter le niveau des débats!
    Le portrait robot du patient est :
     » 1- Portrait robot: apparition chez des sujets de 20 à 29 ans. Début du cyclisme à l’âge de 12-13 ans, kilométrage total supérieur à 50-60 000, voire 100 000 kilomètres »
    Bref, il s’agit encore de ‘sport’, et le sujet n’a rien à voir avec l’article initial…

  21. CarFree

    ouais, j’ai fait l’effort d’aller lire… c’est pas brillant et surtout pas nouveau: en gros, c’est le reproche classique fait à l’écologie, « une activité de riches »… ce qui ne veut pas dire grand chose. Car ce sont les riches qui polluent le plus, ils voudraient donc se donner bonne conscience? Tout le problème, c’est que l’ouvrier smicard en France est un « riche » par rapport à la moyenne mondiale, qui consomme et pollue beaucoup plus que la moyenne… dans le même temps, il est rivé à son pouvoir d’achat (en baisse) pour pouvoir acheter toutes les merdes de la société de consommation destructrice et polluante. Et il fait des crédits à la conso pour les acheter en attendant des jours meilleurs promis par les théoriciens de la croissance infinie supposée leur amener emplois et richesse…

  22. goupilette

    Je ne dis pas que l’écologie est pas une mauvaise chose, je dis que ce sont ceux qui utilisent ce motif à des fins égoïstes ou politiques qui le sont, vous contestez la production et l’usage de la voiture ou la construction d’autoroutes, mais ne rechignez pas pour autant à les utiliser dès que besoin. Vous autres écolos, en fait, n’êtes rien d’autres que des groupes de pression désireux avant tout de rejeter les nuisances de la vie moderne sur d’autres afin d’assouvir vos envies capricieuses (besoin de calme et de silence) et méritez parfaitement vos petits noms d’égologues et d’escrologues.

    Si vous n’aimez pas la vie moderne, il existe une majorité de pays dans le monde où vous pourrez vivre comme les amish ou même pire, vous savez ce genre de pays où vous ne pourrez pas cracher dans la soupe car il n’y en aura pas ! sauf quelques galettes de terre puisque vous en êtes l’unique propriétaire mangez-en donc !

  23. apanivore

    [goupilette mode]
    Oh il neige ! On n’a pas eu d’hiver comme ça depuis au moins 40 ans c’est dingue. Vous avez vu qu’il y a des risques de coupures d’électricité en région PACA ?!
    [/goupilette mode]

    Des commentaires en rapport avec l’article c’est pas mal, Il y a pléthore d’articles sur carfree où vos commentaires serait plus à propos. Interrompre une conversation en passant du coq à l’âne et changer encore et encore de sujet sans attendre de réponse c’est impoli dans la vraie vie.

    @Tassin
    « Une voiture d’exception ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes »
    Brice Porsche-en-feu

  24. Legeographe

    Merci, Carfree, pour cette réponse. Je suis aussi allé lire cette opinion (c’est dans la rubrique « Opinions », ce n’est pas moi qui l’invente) sur Le Monde.
    Oui, une grande partie des écologistes sait les problèmes du surdéveloppement, contrairement à ce que pense l’auteur du billet sur Le Monde (Thierry C.) : cette partie qui n’est pas dupe pour un sou, c’est la partie des « décroissants », ceux-là mêmes qui sont décriés par Nicolas Sarkozy.
    Alors, peut-on encore dire que les écologistes radicaux sont inconscients des problèmes du surdéveloppement ?
    Besoin d’être riche pour devenir écolo ? Je pense que c’est la conscience d’une richesse relative qui amène à devenir écologiste. Oui, comme le dit Carfree, un smicard français est déjà un riche (au niveau mondial), qui n’a forcément pas conscience de cela.
    Une richesse relative qui devrait nous amener à penser à ne pas courir derrière de faux besoins.
    Les vrais besoins sont et seront toujours à poursuivre.
    La question est : la mobilité automobile en est-elle à un point de besoin essentiel, un besoin de survie ?
    Si nous répondons oui pour nos sociétés, c’est que l’aménagement du territoire est bien tristement programmé et que la fuite en avant peut continuer (youpi).
    Si nous répondons non ou si nous voulons que non, alors il nous est permis de penser une société sans voitures, à une vie sans voitures, à des poumons sans voitures, à un coeur sans voitures, à des muscles sans voitures, à des hôpitaux sans grands accidentés de la route, à des villes sans voitures. Yes, can we ?

  25. CarFree

    Pour Goupilette, et pour finir en ce qui me concerne, dans la vraie vie c’est exactement le contraire qui se produit! Vous êtes complétement à côté de la plaque. Restons sur l’exemple de la mobilité, en particulier motorisée: un écologiste qui veut mettre ses actes en accord avec son discours privilégiera un logement en ville pour limiter ses déplacements domicile-travail, utiliser éventuellement les TC ou le vélo, la marche, etc. ou alors changera carrément de vie en vivant et travaillant à la campagne. A contrario, la majorité des gens qui se foutent assez largement de l’écologie n’ont pas beaucoup de scrupules à travailler en ville et aller chercher le « calme et le silence » loin dans un lotissement périurbain, quitte à faire de longs déplacements domicile-travail qui polluent… et venir faire chier avec leur bagnole bruyante ceux qui habitent en ville et qui essayent de se passer de voiture pour vivre …

