Les Bad Company Awards décernés à Audi et BP

En décembre dernier, l’organisation Consumers International a decerné le Bad Company Awards 2009, le prix d’excellence en greenwashing. Parmi les quatre vainqueurs, aux côtés de Microsoft et EasyJet, on trouve Audi, récompensé pour ses fameuses campagnes de publicités TV et Internet nous démontrant que l’Audi A3 TDI peut rouler au « Diesel propre » et que l’utiliser est aussi écolo qu’utiliser son vélo ou prendre le bus. L’autre récompense revient à BP pour sa publicité vantant les mérites des énergies renouvelables tout en continuant à investir lourdement dans les énergies fossiles.

Une mention spéciale est décernée au site CO2 is green [attention gros greenwashing qui pique les yeux et je vous assure que ce site vaut le détour, NDLR], une nouvelle organisation soutenue par plusieurs magnats américains du pétrole. Ce site prétend qu’un taux plus important de CO2 est bon pour l’environnement.

Le vrai challenge serait plutôt de trouver une compagnie majeure qui ne pratique pas le greenwashing, mais qui essaie vraiment de changer son mode de production et sa politique de vente (en se limitant à vendre juste ce dont on aurait besoin)

Les constructeurs automobiles sont probablement parmi les meilleurs pour la pratique de la publicité greenwahshed et ils mériteraient tous un prix dans cette catégorie. Ils font tous la promotion de leurs innombrables actions en faveur de l’environnement sur leurs sites web et semblent montrer qu’ils n’ont jamais autant contribué à promouvoir la beauté et à préserver notre belle nature. Ainsi, sur le site de Ford Belgique, on découvre qu’ils « développent de nombreux projets pour minimiser leur impact sur l’environnement » et qu’ils produisent des voitures qui roulent au « Diesel Propre ». Ils ont lancé une campagne de marketting viral pour se donner l’air écolo, ainsi que le site web miracleutilesdefords.be [ca ne s’invente pas! Site depuis fermé, NDLR]. Ce site présentait un film mettant en scène une scientifique ayant mis au point une nouvelle race de mini vaches génétiquement modifiées émettant moins de méthane.

Des vaches génétiquement modifiées pour réduire les problèmes des vaches, du soda pour résoudre le manque d’eau potable, une société à la George Orwell pour résoudre les problèmes de liberté, et enfin des voitures pour résoudre le problème des voitures!

Adapté de Carbusters #41 par Pim

A propos de Pim

Co-administrateur et traducteur pour Carfree France

4 commentaires sur “Les Bad Company Awards décernés à Audi et BP

  1. CarFree

    C’etait bien vu de décerner ce prix a BP en décembre dernier, juste avant la marée noire du siècle !
    Sans doute un nouvel exemple de « marée noire propre »…

  2. Joshuadu34joshuadu34

    le site en question, c’est pas celui de Leighton Steward, celui qui fut un des dirigeant d’Enron (coulée, je le rappelle, en 2001 suite à des fraudes et manipulations de chiffres) et qui, maintenant, travaille pour Independant Oil and Gaz pour un salaire annuel de 670 000 USD ? Non parce que, dans ce cas, on comprendrait mieux qu’il n’ai aucun intérêt à ce qu’on laisse tomber les voitures… Et ça expliquerait aussi son amour immodéré pour (l’argent…euh, non) le gazage à tout va !

  3. Pim Auteur

    Effectivement Leighton Steward apparaît sur la page d’accueil du site co2 is green, mais j’ai pas approfondi car j’ai du mal à rester plus de 2 min sur ce  » shitty site  » sans vomir!

  4. Joshuadu34joshuadu34

    alors, c’est bel et bien lui qui est à l’origine de ce site, qui n’est que la prolongation d’un livre éponyme. Mais, j’avoue, mis à part le fou rire, ce site ne me fait peur que par le lobbying qu’il porte au congré américain (on pourra d’ailleurs dire merci aux « membres » de ce site pour Kyoto and cie)…

    Sinon, merci pour le lien, j’avoue aimer me faire du mal, et je suis même capable de lire EN ENTIER un bouquin de Baverez sans vomir !!! C’est dire l’exploit (bon, d’accord, j’ai pas pu finir celui d’Allègre, j’ai cru mourrir de rire avant, j’ai préféré laisser tomber) !!!

Les commentaires sont clos.