Des chiffres « très inquiétants » : les émissions de CO2 en sont à leur plus haut niveau!!

Quinze jours avant l’ouverture des négociations internationales sur le climat à Bonn, des estimations non encore publiées de l’Agence Internationale de l’Energie (AEI) révèlent que, boostées par la reprise de l’activité économique, les émissions de CO2 ont atteint un niveau jamais connu qui met dramatiquement à mal toute possibilité de rester sous le seuil des 2° d’augmentation. « Les perspectives sont lugubres, c’est ce que disent les chiffres » (Fatih Birol, économiste en chef de l’AIE) .

Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) ont atteint un niveau jamais connu, faisant craindre une élévation de la température au delà du seuil « dangereux » de deux degrès Celsius, selon une estimation de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), citée lundi par le Guardian.

Des estimations non publiées de l’AIE ont révélé que le retour à la croissance mondiale en 2010 a coincidé avec une augmentation de 1,6 gigatonne dans l’émission de CO2, le plus haut niveau jamais enregistré, indique le quotidien. Il s’agit d’une augmentation de 5,5% par rapport à 2009. Les émissions sont, de ce fait, presque de retour au niveau « Business as usual » et, faut-il le rappeler, les projections « business as usual » du GIEC indiquent une probabilité de 50% de dépasser les 4°C d’augmentation de la température globale mettant les moyens de subsistance et la vie de centaines de millions de personnes.

« C’est la pire nouvelle en ce qui concerne les émissions de CO2« , a affirmé au journal l’économiste en chef de l’AIE, Fatih Birol.

« Ca devient un défi extrêmement difficile à tenir de rester sous les deux degrès« , a-t-il ajouté. « Les perspectives sont lugubres. C’est ce que disent les chiffres« , a-t-il ajouté.

Les scientifiques estiment qu’une augmentation de la température de plus de deux degrès celsius représenterait « un changement de climat dangereux » et l’AIE a averti que l’émission annuelle de CO2 ne devrait pas dépasser les 32 gigatonnes en 2020.

Selon les dernières estimations, ces émissions ont atteint 30,6 gigatonnes en 2010.

Nicholas Stern, de la London School of Economics, auteur d’un rapport sur le changement climatique qui fait autorité, prévoit les pires conséquences si les émissions de CO2 ne diminuent pas.

« Une telle chaleur perturberait les vies et les moyens d’existence de centaines de millions de personnes à travers la planète, menant à un large mouvement de migration et au conflit », a-t-il ajouté.

15 jours de négociations internationales sur le climat s’ouvrent à Bonn la semaine prochaine. Après avoir essentiellement discuté de l’agenda de travail pour cet année à Bangkok début avril, les délégués doivent maintenant s’atteler à opérationnaliser les décisions qui ont été prises à Cancun et s’attaquer enfin au coeur du problème : maintenir les émissions mondiales sous la barre des 2°C et prévoir la suite au protocole de Kyoto qui se termine en 2012.

Sources : Libération, AFP, communiqué de CAN. Via www.iewonline.be

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13 commentaires sur “Des chiffres « très inquiétants » : les émissions de CO2 en sont à leur plus haut niveau!!

  1. Goodmusik

    Le pire dans tout ça, c’est que ces messieurs en sont à espérer une stabilisation… C’est marrant parce que vu que les emissions de CO² augmentent plus vite que le PIB mondial, on est franchement dans la merde, leur objectif de limitation annuel 2020 sera sans doute atteint fin 2012…
    Alors qu’on sait pertinemment que les conséquences sont d’ores et déjà irréversibles, les humains font encore et toujours comme si de rien était. Ah aux dernières nouvelles, les biologistes ont annoncé que les humains avaient un cerveau !!! Maintenant, il va falloir apprendre à s’en servir !

  2. Joshuadu34Joshuadu34

    Kyoto (signé en 1997 et « mis en place » en 2005) prévoyait un « effort » conduisant à une baisse chiffrée des GES (Gaz à Effet de Serre) de 5,2% entre 2007 et 2012. Entre 1997 et 2009, ces GES ont progressé de 35 % ! Et, depuis 2007, comme on le voit sur le schéma de l’article, la tendance est loin d’être à la baisse !

    Pourtant, les promesses sont nombreuses : moins 50, moins 75 voire, pour certains, moins 90 % d’ici 2030…

    On voit parfaitement que, comme le disait si bien Chirac, les promesses n’engagent que ceux qui y croient !

    Il s’en trouve encore pour croire à ces promesses d’arracheurs de dents, plus préocupés par leurs profits que par l’écologie ! Il serait peut-être temps de comprendre que, pour eux, l’écologie ne vaut que quand elle est RENTABLE (vive les panneaux photovoltaiques, vive le greenwashing et autres fumisteries écolo-grenelables), c’est à dire, dans tous les cas, totalement inéficace, voir même aussi destructrice qu’avant !

    Tant qu’il ne sera pas remis en cause, ce système basé sur l’économie, donc le profit, ne changera pas ! Et les mesurettes ne sont là que pour permettre de se dédouaner de toute responsabilité (c’est pas nous, c’est les chinois… ben voyons !)

