Réflexion sur le transhumanisme : le côté indispensable de l’automobile

Il existe un bon nombre d’alternatives à l’automobile, parmi lesquelles les transports en commun et les modes de transports actifs (vélo, roller, marche à pieds). Mais malgré la promotion de ces différents types de déplacement, la voiture reste indispensable dans l’esprit de la majeure partie de la population occidentale.

Devant le nombre de personnes persuadées par cette idée, on pourrait se demander s’il faut être complètement déconnecté de la réalité pour imaginer qu’une vie sans voiture puisse être parfaitement possible pour la plupart des gens.

Je pense que le problème est pris à l’envers.

En y réfléchissant bien, l’idée semble farfelue : comment en est-on arrivé à penser qu’un objet coûtant un tel prix puisse être indispensable à la vie des gens ? Comment en est-on arrivé à penser que se passer d’un objet qui coûte tant d’argent puisse être un luxe ? Ou qu’à l’inverse, l’obligation de s’en passer pour ceux qui n’ont pas les moyens d’accéder à la possession d’un tel objet puisse être synonyme de marginalisation de la société ?

Et comment en est-on arrivé à penser que l’espace à taille humaine puisse être insuffisant au bien être des gens ?

Il y a deux cas d’absence automobile : ceux qui l’ont abandonnée et ceux qui n’en ont jamais eu.

Deux cas et deux façons de penser opposées :

– L’automobiliste repenti va se poser la question ainsi : « comment est-ce que je vais pouvoir continuer à aller à la salle de sport de la commune voisine si je n’ai plus de voiture ? Il va falloir que je trouve d’autres solutions, voir si un transport en commun permet d’y aller ou si le trajet est réalisable à vélo. Comment vais-je pouvoir transporter mes courses du vendredi soir ? Il va falloir que je trouve d’autres solutions, voir si certains types de vélos me permettraient de transporter de grosses charges. Comment vais-je partir en vacances ? Il va falloir que je vérifie si le train me permet de remplacer mon trajet automobile pour me rendre dans la ville où j’ai décidé d’aller »

– La personne qui n’a jamais eu de voiture va se poser la question ainsi : « j’habite à tel endroit, quelles sont les activités disponibles autour de chez moi ? Quelles sont les activités accessibles à vélo ? Et jusqu’où me permettent d’aller les transports en commun ? Quelles charges suis-je capable de transporter avec mon vélo ou à pieds ? Vais-je pouvoir continuer à aller voir telle personne si je m’éloigne de telle distance ? Qu’y a-t-il d’intéressant à voir dans mon coin ? Et à quels endroits m’amènent les trains disponibles pour les vacances ? »

Et c’est là que toute la différence se fait. Une fois qu’on a établi son mode de vie par rapport à la voiture, il faut revoir sa façon de vivre ou alors trouver des moyens alternatifs de déplacements qui peuvent être contraignants : aller à la salle de sport de la commune voisine sans transport en commun quand celle-ci est à 50 km, oui, c’est très contraignant. Certaines solutions comme le vélo électrique peuvent être des alternatives crédibles mais le but reste ici de combler le manque d’un mode de vie auto-centré.

La personne qui n’a jamais eu de voiture va au contraire rationaliser ses déplacements, privilégier la proximité et étudier ce qui est accessible.

On ne peut pas partir du principe qu’un produit aussi inaccessible qu’une voiture (prix, condition physique, capacité à conduire, etc.) puisse être indispensable à la vie de tous.

Et j’encourage ceux qui se posent la question « mais comment faire sans voiture ? » à se rapprocher des personnes qui n’ont pas la possibilité d’avoir une voiture et qui ont adapté leur vie à un espace humain et non à un espace transhumaniste qui n’est pas voué à devenir la norme mais à rester un luxe.

Source: http://pasdevoiture.wordpress.com/

Struddel

A propos de Struddel

Une vie sans voiture est possible

27 commentaires sur “Réflexion sur le transhumanisme : le côté indispensable de l’automobile

  1. Gari

    Article très pertinent, et qui pointe du doigt l’un des freins majeurs à la dé-voiturisation de la société.

  2. PédibusPedibus

    Ah si nos leaders eux mêmes étaient convaincus de la « vraie valeur » de l’objet automobile et de l’impact social négatif du système qui gravite autour!
    Sans doute alors ça pourrait constituer un accélérateur décisif des mutations de mode de vie de leurs contemporains…

  3. PédibusPedibus

    On pourrait aussi s’essayer à un début d’analyse anthropologique: qu’est ce qui a fait qu’on soit arrivé à considérer comme une véritable prothèse cet objet (« où suis-je garé? ») après l’étape de quelques millénaires de la monture équestre? A-t-on le même phénomène avec la bicyclette? Mais n’observe-t-on pas une « solidarité » des passagers avec le conducteur de bus quand ce dernier engueule l’atomobiliste fautif? Les passagers faisant corps…

  4. PédibusPedibus

    « Atomobiliste » : une faute de frappe très fréquente chez votre serviteur, mais résume bien la situation soliste de ce mode de transport… Que les académiciens rebaptisent en « atomobile » l’objet de notre passion!

  5. Struddelstruddel

    C’est le problème même du transhumanisme selon moi : l’objet technologique devient le prolongement du corps humain et devient indispensable, l’homme cyborg a l’impression de revenir en arrière, voire d’être privé de ses libertés si on l’ampute de ses appendices technologiques.

    Ou comment la dépendance est vécue comme une liberté.

  6. LomoberetLomoberet

    Que feraient les cyclistes sans voitures ?
    Je rentre de l’assemblée générale de mon club de cyclotourisme :
    – activités diverses de l’année, dévorage de kilomètres sur le vélo, projets de belle randonnées pour l’année qui arrive.
    Sur le parking : plein, plein de . . . . voitures !
    . . . et un vélo !
    Tant qu’à être seul avec un vélo, autant le rentrer dans le bâtiment
    Un bon point pour mes camarades de club : ils ne se sont pas moqués de moi. Enfin, pas devant moi, quoi !

  7. Pédibuspédibus

    Lomobéret chapeau bas!

    Tu tiens là un indice fort encourageant: les cyclistes motorisés qui ne lynchent plus le vélo solo !

    C’est bien là le signe que les choses changent… tout doucement.

  8. Jean-Marc

    Un article clair et qui fait plaisir.

    Maintenant… comment faire en sorte qu’une personne automobilo-centrée puisse l être moins ou ne plus l être ?