  26. Legeographe

    @ Apanivore et Tassin :
    “Une voiture d’exception ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes”
    Brice Porsche-en-feu

    Merci Brice Porsche-en-feu, j’avais pensé (avant que vous ne le disiez) exactement la même chose ! 😉

    @ Goupilette :
    Mais on peut dire exactement la même chose de ceux qui se foutent de l’état de la planète :
    « La Terre, tu l’aimes ou tu la quittes ! »
    Bon slogan de campagne !!! Il y a tant de planètes à coloniser, dans le système solaire ou ailleurs, que les « cornucopiens » (cornucopiens = ceux qui croient en la corne d’abondance sur notre planète aux ressources finies) peuvent aller « honorer » d’autres planètes en y ponctionnant toutes les richesses.
    D’ailleurs, Goupilette, je dois dire que, oui, je fais usage de la voiture et de l’autoroute quand j’y suis contraint. Mais je dois souligner que j’ai fait depuis septembre dernier plus de km à vélo que de km en voiture : grosso modo 1700 à 1500. Et encore, je compte les km où je suis monté « en covoiturage avec ma famille », quand moi-même j’aurais choisi le train si j’avais été à leur place, et les km où j’ai fait du covoiturage avec les collègues parce qu’ils trouvaient sympa qu’on se retrouve avant de faire nos présentations (certes, c’est une raison sociale pour une fois, mais elle n’est pas à la hauteur des conséquences négatives de l’auto) ! De plus, je compte aussi les km parcourus en auto-stop (pour rentrer du boulot, un travail d’enquête sur le terrain) ! Vous l’aurez compris, je n’ai pas de voiture et m’en porte très bien.
    Oui, je pense à moi (ego), à mes poumons et à mon coeur, à ma santé ; ce faisant, je pense aussi aux mêmes organes de tous mes concitoyens.

  27. Legeographe

    @ Carfree et Goupilette : Rat des villes et rat des champs, deux visions (des espaces et de leurs aménités) qui s’opposaient ; aujourd’hui, le rat des villes et le rat des champs ont fait un petit bâtard : le raton périurbain (qui se fout bien du Candy-raton). 😉

  28. goupilette

    Message de Pierre GUILLET : Il suffit d’aller se balader dans un salon ou sur une foire « de verts » pour comprendre : Je fréquente ces lieux, car il y a des idées, des choses et des produits intéressants. Mais je vois des affiches, des affirmations, j’entends des discours qui frôlent la folie. Or, comme le phénomène des sectes, cela attire du monde, des êtres perdus. Des petits êtres qui écoutent, achètent ou paient pour du vent (je parlerais plus de vent de chiote, sorry), mais surtout des gens qui espèrent ne pas mourir un jour, ou de pas devenir vieux ou gros ou ridés, ou ne pas mourir de maladie, que sais-je ? Dommage, cela gâche tout le reste, le travail des scientifiques, le vécu, le vu, la réalité, hélas bien cachée par ces tristes clowns de foire pour gamins abandonnés, qui ont du fric à faire ou à ramasser (je reconnais que le créneau est bon). Et plus étonnament c’est réservé aux riches, car tout y est très très cher… Les pauvres comme d’habitude, se saignent pour y accéder, ou bavent en rêvant. Je me révolte pour ces ingérences, tout comme je me révolte contre les tricheurs, les menteurs, qu’ils soient pollueurs ou anti-pollueurs. Je vis au milieu de la violence de sociétés qui se foutent en l’air pour une idée politique ou religieuse. Or je vois sur ces foires, ces salons, ces mêmes visages, creusés, vides, méprisants lorsque vous n’avez pas la tenue vestimentaire qui correspond a leurs standards. Je fais toujours exprès de me couper les cheveux de près avant de m’y rendre et je mets mon pantalon droit et une chemise blanche. Vous jugez les autres, vous mettez les gens bêtement dans des boites. Il y a de quoi pleurer. Mais j’en rigole, car l’être humain n’est pas près de changer, ni dans ses comportements, ni dans sa façon d’être. Après les voitures et les 4×4, qui allez vous prendre pour cible ? Les propriétaires de maisons, de piscines, d’avions. Je vous souhaite le meilleur pour votre survie en vous cachant tels des cloportes derrière vos préjugés et de vos fantasmes.
    Pierre Guillet.

  29. Legeographe

    Ça tombe bien, je n’aime déjà pas bien les foires en général, Goupilette. Même les foires écolo me fatiguent. Oui, on peut dire aussi que l’on peut prendre pour cible les avions dès que les voitures n’existeront plus… À moins que la voiture dépérisse à cause d’une pénurie pétrolière, auquel cas les avions ne voleront plus beaucoup non plus . à ce moment, les faits auront gagné… Pas les hommes !

  30. goupilette

    Vos transports en commun, merci bien ! dans le métro parisien, les mauvaises odeurs sont insoutenables :

    « Odeur de soufre, d’œufs pourris, de chaussettes très sales, de pipi de chat, camouflée par un emploi excessif de parfum à l’odeur de muguet et de pamplemousse. » que 750 000 voyageurs quotidiens de Châtelet-Les-Halles subissent toute l’année.

    Mais chacune des 300 stations du métro parisien a une atmosphère unique. A Opéra/Havre Caumartin, c’est « crotte de souris et plastique chaud, surtout en fin de journée, conséquence du freinage ».

Les commentaires sont clos.