    Pendant ce temps, l’Homme (avec une majuscule, puisqu’on parle là de l’humanité dans son ensemble) est tenu responsable, officiellement, de cet état de fait… Ce qui, excusez du peu, est au mieux une pantalonade, au pire (et plus proche de la réalité), un mensonge cynique quand on intègre le fait que quand on parle de l’Homme, on parle uniquement de l’homme blanc, occidental, puisque 4 humains sur 5 n’ont pas accès aux « merveilles technologiques » responsables de cette catastrophe, occupés qu’ils sont à chercher à manger pour le prochain repas !

    La responsabilité est d’autant plus grande qu’on monte dans l’échelle sociale ! C’est une réalité, pas une vue de l’esprit ! Et si nous, occidentaux, avont une part de responsabilité, nous avons aussi le devoir de changer les choses autrement qu’en attendant de vagues promesses qui ne seront pas tenues pour préserver notre confort relatif qui sert de masque à une servilité envers les principaux responsables qui nous laissent encore quelques miettes ! Ne pas intégrer ça, c’est nier la réalité du monde et c’est déjà un constat d’echec pour toute lutte écologique !

  3. MOA

    J’en viens presque à espérer que la prochaine récession économique (qui semble se préparer d’ici +/- la fin de l’année…) soit brutale.

  4. Legeographe

    Le schéma en photo d’accroche est intéressant , mais il ne faut pas réduire les CO2 à la voiture uniquement. Tout, de l’augmentation de la population à la déforestation, en passant par toute l’industrie participe à cette augmentation.

    Ensuite, il y a des facteurs bien plus moches que d’autres, parce que ce sont des facteurs crus comme inévitables, dont la voiture…

    Joshua, le dernier paragraphe de votre commentaire est tout un manifeste politique. Présentez-vous (enfin, je ne sais pas si tout le monde est prêt à entendre ça) !

  5. Joshuadu34Joshuadu34

    La réalité est politique, mais elle est loin d’être agréable à entendre, sans doute est-ce la raison de toutes ces promesses ridicules dans le spectacle politicien ?

    Le plein emploi… arf ! Ben oui, quoi, c’est en diminuant les charges qu’un patron aura interêt à payer un salarié dix fois plus que ce qu’il fait ailleur… La pollution, c’est bien connu, d’ailleurs, je m’y met tout de suite avec ma bombe de peinture pour repeindre toutes les bagnoles en vert, qu’elles deviennent écologiques… Et puis les sous, l’argent, le flouze, le pèze, bref, la consommation croissante (verte, bien entendu, puisque les saloperies, nous les reserverons, comme c’est déjà le cas, aux autres, aux pas français)…

    Oui, c’est difficilement audible, une réalité, surtout quand celle-ci dérange aux entournures, met le doigt là ou ça fait mal !

    Tiens, il n’y a qu’à voir la franche rigolade de l’annonce allemande d’hier et des écobobologistes qui se félicitent de la fin du nucléaire en Allemagne ! Quel courage ! Pour gagner les élections, je démonte mes centrales, voyez comme je suis écolo ! Bon, on marquera pas que l’énergie allemande provient, déjà, à 15 % de l’étranger et que l’énergie manquante, ils iront la chercher chez les autres, ce qui fait se frotter les mains à Areva et EDF ! Bref, les centrales chez les autres pour les fournir, oui, mais pas chez nous ! Syndrome assez fréquent, ça, le « chez les autres mais pas chez nous » !… Et tellement pratique pour paraitre « vert »…

    Franchement, je sais pas si ce que je met au dessus correspond à un programme politique quelconque, mais il est sûr que dans les programmes officiels, le greenwashing a une place prépondérante !

  6. MOA

    Joshuadu34 : »(…) que l’énergie allemande provient, déjà, à 15 % de l’étranger et que l’énergie manquante, ils iront la chercher chez les autres, ce qui fait se frotter les mains à Areva et EDF « 

    A noter que sur les 58 réacteurs nucléaires français, l’équivalent de 12 réacteurs sont utilisés pour produire de l’électrivité pour nos voisins européens.

  7. Nicolas

    Les conséquences sont tellement énormes et les solutions si radicales qu’il est plus facile pour la majorité du monde occidental de nier.
    La claque sera forcément violente, surtout si elle est combinée avec une situation économique catastrophique.

  8. Legeographe

    Nicolas, je ne sais pas si c’est un manifeste politique que vous nous dites, mais vous feriez un très bon porte-parole de Joshuadu34. Si j’étais à moi seul la majorité du peuple (si si, ça se peut, si je me multiplie… ^^), je vous porterais tous deux au pouvoir. Na !

  9. Joshuadu34Joshuadu34

    C’est, en version concentrée, ce que je voulais démontrer, merci, Nicolas, de réussir là ou j’ai la facheuse tendance à étaler…

    Quand à la baffe écono-écolo, ce n’est qu’un des risques, puisque, ne nous leurrons pas, les 4/5ième de la population que nous laissons dans la misère risque d’avoir un réveil assez violent pour nous…

  10. Tassin

    @ Yefka,

    Effectivement et merci de le signaler! La France est de moins en moins exportatrice d’électricité. En cause 2 facteurs principaux :

    1/ L’accroissement régulier de la consommation (+2 à 3% par an sauf 2008/2009 car période de crise)
    2/ Le vieillissement du parc nucléaire et donc sa baisse de dsponibilité.

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