    => Toute action en défaveur des déplacements auto peut y contribuer, mais rien ne garanti jamais que celà sera efficace sur telle ou telle personne.
    Par contre, à la longue, celà peut s avérer efficace sur certains (mais celà prend bcp de temps…)

    A chaque fois qu’un cycliste, qui vient de doubler une voiture, se gare en 1seconde à un réverbère, alors que l automobiliste doublé en aura encore pour 5-10 minutes à se chercher une place;
    à chaque fois qu’un automobiliste est coinçé derrière une voiture se garant/une benne à ordure/une auto-école/autre, et que le cycliste boit l obstacle en faisant un crochet sur le trottoir vide,
    à chaque fois qu’un cycliste remonte une file au feu, pour se placer dans le SAS vélo et montrer son cul aux automobilistes, (en particulier, à chaque fois qu’on re-double celui qui vient de nous doubler à grand renfort d accélération)
    .
    .
    .
    tout celà peut contribuer à leur montrer que d autres solutions sont possibles


    précision :
    les 2 mentalités, automobilo-centré ou auto-centré, ne sont pas uniquement liées à la possession/usage de la voiture :
    j ai eu une voiture,
    mais je fais cependant plus partie de la 2eme catégorie (maintenant que je ne l ai plus, il est vrai…) .

    Et avant, quand je l avais, je réfléchissais deja en intermodal : voiture ou TEC selon le trajet (même si je choisissai bien plus souvent la solution « de facilité », la voiture) :

    car le plus important est de casser la pensée systématique :
    ainsi, un collègue qui prend 5 fois son vélo au printemps-été, ou un autre qui prend les TEC en cas de mise au garage de son véhicule (au lieu de prendre un véhicule de courtoisie ou de louer/faire du covoiturage)
    participe ainsi à sa desintoxication mentale, à l ouverture de son esprit à la possibilité d avoir d autres options.

    (ansi, proposer une balade en vélo le W-E à ses amis et collègues est un premier pas qui peut aider… surtout si on roule cool : le but n est pas de degoutter les autres du vélo ^^)

    après… malheureusement, pour qu’il devienne un jour cycliste au quotidien, il faudra peut-etre une très forte incitation (voiture en panne/cassée, retrait de permis, pb de santé necessitant une activité physique quotidienne,…).

  9. Michael Knight

    Obligatoire,indispensable,important,urgent,impératif…..Tous ces adjectifs inhérents à la possession d’une voiture me pètent les couilles…
    Ah ben oui,tous les gens qui possèdent un tas de ferraille sont contents c’est certain,mais se posent-ils la question?
    Je pense que la possession d’une voiture doit remettre le populo en question un jour ou l’autre,et il faut donc se poser la question suivante et y répondre honnêtement,
    en son âme et conscience:

    -Est-ce que notre vie s’est améliorée depuis qu’on a la voiture?

    Sans aucun doute la réponse sera oui,car l’aspect de liberté qui découle directement de ce sale tas de ferraille occulte
    littéralement tout le reste.
    -Le fait qu’on vivait très bien sans auparavant
    -Le désordre financier que ça fout dans un budget
    -L’exposition démesurée à la pollution,compte tenu de l’espace confiné de l’habitacle
    -Le stress dû aux bouchons,aux agressions diverses et comportements pourris de la part d’autres automobilistes,aux problèmes de stationnement,etc…

    Et avec ça la vie s’est améliorée?Laissez-moi rire!!

  10. Struddelstruddel

    Je parcours en ce moment un ouvrage assez intéressant que je recommande ;

    L’atlas des transports, aux éditons Autrement.

    Il y a un passage très intéressant sur l’évolution urbaine où l’on est passé de la ville préindustrielle pédestre à la ville industrielle des transports collectifs qui ont longtemps été la seule façon de se déplacer sur de longues distances en ville, pour arriver à la ville moderne marquée par l’éparpillement et par le triomphe du transport individuel (chacun se rend à un endroit esseulé différent, rendant ainsi le transport en commun non adapté).

  11. OSCAR

    Bonjour,

    Mon opinion, ici sur ce site où every body s’auto (!) congratule avec vigueur sur ses pulsions anti voitures, va faire tache, c’est sûr.

    Vous oubliez, comme beaucoup d’idéalistes cultivant la fébrilité sociétale, que la voiture est le résultat de deux évolutions majeures du monde libre :

    – le remplacement du cheval et du véhicule hippomobile par un véhicule automobile : relire SVP les articles des années 1880 à 1920 sur la circulation en ville
    – le fait du déplacement libre, à tout moment, pour aller n’importe où sans demander l’autorisation ou programmer une migration collective

    A moins de vouloir subversivement remettre un collectivisme totalitaire au centre du projet, ou bien de considérer naïvement que la dictature des villes piétonnes peut sérieusement occulter les 90% du territoire qui n’est pas urbain et nécessite de se déplacer pour vivre à sa guise, je ne vois pas où voulez en venir.
    Ou plutôt, je pense que vous réglez de vieux comptes avec votre rapport au pouvoir et à la liberté.

    Le paradoxe fait partie de la vie, je vous l’accorde, et il faut être tolérant… L’être humain est déjà difficile à suivre…
    N’est-ce pas les écolos qui ont mis à la mode le 4×4 dans les glorieuses années 60/70 qu’il étaient les seuls à utiliser alors…, les autres n’en ayant jamais eu l’idée ? Mieux vaut donc sourire avec bienveillance… La roue tourne…

    Quand on prend du recul, on s’aperçoit que chacun a des oeillères et pense détenir la vérité absolue.

    N’ayez donc pas peur, vous y parviendrez, à éradiquer la voiture particulière comme moyen de transport terrestre. Vous y arriverez !! si si.

    Et bien plus tard, après d’autres épisodes sociétaux, il s’agira à nouveau de se déplacer librement pour échapper à une autre forme de planification résidentielle, et on recréera sous une autre forme la voiture particulière…

    Entretemps, vos arrière petits enfants auront oublié votre combat et ne porteront plus votre névrose totalitaire. Il en auront inventé d’autres…

    Parce qu’est ainsi : une partie des hommes consacre sa vie à la liberté, l’autre à lutter contre la liberté…(surtout celle des autres !)

    Au revoir Nelson Mandela, tu nous manques déjà.
    OSCAR

  12. apanivore

    @Oscar : « relire SVP les articles des années 1880 à 1920 sur la circulation en ville »

    Et qu’y trouve-t-on qui justifie l’automobile individuelle ?

    Dans ceux que je me rappelle avoir lu, on dénonce au contraire l’omniprésence et les bouchons occasionnés par un autre type de véhicule individuel encombrant : les véhicules hippomobiles.

    C’est à cette période que la bicyclette est venu répondre aux 2 points que vous citez : elle a décongestionné les villes et a permis de se déplacer librement, n’importe où, n’importe quand (si si).

    Ensuite seulement, une fois les rues des villes désencombrées par l’usage massif des bicyclettes, l’automobile a pu s’installer et recréer au bout de quelques décennies la même thrombose que les fiacres et diligences du XIXeme. Seulement en plus nocif, puant et dangereux pour tout ceux qui ne se déplacent pas dans une carapace de métal.

