Vivre à la campagne sans voiture?

Vivre à la campagne sans voiture? est un dossier traité par la revue S!lence en décembre 2004. Aujourd’hui épuisé, il est désormais accessible en téléchargement.

La revue S!lence est publiée depuis 1982. Elle se veut un lien entre toutes celles et ceux qui pensent qu’aujourd’hui il est possible de vivre autrement sans accepter ce que les médias et le pouvoir nous présentent comme une fatalité.

François Schneider, coordinateur de ce dossier, habite à la campagne, sans voiture. Il a parcouru l’Europe en long et en large pour étudier les alternatives à la voiture… en utilisant uniquement le train, le vélo et la marche à pied.

Editorial

Les joies de la campagne moderne

Pas besoin d’être perspicace pour s’apercevoir qu’il y a des difficultés d’accès au moindre service à la campagne (1), pour aller à l’épicerie, pour aller à l’école, pour aller à la poste. Le message étant: comme ces services s’éloignent, alors la voiture est indispensable.

Mais les services sont bien souvent supprimés car les gens ont l’alternative d’aller en voiture. Les villages où de nombreuses personnes sont sans voiture ont beaucoup plus de services de proximité. Il suffit de comparer le nombre de bars et d’épiceries dans un village portugais avec une très faible motorisation et dans un village américain de même taille. La baisse des services a longtemps été attribuée à la dépopulation des campagnes. Mais ce n’est plus un argument valable : les populations augmentent en campagne depuis les années 70 et cela n’empêche pas le gouvernement de supprimer de nombreux petits hôpitaux ou petits bureaux de poste en milieu rural.

Le phénomène d’étalement qui s’est déroulé dans les villes se retrouve dans les campagnes avec une perte de cohésion des villages dû à l’usage omniprésent de la voiture. Là aussi les villages n’ont plus besoin d’être «multifonctions», offrant logement, travail, convivialité, services, transports en commun puisqu’on peut aller voir ailleurs avec la voiture. Cela contribue à l’uniformisation de la campagne, sans «couleur locale», réduisant la diversité du pays. Et c’est ainsi que l’on voit apparaître des restaurants isolés, des habitats de plus en plus dispersés, des zones d’activités loin des zones d’habitation et de grands supermarchés, le tout connecté par des voies rapides. C’est la campagne telle qu’elle est actuellement. Heureusement, des réflexions et des expériences commencent à percer.

François Schneider

(1) Par campagne, nous entendons le milieu rural, ce qui inclut également les villages.

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Vivre à la campagne sans voiture ?

Dossier
La campagne sans voiture, ça n’existe pas ?
Vive la rurbanisation ?
Les dégats de la voiture à la campagne
L’habitat écolo sera-t-il à la campagne ?
Vivre dans l’Arctique sans voiture (de Elisa Peter)
Des îles turques qui ont refusé la motorisation (de Yaakov Garb)
Libérer les villes ou la campagne
Voiture et nature peuvent-elles coexister ?
(dossier coordonné par François Schneider)

Numéro épuisé : téléchargement en PDF ici.

François Schneider

A propos de François Schneider

Chercheur en environnement spécialiste de l'analyse du cycle des matériaux dans les processus industriels

7 commentaires sur “Vivre à la campagne sans voiture?

  1. Jean-Marc

    Je vis depuis 10 ans à la campagne sans voiture, commerces les plus proches à 20 km . Je confirme que c »est possible, il suffit de s’organiser.

  2. Pédibuspedibus

    Existe-t-il encore une « campagne » en France aujourd’hui?
    Si on s’en tient au découpage INSEE du territoire en « aires urbaines » (au moins 40% de la population de la commune de l’aire urbaine qui travaille dans une commune du pôle) 90% la France serait « urbaine »…

    Quant à la mixité fonctionnelle dont on parle pour les quartiers urbains c’est plutôt la cata pour beaucoup de services hors des pôles urbains : comment « réparer » un demi siècle d’étalement urbain en France? phénomène qui continue…

  3. Vincent

    pedibus > comment « réparer » un demi siècle d’étalement urbain en France?
    Avec grande difficulté, d’autant que la croissance économique semble en passe de devenir un souvenir.
    Quand on voit déjà la réticence énorme des Français à prendre un vélo pour faire ne serait-ce que 2-3km…

  4. paladurpaladur

    Le problème est aussi la sécurité. C’est sur les routes départementales où la mortalité des cyclistes est la plus grande. Là encore, plus il y aurait de cyclistes sur la route, plus les trajets seraient sûrs.

  5. Le CRADE

    Vélo des villes et voiture des champs

    Quand je suis parti de Paris pour vivre dans une commune de 20 000 habitants, un cycliste militant m’a prévenu que « tu vas à la campagne, il faut une voiture ».

    « Le vélo en ville »
    Après avoir associé le vélo aux congés payés, au sport, à la campagne, au loisirs, les médias et militants l’associent maintenant presque systématiquement à « la ville ».

    « La voiture hors de nos villes », « Une ville sans voiture »…
    La critique de l’usage de la voiture, est aussi systématiquement associée à « la ville ». Quid du reste du territoire ? Est-ce à dire qu’elle y est légitime ? Est-ce un néant qu’il faut traverser le plus vite possible pour atteindre sa résidence secondaire ?

    7 ans que je vis sans voiture dans ma campagne de Parisien. Mes voisins de communes limitrophes, moins peuplées, me disent « tu habites en ville, nous on ne peut pas se passer de voiture ».

    Les définitions de « la ville » et de « la campagne » sont multiples et subjectives. On arrive alors toujours à être la ville ou la campagne de quelqu’un d’autre. La dichotomie, voire l’opposition interdépendante ville/campagne relève d’un imaginaire, voire d’une certaine paresse intellectuelle qui permet d’évacuer des enjeux sociaux-économiques plus complexes. (Comme les riches/pauvres, le bien/le mal, les français/étrangers, etc…)

    De cette bouillie, on arrive alors toujours à se réclamer de « la ville » ou de « la campagne » et légitimer son comportement quand cela nous arrange.

    Bagnole nulle part !

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