    Si sur une large partie du territoire rural, l’automobile parait indispensable aujourd’hui c’est parce qu’elle a créer elle-même cette situation. A une époque pas si lointaine, la bicyclette suffisait amplement pour atteindre n’importe quel lieu désirable par un individu.

    La voiture a permis, à temps de trajet constant, d’éloigner ces lieux et de les rendre de fait inaccessibles aux moins rapides, créant et entretenant les conditions de son hégémonie.

    Un véhicule que l’on est obligé de posséder, qui devient une contrainte, une norme social, n’émane-t’il pas d’un totalitarisme déguisé ? Les politiques, les publicitaires arrivent fort bien à nous faire passer cette situation pour une apogée de liberté. mais est-ce vraiment être libre que de pouvoir choisir la forme, la couleur, la puissance ou la quantité d’émissions de CO2 de son véhicule mais d’être obligé d’en acheter un ?

  13. Jean-Marc

    « le fait du déplacement libre, à tout moment, pour aller n’importe où sans demander l’autorisation ou programmer une migration collective

    A moins de vouloir subversivement remettre un collectivisme totalitaire au centre du projet, ou bien de considérer naïvement que la dictature[..] »

    En fait, il y a 20 ans, tlm pouvait acheter un ticket de train à tout moment, et en en connaissant le prix à l avance
    il ne dépendait que de 3 choses :
    – le kilomètrage,
    – la couleur en fonction des horraires (bleu, blanc ou rouge, rouge etant le plus cher : vendredi soir/samedi matin, dimanche soir par ex) appliquant un % différents sur le tarif de base
    – les éventuelles cartes de réduction (fonctionnant là aussi en %age de réduction)

    aucune réservation nécessaire… chacun était libre

    depuis, un système de tarifs multiples et obscurs, beaucoup moins libre (il FAUT faire des réservations pour pouvoir utiliser une LGV) est mis en place.

    J espère que tu as bcp manifesté contre ces actions rétrogrades.
    Mais l’avenir n apporte pas forcément la liberté… loin de là…

    la liberté, c est un combat de tout les instant, celà se conquière (c.f. la tunisie et d autres pays, ayant chassé leurs dictateurs)

    [liberté et avenir ? : suffit de voir les ventes d apple, claironnées en 2eme place derrière samsung, malgré un système totalement anti-libertés, où on n est considéré que comme un tiroir caisse, n ayant aucun droit (lire les CLUF : on a le droit à rien : on est simple détenteur d’une license à droits très restrictifs, et pas du tout de son produit, avec aucune possibilité légale de le modifier à son envie (Jaybreaker n est pas légal); ou, autre exemple, autres succès financier des années 2010-13, c.f. facebook, où on n est plus propriétaire des photos et autres choses qu’on a soi-même posté, et sur lesquelles on a cédé tous ses droits à FB….)]


    « sérieusement occulter les 90% du territoire qui n’est pas urbain et nécessite de se déplacer pour vivre à sa guise, je ne vois pas où voulez en venir. »

    Oui… les personnes faisant gap (sud-est)-lorient (ouest) 4 fois par jour sont foisont… et le train n existe pas, si nécessaire…

    80% des français sont des urbains, et se déplacent majoritairement dans leur agglo et alentour

    http://www.planetoscope.com/automobile/114-nombre-de-kilometres-parcourus-les-francais.html
    25km quotidien…
    ce n est pas une si grande distance que celà…

    [alors, bien sûr, il existe des VRP, des technicaux commerciaux faisant une tournée des clients, tout comme il existe des facteurs faisant des tournées à pieds, des personnes faisant de la varape sur les églises (pour les tuiles ou autre rénovation/travaux) ou des plongeurs faisant de la soudure sous-marine sur des plateformes pétroliere, déposés sur chaque plateforme, le temps d’une mission, par hélico… mais la large majorité des gens ont un lieu d habitation fixe, un lieu de travail fixe, et des lieux de fréquentations diverses +/- fixes…]


    Ta remarque sur les 4×4 est juste effarante

    dans les années 70, les forestiers de l ONF et les chasseurs avaient des 4×4, dont des 4×4 lada niva et autres UMM…
    ils s agissaient d utilitaires utilisés de façon utilitaire…
    de même, on trouve des tractopelle et des grues utilisés de façon utilitaire.
    Je peux t assurer que voir un collègue faire 500m pour aller au restau le midi avec un tractopelle, une grue, un gros 4×4 ou une smart me semble incongru…

    Mais ce vieux 4×4 des forestiers n’ont rien à voir avec une porsche cayenne ou autre mercedes peugeot truc ou renault captur.

    (d ailleurs, matra avait essayé de faire un faux 4×4, le matra-simca, un 2×4 au look de 4×4 baroudeur, au look de range rover : çà a été un échec.. mais au XXIsiècle, opel et d autres ont sorti des SUV au look 4×4 de luxe, mais vrais 2×4.. et là, çà a été des succès…)

    C est l’énorme 4×4 en ville, qui a succédé, pour le quadra, au mini 4×4 samourai de suzuki (celui qui se couche dans les virages…) quand ils avaient 18 ans, qui est une stupidité sans nom :
    ils vont bientôt prendre un bus ou un char d assault, pour acheter une baguette à 300M ?

    (à ben non… çà a même deja été fait.. celà s appelait un Hummer version civile… mais bon, celà n existe plus)

    Au passage… une majorité de ces 4×4 ne sont pas payés par leurs utilisateurs :
    ce sont très souvent des voitures de société détaxées car considérées comme équivallent à un J9 ou pickup peugeot transportant une bétonnière et des sacs de ciments…

    (oui… ils ne se vendent bien que grâce à un détournement légal (merci sarko.. modif faite au moment de l instauration du bonus-malus… si bien qu’en plus, comme ils ne sont pas à des particuliers, ils n’y sont pas soumis) de l esprit de la loi sur les véhicules de société : ils sont détaxés… ils ne rapportent quasi rien à l’état lors de leur vente… mais si un jour cette loi inique est re-modifiée, les berlines de société les remplaceront en grande partie)


    Niveau liberté…
    le vélo, c est vraiment au top :

    -tu vas où tu veux (sauf autoroutes)
    -tu te gares où tu veux
    -tu ne dépend pas des autres (ni niveau réparation, ni niveau disponibilité des routes)
    –tu répares tout tout seul si tu le veux (mais tu peux aussi payer qq un pour celà)
    – tu peux tout acheter, comme tu le veux : aucun vélo ni accessoire n est hors de prix, même les plus luxeux
    (rapport de 1 à 50 ou 100 en général, entre une auto et un vélo :
    exemple, les vélos de luxes commencent à 1000€, et atteignent, pour les vélos à cadre titane soudés main chez un cadreur, à l’unité, adapté à la morphologie de la personne -donc largement plus élitistes, artisanaux et fait main qu’une rolls ou une bugatti- les 10 à 15 k€)
    -tu ne dépend pas des subventions publique pour entretenir une voirie très coûteuse en entretien

    la voiture,
    -c est la liberté d aller à la pompe une fois par semaine,
    -c est la liberté de rester assis et inactif, alors que la sédentarité, les maladies cardio-vasculaires et l obésité sont devenues (depuis l avénement de la voiture..) des problèmes majeurs de santé publiques en occident
    -c est la liberté de ne quasi rien pouvoir faire comme réparations soi-même (et encore plus maintenant, depuis 25 ans, avec les « valisettes électroniques » interdisant les réparations maisons) et d être pieds et poings liés face aux réparateurs et à leurs prix prohibitifs,
    -c est la liberté d attendre des heures, chaque semaine, dans les bouchons que l on participe à créer
    -c est la liberté de polluer ses poumons, ceux des autres occupants du véhicules, et ceux des personnes alentour,
    -c est la liberté de mettre la santé, l autonômie (vive les fauteuils roulants..) et la vie des gens en danger, sans encourir de peines proportielles aux actions faites (tue une personne en voiture ou avec un pistolet… la peine sera ridicule pour l automobiliste)

    Précision :
    j ai eu une voiture,
    et je travaillais au même endroit, et habitais au même endroit que maintenant.
    à l’époque, la voiture me semblait indispensable,
    mais elle me coûtait très cher…
    elle m offrait la POSSIBILITÉ de prendre l autoroute le vendredi soir pour aller à Bruxelles, Cannes, Brest ou Pragues…
    mais je n avais ni le temps ni les moyens de le faire :
    elle m offrait une possibilité théorique de voyages multiples lointains, mais ne m offraient que des contraintes réelles;

    depuis que je suis en vélo, j ai vraiment découvert la liberté, et la possibilité d aller où je veux, quand je veux…
    et là, ce n est pas des promesses théoriques, c est des trajets réellement fait
    (pas sur des distances énormes, vu que je n ai pas encore pratiqué le vélo-train, mais juste des sauts de puce autour de chez moi : de 30 à 100 km certains jours, en passant par une boucle de 300km sur 3 jours, avec visites et nuits dans des lieux époustouflants)

    là, je n ai pas à réfléchir si mon moteur va tenir un long trajet sur autoroute, sans surchauffer, ou si je vais serrer le moteur, car j ai une légère fuite d huile et que je fais de la mayonnaise malgré le rajout d huile chaque semaine, ou que…

    NON : un vélo est un outil rustique :
    même mal entretenu, mal graissé, mal gonflé et mal réglé, il tourne et te fait avancer… c est magique…

    (par contre, s’il est mal entretenu, c est plus fatiguant, moins confortable, et un peu plus dangereux… mais un accident à 15km/h sur un vieux biclou n a pas les même conséquences du tout que l explosion d’un pneu sur autoroute à 130km/h… et, quand on part en toupie, et qu’on saute le terre-plein central, ce n est pas l air-bag qui va y changer qq chose… (c est très facile : j ai deja vu une voiture le faire en ville, sautant sur un bloc de béton de l’îlot central de 30cm, alors qu’elle devait rouler à moins de 30km/h (prise d’un virage serré trop rapide, perte d adhérence et de direction), et se retrouvant sur la voie d en face, « posée » perpendiculairement à la voie… par chance, aucune voiture n arrivait en face à ce moment là… mais il a eu la peur de sa vie…))

    Les oeillières, c est ceux qui croient que,
    parce qu’ils payent leur véhicule, leur assurance, et leur essence,
    la voirie est offerte, gratuite :
    la voirie routière coûte extrèmement cher aux contribuables, pas aux automobilistes.
    Hors, de plus en plus d administrations ont de moins en moins d argent.
    Le réseau routier actuel ne pourra pas être maintenu éternellement en ponctionnant toujours plus dans les poches des contribuables…

    Deja, la Drire sale beaucoup moins de voies qu’avant, et fait moins de réparations qu’avant, mais les routes vont continuer à se dégrader, vu les finances…
    Les impôts locaux (niveau municipalité, département, région) vont continuer encore un peu à augmenter pour pouvoir payer ces travaux.. mais celà ne va pas pouvoir continuer éternellement :
    c est juste impossible, en payant de moins en moins les classes moyennes et inférieures (tendance depuis les années 90), de les ponctionner tjrs plus pour les travaux de voirie qui servent à de moins en moins de gens (depuis 2002, mais accelération de la diminution du kilomètrage moyen en voiture des français depuis la crise de 2008, depuis 2009).

    Par contre,
    je n ai rien contre les 24h du Mans et autres tours de circuits de voitures et -surtout- stages de conduite sur circuit :

    que des gens LOUENT un terrain privé, pour y organiser À LEUR FRAIS des « voyages automobiles » entre eux,
    ce n est pas bon niveau pollution, je n en vois pas l’intérêt,
    mais au moins (hors subvention pour cette manifestation), celà ne coûte pas un bras au contribuable pour entretenir ce réseau constamment usé par le passage des véhicules motorisés.


    Tiens, j ai encore croisé des intolérants cette semaine :

    des gens m’ont klaxonné car je faisais -en toute légalité- du vélo sur une voie limitée AU MAXIMUM, EN CAS DE CIRCONSTANCES LE PERMETTANT, à 70 km/h

    vraiment, tjrs pleins d intolérants partout…

    encore une chance, pour eux, que je ne suis pas comme eux…


    Nelson Mandela et l auto-mobile ???

    L auto-mobile, c est les gros groupes, la puissance qui copine et fait du lobbying avec les états
    (c.f. le rachat d opel et chrisler après la crise de 2008, c.f. les multiples subvs de bolloré, renault et peugeot)

    La liberté…

    c est Lydia et Claude Bourguignon, Philippe Desbrosse, Pierre Rabhi, Teddy Goldsmith, les AMAP, Tristan Nicot, Phillipe Scoffoni, la Quadrature du net, framasoft, Aaron Swartz, Seb Musset, Seb Sauvage, Nico Largo, Cyrille Borne, SuperNo, Edward Snowden, Bradley Manning, Nelson Mandela, Ghandi, Simone Veil, Robert Badinter et énormément d autres,

    mais surement pas ni Ghosn ni Varin (celui qui vient de partir à la retraite de Peugeot), ni leurs sociétés…

    Les apports (ou tentatives d apports pour certains :'() des uns, et les nuisances des autres sont sans commune mesure…

  14. Pédibuspédibus

    Quelque soit la position idéologique des intervenants depuis Michael le 12 janvier sur le thème lancé par Struddel accordons-nous sur un point : la richesse du débat sur ce site. Et de quoi parle-t-on? Sans doute de choix sociétaux où la technique nous emmène là où nous n’avions peut être pas envie d’aller au départ.

    Hippomobile ou automobile la solution technique n’est pas sans inconvénients sur la métrique pédestre des villes et les qualités qui s’y rattachent : l’échelle humaine tend à se déformer, c’est-à-dire des distances qui vous mettent à portée de l’autre, des services qui existent, bref qui, perception décalée aidant – anachronique relativement aux conditions de mobilités initiales, sans moyen rapide de communication individuel – vous font définir les quartiers de ville agglomérée comme autant de « villages »…

    Comme on le devine les choix techniques ne sont pas sans effets sur l’environnement des sociétés. On doit ici intégrer le processus démocratique : qui décide et à quel moment? Aujourd’hui à la seule échelle européenne le droit oblige les décideurs à la participation et à l’information (convention d’Aarhus). Naturellement nous pouvons douter de l’efficacité du dispositif contre les tyranneaux, docteurs Folamour et autres obsédés de la bonne cause. Mais c’est là sans doute où nous approchons le mieux la question de la liberté individuelle. Qu’un débat permanent alimenté par un maximum de nos contemporains tienne la main tremblante de nos timoniers et nous garde d’errements faussement éclairés par les grandes diatribes, les discours possiblement manipulateurs des scientistes et pseudo scientistes, des avocats faux nez de systèmes en crise de survie et d’autres habiles sophistes…!

    La liberté des uns s’arrête là où commence celles des autres? Je vous épargnerai la leçon de curé en pantalons, mais vous infligerai la banderille, rien que pour faire avancer le débat : individuelle et collective évidemment doit être la réflexion sur le sujet de la mobilité motorisée individuelle…

  15. Jean-Marc

    Tiens, malgré le titre du site, « carfree »,
    on ne demande pas un monde « carfree »,

    chacun peut être carfree, mais on ne veut forcer personne à l être… c est la liberté…

    par contre, en ville actuellement, plus de 80% de l espace public est utilisé par des chaussées et parkings fait pour les voitures…

    on demande que les citadins soient plus pris en compte, pas que les voitures soient interdites de 100% des rues d’une ville
    (d’un village de 200 habitants… pourquoi pas).

    Car là, on a le choix entre vivre dans une rue pleine de voitures, ou vivre dans une autre rue pleine de voitures…
    superbe liberté de choix…

    La tyranie de la « norme », de la position dominante, dirigeante…

    Ce n’est pas Mendela qui a combattu la position dominante, l ordre établi ?

    Je ne me souviens plus s’il a aidé au maintien de l apartheid, de l ordre établi, ou s’il l a combattu pour apporter un meilleur traitement de tous, et pas seulement d’une minorité.
    Peux-tu m éclairer, stp, Oscar ?

  16. StruddelStruddel

    Je ne suis pas persuadé qu’être enfermé chaque matin et chaque soir dans sa voiture en étant pris dans les embouteillages soient vraiment une liberté.

    Je ne suis pas persuadé que devoir absolument passer à la pompe pour garder cette possibilité de se déplacer soit vraiment une liberté.

    Je ne suis pas persuadé que les gens qui subissent les dictatures pétrolières dans certains pays soient vraiment en liberté.

    Je ne suis pas persuadé que le lobbying pétrolier nous laisse vraiment en liberté

    Je ne suis pas persuadé qu’être obligé de posséder une bagnole pour entrer dans la norme occidentale soit vraiment une liberté (cf ma femme qui était obligée de se rendre chez ses clients en bagnole même lorsqu’ils étaient à moins de 10 km de son siège car son patron estimait que le vélo n’est pas un véritable moyen de transport, bravo la liberté de choix. Elle a eu la liberté de démissionner)

    Après, tout ça étant posé, que les gens se déplacent comme ils l’entendent, tant qu’ils respectent les libertés de tous.

    Et pour conclure, je dirais qu’une des plus grandes libertés est la connaissance des choix qui s’offrent nous, et c’est en partie le but de cet article.

    La plupart des automobilistes ont précisément cette liberté de choix, ils utilisent la voiture parce qu’ils l’ont choisi, ou parce qu’ils ont choisi une situation qui les amène à devoir utiliser la voiture, ce qui revient au même : ceci n’est absolument pas critiqué ici, je n’ai pas parlé un seul instant de mauvais choix, j’ai uniquement indiqué que c’était RÉELLEMENT un choix, contrairement à ce qu’on entend systématiquement et qui m’horripile : « Oui j’utilise ma voiture pour tous mes déplacements, je suis bien OBLIGÉ ».

    Qu’on vienne encore nous dire que la voiture c’est la liberté quand on nous balance derrière qu’on l’utilise par obligation …

  17. laurent

    Dans 99% de mes déplacements je ne suis pas strictement obligé d’utiliser une voiture à pétrole, mais je le fais dans disons 50% des cas par commodité, agrément , manque de motivation pour le pédalage et surtout parce que la caisse est toujours là devant chez moi à me tenter lorsqu’il pleut ou que j’ai la flemme .
    J’espère avoir le courage de résister à la pression de mon entourage et ne pas la remplacer lorsque elle sera détruite, car on a l’esprit plus tranquille quand on n’est plus impliqué dans tous ces problèmes d’accidents, blessures,amendes,responsabilité civile, pollution,accrochages, réparations ,dépréciations, coût d’opportunité du prix d’achat .

  18. Jean-Marc

    C est très bien, Laurent.

    Il y a qq petites choses qui facilitent le passage à une moindre utilisation de sa voiture, pour pouvoir éventuellement s’en passer complétement :

    profite de la situation actuelle, pour améliorer diverses choses :

    – améliorer ton vélo
    – améliorer ta connaissance des réparations (et s équiper en pompe à pied, demonte pneu, clé à rayons, jeu de clé plate et 6 pans)
    – améliorer ton équipement (sacoche, cape de pluie)
    – visiter les commerces proches de chez toi, pour -peut-etre- découvrir des commerces répondant à certaines de tes attentes,

    après.. profite par ex d’une période tranquille, comme une période de vacances, pour tester qq jours d’affilés tout en vélo
    (c est important : pour tes artères, le fait de remonter le lendemain sur le vélo est plus efficace que de faire 1h de vélo de plus le jour même, donc les jours 2 et 3, celà devrait être plus facile que le jour 1)

    Ainsi, après, si tu réussis à faire 2 jours par semaine sans voiture pendant 2-3 mois, tu pourras découvrir toutes les améliorations à faire (ou pas) avant d aller plus loin, si tu le veux.

  19. OSCAR

    Que de richesse en effet dans ce débat.

    Ne serait-ce que pour ça, je suis ravi de mon incursion incongrue dans le monde des anti-bagnoles…qui n’est évidemment pas le mien.

    MERCI à Pédibus pour cette synthèse courte mais pragmatique.

    Au hasard jetés, quelques items pour préciser :

    1 – je fais sûrement beaucoup plus de vélo que 99% d’entre vous (aucun col de montagne du quart sud ouest de la France ne présente de secret pour moi) ; donc SVP, pas de leçon de savoir vivre, merci LOL ! (because j’ai l’hygiène qui va avec , of course)

    2 – j’ai rencontré, lors de mes (très) nombreuses randonnées à cheval, des gens âgés qui n’avaient jamais vu la mer tout en habitant depuis 75 ans à moins de 50 km d’elle. Ces personnes n’avaient pas l’air plus heureux pour autant, rivées devant leur TV pourrie en noir et blanc, qui montrait à leurs yeux fatigués le monde tel qu’il est ailleurs, là où jamais elle n’iraient, faute de moyen de transport.

    3 – la liberté de chacun de ce déplacer à sa guise est LA liberté fondamentale N°1.
    Sous prétexte de protéger l’environnement ( naturellement nécessaire au demeurant ) il ne faudrait pas porter atteinte à la principale victoire des siècles passés. Savez-vous, par exemple, que lors d’une manif dans Paris, (apparemment nombre d’entre vous sont de grands sportifs qui roulent vélib entre le Trocadéro et l’Etoile LOL), la préfecture de police a pour principal devoir, de s’assurer de la liberté des riverains de pouvoir de déplacer librement, et non, comme on pourrait le croire, de protéger ou d’encadrer les manifestants.

    La voiture, c’est : il est Vendredi soir, je veux aller passer le WE dans le Cantal : j’y suis le soir même. C’est cela la liberté. Et maintenant que nous l’avons, nous ne la lâcherons pas.

    C’est la SEULE RAISON pour laquelle j’ai choisi d’intervenir dans cet espace où je ne ferai que passer. Demain vous m’aurez oublié et moi aussi.

    Je ne vais pas faire un panégyrique du pétrole, prendre part au débat éolien, comparer diesel et GNV, ou que sais-je encore ? Pas mon rayon.

    Mais quand j’ai vu le titre CARFREE, mon sang n’a fait qu’un tour.
    Il y aurait donc des gens, quelque part, qui se sentiraient assez légitimes pour vouloir faire interdire l’utilisation du moyen de transport le plus incroyablement porteur de liberté ?!

    Quelles que soient vos raisons, je peux les comprendre. Chacun a le droit d’avoir ses idées.

    Mais quelle est la forme de raisonnement, objectivement, qui autorise un citoyen à préconiser l’interdiction de déplacement illimité et totalement autonome à 99% de la population ?

    C’est pour cela Jean-Marc, que j’ai cité un peu pompeusement, je l’avoue, la mémoire de N. MANDELA.
    C’est parce qu’on ne peut transiger. On ne peut négocier, sur la liberté fondamentale.
    Quel que soit le prix à payer, même 27 ans de taule, il faut refuser d’être enfermé mentalement.

    Le discours des militants de CARFREE, quoi que vous en pensiez, est enfermant.

    Il vous enferme. (vous, bien sûr, vous pensez l’inverse…)
    Il voudrait enfermer les « autres » dans une espèce de solidarité compulsive qui trahit surtout des peurs ataviques et animales.
    Des peurs…symboliques ( pas vrai ?)

    Petite anecdote : à une personne bien pensante qui vitupérait contre ces sales possesseurs de 4×4, j’ai fait la réponse sincère, selon laquelle si des 4×4 électriques existaient, j’en achèterais un tout de suite pour remplacer mon vieux mazout dont je me sers 10 fois l’an… Mal m’en a pris, ce n’était pas contre la pollution ou la consommation qu’elle s’énervait, mais contre « l’arrogance » des possesseurs de 4×4 !!! Qui écrasaient les piétons, regardaient les gens de haut, etc…
    Alors là, tu vois, les bras m’en sont tombés. MDR !!!

    On est en plein dans la psychanalyse.

    Comme disait SARTRE (tiens, c’est rare que je le cite, celui-ci…) l’enfer c’est les autres.
    La faute aux bagnoles si chui malade, si j’ai 1 chance sur 1000 d’attrapper le sida, de clamser d’un AVC ou de péter une durite à 50 ans histoire de surpression dans le palpitant ; c’est la faute à la bagnole si mon pouvoir d’achat fout le camp, si un état voleur dissimule son incompétence (toutes officines confondues…) derrière une surmédiatisation chronique, si Vanessa Paradis a jeté Johnny Depp, si Zizou a balancé un coup de boule à Materazzi, si PPDA a été viré du JT, si t’a pas fait ta crotte ce matin et si ton vélib a été vandalisé par un amoureux du cyclisme sans doute…

    Bref, la voiture, c’est une chose. Pas un ennemi. C’est une chose utile et agréable pour nombre d’entre nous. Il ne faut pas lui attribuer des pouvoirs idéologiques qu’elle n’a pas.

    Comme j’te disais (je le rappelle car c’est occulté et oublié), NAN, je ne parlais pas des types de l’ONF ou des grutiers, je parlais des écolos, ZE-CO-LOS, tous mes potes des années 60/70, qui m’ont fait découvrir le 4X4 avec leurs vieux Toy, Range, Land, Jeep, etc etc… et qui ont vu d’un très mauvais oeil le vilain français moyen s’acheter un 4X4 climatisé et pouvoir, lui aussi, aller crapahuter (virtuellement le plus souvent) sur SES espaces secrets à lui, là haut, sur des montagnes imaginaires, où ses rêves soixantuitatards avaient placé le bonheur absolu… Et moi, qui roulait en Alfa ou en béhème, j’ai craqué, j’ai fini par rêver aussi aux grands espaces si bien vendus… C’est comme ça que les gens sont venus au SUV et autres TT, dans les années 80/90.

    Vous consacrez très probablement, le trop plein de mal-être qui ronge votre quotidien, à lutter contre un moyen de transport, qu’on peut sans doute rêver moins bruyant, moins polluant, moins « arrogant » (si vous voulez…!) mais vous refuserez d’avouer que votre militantisme est exagéré et qu’il comporte un fonds de totalitarisme.

    Tu vois, l’ami, moi mon plaisir, c’est de mettre mon VTT préféré au cul de ma voiture, de cibler un coin paradisiaque (gorges du Tarn, corniche des Cévennes, montagne des Albères, etc…) d’arriver à pied d’oeuvre et de me faire 8 heures de vélo, à fond, plein les poumons, heureux, libre, sans journaux, sans TV, sans TrierWeiller ou Carla, sans revue de presse, sans internet, rien du tout, sans militants névrosés… !!!!!!

    Et de penser que des gens incapables de monter un col en vélo voudraient m’obliger à pédaler tête baissée sous la pluie, avec une poche d’Auchan sur la tête pour aller bosser le lundi matin, ma veste fripée par la pluie et la transpiration, avec le Canard roulé dans la poche du k-way, ça m’emm…!
    Tu vois, l’ami. That’s all.

    Attends, reste là, il reste un truc marrant. Ca ça va te plaire, chui sûr.
    Le CAMPING CAR !!!!!
    Regarde un peu… Les mêmes types qui te flinguent les 4X4 because ça consomme, ça puollue, c’est gros, etc….!!! roulent en CC; y en a partout. Partout j’te dis.
    Tu vois, et là, on ne dit rien. Ca consomme idem, pollue idem. Mais…c’est la mode chez les Bobo de Bâbord today. Alors là, on fait comme pour les Land Rover en 1968, c’est Suuuuuper ! c’est la libertéééé !
    Et dans 5 à 10 ans, y aura un site de types qui s’ennuient, qui s’appellera CAMPINGCARFREE, qui flinguera tout ça pour se sentir utile.

    Et ça recommencera…
    L’être humain est si prétentieux qu’il ne se voit pas devenir con. Alors il recommence…

    OSCAR
    Un humaniste qui aime le vélo, la voiture, le cheval, les femmes, (oh pardon, la femme), la course à pied, ouf… Et qui, tiens, travaille sans trop compter aussi, pendant qu’on y est… On a oublié de parler ce çà, mais j’ai ma petite idée, comme z’en doutez…

    Ah tiens, j’ai une idée. Moi j’aime pas l’avion. Je vais créer PLANEFREE, ça vous tente !!???
    Allez, soyez pas comme ça, venez, on va les bouffer, ces avionnistes !!!

    Portez vous bien !

  20. Zeed

    Du côté  » soit disant  » indispensable de la voiture,nous en venons à parler de liberté,soit,remettons-en une couche.
    Je cite : » je pense que vous réglez de vieux comptes avec votre rapport au pouvoir et à la liberté. « .

    À chaque fois que nous essayons de lutter contre l’impérialisme de la bagnole nous nous trouvons face à un tollé général et à une gigantesque levée de boucliers.Sus à l’ennemi de la voiture!!
    Et l’on nous accuse de dictature?Mort de rire!
    Chaque camp revendique sa liberté?Ok allons-y!

    NOUS avons la liberté de ne pas avoir à subir la pollution automobile!
    NOUS avons la liberté,lorsque nous sommes en vélo,de ne pas avoir à rouler dans un nuage noir provoqué par l’automobiliste qui n’a pas été foutu de faire réviser sa merde à quatre roues!!!!!
    NOUS avons la liberté de pouvoir traverser une rue en toute sécurité,sans se faire écraser par le connard qui a grillé le feu rouge adjacent au petit bonhomme vert!!!!!

    Et je rappelle également que la liberté de déplacement motorisé si chère à certains ( qu’on se demande d’ailleurs ce qu’ils viennent faire sur ce site ) octroyée par la bagnole n’est que de la poudre aux yeux,lorsqu’on sait ce qu’elle occulte.
    (stress,pollution,maladies,déséquilibre financier dans un budget,et j’en passe… )
    Donc:la voiture est un semblant de liberté!
    Et ce semblant de liberté est un souci qui retient beaucoup de monde en otage.

    L’homme a inventé la voiture sous prétexte de vouloir être libre,mais par là même,n’a fait que se recréer une prison!Les bouchons par exemple.
    Je voudrais bien le voir,l’autre là,dans les 800 km de bouchon annuels sur les routes estivales!!

    Quant à Nelson Mandela,je ne vois pas le rapport avec le sujet qui nous préoccupe.
    Ce grand homme s’est battu pour la liberté ( mais au sens purement existentiel du terme,et non bagnoliste ),et a lutté contre l’apartheid.
    Ce dernier a officiellement été aboli,mais il faut savoir qu’il est toujours d’actualité dans les régions les plus reculées d’Afrique du Sud…

    Mais par contre,il faudrait en établir un,d’apartheid,mais MÉCANIQUE,celui-là.En clair,séparer l’être humain de la bagnole.
    Ho mais qu’est-ce que je raconte:ça a déjà commencé,quand on voit les articles sur les îles,villes,quartiers sans voitures!

    Alors qu’on arrête de venir nous polluer avec la liberté: DE POLLUER,

    VENEZ PRÊTER MAIN FORTE À LA VÉLORUTION SACREBLEU!!!!!

  21. Zeed

     » Je suis stupéfait par l’individualisme agressif de mes contemporains.
    Chacun dans sa voiture,chacun dans sa boîte.Et le monde autour peut crever « . Nicolas Hulot.

  22. Struddelstruddel

    Mais, OSCAR, personne n’a dit qu’on était obligé de penser à autrui et qu’on ne pouvait pas voir SON propre plaisir au détriment de tout le reste de la planète.

    Tu penses que ton confort personnel et tes petits plaisirs sont bien plus importants que les milliers de morts des dictatures pétrolières, tu as le droit.

    Tu parles de liberté de déplacement, moi je te parle de liberté d’opinion : tu as parfaitement le droit de penser uniquement à ta petite personne, on ne te l’enlève pas, rassure-toi.

  23. Pédibuspédibus

    Mon vieil Oscar tu as ta place parmi nous!

    Si tu arrives à surmonter quelques crises d’urticaire que pourraient t’occasionner tel ou tel commentaire ton point de vue est important pour quiconque s’intéresse à la question des mobilités individuelles motorisées et du système social s’y rattachant.

    Aucun doute que Marcel Mauss classerait cette bonne vieille bagnole – vénérée ou détestée – dans sa fameuse catégorie de « fait social total ». Et les choses de l’existence humaine sont trop complexes pour se priver du point de vue de l’autre si on entreprend un début d’analyse du fonctionnement des sociétés et de leurs acteurs interagissant…

    Peux-tu alors garder ton calme et continuer la route? Rien que pour la question d’un autre phénomène qui m’intéresse particulièrement – on pourrait dire « ceux d’en face » en considérant le débat et les avis comme bien « tranchés », « comme en 14″… – l’association « 40 millions d’automobilistes », tu pourrais à un moment où l’autre donner ton sentiment. Sûrement que ton opinion n’est pas « manichéenne » : certaines postures pourraient ne pas susciter ton approbation… Et « dans l’autre camp » a contrario peut être ferais-tu quelques « découvertes » ? Et peut être mieux encore arriverais-tu à réaliser de temps à autre à faire une synthèse, à construire des ponts fugaces?

    Bref à bientôt donc…

  24. OSCAR

    Merci PEDIBUS,

    J’apprécie ce souci de recherche et d’échange non dogmatique.
    Je poursuivrai par curiosité de temps à autres sans intervenir, ma lecture des articles de ce site. Tout m’intéresse en fait.

    Pour aller dans ton sens quant à l’algorithme insatisfait de la société d’aujourd’hui (une société en paix, c’est super, mais ça demande à chacun d’avoir un projet, sinon, on cherche tout le temps à refaire le monde pour exister ou régler sa petite constipation matinale LOL !), j’aimerais que le militant soit un peu moins crispé.

    Every body serait gagnant c’est sûr.

    Au début, cela fait sourire; et puis attriste. Et puis on tourne les talons et on rentre chez soi, parce que, hein, on n’a pas que ça à faire.

    Juste à titre d’exemple, nier que pendant 25 ans le magazine AUTO VERTE était lu par des amateurs de 4×4 épris de nature, c’est se passer d’une information sociologique qui a son importance et qui ouvre le dialogue au lieu de le fermer.

    Faire progresser l’utilisation du vélo ou autres déplacements verts, c’est évidemment intéressant, mais assigner à résidence ou obliger à prendre le train tous les gens qui ont envie de passer le WE à la mer ou à la montagne, c’est une pathologie que je croyais périmée, (bon, à part en Corée du Nord) mais, preuve que non…

    Car attention. Il y a des hommes politiques (j’en connais plusieurs, de différentes maisons) qui rêvent de planifier la vie des gens. Par réflexe grégaire et souci d’équité, de justice, certaines gens l’acceptent.

    Nous les gallo-romains bonapartistes, on aime bien les lois, les décrets, les cadres, les sanctions, les formulaires, etc…

    Tout plutôt que le dialogue ou la négociation… et ça c’est dommage, je trouve, pour le vivre ensemble.

    En tant qu’ex-fumeur qui n’aime plus du tout l’odeur, je suis plus heureux de tolérer les fumeurs et de parler avec eux, que de militer pour éradiquer la clope. Question de mentalité.

    Au final je préfère aller sur SLATER ou COURRIER INTERNATIONAL, que sur les trucs militants, où tout le monde pense la même chose.

    Là je m’étais un peu égaré et, après avoir un peu labouré la pelouse avec mes crampons, j’en suis désolé (mais pas trop) je vais me retirer sur la pointe des pieds, tu vois…

    Un peu attristé de toute ce potentiel d’intelligence, perclus de rancoeur.

    Bonne progression au vélo ! Je soutiens !

    @+
    OSCAR

  25. CarfreeCarfree

    Si tous les piétons, les cyclistes, les usagers des transports en commun prenaient leur « liberté » d’utiliser la voiture comme Oscar, tout le monde aurait la « liberté » d’être bloqué en permanence dans les embouteillages…

  26. Struddelstruddel

    OSCAR, je veux bien que tu aies envie d’ouverture dans l’esprit des gens, mais la première des choses à faire dans ce cas est d’éviter les lieux communs (engagement égalitaire = dictature coco), la dénonciation des khmers verts par les penseurs libéraux qui prône l’ultra liberté pour tous, c’est beau dans le discours, mais on sait tous que c’est évidemment tout aussi liberticide pour certains.

    La deuxième chose, et pas des moindres, c’est de comprendre réellement la pensée d’un endroit ou tu t’aventures, il a été expliqué à de maintes reprises que ce site regroupait plusieurs pensées différentes, qu’il était ouvert au débat et que le tenant même du site était le premier à débattre contre (avec ?) beaucoup d’intervenants récurrents qui soutiennent pourtant la même cause.

    Réclamer une société plus juste, moins polluée, plus humaine et prendre en compte les problèmes de pic pétrolier, de crise économique et de crise écologique en aspirant à une société moins automobilisée, ce n’est pas réclamer la disparition complète des voitures, ce n’est pas souhaiter que tous ceux qui ne peuvent pas se déplacer en train restent chez eux ou je ne sais quoi.

    C’est simplement proposer d’autres solutions pour réduire certaines nuisances reconnues par la plupart des automobilistes eux-mêmes, pour encourager la plupart des gens à se dépenser physiquement pour lutter contre l’immobilisme et les problèmes de santé qui en découlent, c’est informer pour casser les lieux communs et les idées reçues comme le mythe de la voiture « indispensable » en démontrant que c’est un choix et non une obligation dans 99 % du temps, etc.

    Un article complet pose justement la question du « carfree est-il un site extrémiste qui prône la disparition totale sans concession de l’automobile ? » et en lisant l’article et les commentaires, on voit tout de suite que ce n’est pas le cas, que chacun a parfaitement conscience des services que peut évidemment rendre une automobile à certaines occasions, mais que c’est son envahissement du quotidien qui est le véritable problème de société qui se pose.

    Et l’une des conclusions était que, malheureusement, il a trop souvent été démontré qu’en ne s’opposant « qu’un peu » à un problème de société, on ne faisait rien avancer, et qu’il n’y avait qu’en opposant un certain extrémisme que les choses bougeaient tout doucement.

  27. Jean-Marc

    Une fois qu’on a bien en tête que la distance quotidienne moyenne de déplacement d’un français est de 25km/jour (fait en plusieurs fois) et donc qu’il fait -en moyenne- plusieurs trajets, chacun largement faisable à vélo,

    il reste « les autres », ceux qui ont des distances plus grandes, et non modifiables par un déménagement, car ils ne savent jamais où ils vont travailler (les interrimaires, CDDistes à répétitions, le temps qu’ils obliennent un CDI.. ce qui peut prendre des années, et personnes travaillant de façon mobile à plusieurs lieux, comme les femmes de ménages ou aides à domiciles).

    Pour eux, les distances peuvent être importantes, imprévisibles… et, vu leur situation, ils peuvent souvent difficilement refuser de les faire.

    2 choses cependant :

    – en faisant ces trajets en voiture, vu qu’ils ont souvent des paies peu élevées, ils perdent en trajet une part très importante de leur gain au travil… pouvant largement dépasser 30% (par exemple, une caissière ou femme de ménage faisant 15km pour venir travailler 2 ou 3 heures)

    – si les TEC ou le vélo ne peuvent vraiment jamais être utiliser, et qu’ils sont obligé d utiliser un transport motorisé individuel, il existe UN moyen de transport motorisé individuel 3 à 4 fois moins cher que la voiture, qu’ils peuvent donc utiliser : la mobylette (ou le solex, avec lesquels ils peuvent même pédaler, pour faire une assistance musculaire, et ainsi consommer moins).

    En sachant, qu’en ville, aux heures de pointes, une vieille mob de 20 ans ira bien plus vite (car elle remontera les files de voitures dans les bouchons), que la plus rapide des voitures de courses, roulant à… 16km/h de moyenne, ou encore bien moins vite…

    Ainsi, même pour eux, la voiture n est vraiment pas « indispensables »
    sauf, bien sûr, vu son prix et coût au kilomètre, s’ils aiment être en surendettement…

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